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Les mesures d’empoussièrement : un incontournable pour la sécurité des chantiers


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La pulvérulence de l’amiante et sa très forte émissivité en font un matériau extrêmement dangereux pour la santé humaine. Le contrôle des émissions de fibres constitue donc une préoccupation permanente pour les professionnels du désamiantage, tant pour la sécurité des opérateurs que pour celle des occupants des locaux. Pour ce faire, l’évaluation et le contrôle des niveaux d’empoussièrement et les mesures de réduction d’émission de fibres font l’objet d’une réglementation stricte et de pratiques très encadrées. Le point avec Gérard N’Diaye, directeur du département Amiante chez SOCATEB.

Quelle est l’activité de SOCATEB ?

SOCATEB est une entreprise familiale fondée en 1981 et basée à Orly. Notre activité est donc centrée sur la grande région parisienne. SOCATEB regroupe 5 pôles d’expertises complémentaires : l’enveloppe du bâtiment, avec une spécialité dans le ravalement technique ; l’isolation thermique par bardage ; l’étanchéité des toitures et des terrasses, l’amiante, et la serrurerie (garde-corps, portes…).

SOCATEB réalise près de 70% de son chiffre d’affaires sur des chantiers de copropriétés, mais également avec des bailleurs sociaux, des institutions financières et des groupes d’assurance. Pour anticiper l’obligation du repérage amiante avant travaux, SOCATEB a mis en place en 2015 un département consacré à l’amiante. Dans la mesure où nous retrouvons de l’amiante dans près de 20% de nos interventions en façades, nous devions naturellement nous mettre en capacité d’intervenir efficacement et de manière autonome.

Les mesures d’empoussièrement sont donc une préoccupation quotidienne dans le cadre de vos chantiers ?

Oui, et ce à double titre puisque le Code du Travail nous impose de veiller à la sécurité des opérateurs de désamiantage, et le Code de la Santé Publique à celle des occupants des locaux. C’est pourquoi il faut distinguer les mesures selon la réglementation à laquelle elles correspondent.

D’une part, le Code de la Santé Publique prévoit des mesures d’empoussièrement consécutives aux contrôles périodiques de l’état de conservation de matériaux contenant de l’amiante et qui ont été laissés en place. Si ces matériaux laissent apparaître des dégradations ou que leur environnement est propice à leur dégradation, il est obligatoire de faire réaliser des mesures d’empoussièrement. En fonction des résultats, le maître d’ouvrage devra soit faire procéder à un retrait ou à un confinement (score 3) ou faire évaluer périodiquement l’état du matériau concerné (score 1).
Les mesures environnementales réalisées dans ce cadre ne doivent pas mettre en évidence une concentration supérieure à 5 fibres/litre d’air. Au-delà de ce seuil, des travaux de retrait ou de confinement sont obligatoires.

D’autre part, les dispositions du Code du Travail imposent une surveillance particulière des opérateurs sur les chantiers de désamiantage. C’est ici que l’on va retrouver l’ensemble des obligations liées au respect de la VLEP et des différentes mesures à prendre pour réduire l’émission de fibres. Dans le cadre d’un chantier de désamiantage, les mesures d’empoussièrement seront non seulement environnementales mais également individuelles, et devront permettre de contrôler le niveau d’empoussièrement du chantier, de ses abords et de chaque processus de travail.

On distingue en effet 3 zones dans un chantier de désamiantage :

  • La zone dite « verte », à l’extérieur de la zone confinée, où la concentration ne doit pas dépasser 5 fibres/litre d’air ;
  • La zone dite « rouge » qui correspond à la zone de chantier confinée, et au sein de laquelle la concentration ne doit pas dépasser 10 fibres/litre d’air ;
  • La zone de travail, avec une mesure individuelle d’empoussièrement à l’aide d’une pompe placée sur l’opérateur.

Cette dernière mesure est fondamentale, car elle va permettre d’assurer le respect de la VLEP de l’opérateur, ainsi que la validité des empoussièrements estimés au cours des chantiers-tests, qui ne doivent pas être dépassés sans donner lieu à des mesures correctives. C’est en effet cette estimation du niveau d’empoussièrement, corrélée aux EPI utilisés et à la durée des vacations qui va assurer le respect de la VLEP.

Ainsi, on distingue 3 niveaux d’empoussièrement : le niveau 1 (de 1 à 100 fibres/litre d’air), le niveau 2 (de 100 à 6000 fibres/litre d’air) et le niveau 3 (de 6000 à 25 000 fibres/litre d’air), qui nécessiteront la mise en place de systèmes de protection différents : confinement dynamique avec extracteurs, masque à ventilation assistée ou à adduction d’air, par exemple.

Les mesures d’empoussièrement, à toutes les étapes d’un chantier de désamiantage, garantissent donc la sécurité des opérateurs et des occupants.

En matière de maîtrise de l’empoussièrement, quelle est l’importance des processus ?

Un processus résulte de la combinaison d’un MCA, d’une technique de traitement de ce MCA et des méthodes mises en œuvre pour réduire les émissions de fibres. Lors de l’établissement du plan de retrait, les processus sont mis en place via les chantiers-tests, c’est-à-dire des « processus de référence » sur lesquels nous avons un retour d’expérience fiable quant à leur niveau d’empoussièrement.

Si nous ne disposons pas en interne d’un tel retour d’expérience sur un processus, nous devons trouver, auprès d’une source fiable, des éléments nous permettant de déterminer son niveau d’empoussièrement. Cette source fiable est la base Scolamiante de l’Inrs, qui permet de trouver les niveaux d’empoussièrement d’un processus, mais dont les informations ne sont quelquefois pas assez précises concernant la méthode utilisée ou les matériaux traités. Dans ce cas, nous devons adapter le processus, par une adjonction de protections ou de méthodes de réduction des émissions de poussières.

Ce faisant, nous obtenons sur ce processus un niveau d’empoussièrement qui sera forcément différent de celui intégré dans la base Scolamiante. Avant que ce nouveau processus puisse acquérir le statut de « retour d’expérience », qui sera donc validé pour de futurs chantiers, il lui faudra passer par un cycle de validation de 3 chantiers sur 12 mois avec les mêmes matériaux et méthodes et, surtout, les mêmes mesures d’empoussièrement que celles trouvées dans le chantier test. Mesures d’empoussièrement qui pourront être inférieures à celles intégrées dans Scolamiante.

Les mesures d’empoussièrement permettent donc de valider des processus moins émissifs, et il faut bien garder à l’esprit que, précisément, le niveau d’empoussièrement influe fortement sur le coût final du chantier.

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