Catégorie : AMIANTE

  • « Des contraintes similaires au nucléaire, la mobilité des chantiers en plus » – Carine Rouvier (Europamiante)

    « Des contraintes similaires au nucléaire, la mobilité des chantiers en plus » – Carine Rouvier (Europamiante)

    ENTRETIEN AVEC
    Carine Rouvier, PDG d’Europamiante. PME implantée à Meaux pour (agence Ile-de-France) et à Arras (agence du Nord), Europamiante est une entreprise de 120 salariés.

    Présentez-nous votre activité.

    Nous effectuons du désamiantage à 98% de notre activité. C’est un marché de niche à forte contrainte sécuritaire et administrative. Nous sommes le seul métier apparenté au BTP qui a autant de papiers et d’autorisations de toutes sortes ! Pour exercer notre métier, il nous faut obtenir et conserver une certification délivrée par un organisme certificateur habilité par l’état. Cette certification est donnée pour 2 ans, puis 5 ans, et elle amène 4 audits annuels non annoncés sur nos chantiers. Chaque audit pouvant remettre en cause la certification, c’est-à-dire la vie même de l’entreprise. C’est vous dire les mesures de qualité et de sécurité que nous mettons en place quotidiennement.

    Pour cela la société est constituée d’un staff de direction qui m’accompagne. Nos valeurs que nous partageons tous, sont : respect des engagements, exigence et bienveillance, amélioration continue. Notre slogan commercial : votre sécurité notre efficacité. Nos clients sont essentiellement des acteurs publics à travers des marchés publics ou en sous-traitance pour des grands faiseurs de BTP. Nous travaillons pour les préfectures d’ile de France, incluant des ministères, des musées, des commissariats, pour des bailleurs sociaux, sur tout le territoire et souvent avec des collectivités territoriales.

    Les contraintes juridiques du secteur sont extrêmement fortes.

    Nous avons des contraintes similaires au nucléaire, mais avec la mobilité des chantiers en plus. D’ailleurs une grande partie des process métiers ont été copiés au nucléaire puis adaptés au fil du temps à notre métier. Les contraintes publiques aussi sont très fortes. Nous devons sans cesse prouver et maîtriser l’empoussièrement tant à l’intérieur des locaux que nous traitons, qu’on l’extérieur. Nous avons régulièrement à faire une population anxieuse et devons en tenir compte dans notre approche sécuritaire.

    Beaucoup de « bien pensant » éditent des lois et règlements sans valider avec la base des opérationnels ce qui est faisable ou pas. Nous sommes très surveillés, et c’est normal. Les enjeux de santé se doivent d’être mis sous haute surveillance. Parfois les acteurs bureaucratiques en rajoutent un peu quand même ! par exemple, les lois européennes ont statué sur un niveau de sécurité attendu, la France est le seul pays d’Europe à exiger plus que l’Europe ! ce qui a un bon côté, les concurrents étrangers ne peuvent pas prendre le marché français en direct (sauf à racheter des entreprises françaises).

    Quel est le potentiel du marché ?

    Ce sont les lobbyiste qui font bouger les lignes. En tout cas, en ce qui nous concerne, nous avons un programme interne partagé avec l’ensemble des salariés, pour nous permettre à moyen terme d’aller voir dans d’autres domaines pour assurer la continuité de l’entreprise et rendre pérenne les emplois. Il faut savoir que l’activité de désamiantage est contrainte d’employer les salariés exclusivement en CDI. Pas de CDD ni d’intérim. La responsabilité est donc forte en tant qu’employeur de maintenir en permanence une activité optimum.

  • Les Packs Recy’amiante : collecter l’amiante partout en France

    Les Packs Recy’amiante : collecter l’amiante partout en France

    ENTRETIEN AVEC
    Stéphane Pruvost, directeur de Sebemex, société spécialisée depuis quarante ans dans l’équipement de protection individuelle et dans le secteur du nucléaire.

    Quand la problématique de l’amiante a fait surface en 1997, Sebemex a créé Extramiante, une division commerciale destinée aux personnels intervenant dans le désamiantage et le déplombage. Nous comptons aujourd’hui une quarantaine de collaborateurs, répartis sur six agences en France et une en Suisse, ainsi qu’une autre division commerciale, Locamiante, dédiée à la location et à la maintenance des équipements de désamiantage.

    Quelle est votre approche du métier ?

    Nous faisons en sorte que nos équipes technico-commerciales puissent répondre de manière appropriée à des problématiques dont elles ont l’expérience. Nous vendons du matériel, mais, surtout, nous accompagnons le client, notamment pour les audits. Nous assurons un rôle de prescription et d’accompagnement en après-vente.

    Au-delà de la vente et de la location, Sebemex adapte, développe et fabrique des produits spécifiques aux modes opératoires des professionnels de l’amiante. Nous avons notamment développé les pack Recy’amiante, une solution globale dédiées aux travaux de sous-section 4. Ces entreprises manipulent des petites quantités d’amiante qui n’ont que deux exutoires possibles : l’enfouissement ou l’inertage. Les Packs Recy’amiante ont choisi le traitement par vitrification : nous fournissons un Kit comprenant toutes les protections individuelles nécessaires, un emballage réglementaire pour y mettre les déchets amiantés, un scellé, qui sera pris en charge par notre service de collecte pour être livré chez Inertam pour vitrification. Et ce, sans quantité minimale et sans minimum de facturation. Nous proposons différents packs avec différentes capacités, « all inclusive », y compris les déclarations (fiche d’identification, demande de certification préalable, BSDA). Nous récupérons le déchet sur chantier et le livrons pour inertage. Une fois le déchet détruit, le justificatif est envoyé à l’entrepreneur.

    Une solution pratique avec une plateforme téléphonique dédiée qui permet à l’entrepreneur non spécialisé dans l’amiante de gérer la problématique proprement et légalement, tout en externalisant les démarches administratives et logistiques . Il faut trouver des solutions innovantes simples et économiques, puisque, par exemple, l’enfouissement impose des conditionnements et des minimums de facturation très élevés. L’avantage de l’inertage, c’est la destruction définitive. Une solution que nous adaptons aux différents corps de métiers concernés en proposant, par exemple, un pack pour les ascensoristes, un pack pour les menuisiers, un pack pour les couvreurs. Tout est fourni clé en main.

  • Désamiantage : l’IRSN expérimente de nouveaux équipements de protection individuelle

    Désamiantage : l’IRSN expérimente de nouveaux équipements de protection individuelle

    Par un arrêté publié le 17 mars au Journal officiel, la ministre du Travail autorise une expérimentation d’équipements de protection individuelle (EPI) utilisables lors d’opérations de désamiantage en dérogation à l’arrêté ministériel du 7 mars 2013.

    Cette expérimentation sera menée par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui devra remettre un rapport de synthèse à son issue. D’une durée de dix mois, elle portera sur deux modèles de heaumes ventilés : le modèle Gridel AP du fabricant Honeywell et le modèle Mativent de Matisec. Elle a pour objet d’évaluer la performance des deux équipements vis-à-vis des fibres d’amiante et leur adéquation au secteur du désamiantage.

    L’expérimentation va être menée sur des chantiers présentant des concentrations en fibres d’amiante comprises entre 3.000 et 10.000 fibres par litre et répondant à un certain nombre de conditions : pas de contrainte radiologique, niveau d’empoussièrement général limité, accessibilité aisée aux zones de travail, sas de décontamination et de déshabillage adaptés à l’EPI, capacité de production d’air respirable conforme à l’arrêté de 2013.

    L’IRSN s’est vu confier par la direction générale du travail (DGT) une étude d’évaluation de la performance des tenues étanches et des heaumes ventilés vis-à-vis des fibres d’amiante. Ces études font suite à un avis de l’Afsset du 9 février 2009 préconisant une évaluation de l’efficacité des EPI selon la méthode de microscopie électronique à transmission analytique (Meta).

    Retrouvez l’intégralité de l’article sur actu-environnement.com

  • 50 ans après, le cancer de l’amiante mieux compris

    50 ans après, le cancer de l’amiante mieux compris

    Des chercheurs suisses et canadiens ont trouvé une explication aux effets de l’amiante sur la santé et espèrent ainsi le prévenir.

    Longues et pointues, les fibres d’amiante provoquent des inflammations chroniques qui peuvent mener à un cancer. Des chercheurs suisses et canadiens ont trouvé une explication à ce phénomène et espèrent ainsi le prévenir.

    L’effet cancérogène de l’amiante est largement reconnu depuis bientôt 50 ans. Contrairement à une croyance répandue, ce minéral fibreux ne déclenche pas directement le cancer du poumon, mais atteint d’abord une couche de cellules qui entoure l’ensemble des organes internes: le mésothélium.

    Le système lymphatique ne parvenant pas à éliminer ces fibres longues et pointues, ces dernières restent coincées dans ce tissu. Elles le blessent de manière répétée, ce qui peut finalement provoquer un cancer.

    «L’exposition chronique à l’amiante déclenche un processus de cicatrisation. Cela dérègle le système immunitaire, qui ne combat alors plus assez efficacement les tumeurs en formation», explique Emanuela Felley-Bosco, directrice de l’étude à l’Hôpital universitaire de Zurich, citée jeudi dans un communiqué du Fonds national suisse (FNS).

    Réaction immunitaire atténuée

    Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont injecté des fibres d’amiante dans la cavité abdominale de souris, elle aussi recouverte de mésothélium. Bien que l’amiante soit en lui-même inoffensif d’un point de vue chimique, les microlésions provoquent une réaction immunitaire: des signaux inflammatoires sont émis et des globules blancs affluent.

    Les signaux chimiques activés dans le tissu enflammé du mésothélium dans le but de favoriser la cicatrisation stimulent cependant par la même occasion la division cellulaire, et favorisent ainsi la croissance de tumeurs. L’équipe a de plus mis en évidence une augmentation des mutations dans l’ARN, une sorte de copie de travail de l’ADN.

    Les chercheurs supposent que c’est entre autres ce phénomène qui atténue la réaction immunitaire. Conséquence: les cellules tumorales qui apparaissent ne sont plus combattues efficacement et un cancer peut se développer.

    Un mécanisme similaire est à l’oeuvre chez l’être humain. Une analyse d’une banque de données génétiques faite par les scientifiques indique que l’enzyme responsable des mutations de l’ARN était présente en plus grande concentration dans les tumeurs de patients dont la maladie évoluait de manière défavorable.

    Dépistage et immunothérapie

    «Jusqu’à présent, le cancer provoqué par l’amiante restait une boîte noire», note Emanuela Felley-Bosco. Les résultats de son équipe sont utiles pour une détection précoce des signaux de l’inflammation ainsi que pour développer une thérapie spécifique contre le cancer du mésothélium.

    Retrouvez l’intégralité de l’article sur LeMatin.ch

  • Du remblai avec des déchets d’amiante

    Du remblai avec des déchets d’amiante

    L’ancien entrepreneur du bâtiment comparaissait devant le tribunal correctionnel pour avoir collecté, transporté, abandonné des plaques de fibrociment mais aussi pour avoir exposé ses salariés à l’amiante. Le jugement sera rendu le 31 mai.

    Tout est parti d’une lettre anonyme, le 24 août 2012. Le courrier dénonçait un enfouissement suspect sur le terrain privé d’un entrepreneur du bâtiment, dont la société avait été placée en liquidation judiciaire quelques mois auparavant. Après analyse, il s’est avéré qu’il s’agissait bien d’amiante.

    Le propriétaire des lieux, âgé de 50 ans, comparaissait jeudi devant le tribunal correctionnel de Vesoul pour y répondre d’une douzaine d’infractions, dont cinq au Code du travail et six au droit de l’environnement. Il lui était notamment reproché, entre avril 2010 et septembre 2011, une gestion irrégulière de déchets à Melisey, où il habitait, mais aussi dans une commune située à quelques kilomètres, où se trouvait le local de l’entreprise qu’il cogérait avec son épouse (ils se sont séparés depuis).

    Créée en 2001, l’affaire a commencé à connaître une baisse sérieuse d’activité en 2008 à la suite de problèmes de santé du coresponsable. Pour décrocher un important chantier auprès d’une société de fabrication en mécanique, il aurait proposé un devis 40 % moins cher que la concurrence. Pour cette remise aux normes de la toiture d’un bâtiment du XIXe siècle, le tarif ne comprenait pas le traitement de l’amiante pour lequel lui, pas plus que ses ouvriers, n’avait été formé. Cette dépose de toiture aurait ainsi en partie servi à remblayer les alentours de sa maison, à Melisey.

    En France, l’amiante est interdit depuis 1997, a rappelé Me Isabelle Jeanroy, qui intervenait pour une des victimes « aujourd’hui âgée de 22 ans. Sa particularité, c’est d’avoir débuté à 14 ans un contrat d’apprentissage en qualité de charpentier ». « Il a participé à la démolition d’une toiture. Il a démonté des plaques d’amiante qui étaient jetées dans la benne du camion sans aucune précaution particulière », a insisté l’avocate qui trouve « la désinvolture du prévenu un peu déconcertante ».

    Du remblai avec des déchets d’amiante

    « L’amiante, il l’a déposé chez lui. Il en est la première victime. Cette affaire l’a mis sur la paille », a souligné Me Dreyfus-Schmidt, qui défendait l’ancien patron au casier judiciaire déjà chargé, à l’encontre duquel le ministère public a requis 15 mois de prison et une interdiction de gérer une entreprise durant cinq ans.

    Six mois avec sursis ont été demandés pour l’ex-compagne. « Elle était cantonnée à des tâches administratives. Elle a seulement été propulsée cogérante en 2003 après le départ de l’associé », a appuyé Me Barrail : « On se retranche derrière une notion de passivité intentionnelle mais sans démontrer de faute personnelle ». L’avocat de plaider la relaxe de la prévenue et de solliciter, comme Me Dreyfus-Schmidt, la restitution de la maison confisquée « afin de la mettre en vente le plus rapidement possible ».

    Retrouvez l’intégralité de l’article sur Estrepublicain.fr

  • « Le marché de l’amiante arrive à maturité » – Damien Delsarte (DEC2)

    « Le marché de l’amiante arrive à maturité » – Damien Delsarte (DEC2)

    ENTRETIEN AVEC
    Damien Delsarte, directeur de la société DEC2 et expert en traitement des déchets. Bureau d’études dédié à l’environnement, DEC2 est spécialisé dans la gestion des déchets et plus particulièrement dans le diagnostic des déchets avant démolition.

    Sur quels types d’activités intervenez-vous ?

    J’ai créé DEC2 en 2009 avec la volonté de concevoir un bureau d’études indépendant à la fois d’un professionnalisme irréprochable et proche de ses clients. J’ai été progressivement rejoint par deux collaboratrices, qui sont venues compléter et asseoir l’offre du bureau d’études.

    Nous proposons trois types de prestations d’études : la déconstruction et le désamiantage ; la dépollution des sites ; la gestion des déchets. Nous intervenons également sur des activités spécifiques, à la demande des clients, comme les formations aux flux de déchets en milieu industriel, ou le montage de dossiers de demande de transferts transfrontaliers de déchets vers les pays de L’Union Européenne. DEC2 intervient sur le territoire des Hauts de France : un terrain riche en friches industrielles, et où la densité de population et d’industrie fait de la gestion des déchets un enjeu fondamental de l’environnement.

    Par quels services vous démarquez-vous ?

    Depuis début 2016, nous avons obtenu la qualification OPQIBI pour le diagnostic déchets avant démolition. De fait, la société est en particulier spécialisée dans cette activité. De la même manière, de par notre indépendance et notre connaissance des filières, nous sommes en mesure de trouver les solutions les plus adaptées pour le traitement des terres polluées, sédiments et enrobés.

    Comment voyez-vous votre développement sur le marché de l’amiante ?

    Je viens du monde de la démolition et du désamiantage. Il y a neuf ans, j’ai décidé de créer mon entreprise, notamment pour bifurquer vers des activités qui me plaisaient particulièrement, l’ingénierie et l’accompagnement de travaux. Même si l’amiante ne constitue pas le cœur de nos activités, nous sommes parfaitement capables techniquement et matériellement de gérer ce genre de problématique. Je pense que le marché de l’amiante est à maturité : d’énormes quantités ont déjà été traitées. Par contre, il reste encore énormément à faire sur le marché périphérique, notamment le remplacement de l’amiante par d’autres matériaux et la gestion des autres déchets dangereux et/ou toxiques.

  • Patrice Blanc (D-Pro) : « Nos franchisés s’installent diagnostiqueurs, nous développons leur expertise »

    Patrice Blanc (D-Pro) : « Nos franchisés s’installent diagnostiqueurs, nous développons leur expertise »

    ENTRETIEN AVEC
    Patrice Blanc, chargé de développement de D-Pro. Créée en 2011, la société est une franchise d’experts du bâtiment et de diagnostics immobiliers. Loin de se concentrer uniquement sur la problématique des diagnostics immobiliers, le réseau a souhaité élargir le spectre de ses franchisés afin de proposer une expertise globale à ses clients.

    Dans quelles régions intervenez-vous ?

    D-Pro est un réseau de franchise historiquement basé à Valence, dans la Drôme. Nous nous sommes ensuite étendus de manière plus ou moins concentrique dans le quart sud-est et, depuis 2015, sur tout le territoire. En 2017, nous nous sommes installés en région parisienne, ainsi que dans l’ouest. D-Pro regroupe 30 franchisés, dont 10 nouveaux en 2017, et avec un objectif de croissance identique pour 2018, plus particulièrement le nord de la France, l’est et la partie Bretagne.

    Quelle est votre particularité ?

    Notre particularité, c’est d’être à la fois diagnostiqueurs, avec une compétence sur l’ensemble des diagnostics obligatoires, mais avec une expertise du bâtiment : audit et contrôle d’accessibilité, valeur vénale, DTG, thermique, pollution des sols, qualité de l’air, gestion des déchets, expertise d’assurés… Nous intervenons par exemple en cas de sinistre pour le compte des assurés. Nous avons également une expertise dans la construction : pathologies des bâtiments, malfaçons, difficultés à la livraison du bien…

    Ce sont des expertises que nous avons développées parce qu’à l’origine, le cabinet historique les intégrait déjà : les deux associés de la franchise sont tous les deux des experts en bâtiment et se sont progressivement orientés vers l’amiante dès 1997. Après 25 ans d’expérience dans l’expertise, ils ont ajouté les diagnostics à leurs activités.

    Comment accompagnez-vous vos franchisés ?

    Nous proposons à nos franchisés le cheminement inverse : ils s’installent en tant que diagnostiqueurs, et nous leur proposons des formations pour développer des expertises afin qu’ils puissent se différencier de la concurrence : nous les formons en interne. Cela permet à nos clients, maîtres d’ouvrages et prescripteurs d’avoir un interlocuteur unique pour toutes leurs problématiques liées au bâtiment.

    Mais même dans cette configuration, les diagnostics, et surtout l’amiante, conservent une part prépondérante. L’amiante, c’est 30% à 35% de notre activité. Le marché est en plein développement, eu égard aux nouvelles obligations et, certainement, aux futures… Nous avons un centre de formation, FDTI, qui nous est propre et qui forme aussi des diagnostiqueurs extérieurs à notre réseau, en autre pour ce qui concerne le repérage amiante avant travaux et démolition.

  • Dominique Piton (LABOCERT) – « Accompagner les laboratoires dans leur développement »

    Dominique Piton (LABOCERT) – « Accompagner les laboratoires dans leur développement »

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    Dominique Piton, directeur de Labocert. La structure est spécialisée dans l’accompagnement, la formation et le conseil auprès des laboratoires de stratégie, de prélèvements et d’analyse.

    Quels services proposez-vous au sein de Labocert ?

    Notre société est avant tout axée sur le conseil. Dans cette optique, nous réalisons notamment les audits internes, à la fois sur les aspects qualité et aussi technique. Nous pouvons également réaliser des audits blancs, et nous assurons des prestations de conseil, aussi bien techniques que, par exemple, sur le choix des matériels. Labocert propose par ailleurs des fonctions externalisées pour les laboratoires, comme celles de Responsable Qualité ou de Responsable Technique, ainsi que des formations spécifiques aux laboratoires : les référentiels, la réglementation, les stratégies, les prélèvements, les rapports finaux, les incertitudes de mesure… Toute la palette de problématiques que rencontrent quotidiennement nos clients, et qui leur sont nécessaires dans leur démarche d’accréditation.

    Comment accompagnez-vous les laboratoires ?

    Notre vision de la relation client n’est pas axée sur du « one-shot » : nous mettons en place des solutions pérennes, complètement adaptées au client. Du sur-mesure, en quelque sorte. Ainsi, par exemple, nous adaptons les formations à leur activité sur des domaines particuliers, voire à des lacunes particulières que nous identifions grâce à des diagnostics des compétences. Des formations qui prendraient 6 à 8 mois peuvent être faites en quelques jours avec nous.

    Cette démarche permet à Labocert d’accompagner les laboratoires dans l’obtention d’une nouvelle accréditation ou de son renouvellement. Nous avons ainsi pour clients des laboratoires déjà installés et des laboratoires en création. Un positionnement qui permet également de se faufiler dans un secteur des laboratoires en pleine mutation : le marché du laboratoire commence doucement à se stabiliser. Suite à un évènement majeur dans leur laboratoire, des préleveurs ont créé leur laboratoire de petite taille… Certains arrêtent, d’autres sont rachetés, d’autres se créent ou se développent. Nous proposons une offre de formation pour chaque cas, lesquelles sont reconnues lors des accréditations Cofrac. L’’entreprise se déploie également en France Métropolitaine et en Outre-Mer.

  • Analyse amiante : des processus complexes pour atteindre la Limite de Détection

    Analyse amiante : des processus complexes pour atteindre la Limite de Détection

    Sur un marché du diagnostic amiante qui arrive à maturité, le choix du laboratoire d’analyse est plus que jamais déterminant. La concurrence intense entre les diagnostiqueurs place le facteur prix au premier rang au risque d’occulter le reste. Pourtant, s’associer à un laboratoire fiable avec des analyses à la qualité reconnue peut renforcer l’image du diagnostiqueur et lui assurer une sécurité face à d’éventuels contentieux et litiges.

    Depuis longtemps, Eurofins a fait le choix de la qualité et de la fiabilité, en investissant dans la recherche et le développement de méthodes d’analyses robustes, en allant plus loin que les exigences réglementaires. Seul réseau doté d’une cellule technique, composée d’une dizaine d’ingénieurs et docteurs, Eurofins Analyses pour le Bâtiment est reconnu comme la référence dans le monde de l’analyse amiante. Echange avec Pascal Haller, Directeur Technique pour le réseau de laboratoires Eurofins Analyses pour le Bâtiment Europe.

    Vous qui êtes depuis plus de vingt ans dans ce milieu, comment analysez-vous l’évolution de la profession ?

    Depuis les années 90 et l’interdiction de l’amiante, les laboratoires et les opérateurs de repérage ont dû faire preuve d’adaptation tant nos activités sont contrôlées et réglementées, faisant parfois face à de vives critiques. Notre mission, qui est de contribuer à la santé et à la sécurité de tous, est complexe. Elle s’attache à des aspects techniques, sanitaires et également financiers. Mais la course au profit entraîne parfois des dérives avec des pratiques de mauvaise qualité voire non conformes. Pourtant, les laboratoires d’analyses peuvent s’appuyer sur de multiples documents (lab. GTA 44, ISO VDI, HSG 248 par exemple, ou encore d’autres normes et documents scientifiques ISO/VDI etc.) pour connaître les bonnes pratiques.

    L’analyse des fibres d’amiante des matériaux est basée depuis des dizaines d’année sur des méthodes de préparation et de dépôt, lorsque l’on parle de la microscopie à transmission. Ces méthodes sont validées de manière exhaustive sur toutes les matrices qui entrent dans la composition des échantillons du bâti. Cette validation a été décrite dans le Lab. GTA 44 mais elle est également présente dans la norme ISO 17025. Au sein d’Eurofins, nous priorisons la pertinence de la méthode à travers une validation exigeante, même si cela représente un coût ou un temps plus élevé.

    Chaque échantillon est différent et répond à des propriétés mécaniques et chimiques propres à sa composition. Il est alors nécessaire soit d’adapter le mode de préparation pour chaque échantillon (et chaque couche de celui-ci) soit de définir un mode de préparation basé sur une suite de traitements qui peuvent s’appliquer pour l’ensemble des matrices que l’on retrouve dans les matériaux du bâti. Chez Eurofins, les dispositions techniques sont de décrire et de traiter l’échantillon par couche (sans mélange) lorsque cela est possible. Puis la « libération » et la concentration des fibres sont produites par une succession de traitements. Ce processus est évidemment plus complexe et plus coûteux pour les laboratoires qu’une préparation simpliste basée sur une méthode de préparations unitaires (exemple broyage au mortier dans de l’eau/solvant), mais il permet une atteinte systématique de la Limite de Détection (LD) quelle que soit la matrice.

    Quelle concentration d’amiante une analyse doit-elle être en mesure de détecter ?

    En France, la Limite de Détection des fibres d’amiante n’existe malheureusement pas encore au niveau réglementaire. Toutefois certaines normes apportent des réponses comme le guide du Comité Français d’Accréditation relatif à la recherche de l’amiante dans les matériaux du bâti (Lab. GTA 44). La limite de détection est inférieure à 0.1 % dans le guide et dans les normes ISO. L’atteinte de cette limite exige cependant des prérequis qui sont une quantité minimale de prise d’essai et une méthode capable de réduire le liant qui englobe les fibres mais aussi de concentrer les fibres d’amiante. La relation avec l’opérateur de repérage est alors essentielle pour définir un protocole de prise d’essai en intégrant ses contraintes. Afin de vous garantir les meilleures analyses, les laboratoires Eurofins affichent depuis plusieurs années cette limite de détection sur les rapports en plus d’une analyse par séparation de différentes couches. Les méthodes sont également sous constantes évolutions grâce à nos équipes « Lean » et « Recherches et Développement », ce qui permet d’améliorer encore la reproductibilité.

    Vous mentionnez la séparation des différentes couches d’un échantillon, cette pratique est-elle obligatoire ?

    Lorsqu’un échantillon contient plusieurs matériaux (couches), et qu’il est possible de réaliser un essai sur chacun d’entre eux sans inter-contamination, cette séparation des strates est obligatoire. La séparation permet de garantir les limites de détection en évitant la dilution des fibres. Elle apporte un maximum d’informations au client puisqu’elle lui indique – lorsque de l’amiante est détectée – dans quel matériau elle se situe précisément. Cela revient ainsi à faire plusieurs analyses par échantillons. Et Eurofins a fait le choix d’une séparation maximale des couches en ne facturant qu’une seule analyse par échantillon, là ou d’autres laboratoire limitent la séparation de couches ou facturent des suppléments d’analyse pour chaque couche.

  • Mine de Salau : pas d’amiante dans l’air et les poussières

    Mine de Salau : pas d’amiante dans l’air et les poussières

    C’est officiel : il n’y a pas d’amiante dans l’air et les poussières à l’intérieur de la mine de Salau, sur la commune de Couflens.

    La préfecture de l’Ariège vient de rendre publics les « élements complémentaires » à la visite de sécurité effectuée le 22 février dernier par Variscan Mines en présence d’un inspecteur du travail de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL).

    « Les résultats des prélèvements d’air ambiant et des poussières sur les transformateurs rencontrés (…) ne font pas apparaître de trace d’amiante », annonce la préfecture dans un communiqué en précisant que « dès lors, aucun équipement spécifique amiante ne sera, à ce stade, nécessaire pour garantir la sécurité des personnels qui entreront dans la mine pour procéder à des visites complémentaires d’expertise ».

    Mine de Salau : pas d’amiante dans l’air et les poussières

    Quatre autres visites de sécurité sont, en effet, prévues dans le courant des mois de mars et avril. Leur objectif sera d’évaluer d’autres risques (éboulement, chute, etc.) et, si nécessaire, d’organiser d’éventuels travaux de sécurité. Mais, précisent les services de l’Etat dans le département, « à ce stade, il n’est pas autorisé de prélèvements d’échantillons de roche ».

    Article issu de LaDepeche.fr