Catégorie : AMIANTE

  • Repérage amiante : « Il est indispensable d’encadrer le nombre de prélèvements »

    Repérage amiante : « Il est indispensable d’encadrer le nombre de prélèvements »

    Jean-Marc Bonanomi, directeur des études au service « décontamination et dépollution » au sein d’une entreprise de désamiantage et Cécile Colire, responsable technique amiante au sein d’une entreprise de désamiantage et membre du SYRTA, font le point sur l’indispensable adaptation des pratiques et des rapports de repérage amiante aux futures exigences de la réglementation.

    Quelles sont les lacunes persistantes dans les rapports de repérage amiante ?

    Pour le repérage avant travaux, nous déplorons l’absence d’une obligation de repérage « complet ». Par exemple, si des travaux doivent être réalisés dans une pièce, mais seulement sur certains éléments (sol, murs, plafonds…), la réglementation n’impose un repérage que sur ces seuls éléments. Or, dans ce cas, ce qui nous intéresse est la certitude de l’absence d’amiante plus encore que la présence de matériaux amiantés. Et cette certitude ne peut découler que d’un repérage complet de la pièce dans laquelle les travaux vont être réalisés.

    « Le diagnostiqueur est pris entre le marteau et l’enclume »

    Actuellement, nous constatons qu’environ 30% des diagnostiqueurs procèdent de cette manière. Cependant, l’opérateur de repérage reste tributaire, pour les prélèvements à réaliser, de ce que lui demande son client, lequel fait souvent en sorte d’en réduire le nombre pour limiter le coût de l’opération. Le diagnostiqueur se voit confier une prestation par son client. Il est sachant et doit donc établir le nombre de prélèvements. Certes, le coût que le client accepte de mettre en face est lié au nombre de prélèvements.

    Les rapports avant démolition sont-ils donc plus complets ?

    Comme pour les diagnostics avant travaux, le diagnostiqueur est là encore « pris entre le marteau et l’enclume ». Nous sommes en permanence confrontés à des clients qui nous appellent pour comprendre la raison d’écarts de détection dans les rapports. Ces écarts s’expliquent souvent par des problématiques de coûts. Moins de difficultés sont rencontrées quand le chantier est accompagné par une assistance à maîtrise d’ouvrage en désamiantage, c’est une problématique fréquente dans les grandes villes et, plus généralement, dans tous les grands programmes de rénovation.

    Depuis l’obligation de fournir un rapport de repérage avant travaux, nous constatons une amélioration importante de la qualité des rapports, et – la sensibilisation des professionnels en SS4 aidant – l’entreprise s’interrogera en cas de manquement et demandera des prélèvements complémentaires.

    Quelles sont les conséquences de ces lacunes ?

    Elles peuvent être énormes, puisque le rapport de repérage constitue le document de base pour définir l’analyse de risque. Je pense qu’il faut commencer l’approche en parlant du risque d’exposition de nos salariés. Si nous effectuons des travaux de percements par exemple pour installer un confinement dans un matériau qui se révèle amianté, il y a un risque d’exposition. Les différences de prix en cas de mauvais repérage sont conséquentes, et nous avons déjà vu des chantiers initialement estimés à 40 000 euros passer à 200 000 ou 300 000 euros suite à la découverte d’amiante non repérée.
    C’est la raison pour laquelle il est indispensable d’encadrer le nombre de prélèvements.

    L’idéal serait de n’avoir qu’un seul repérage complet équivalent à l’avant-démolition.
    L’approche des maîtres d’ouvrage sur le sujet doit changer. Cette évolution est en marche, et nous constatons un changement chez les bailleurs sociaux. Aujourd’hui, tout le monde a réellement pris conscience du risque amiante.

    Pouvez-vous nous présenter le SYRTA ?

    Le Syndicat du retrait et du traitement de l’amiante et des autres polluants a été créé en 2003, suite au rapprochement du CID, du GETAP et du SNI-Amiante. Il compte actuellement 116 membres, dont plus de la moitié est composée d’entreprises exerçant dans les travaux de Sous-section 3, c’est-à-dire de retrait et d’encapsulage de l’amiante.

    le SYRTA compte également de nombreux membres sur l’ensemble de la filière, notamment dans la maîtrise d’œuvre, la gestion de déchets, les cabinets conseil, les bureaux d’études, les laboratoires, les préleveurs…

    Le syndicat est organisé en collèges thématiques qui traitent chacun des questions relatives à leur compétence. Le syndicat assure également une participation à l’ensemble des comités et des commissions de certifications, comme l’Afnor ou Qualibat, avec l’INRS et dans le cadre des différentes commissions législatives. Il travaille également beaucoup sur les formations, en organisant des ateliers thématiques pour les adhérents qui leur permettent de se reformer spécifiquement sur certaines thématiques, comme la législation, par exemple.

    Pour assurer une information optimale, la SYRTA publie le magazine « Exigence Amiante », qui permet aux adhérents de disposer d’un support abordant l’ensemble des problématiques de la profession. Nous animons également une Commission technique hebdomadaire qui étudie les questions des adhérents et participe à l’amélioration des conditions d’exercices de la profession dans son ensemble. Enfin, le SYRTA travaille à la représentation de la profession en participant chaque année à de nombreux événements, salons et colloques en régions.

  • Repérage amiante dans les navires : un casse-tête transnational

    Repérage amiante dans les navires : un casse-tête transnational

    La publication des arrêtés de compétence et des normes relatives au repérage des matériaux contenant de l’amiante (MCA) dans les matériels roulants, flottants et volants fixera de nouvelles exigences qui placeront la France dans le peloton de tête en matière de lutte contre l’amiante. L’un des chantiers les plus complexes concerne le repérage de l’amiante dans les navires. Un secteur très particulier que CITAE a décidé d’investir il y a deux ans. Le point avec Frédéric Lancien, directeur technique chez CITAE.

    Quelles sont les particularités du repérage amiante à bord des navires ?

    Depuis le 1er juillet 2018, avec un report pour certains types de navires au 1er janvier 2019 et quelques exceptions, les navires battant pavillon français doivent faire réaliser un repérage amiante sur les matériaux et produits susceptibles d’en contenir (décret n°2017-1142 du 5 octobre 2017). Les investigations doivent être conduites par un organisme répondant aux exigences de l’arrêté concernant les conditions d’accréditations, lui-même publié le 21 janvier 2018. Enfin, la norme NF X46-101 de janvier 2019 est recommandée comme référentiel méthodologique, mais aussi pour les opérations de démolition/démantèlement ainsi que pour le futur repérage avant-travaux à bord des navires.

    Ainsi, en s’inspirant de la réglementation applicable au bâti, le législateur souligne, par cette réglementation, sa volonté d’assurer la sécurité de tout professionnel travaillant sur des chantiers mais également de protéger toute personne pouvant évoluer dans un environnement avec la présence de matériaux amiantés.

    Toutefois, en plus des compétences « classiques » requises pour un opérateur de repérage amiante, une connaissance spécifique de l’environnement maritime, seront indispensables pour conduire ces investigations avec pertinence et efficacité. En effet, outre les différents matériaux susceptibles de contenir de l’amiante identifiables dans un navire, il conviendra de tenir compte du pays de conception et fabrication, de l’histoire du navire, de ses escales de maintenance ou encore des règles de sécurité et de circulation à bord.

    Quelles sont les autres obligations pour les armateurs en matière de repérage amiante ?

    En dehors du cas de la France, qui impose une obligation de repérage spécifiquement sur l’amiante, on retrouve, au travers de la convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires, à nouveau, la recherche d’amiante (et une liste d’autres produits dangereux). Cette convention couvre la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance des navires et leur préparation pour le recyclage afin de faciliter le fait qu’il soit réalisé de manière sûre et saine du point de vue environnemental, sans compromettre la sécurité et l’efficacité opérationnelle des navires.

    En vertu de cette Convention, les navires doivent ainsi être porteurs d’un inventaire des matériaux dangereux (IHM – Inventory of Hazardous Materials), constitué selon les besoins : – pour accéder à certaines zones du globe (zone Europe, pays signataires de la convention par exemple). Tous les navires de plus de 500 GT devront être munis d’un IHM Part I valide à compter du 1er janvier 2021.
    – pour envisager un démantèlement à l’approche de la fin de vie du navire. Ils doivent être munis d’un IHM Part II et Part III, dès à présent.

    Quelles évolutions attendre de la réglementation ?

    Pour la France, un 2ème volet d’accréditation relatif aux inspections amiante est attendu – éventuellement pour la fin 2019 – concernant les situations de type « avant travaux sur les bateaux », qui suivra probablement les prescriptions de la normes NF X46-101 de janvier 2019 au niveau méthodologie.

    Il y a fort à parier que ces nouvelles dispositions permettront de clarifier les dispositifs sécuritaires à prévoir pour intervenir à proximité ou sur les MPCA, dans le périmètre des obligations liées à la SS4 notamment, avec la nécessaire mise en place de modes opératoires dans ce type d’environnement.

    Pouvez-vous nous présenter CITAE ?

    CITAE est une société d’ingénierie spécialisée dans les certifications du bâti (HQE, BREEAM, LEED, Bâtiment Bas Carbone, Accessibilité…) et dans les diagnostics techniques. Historiquement, CITAE est avant tout spécialisée dans la certification des bâtiments et dans l’environnement, puis a évolué vers les diagnostics techniques via sa spécialisation initiale dans le diagnostic accessibilité.

    Notre mission consiste à assurer un accompagnement durable et surtout transversal des enjeux stratégiques, qui est rendu possible par la pluridisciplinarité de nos profils et de nos expériences. Pour ce faire, CITAE est organisée autour de 4 pôles : Certification et environnement, Gestion (technique) de Patrimoine, Formation.

    Depuis cette année, le pôle Maritime a obtenu une certification Lloyd’s pour la réalisation des IHM.

  • Diagnostics amiante dans le métro : trois heures top chrono

    Diagnostics amiante dans le métro : trois heures top chrono

    De nombreuses contraintes entourent les opérations de repérage amiante dans le métro. Responsable d’activité Bâtiment à Lyon au sein d’AC Environnement, Julien Tholance revient sur les missions effectuées par les diagnostiqueurs dans le métro lyonnais et les particularités de ces interventions.

    AC Environnement est l’opérateur de diagnostic amiante du métro de Lyon. Quels types d’interventions effectuez-vous ?

    AC Environnement a en effet remporté un important marché public auprès du Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise (Sytral). Depuis 2016 et jusqu’en 2024, nous réalisons pour leur compte l’ensemble des diagnostics amiante, que ce soit dans le métro, sur les rames, sur la voirie, dans les dépôts de bus et dans leurs ateliers de réparation. Ce marché public intègre notamment le projet de modernisation de la ligne B, avec des rames et des lignes de nouvelle génération, entièrement automatisées (Avenir Métro).

    De nombreux réseaux parcourent les métros, l’amiante peut donc se trouver dans des éléments très divers comme les lignes d’aiguillage ou sur les plaques de fibro-ciment qui recouvrent les gaines techniques de chemin de câble. Le milieu étant soumis aux appels d’air, nous effectuons également des états visuels de conservation et des contrôles annuels de l’air afin de vérifier les émissions de fibre d’amiante dans les tunnels.

    Quelles sont les contraintes du repérage amiante dans ce milieu ?

    Il faut savoir qu’un métro ne s’arrête quasiment jamais. Nos équipes ne peuvent intervenir qu’entre une heure et quatre heures du matin, ou encore le 1er mai. La planification des interventions doit donc être parfaitement maîtrisée, avec une vision sur le long terme. Chaque nuit, les techniciens interviennent sur deux inter-stations en moyenne, soient près de deux kilomètres de tunnel. Ce qui prend du temps, c’est d’effectuer un prélèvement sur un matériau suspect, le suivre et tirer toute la zone homogène pour vérifier qu’il s’agit du même tout le long du cheminement de l’inter-station. Une vingtaine de prélèvements sont ainsi effectués par nuit. L’absence de lumière ralentit le travail des opérateurs, qui se déplacent à pied d’une station à l’autre.

    La sécurité des équipes est également très importante. Nos quatre techniciens en mission dans le métro lyonnais ont reçu des formations spécifiques – notamment la TCL2 et la CAT2 dispensées par le Sytral – pour apprendre les consignations des lignes de métro et les particularités de cet environnement. Pour alimenter les rames, 750 volts en courant continu circulent dans les rails : nous sommes donc munis de très gros coupe-circuits pour assurer une deuxième sécurité, en complément de la consignation. Nous sommes aussi équipés de panneaux et feux de signalisation pour indiquer notre présence aux métros de chantier utilisés pour l’entretien.

    Les interventions que nous menons à l’air libre pour le Sytral ont aussi leurs spécificités ! Pour l’extension du tramway, nous avons effectué des carottages au niveau des enrobés HAP pour vérifier la présence d’amiante avant la réalisation des saignées et l’installation des rails. Pour ces opérations, nous avons à notre disposition un camion totalement équipé pour les carottages, avec un groupe électrogène à l’intérieur, des réserves d’eau pour effectuer les percements, des panneaux de signalisation ou encore des quilles pour faire les arrêts sur la voirie. Avant de commencer l’intervention, les chargés de projets font une demande de DICT (Déclaration de travaux à proximité de réseaux), qui nous indique tous les réseaux enterrés : les conduites de gaz, d’eaux usées et d’eaux potables, ou encore les conduits électriques et la fibre optique. Cette cartographie précise leur profondeur pour savoir jusqu’où nous pouvons carotter.

    Quels ont été les atouts d’AC Environnement pour répondre à l’appel d’offres ?

    Via notre agence de Paris et les missions effectuées pour le compte de la RATP, nous avons une bonne expérience des réseaux ferroviaires enterrés. Nous étions ainsi très bien renseignés sur nos mémoires techniques et nous avions déjà des techniciens habilités pour les interventions sur les TGBT (tableaux électriques basse tension). AC Environnement dispose par ailleurs d’importants effectifs : douze techniciens à Lyon, dont quatre pouvant être mobilisés de nuit pour les interventions dans le métro, sans impacter nos autres interventions.

    Autre atout important, AC Environnement dispose de son propre laboratoire en interne. Un avantage qui permet de fournir des résultats d’analyse très rapidement – en moins de 24 heures -, notamment lors d’interventions d’urgence pour le Sytral.

  • Un premier P’tit Dej. Amiante Before Work chez Europamiante

    Un premier P’tit Dej. Amiante Before Work chez Europamiante

    Mardi 9 avril 2019, a eu lieu le premier P’tit Déj. « Amiante Before Work » dans nos locaux Europamiante, situés à Nanteuil- lès-Meaux. Un petit-déjeuner autour de la thématique « le risque Amiante et les responsabilités incombant aux maîtres d’ouvrage du repérage amiante à la gestion des déchets. ».

    Le concept du p’tit déj. Amiante Before Work ?

    Rassembler des personnes concernées par l’amiante et des acteurs de l’amiante pour échanger, apprendre et mieux appréhender le processus de désamiantage. Le tout, accompagné d’un petit déjeuner pour vous accueillir dans un espace design de co-working à l’image de nos valeurs.

    Diagnostiqueur, formateur, maître d’oeuvre, laboratoire d’analyses, désamianteur puis pour finir l’éliminateur de déchets se sont succédés afin de se présenter à nos invités.
Une conférence d’environ une heure, clôturée par des questions/réponses entre partenaires et participants. Un échange où tous ceux qui le souhaitaient, se sont exprimés librement. Puis visite des locaux d’EuropAmiante.

    Présentation des intervenants du p’tit déj. Amiante Before Work ?

    Le diagnostiqueur immobilier

    Laurent Magalas, gérant de la société Activ Expertise Briard
    Le diagnostiqueur immobilier est le premier impliqué dans le processus.
    Un secteur qui demande une formation permanente, une veille réglementaire, une assurance en responsabilité civile professionnelle ainsi qu’une indépendance et impartialité.

    Le formateur

    Benjamin Jacq, directeur d’AmaxTeo : institut de formation.
    AmaxTeo forme au quotidien les travailleurs à la prévention des risques. C’est le premier organisme de formation pour la prévention des risques liés à l’amiante

    Le maître d’oeuvre

    Sébastien Périer, directeur d’exploitation d’André Jacq Ingénierie.
    Pourquoi avoir recourt à un maître d’œuvre ? La mission du maître d’œuvre est d’intervenir en amont dans un projet. Il agit à la fois en qualité d’expert technique et de préventeur. Ses compétences permettent d’assurer le succès d’une opération.

    Le laboratoire d’analyses

    Isabelle Antonetti, Présidente d’Air LAB’EAU
    Air Lab’Eau est accrédité par le COFRAC pour la stratégie d’échantillonnage et le prélèvement d’air dans les immeubles bâtis, au poste de travail et dans l’air ambiant

    Le désamianteur

    Carine Rouvier, PDG et Fondatrice d’EuropAmiante
    La société est en activité depuis fin 2008 et intervient dans toute la France. Aujourd’hui, c’est plus de 100 salariés au service de l’activité de désamiantage. EuropAmiante est spécialisée dans les interventions en milieu occupé et sur les sites sensibles (Elysée, centrales nucléaires,…)

    L’éliminateur de déchets

    Julien De Raglaudre, responsable de Marché Amiante-Stockage et valorisation Minérale de Suez.
    Suez Minerals est leader dans la gestion des déchets dangereux et des terres polluées : l’’entreprise de 250 collaborateurs traite un million de tonnes de déchets par an avec une triple certification : qualité, sécurité et environnement.

    Après le p’tit déj. Amiante Before Work

    La visite des locaux

    Après la conférence, visite des locaux Europamiante. Visite durant laquelle les participants ont pu apercevoir le bien être des salariés (accès à une salle de sport, une salle de repos et une salle de restauration avec des produits cuisinés sur place BIO). Les participants sont repartis satisfaits d’avoir pu trouver des réponses à leurs questions et confiants face à un sujet parfois mal compris et complexe.

    Interview

    Béatrice Al Boufarissi, Responsable du service immobilier de la direction départementale de la finance publique de Seine et Marne –

    « Tous nos bâtiments ont été construits avant 1997 (..) sujet très important pour nous car dès lors que nous allons faire des travaux, on est obligé de faire des repérages, des opérations de retrait. Avec notre équipe, on a vraiment besoin d’avoir des informations sur l’amiante, et là l’avantage de ce petit déjeuner, est d’avoir tous les acteurs qui sont liés à l’amiante (..) ça à permis de prendre des contacts directement (..) et d’échanger sur des projets futurs que nous aurons s’en doute ensemble »

    En résumé

    Le p’tit déj. Amiante Before Work est un moment d’échange entre des acteurs de l’amiante et les professionnels qui font face à cette problématique amiante. Ce petit déjeuner permet aussi d’avoir des contacts directs pour de futurs projets. Nous remercions vivement nos partenaires ainsi que les participants, ce petit déjeuner sera régulièrement renouvelé.

    Le prochain aura lieu le 21 mai dans les locaux de notre partenaire AmaxTeo, au 20 avenue Graham Bell, à Bussy Saint Georges (77600).

    > Pour vous inscrire, cliquez ICI

  • Les prélèvements sur opérateurs : une stratégie de sécurité sur les chantiers amiante

    Les prélèvements sur opérateurs : une stratégie de sécurité sur les chantiers amiante

    Les prélèvements sur opérateurs lors de chantiers-test font partie intégrante de la prévention des risques d’exposition aux fibres d’amiante lors d’un chantier de désamiantage. Encadrés par le Code du Travail, des normes strictes d’application et des pratiques professionnelles de plus en plus partagées, les stratégies d’échantillonnage et le prélèvement d’air sur opérateur sont l’une des spécialités d’AC-Environnement. Le point sur la question avec Brice BESSIERES, Responsable grands comptes chez AC Environnement.

    Pouvez-vous nous présenter l’activité « stratégie de prélèvement » chez AC-Environnement ?

    Créée il y a 17 ans, AC-Environnement est un acteur historique du diagnostic immobilier. Son expertise analytique, attestée par les 75 000 analyses de MCA et les 2000 analyses d’air réalisées chaque mois par ses 3 laboratoires accrédités de Gentilly, Riorges, et Limonest, donnent une idée assez juste de l’ampleur de la problématique « amiante ».

    Avec 670 collaborateurs et une spécialisation sur l’ensemble des diagnostics immobiliers, AC-Environnement intervient sur l’ensemble du territoire, en diagnostics avant-vente, avant location, avant travaux ou avant démolition.

    L’une de nos missions régulières consiste à établir des stratégies de prélèvements sur opérateur, qui constituent en quelque sorte la phase de validation des processus de travail qui vont être appliqués sur un chantier de désamiantage. Nous nous situons donc en position intermédiaire entre le plan de retrait et le démarrage effectif du chantier.

    Cette activité est essentiellement régie par 2 textes : le décret du 4 mai 2012 relatif aux risques d’exposition amiante, et l’arrêté du 14 août 2012 relatif aux conditions de mesurage des niveaux d’empoussièrement, au contrôle du respect de la VLEP et aux conditions d’accréditation, modifié par l’arrêté du 30 mai 2018.

    Comment se traduit opérationnellement une stratégie d’échantillonnage sur opérateur ?

    La stratégie d’échantillonnage a pour objectif de déterminer le nombre, le type et les conditions des prélèvements à effectuer sur un processus pour garantir des mesures fiables et utilisables.

    Concrètement, il s’agit de prélever l’air ambiant sur un poste de travail, pour déterminer le niveau d’empoussièrement généré, lequel permet de s’assurer du respect de la VLEP.
    Le prélèvement intervient dans le cadre d’un chantier-test, sur chacun des processus qui seront appliqués dans le cadre du chantier global de désamiantage.

    Un processus correspond à un Groupe d’Exposition Similaire, et chacun de ces groupes doit faire l’objet d’un prélèvement. L’empoussièrement d’un GES est la résultante d’une combinaison entre une technique de travail (ponçage, grattage, rabotage), un MCA devant être retiré (dalle de sol, colle, revêtement de mur…), et des dispositifs de protection collectifs mis en place pour abattre les poussières (mouillage, aspiration).

    C’est au désamianteur d’évaluer le niveau l’empoussièrement de chacun des processus de son chantier, cette évaluation pouvant s’appuyer sur sa propre expérience du processus ou sur la base de données Scola de l’INRS, qui regroupe l’ensemble des prélèvements réalisés pour un processus donné. Ce travail préparatoire, théorique, aboutit à un niveau d’empoussièrement sur chaque processus à partir duquel sont définis les EPI à utiliser et les durées de vacation de chaque poste, pour respecter la VLEP.

    Dès lors, il est indispensable, avant de démarrer le chantier, de s’assurer de la fiabilité des évaluations d’empoussièrement. C’est ici que nous intervenons avec le prélèvement sur opérateur dans le cadre d’un chantier-test, et qui viendra valider ou invalider l’estimation théorique par un mesurage réel. Techniquement, le prélèvement est réalisé en fixant une petite pompe étanche sur l’opérateur, équipée d’un filtre de 37mm, au niveau des épaules des opérateurs à hauteur du dispositif de ventilation de l’EPI.

    Si nos prélèvements ne permettent pas de valider les niveaux d’empoussièrement estimés, le processus doit être revu, en modifiant les deux paramètres sur lesquels il est possible d’agir, à savoir la technique utilisée et les mesures de protection collectives.
    Ces mesures d’empoussièrement doivent être réalisées par un laboratoire accrédité en stratégie de prélèvements et d’analyses des prélèvements (LAB REF 28).

    Au cours du chantier, il est recommandé de procéder de manière régulière à des prélèvements sur opérateur pour vérifier la stabilité des résultats obtenus lors du chantier-test. Aujourd’hui, certaines techniques permettent de ne quasiment plus émettre de fibres. Les fabricants ont beaucoup œuvré dans ce sens, quelquefois en travaillant en collaboration avec des laboratoires comme AC-Environnement.

    Une fois les prélèvements effectués et analysés, nous remettons au client le rapport final de stratégie d’échantillonnage.

    Quelles mentions comporte ce rapport final, et comment doit-il être utilisé ?

    Lors de la rédaction, le laboratoire rédige une synthèse du chantier et de la métrologie. L’objectif est de déterminer si les méthodes préconisées pour les mesures ont bien été mises en œuvre, si les pompes ont été posées conformément, et si les niveaux d’empoussièrement évalués correspondent bien aux niveaux réellement mesurés.

    Le rapport final statue sur l’ensemble des prélèvement effectués et déterminent si les résultats obtenus sont conformes à la norme Cofrac, en 4 points.

    D’abord, le rapport détermine si la stratégie de prélèvement exigée a bien été respectée. En d’autres termes, le désamianteur a-t-il bien commandé les mesures indispensables ? Le rapport conclut sur les conformités ou les non-conformités de la mise en œuvre des prélèvements. En ce sens, la stratégie constitue une obligation de conseil fournie par le laboratoire au désamianteur.

    Puis il détaille les modalités des prélèvements et leur conformité aux exigences de la norme (durée, nombre…). Le rapport livre ensuite les différents rapports d’essais et les procès-verbaux d’analyses.

    Enfin, et depuis l’arrêté du 30 mai 2018, le rapport expose les photographies des grilles d’analyses passées sous microscope, pour vérifier leurs niveaux d’obscurcissement. L’objectif est ici d’assurer la traçabilité des analyses, suite à des problématiques de non représentativité des échantillons à cause de niveaux d’empoussièrement trop importants. Quand les poussières obscurcissent plus de 10% des grilles, ils doivent en effet être considérés comme non représentatifs, et ne peuvent donc pas être utiliser pour valider ou invalider un processus.

    Le désamianteur doit donc refaire un chantier test incluant d’autres techniques pour réduire l’empoussièrement. Si le rapport final ne comporte pas de conseils opérationnels, AC-Environnement est néanmoins reconnu pour l’assistance et le conseil que ses opérateurs de prélèvements assurent sur les chantiers-test pour permettre de diminuer les niveaux d’empoussièrement et obtenir des prélèvements analysables.

  • Certification NF des EPI de la tête pour les chantiers et l’industrie : un gage de sécurité pour les opérateurs

    Certification NF des EPI de la tête pour les chantiers et l’industrie : un gage de sécurité pour les opérateurs

    Sigle bien connu des professionnels, « NF » est la marque collective de certification délivrée par Afnor Certification qui atteste de la conformité du produit à des exigences spécifiques de sécurité et de qualité. Ces exigences sont définies dans un référentiel élaboré collectivement sous l’égide d’Afnor Certification. Les équipements de protection individuelle de la tête – notamment les casques de chantier et les casquettes anti-heurts -, font naturellement l’objet d’une certification NF qui va bien au-delà des exigences de sécurité imposées par les normes européennes. Le point avec Nicolas Demarest, Ingénieur certification pôle Incendie & Sécurité au sein d’Afnor Certification.

    Qu’est-ce-que la certification NF des équipements de protection de la tête et quels sont ses avantages ?

    La certification NF porte sur les équipements de protection de la tête : casques de chantier, casquettes anti-heurts, casques de protection haute performance. Il s’agit de trois niveaux de certifications différents. Ces certifications regroupent des exigences retenues par les acteurs d’un secteur donné comme caractérisant un produit de qualité. Il est donc évident que ces critères de qualité vont beaucoup plus loin que les réglementations ou les normes existantes.

    Il n’y a en effet pas d’obligation dans le code du Travail de recourir à des équipements de protection certifiés NF. Cependant, les exigences de sécurité des travailleurs inscrites dans le référentiel de certification sont beaucoup plus élevées, par exemple, que celles posées par le marquage CE. Rappelons que ce marquage n’est qu’un « passeport » qui permet à un produit d’être vendu sur le marché européen, avec des exigences de sécurité, moins importantes que celle la certification NF portant sur les mêmes équipements.

    En ce sens, le marquage CE s’adresse avant tout aux autorités de surveillance du marché, notamment aux douanes et à la DGCCRF, comme preuve que le produit peut librement circuler dans l’UE. La marque NF, quant à elle, s’adresse à l’acheteur et à l’utilisateur comme garantie de la conformité du produit aux exigences de sécurité et de performance, garantie par un contrôle systématique d’un organisme indépendant du fabricant du produit.

    De la même manière, le marquage CE est accordé sur la base d’un essai-type (AET) sur le produit, qui ne garantit pas un contrôle indépendant du fabricant, lequel peut décider lui-même des modalités de contrôle. La certification NF est pour sa part la preuve que le produit est conçu selon un cahier des charges strict élaboré par des professionnels du secteur et qu’il est contrôlé de manière continue, même après l’obtention de certification pendant une durée de trois ans, renouvelable.

    Concernant les exigences de la certification NF, prenons l’exemple des casques de chantier : là où la réglementation CE exige une force transmise inférieure à 5kN en termes d’absorption des chocs, la certification NF impose une force transmise inférieure à 4kN. De même, là où la réglementation CE n’exprime aucune exigence de résistance à la déformation latérale, la NF impose que celle-ci ne dépasse pas 30mm pour une charge de 250N et 10mm après retour à la charge initiale. Concernant l’ancrage jugulaire, la norme CE n’impose pas au fabricant de faire tester une des jugulaires vendues avec le casque, alors que la certification NF l’oblige à faire tester toutes les jugulaires vendues avec son produit.

    Enfin, à l’inverse de ce qui est prévu par la réglementation, la certification NF impose au vendeur de faire figurer le poids du produit, et de prendre en compte son recyclage en fin de vie.

    Comment se conçoit une certification NF ?

    Formellement, le point de départ d’une norme est une expression de besoin émanant des professionnels du secteur, concernant un produit ou un service, dans l’objectif d’en déterminer les caractéristiques, notamment techniques, qui vont en faire un produit de qualité.

    Les professionnels prennent ensuite contact avec Afnor Certification, généralement par le biais de leur fédération ou de fabricants qui ont déjà travaillé avec nous, afin de développer une certification en rapport avec la norme établie. Nous réalisons une étude en interne sur le produit ou le service dont la certification est demandée.

    Une fois cette étude réalisée, la certification est élaborée avec la participation de 3 collèges : fabricants et distributeurs / Utilisateurs et prescripteurs, (exemples : assurances, INRS, OPPBTP) / Organismes techniques et administrations.

    L’élaboration du référentiel de certification se fait en plusieurs phases d’échanges dans et entre les collèges, et est le résultat d’un consensus entre les exigences de ses membres. La certification peut également décider d’aller plus loin que les prérequis de la norme. C’est le cas de la marque NF pour les équipements de protection de la tête. Ce référentiel n’est bien évidemment pas figé et peut être modifié en fonction des besoins et des nécessités du marché ou de la réglementation.

    Comment se déroule le processus de certification NF chez Afnor Certification ? Quelles en sont les étapes ?

    Tout commence par une étude de recevabilité. Un fabricant qui souhaite faire certifier NF l’un de ses produits doit commencer par nous contacter et monter un dossier qui va reprendre différents éléments, comme l’attestation d’essai-type AET, les éléments techniques obligatoires du produit, la liste des références des jugulaires (pour les casques), son plan de contrôle interne, etc. C’est-à-dire tout un ensemble d’éléments qui vont nous permettre de constater que son produit et ses process sont déjà conformes à la réglementation de base.

    Une fois ce dossier validé, Afnor Certification procède à un audit du site de fabrication, au cours duquel nous allons vérifier sur place le respect des exigences qualité définies dans le référentiel vis-à-vis du processus de fabrication, incluant également son système qualité selon les prérequis de l’ISO 9001 ainsi que sa capacité à fabriquer le produit en quantité et à qualité constante, par exemple.

    Ensuite, le produit est prélevé et transmis au laboratoire d’essais qui procède aux tests du produit en fonction du référentiel qui lui est applicable. Cette phase d’essais et de tests est réalisée par un laboratoire indépendant partenaire, le CRITT.

    Si le produit passe les tests (audit et essais), nous lui délivrons un certificat NF valable pendant 3 ans.

    Au cours de cette période, nous allons réaliser chaque année un audit de surveillance ainsi que des essais sur le produit, à la différence du marquage CE, afin de vérifier la conformité du produit et le maintien du niveau de qualité exigé par le référentiel vis-à-vis du fabricant. Les tests indépendants sont réalisés par le CRITT suivant un programme d’essais de suivi, défini dans le référentiel de certification et portant sur les caractéristiques essentielles du produit. Pour un casque de chantier par exemple, il s’agira de la résistance à la pénétration, à la flamme, aux chocs et à la déformation latérale.

    Au final, une certification NF demeure un investissement pour le fabricant, mais constitue un argument de vente efficace. Elle permet aux utilisateurs de différencier les produits sur un marché où l’offre est importante et les niveaux de qualité hétérogènes.

  • « Le choix du laboratoire d’analyses est plus que jamais déterminant »

    « Le choix du laboratoire d’analyses est plus que jamais déterminant »

    Sur un marché du diagnostic toujours plus rigoureux, s’associer à un laboratoire dont la fiabilité est reconnue et éprouvée est plus que jamais un facteur différenciant. Pascal Haller, Directeur Technique Europe pour le réseau Eurofins Analyses pour le Bâtiment revient sur les éléments qui distinguent Eurofins des autres laboratoires.

    Pascal, vous êtes depuis plus de vingt ans dans le milieu de l’analyse des matériaux du bâti. Sur quoi les laboratoires doivent-ils se baser afin de rendre des rapports fiables ?

    Les laboratoires d’analyses peuvent s’appuyer sur de multiples documents (LAB GTA 44, ISO VDI, HSG 248 par exemple, ou encore d’autres normes et publications scientifiques) pour connaître les bonnes pratiques à mettre en œuvre.

    L’analyse des fibres d’amiante dans les matériaux est basée depuis des dizaines d’années sur des méthodes de préparation et de dépôt pour la microscopie à transmission. Ces méthodes sont validées de manière exhaustive sur toutes les matrices qui entrent dans la composition des échantillons du bâti avec notamment une problématique de charge minérale naturelle importante. Cette validation a été décrite dans le LAB GTA 44, elle est également présente dans la norme ISO 17025. Au sein d’Eurofins, nous priorisons la pertinence de la méthode à travers une validation exigeante, même si cela représente un investissement élevé.

    Pourquoi adapter le mode de préparation en fonction de la nature de l’échantillon ?

    Chaque échantillon est différent et répond à des propriétés mécaniques et chimiques propres à sa composition. Il est alors nécessaire d’adapter le mode de préparation à chaque échantillon (à chaque couche de celui-ci) ou, comme le fait Eurofins, de définir un mode de préparation basé sur une suite de traitements qui peuvent s’appliquer pour l’ensemble des matrices que l’on retrouve dans les matériaux du bâti ou matériaux naturels.

    Les dispositions techniques des laboratoires Eurofins sont de décrire et de traiter l’échantillon par couche (sans mélange) lorsque cela est possible. Puis la « libération » et la concentration des fibres sont produites par une succession de traitements indépendants de la matrice. Ce processus est évidemment plus complexe et plus couteux pour les laboratoires qu’une préparation simpliste basée sur une méthode de préparation unitaire de l’échantillon (exemple broyage au mortier dans de l’eau/solvant), mais il permet une atteinte systématique de la Limite de Détection (LD) quelle que soit la matrice.

    Quelle concentration d’amiante une analyse doit-elle être en mesure de détecter ?

    En France, la Limite de Détection des fibres d’amiante n’existe malheureusement pas encore au niveau réglementaire. Toutefois certaines normes apportent des réponses comme le guide du COFRAC relatif à la recherche de l’amiante dans les matériaux du bâti (LAB GTA 44). La limite de détection est inférieure à 0,1 % en masse dans ce guide, c’est aussi le cas dans les normes ISO. L’atteinte de cette limite de détection exige cependant des prérequis : une quantité minimale de prise d’essai, une méthode capable de réduire le liant qui englobe les fibres et capable de concentrer les fibres d’amiante. La relation avec l’opérateur de repérage est alors essentielle pour définir un protocole de prise d’essai en intégrant ses contraintes. Afin de vous garantir la justesse des analyses, les laboratoires Eurofins affichent depuis plusieurs années cette limite de détection sur les rapports. Nos méthodes sont également en constante évolution grâce à nos équipes d’amélioration continue « Lean » et « Recherches et Développement » pour fiabiliser la reproductibilité de nos analyses.

    Vous mentionnez la séparation des différentes couches d’un échantillon, cette pratique est-elle obligatoire ?

    Lorsqu’un échantillon contient plusieurs couches et qu’il est possible de réaliser un essai sur chacune d’entre elles sans inter-contamination, cette séparation est obligatoire selon le LAB GTA 44 et la HSG 248 Annexe 2. La séparation permet de garantir les limites de détection en évitant la dilution des fibres. Elle apporte un maximum d’informations au Client puisqu’elle lui indique, lorsque de l’amiante est détecté, dans quel matériau il se situe précisément.

    Eurofins a fait le choix de pratiquer la séparation systématique des couches pour fournir à ses Clients des services analytiques de qualité.

  • L’innovation structurelle au service du client et des collaborateurs – Avec Europamiante

    L’innovation structurelle au service du client et des collaborateurs – Avec Europamiante

    Réussir un chantier de désamiantage n’est pas qu’une question technique. Chaque site présente ses spécificités, ses difficultés et des règles drastiques d’intervention liées à des impératifs de sécurité. Le désamiantage des sites hyper-sécurisés est la spécialité d’Europamiante, qui a su adapter son mode de fonctionnement et son organisation aux exigences hors-normes de maîtres d’ouvrage soumis à des protocoles de sécurité extrêmement pointilleux. Une spécialisation qui reflète l’ADN d’une entreprise en quête permanente d’amélioration. Les détails avec Carine Rouvier, fondatrice et gérante d’Europamiante.

    Quelle est l’histoire d’Europamiante ?

    La société est spécialisée dans le désamiantage, la dépollution, la déconstruction et le déplombage. Elle a été créée en 2008 et intervient auprès des particuliers et des professionnels, en intérieur comme en extérieur, dans des secteurs variés. Nous avons connu une croissance rapide et sommes rapidement passés d’une quarantaine de chantiers annuels en 2009, à près de 800 en 2018. Nous comptons à présent 132 collaborateurs.

    La spécificité d’Europamiante est de réaliser ses chantiers sans recourir à aucune prestation externe, à l’exception des analyses en laboratoires et du stockage des MCA. Mais notre volume d’activité nous permet de travailler en partenariat privilégié avec deux laboratoires. Nous assurons donc l’ensemble de la chaîne, de notre bureau d’études pour les études de risques et l’élaboration du plan de retrait, au transport sécurisé des matériaux pollués par nos chauffeurs qualifiés ADR, en passant par la pose des infrastructures de confinement et les opérations de désamiantage.

    En maîtrisant l’ensemble de la chaîne, nous sommes en capacité de gérer le risque amiante de manière extrêmement fiable. Ceci nous permet d’intervenir sur tous types de travaux, en tous lieux (logements sociaux, hôpitaux, bureaux, usines, garages, terrains, parkings) et sur des chantiers dits « à hauts risques » : milieux occupés, bâtiments sinistrés, avant démolition…

    Europamiante est également spécialisée dans les interventions sur sites « hautement sensibles ». Comment avez-vous pu pénétrer ce marché de niche ?

    C’est précisément le fait que nous sommes complètement autonomes et que nous pouvons prendre en charge un chantier de l’étude à l’évacuation des déchets, sans faire intervenir de prestataires, qui nous a ouvert les portes de ces marchés.

    Les sites « hyper-sécurisés » peuvent ne pas être des sites dangereux sur un plan opérationnel, comme peut l’être, par exemple, une intervention dans une centrale nucléaire. Il peut s’agir de sites sensibles sur le plan de la sécurité nationale, comme des sites « Classés Défense », dans lesquels aucune fuite d’information n’est envisageable. Il peut également s’agir de sites dont la sécurité des occupants est particulièrement surveillée, comme l’Elysée ou le Sénat. On n’y entre donc pas facilement et il est indispensable d’adapter les processus de l’entreprise et nos collaborateurs à ces situations.

    Ces interventions sont complexes et nécessitent, pour chaque collaborateur qui va être amené à travailler sur ce site, de se plier à un « criblage diplomatique ». C’est-à-dire qu’il devra fournir ses documents d’identité et fera l’objet d’une enquête approfondie sur ses antécédents judiciaires, ses déplacements en France ou à l’étranger…

    Une fois sur site, notre personnel et notre matériel sont contrôlés par une brigade cynophile, puis escortés jusqu’à leur zone de travail. Les chantiers sont compartimentés et la circulation y est très restreinte. Il a donc fallu former nos équipes à ces contraintes très particulières et, surtout, être capables d’anticiper les exigences de la maîtrise d’ouvrage de ces sites. Ceci requiert évidemment d’avoir des équipes en lesquelles nous avons une confiance totale et au passé irréprochable, mais également d’intégrer l’allongement des délais induits par les procédures de vérification en amont et durant le chantier. Quelquefois, des chantiers relativement simples sur des sites « normaux » vont voir leur durée doubler sur des sites sensibles. Il faut donc l’intégrer dans nos plannings humains et matériels.

    D’autres sites protégés peuvent également induire des contraintes fortes, mais pour d’autres raisons : une intervention sur un monument historique, par exemple, peut nécessiter des précautions plus importantes et plus complexes pour préserver le lieu que pour le chantier de désamiantage en lui-même.

    Europamiante innove également sur le plan organisationnel. Pouvez-vous nous en parler ?

    Notre société s’est fixée trois valeurs-phares : Qualité, Satisfaction client et Bien-être. Or, nous avons rapidement compris que les deux premières ne peuvent fonctionner que si la dernière est une réalité pour les collaborateurs. Nous avons donc très vite intégré des équipements (salle zen, fauteuil de relaxation…) et des pratiques (cantine collective bio, engagements avec des producteurs locaux…) qui permettent à nos collaborateurs de se sentir bien chez nous.

    La dernière étape en date dans ce mouvement de « remise au centre » de l’humain, c’est la démarche d’auto gouvernance que nous avons initiée il y a un peu moins d’un an. Le changement est radical, puisque nous nous inscrivons dans la démarche dite « de l’entreprise libérée ». Europamiante est donc désormais organisée en équipes de 7 à 12 personnes qui prennent en charge le client de A à Z, qui sont autant « d’entreprises dans l’entreprise » et autant de pôles de spécialité : « Sous-Section 4 », « Bulle à risques » « Travaux en hauteur, « Appels d’offres »…

    Nous avons remarqué qu’en fonctionnant ainsi, le client était mieux pris en charge. Cette organisation autonome modifie radicalement l’état d’esprit des collaborateurs et des managers : on ne les perçoit plus uniquement à travers leur fonction, mais à travers leur personnalité, ce qui permet de valoriser les compétences en interne, donc d’accroître les compétences de back-up et, au final, de mieux servir le client. Au sein de ce système, pour « mettre de l’huile dans les rouages », les anciens managers sont devenus des « experts accompagnateurs » qui orchestrent le fonctionnement de l’ensemble.

    Cette organisation a nécessité la conception en interne d’un outil collaboratif connecté. Il s’agit d’une application en mode Cloud qui nous permet de gérer les dossiers en commun, entre les chefs de chantiers, le bureau d’études, les responsables techniques, etc. Toute l’activité de l’entreprise est progressivement intégrée dans cet outil, qui est également mis à disposition de nos clients afin de leur donner accès en temps réel aux informations sur leur chantier.

    Le cercle se veut donc vertueux : en libérant l’entreprise, les collaborateurs travaillent en autonomie, ce qui nous oblige à partager de l’information, que nous mettons à disposition du client. Et nos équipes font ainsi tout pour le satisfaire.

  • Amiante dans les enrobés bitumineux : proactivité, maîtrise et gestion des chantiers

    Amiante dans les enrobés bitumineux : proactivité, maîtrise et gestion des chantiers

    L’une des conditions de réussite d’un chantier avec risque d’amiante réside dans la possibilité de s’appuyer sur une réglementation et des processus éprouvés. A défaut d’informations fiables, les incertitudes des différents acteurs quant à leurs responsabilités respectives peuvent impacter fortement le chantier. Le point avec Alexandre Neuraz, responsable Marketing chez PROTYS et membre de la Commission Normalisation sur la réglementation amiante.

    PROTYS a récemment réalisé une étude portant notamment sur l’amiante. Quelles conclusions en avez-vous tiré ?

    Ces deux dernières années, nous avions identifié beaucoup de « signaux » du marché concernant les problématiques de l’amiante dans les enrobés bitumineux. En tant qu’éditeur de logiciels et experts sur ces problématiques, nous avons recherché des études sur cette question, afin d’en saisir parfaitement les tenants et les aboutissants, et nous n’en avons pas trouvé. Nous avons donc décidé de mener notre propre étude à l’été 2018.

    L’idée était de réaliser un état des lieux de la perception du risque lié à l’amiante par les professionnels du secteur, de leur rôle et des pratiques opérationnelles mises en place afin de minimiser ces risques. Cette étude a été menée auprès de 374 répondants, parmi lesquels des maîtres d’ouvrages, des entreprises de travaux, des diagnostiqueurs et des collectivités. Elle portait sur les polluants (essentiellement l’amiante, les HAP, et le plomb), avec un focus particulier sur l’amiante dans les enrobés routiers.

    Tout d’abord, nous avons été assez surpris de constater que la perception du risque amiante en général est faible : seuls 37% des acteurs interrogés estiment que l’amiante présente un risque fort. Il ressort de notre étude que la répartition des responsabilités des différents intervenants n’est pas forcément très claire. Cela s’explique puisque nous sommes toujours en attente des textes normatifs. Enfin, sur la conformité, 91% des professionnels effectuant des travaux sur la voirie estiment ne pas être dans 100% des cas conformes au code du travail régissant l’amiante.

    Cette étude nous a permis de comprendre que de nombreux travaux restent à mener pour une bonne compréhension et maîtrise de la gestion du risque amiante. Fort de ce constat, nous avons souhaité prendre une part active dans la gestion de cette problématique en intégrant les groupes de normalisation en cours.

    Quelle forme a pris cette implication opérationnelle ?

    Nous siégeons désormais dans l’une des commissions de normalisation portées par le BNTRA: la commission 2 « Autres immeubles tels que terrains, ouvrages de génie civil et infrastructures de transport ». Les sujets traités sont complexes et à forts enjeux, puisque l’objectif de la norme est de définir la méthodologie et les modalités de réalisation des repérages avant travaux avec par exemple pour les opérateurs de repérage : la stratégie d’échantillonnage et la définition des zones homogènes. La publication des arrêtés qui porteront ces normes est prévue entre 2019 et 2020.

    L’objectif de la DGT est la mise en place, pour les chantiers de voirie, d’une norme équivalente à celle déjà existante pour le bâtiment (la NFX 46-020).

    Quels sont les nouveaux enjeux induits par cette réglementation ?

    Tous les métiers concernés par la préparation de travaux sont impactés par ces nouvelles obligations à plusieurs niveaux. En effet, les nouvelles procédures de repérage impliquent de fait l’allongement des temps administratifs de préparation des chantiers mais aussi la prise en compte d’autres problématiques : transmission des éléments aux acteurs concernés, conservation des éléments transmis… Evidemment, tout cela a des répercussions évidentes sur le coût final d’un chantier.

    C’est pourquoi nous avons développé une nouvelle solution, DIAMATYS. Ce nouveau service permet aux maîtres d’ouvrages et aux gestionnaires de voirie de disposer simplement et facilement d’un outil permettant de centraliser, visualiser et partager les rapports de recherche d’amiante et HAP.

    Pouvez-vous nous présenter PROTYS ?

    Créée en 2008, PROTYS est depuis plus de 10 ans éditeur de solutions logicielles dédiées à la gestion de chantiers. Grâce à sa gamme de services innovants, PROTYS est la solution numérique qui simplifie les échanges entre les différents intervenants lors de la préparation des chantiers.

    Nos solutions s’adressent à l’ensemble des professionnels des Travaux Publics : Maîtres d’ouvrages, entreprises de travaux, exploitants de réseaux et collectivités. Elles ont pour objectif de simplifier leurs démarches autour de la gestion de leurs chantiers (ou projets) en simplifiant et fluidifiant les échanges entre les différents acteurs

  • La sécurité des chantiers sans sacrifier le confort des opérateurs

    La sécurité des chantiers sans sacrifier le confort des opérateurs

    Un chantier de désamiantage réussi, au-delà de l’objectif opérationnel, c’est également un chantier au cours duquel les opérateurs ont pu travailler efficacement, de manière totalement sécurisée, et sans être gênés dans leurs tâches, déjà rendues épuisantes par le port d’EPI souvent lourds et contraignants. Le bien-être des opérateurs par les petits détails qui vont leur simplifier la vie, c’est l’une des ambitions de 3M™ Scott. Martial BOUVIN, Chef de marché milieu nucléaire, industrie lourde et chantier de désamiantage nous présente certaines de ces « petites choses » qui vont faciliter le travail des opérateurs.

    Quels sont les facteurs qui ont incité 3M à investir le secteur du désamiantage ?

    3M™ Scott est spécialisé dans les équipements de protection de la personne, en milieu professionnel, mais aussi en loisir, ou dans le milieu militaire. Nous étions déjà présents sur le secteur, mais essentiellement sur des protections respiratoires et grâce à toute la palette de nos équipements, notamment sur les rubans et les adhésifs dont les opérateurs de désamiantage font une consommation importante, ainsi que sur le reste de notre gamme d’équipements de protections, notamment auditives.

    3M™ a acquis en 2017 un acteur important de la protection respiratoire, Scott Safety, ce qui nous a permis d’élargir notre offre en proposant de nombreuses solutions très utilisées dans les chantiers de retrait d’amiante, comme le PPR2000 ou encore le RAS amiante. Nous proposons aujourd’hui l’ensemble des produits de la gamme amiante de 3M™ Scott : le masque ventilation assistée Phantom Vision, le masque-ventilation assistée 3M™ Powerflow, les systèmes d’adduction d’air RAS amiante, ainsi que l’unité filtrantes pour les environnements amiantés Proflow ASB. Ce faisant, 3M™ Scott a conforté sa position dans le marché des EPI dédiés à l’amiante.

    Comment facilitez-vous le travail des opérateurs ?

    Tout d’abord, 3M™ Scott a mis en place des systèmes d’identification individuelle des EPI, en apposant un numéro de série sur chaque équipement et partie d’équipement pour que chaque opérateur puisse retrouver facilement son matériel, que nous identifions avec un code-barres. Ce marquage est particulièrement intéressant pour certaines opérations de maintenance, quand les EPI se retrouvent mêlés à d’autres. En retour de maintenance, le marquage individuel permet à chaque salarié de retrouver son EPI.

    Ensuite, l’entretien et la maintenance des EPI sont essentiels. Pour ce faire, 3M™ Scott recommande de le faire réaliser par des entreprises externes spécialisées dans le domaine, et plus particulièrement sur l’amiante. C’est un vrai gain de temps et d’argent pour les utilisateurs de nos solutions : la maintenance est réalisée dans des locaux sécurisés puisque, même si les EPI doivent être livrés au prestataire décontaminés, nettoyés, lavés et séchés, les précautions pour les opérations de maintenance sont lourdes et suivent les mêmes règles que celles applicables à un chantier de désamiantage. Cette prise en charge simplifie la tâche des désamianteurs, car les EPI sont régulièrement vérifiés en préventif et/ou en curatif : corrosion des moteurs de ventilation, clapets d’ouvertures du masques, remplacement des joints de masque… La qualité des opérations de maintenance garantit de démarrer un chantier avec l’assurance que l’ensemble du matériel est fonctionnel.

    En tant que fournisseur d’EPI, quels conseils pourriez-vous donner aux opérateurs de désamiantage ?

    En tant que fournisseur d’EPI, nous ne pouvons évidemment pas fixer de règles impératives concernant leur utilisation, mais nous nous inspirons fortement des recommandations de l’INRS, ainsi que des remontées opérationnelles de terrain pour faire évoluer nos protections, et rendre effectives certaines « petites choses » qui vont faciliter le travail de l’opérateur. Nous poursuivons également les améliorations permanente de notre gamme d’EPI amiante pour les rendre encore plus robustes.

    En termes de protection générale sur le plan individuel, nous insistons particulièrement sur la protection respiratoire mais de plus en plus sur d’autres protections comme la protection auditive, qui est quelquefois négligée, alors que les chantiers de désamiantage, de par les appareils utilisés et les opérations de déconstruction, sont souvent très bruyants.

    La communication sur ces chantiers, entre les opérateurs ou avec l’extérieur, est souvent très complexe. Sans compter que le fait de pouvoir échanger avec ses collègues pendant le travail le rend plus agréable. 3M développe ainsi depuis des années des solutions de communication électroniques incluant des protections auditives qui avaient à l’origine été pensées pour le domaine militaire, la chasse et le tir de loisir, notamment le casque PROTAC.

    Le port d’un casque de protection auditive vient cependant s’ajouter au poids des autres EPI. C’est la raison pour laquelle 3M™ met en œuvre le développement de protections auditives électroniques hyper légères : les bruits dangereux sont filtrés, tout en permettant un échange entre les opérateurs. Nous travaillons également sur des bouchons d’oreilles électroniques qui se portent sous la combinaison de protection. Au final, le gain de poids est considérable et participera au bien-être des opérateurs sur les chantiers.