Catégorie : Retrait amiante

  • Un premier P’tit Dej. Amiante Before Work chez Europamiante

    Un premier P’tit Dej. Amiante Before Work chez Europamiante

    Mardi 9 avril 2019, a eu lieu le premier P’tit Déj. « Amiante Before Work » dans nos locaux Europamiante, situés à Nanteuil- lès-Meaux. Un petit-déjeuner autour de la thématique « le risque Amiante et les responsabilités incombant aux maîtres d’ouvrage du repérage amiante à la gestion des déchets. ».

    Le concept du p’tit déj. Amiante Before Work ?

    Rassembler des personnes concernées par l’amiante et des acteurs de l’amiante pour échanger, apprendre et mieux appréhender le processus de désamiantage. Le tout, accompagné d’un petit déjeuner pour vous accueillir dans un espace design de co-working à l’image de nos valeurs.

    Diagnostiqueur, formateur, maître d’oeuvre, laboratoire d’analyses, désamianteur puis pour finir l’éliminateur de déchets se sont succédés afin de se présenter à nos invités.
Une conférence d’environ une heure, clôturée par des questions/réponses entre partenaires et participants. Un échange où tous ceux qui le souhaitaient, se sont exprimés librement. Puis visite des locaux d’EuropAmiante.

    Présentation des intervenants du p’tit déj. Amiante Before Work ?

    Le diagnostiqueur immobilier

    Laurent Magalas, gérant de la société Activ Expertise Briard
    Le diagnostiqueur immobilier est le premier impliqué dans le processus.
    Un secteur qui demande une formation permanente, une veille réglementaire, une assurance en responsabilité civile professionnelle ainsi qu’une indépendance et impartialité.

    Le formateur

    Benjamin Jacq, directeur d’AmaxTeo : institut de formation.
    AmaxTeo forme au quotidien les travailleurs à la prévention des risques. C’est le premier organisme de formation pour la prévention des risques liés à l’amiante

    Le maître d’oeuvre

    Sébastien Périer, directeur d’exploitation d’André Jacq Ingénierie.
    Pourquoi avoir recourt à un maître d’œuvre ? La mission du maître d’œuvre est d’intervenir en amont dans un projet. Il agit à la fois en qualité d’expert technique et de préventeur. Ses compétences permettent d’assurer le succès d’une opération.

    Le laboratoire d’analyses

    Isabelle Antonetti, Présidente d’Air LAB’EAU
    Air Lab’Eau est accrédité par le COFRAC pour la stratégie d’échantillonnage et le prélèvement d’air dans les immeubles bâtis, au poste de travail et dans l’air ambiant

    Le désamianteur

    Carine Rouvier, PDG et Fondatrice d’EuropAmiante
    La société est en activité depuis fin 2008 et intervient dans toute la France. Aujourd’hui, c’est plus de 100 salariés au service de l’activité de désamiantage. EuropAmiante est spécialisée dans les interventions en milieu occupé et sur les sites sensibles (Elysée, centrales nucléaires,…)

    L’éliminateur de déchets

    Julien De Raglaudre, responsable de Marché Amiante-Stockage et valorisation Minérale de Suez.
    Suez Minerals est leader dans la gestion des déchets dangereux et des terres polluées : l’’entreprise de 250 collaborateurs traite un million de tonnes de déchets par an avec une triple certification : qualité, sécurité et environnement.

    Après le p’tit déj. Amiante Before Work

    La visite des locaux

    Après la conférence, visite des locaux Europamiante. Visite durant laquelle les participants ont pu apercevoir le bien être des salariés (accès à une salle de sport, une salle de repos et une salle de restauration avec des produits cuisinés sur place BIO). Les participants sont repartis satisfaits d’avoir pu trouver des réponses à leurs questions et confiants face à un sujet parfois mal compris et complexe.

    Interview

    Béatrice Al Boufarissi, Responsable du service immobilier de la direction départementale de la finance publique de Seine et Marne –

    « Tous nos bâtiments ont été construits avant 1997 (..) sujet très important pour nous car dès lors que nous allons faire des travaux, on est obligé de faire des repérages, des opérations de retrait. Avec notre équipe, on a vraiment besoin d’avoir des informations sur l’amiante, et là l’avantage de ce petit déjeuner, est d’avoir tous les acteurs qui sont liés à l’amiante (..) ça à permis de prendre des contacts directement (..) et d’échanger sur des projets futurs que nous aurons s’en doute ensemble »

    En résumé

    Le p’tit déj. Amiante Before Work est un moment d’échange entre des acteurs de l’amiante et les professionnels qui font face à cette problématique amiante. Ce petit déjeuner permet aussi d’avoir des contacts directs pour de futurs projets. Nous remercions vivement nos partenaires ainsi que les participants, ce petit déjeuner sera régulièrement renouvelé.

    Le prochain aura lieu le 21 mai dans les locaux de notre partenaire AmaxTeo, au 20 avenue Graham Bell, à Bussy Saint Georges (77600).

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  • Les prélèvements sur opérateurs : une stratégie de sécurité sur les chantiers amiante

    Les prélèvements sur opérateurs : une stratégie de sécurité sur les chantiers amiante

    Les prélèvements sur opérateurs lors de chantiers-test font partie intégrante de la prévention des risques d’exposition aux fibres d’amiante lors d’un chantier de désamiantage. Encadrés par le Code du Travail, des normes strictes d’application et des pratiques professionnelles de plus en plus partagées, les stratégies d’échantillonnage et le prélèvement d’air sur opérateur sont l’une des spécialités d’AC-Environnement. Le point sur la question avec Brice BESSIERES, Responsable grands comptes chez AC Environnement.

    Pouvez-vous nous présenter l’activité « stratégie de prélèvement » chez AC-Environnement ?

    Créée il y a 17 ans, AC-Environnement est un acteur historique du diagnostic immobilier. Son expertise analytique, attestée par les 75 000 analyses de MCA et les 2000 analyses d’air réalisées chaque mois par ses 3 laboratoires accrédités de Gentilly, Riorges, et Limonest, donnent une idée assez juste de l’ampleur de la problématique « amiante ».

    Avec 670 collaborateurs et une spécialisation sur l’ensemble des diagnostics immobiliers, AC-Environnement intervient sur l’ensemble du territoire, en diagnostics avant-vente, avant location, avant travaux ou avant démolition.

    L’une de nos missions régulières consiste à établir des stratégies de prélèvements sur opérateur, qui constituent en quelque sorte la phase de validation des processus de travail qui vont être appliqués sur un chantier de désamiantage. Nous nous situons donc en position intermédiaire entre le plan de retrait et le démarrage effectif du chantier.

    Cette activité est essentiellement régie par 2 textes : le décret du 4 mai 2012 relatif aux risques d’exposition amiante, et l’arrêté du 14 août 2012 relatif aux conditions de mesurage des niveaux d’empoussièrement, au contrôle du respect de la VLEP et aux conditions d’accréditation, modifié par l’arrêté du 30 mai 2018.

    Comment se traduit opérationnellement une stratégie d’échantillonnage sur opérateur ?

    La stratégie d’échantillonnage a pour objectif de déterminer le nombre, le type et les conditions des prélèvements à effectuer sur un processus pour garantir des mesures fiables et utilisables.

    Concrètement, il s’agit de prélever l’air ambiant sur un poste de travail, pour déterminer le niveau d’empoussièrement généré, lequel permet de s’assurer du respect de la VLEP.
    Le prélèvement intervient dans le cadre d’un chantier-test, sur chacun des processus qui seront appliqués dans le cadre du chantier global de désamiantage.

    Un processus correspond à un Groupe d’Exposition Similaire, et chacun de ces groupes doit faire l’objet d’un prélèvement. L’empoussièrement d’un GES est la résultante d’une combinaison entre une technique de travail (ponçage, grattage, rabotage), un MCA devant être retiré (dalle de sol, colle, revêtement de mur…), et des dispositifs de protection collectifs mis en place pour abattre les poussières (mouillage, aspiration).

    C’est au désamianteur d’évaluer le niveau l’empoussièrement de chacun des processus de son chantier, cette évaluation pouvant s’appuyer sur sa propre expérience du processus ou sur la base de données Scola de l’INRS, qui regroupe l’ensemble des prélèvements réalisés pour un processus donné. Ce travail préparatoire, théorique, aboutit à un niveau d’empoussièrement sur chaque processus à partir duquel sont définis les EPI à utiliser et les durées de vacation de chaque poste, pour respecter la VLEP.

    Dès lors, il est indispensable, avant de démarrer le chantier, de s’assurer de la fiabilité des évaluations d’empoussièrement. C’est ici que nous intervenons avec le prélèvement sur opérateur dans le cadre d’un chantier-test, et qui viendra valider ou invalider l’estimation théorique par un mesurage réel. Techniquement, le prélèvement est réalisé en fixant une petite pompe étanche sur l’opérateur, équipée d’un filtre de 37mm, au niveau des épaules des opérateurs à hauteur du dispositif de ventilation de l’EPI.

    Si nos prélèvements ne permettent pas de valider les niveaux d’empoussièrement estimés, le processus doit être revu, en modifiant les deux paramètres sur lesquels il est possible d’agir, à savoir la technique utilisée et les mesures de protection collectives.
    Ces mesures d’empoussièrement doivent être réalisées par un laboratoire accrédité en stratégie de prélèvements et d’analyses des prélèvements (LAB REF 28).

    Au cours du chantier, il est recommandé de procéder de manière régulière à des prélèvements sur opérateur pour vérifier la stabilité des résultats obtenus lors du chantier-test. Aujourd’hui, certaines techniques permettent de ne quasiment plus émettre de fibres. Les fabricants ont beaucoup œuvré dans ce sens, quelquefois en travaillant en collaboration avec des laboratoires comme AC-Environnement.

    Une fois les prélèvements effectués et analysés, nous remettons au client le rapport final de stratégie d’échantillonnage.

    Quelles mentions comporte ce rapport final, et comment doit-il être utilisé ?

    Lors de la rédaction, le laboratoire rédige une synthèse du chantier et de la métrologie. L’objectif est de déterminer si les méthodes préconisées pour les mesures ont bien été mises en œuvre, si les pompes ont été posées conformément, et si les niveaux d’empoussièrement évalués correspondent bien aux niveaux réellement mesurés.

    Le rapport final statue sur l’ensemble des prélèvement effectués et déterminent si les résultats obtenus sont conformes à la norme Cofrac, en 4 points.

    D’abord, le rapport détermine si la stratégie de prélèvement exigée a bien été respectée. En d’autres termes, le désamianteur a-t-il bien commandé les mesures indispensables ? Le rapport conclut sur les conformités ou les non-conformités de la mise en œuvre des prélèvements. En ce sens, la stratégie constitue une obligation de conseil fournie par le laboratoire au désamianteur.

    Puis il détaille les modalités des prélèvements et leur conformité aux exigences de la norme (durée, nombre…). Le rapport livre ensuite les différents rapports d’essais et les procès-verbaux d’analyses.

    Enfin, et depuis l’arrêté du 30 mai 2018, le rapport expose les photographies des grilles d’analyses passées sous microscope, pour vérifier leurs niveaux d’obscurcissement. L’objectif est ici d’assurer la traçabilité des analyses, suite à des problématiques de non représentativité des échantillons à cause de niveaux d’empoussièrement trop importants. Quand les poussières obscurcissent plus de 10% des grilles, ils doivent en effet être considérés comme non représentatifs, et ne peuvent donc pas être utiliser pour valider ou invalider un processus.

    Le désamianteur doit donc refaire un chantier test incluant d’autres techniques pour réduire l’empoussièrement. Si le rapport final ne comporte pas de conseils opérationnels, AC-Environnement est néanmoins reconnu pour l’assistance et le conseil que ses opérateurs de prélèvements assurent sur les chantiers-test pour permettre de diminuer les niveaux d’empoussièrement et obtenir des prélèvements analysables.

  • L’innovation structurelle au service du client et des collaborateurs – Avec Europamiante

    L’innovation structurelle au service du client et des collaborateurs – Avec Europamiante

    Réussir un chantier de désamiantage n’est pas qu’une question technique. Chaque site présente ses spécificités, ses difficultés et des règles drastiques d’intervention liées à des impératifs de sécurité. Le désamiantage des sites hyper-sécurisés est la spécialité d’Europamiante, qui a su adapter son mode de fonctionnement et son organisation aux exigences hors-normes de maîtres d’ouvrage soumis à des protocoles de sécurité extrêmement pointilleux. Une spécialisation qui reflète l’ADN d’une entreprise en quête permanente d’amélioration. Les détails avec Carine Rouvier, fondatrice et gérante d’Europamiante.

    Quelle est l’histoire d’Europamiante ?

    La société est spécialisée dans le désamiantage, la dépollution, la déconstruction et le déplombage. Elle a été créée en 2008 et intervient auprès des particuliers et des professionnels, en intérieur comme en extérieur, dans des secteurs variés. Nous avons connu une croissance rapide et sommes rapidement passés d’une quarantaine de chantiers annuels en 2009, à près de 800 en 2018. Nous comptons à présent 132 collaborateurs.

    La spécificité d’Europamiante est de réaliser ses chantiers sans recourir à aucune prestation externe, à l’exception des analyses en laboratoires et du stockage des MCA. Mais notre volume d’activité nous permet de travailler en partenariat privilégié avec deux laboratoires. Nous assurons donc l’ensemble de la chaîne, de notre bureau d’études pour les études de risques et l’élaboration du plan de retrait, au transport sécurisé des matériaux pollués par nos chauffeurs qualifiés ADR, en passant par la pose des infrastructures de confinement et les opérations de désamiantage.

    En maîtrisant l’ensemble de la chaîne, nous sommes en capacité de gérer le risque amiante de manière extrêmement fiable. Ceci nous permet d’intervenir sur tous types de travaux, en tous lieux (logements sociaux, hôpitaux, bureaux, usines, garages, terrains, parkings) et sur des chantiers dits « à hauts risques » : milieux occupés, bâtiments sinistrés, avant démolition…

    Europamiante est également spécialisée dans les interventions sur sites « hautement sensibles ». Comment avez-vous pu pénétrer ce marché de niche ?

    C’est précisément le fait que nous sommes complètement autonomes et que nous pouvons prendre en charge un chantier de l’étude à l’évacuation des déchets, sans faire intervenir de prestataires, qui nous a ouvert les portes de ces marchés.

    Les sites « hyper-sécurisés » peuvent ne pas être des sites dangereux sur un plan opérationnel, comme peut l’être, par exemple, une intervention dans une centrale nucléaire. Il peut s’agir de sites sensibles sur le plan de la sécurité nationale, comme des sites « Classés Défense », dans lesquels aucune fuite d’information n’est envisageable. Il peut également s’agir de sites dont la sécurité des occupants est particulièrement surveillée, comme l’Elysée ou le Sénat. On n’y entre donc pas facilement et il est indispensable d’adapter les processus de l’entreprise et nos collaborateurs à ces situations.

    Ces interventions sont complexes et nécessitent, pour chaque collaborateur qui va être amené à travailler sur ce site, de se plier à un « criblage diplomatique ». C’est-à-dire qu’il devra fournir ses documents d’identité et fera l’objet d’une enquête approfondie sur ses antécédents judiciaires, ses déplacements en France ou à l’étranger…

    Une fois sur site, notre personnel et notre matériel sont contrôlés par une brigade cynophile, puis escortés jusqu’à leur zone de travail. Les chantiers sont compartimentés et la circulation y est très restreinte. Il a donc fallu former nos équipes à ces contraintes très particulières et, surtout, être capables d’anticiper les exigences de la maîtrise d’ouvrage de ces sites. Ceci requiert évidemment d’avoir des équipes en lesquelles nous avons une confiance totale et au passé irréprochable, mais également d’intégrer l’allongement des délais induits par les procédures de vérification en amont et durant le chantier. Quelquefois, des chantiers relativement simples sur des sites « normaux » vont voir leur durée doubler sur des sites sensibles. Il faut donc l’intégrer dans nos plannings humains et matériels.

    D’autres sites protégés peuvent également induire des contraintes fortes, mais pour d’autres raisons : une intervention sur un monument historique, par exemple, peut nécessiter des précautions plus importantes et plus complexes pour préserver le lieu que pour le chantier de désamiantage en lui-même.

    Europamiante innove également sur le plan organisationnel. Pouvez-vous nous en parler ?

    Notre société s’est fixée trois valeurs-phares : Qualité, Satisfaction client et Bien-être. Or, nous avons rapidement compris que les deux premières ne peuvent fonctionner que si la dernière est une réalité pour les collaborateurs. Nous avons donc très vite intégré des équipements (salle zen, fauteuil de relaxation…) et des pratiques (cantine collective bio, engagements avec des producteurs locaux…) qui permettent à nos collaborateurs de se sentir bien chez nous.

    La dernière étape en date dans ce mouvement de « remise au centre » de l’humain, c’est la démarche d’auto gouvernance que nous avons initiée il y a un peu moins d’un an. Le changement est radical, puisque nous nous inscrivons dans la démarche dite « de l’entreprise libérée ». Europamiante est donc désormais organisée en équipes de 7 à 12 personnes qui prennent en charge le client de A à Z, qui sont autant « d’entreprises dans l’entreprise » et autant de pôles de spécialité : « Sous-Section 4 », « Bulle à risques » « Travaux en hauteur, « Appels d’offres »…

    Nous avons remarqué qu’en fonctionnant ainsi, le client était mieux pris en charge. Cette organisation autonome modifie radicalement l’état d’esprit des collaborateurs et des managers : on ne les perçoit plus uniquement à travers leur fonction, mais à travers leur personnalité, ce qui permet de valoriser les compétences en interne, donc d’accroître les compétences de back-up et, au final, de mieux servir le client. Au sein de ce système, pour « mettre de l’huile dans les rouages », les anciens managers sont devenus des « experts accompagnateurs » qui orchestrent le fonctionnement de l’ensemble.

    Cette organisation a nécessité la conception en interne d’un outil collaboratif connecté. Il s’agit d’une application en mode Cloud qui nous permet de gérer les dossiers en commun, entre les chefs de chantiers, le bureau d’études, les responsables techniques, etc. Toute l’activité de l’entreprise est progressivement intégrée dans cet outil, qui est également mis à disposition de nos clients afin de leur donner accès en temps réel aux informations sur leur chantier.

    Le cercle se veut donc vertueux : en libérant l’entreprise, les collaborateurs travaillent en autonomie, ce qui nous oblige à partager de l’information, que nous mettons à disposition du client. Et nos équipes font ainsi tout pour le satisfaire.

  • Amiante dans les enrobés bitumineux : proactivité, maîtrise et gestion des chantiers

    Amiante dans les enrobés bitumineux : proactivité, maîtrise et gestion des chantiers

    L’une des conditions de réussite d’un chantier avec risque d’amiante réside dans la possibilité de s’appuyer sur une réglementation et des processus éprouvés. A défaut d’informations fiables, les incertitudes des différents acteurs quant à leurs responsabilités respectives peuvent impacter fortement le chantier. Le point avec Alexandre Neuraz, responsable Marketing chez PROTYS et membre de la Commission Normalisation sur la réglementation amiante.

    PROTYS a récemment réalisé une étude portant notamment sur l’amiante. Quelles conclusions en avez-vous tiré ?

    Ces deux dernières années, nous avions identifié beaucoup de « signaux » du marché concernant les problématiques de l’amiante dans les enrobés bitumineux. En tant qu’éditeur de logiciels et experts sur ces problématiques, nous avons recherché des études sur cette question, afin d’en saisir parfaitement les tenants et les aboutissants, et nous n’en avons pas trouvé. Nous avons donc décidé de mener notre propre étude à l’été 2018.

    L’idée était de réaliser un état des lieux de la perception du risque lié à l’amiante par les professionnels du secteur, de leur rôle et des pratiques opérationnelles mises en place afin de minimiser ces risques. Cette étude a été menée auprès de 374 répondants, parmi lesquels des maîtres d’ouvrages, des entreprises de travaux, des diagnostiqueurs et des collectivités. Elle portait sur les polluants (essentiellement l’amiante, les HAP, et le plomb), avec un focus particulier sur l’amiante dans les enrobés routiers.

    Tout d’abord, nous avons été assez surpris de constater que la perception du risque amiante en général est faible : seuls 37% des acteurs interrogés estiment que l’amiante présente un risque fort. Il ressort de notre étude que la répartition des responsabilités des différents intervenants n’est pas forcément très claire. Cela s’explique puisque nous sommes toujours en attente des textes normatifs. Enfin, sur la conformité, 91% des professionnels effectuant des travaux sur la voirie estiment ne pas être dans 100% des cas conformes au code du travail régissant l’amiante.

    Cette étude nous a permis de comprendre que de nombreux travaux restent à mener pour une bonne compréhension et maîtrise de la gestion du risque amiante. Fort de ce constat, nous avons souhaité prendre une part active dans la gestion de cette problématique en intégrant les groupes de normalisation en cours.

    Quelle forme a pris cette implication opérationnelle ?

    Nous siégeons désormais dans l’une des commissions de normalisation portées par le BNTRA: la commission 2 « Autres immeubles tels que terrains, ouvrages de génie civil et infrastructures de transport ». Les sujets traités sont complexes et à forts enjeux, puisque l’objectif de la norme est de définir la méthodologie et les modalités de réalisation des repérages avant travaux avec par exemple pour les opérateurs de repérage : la stratégie d’échantillonnage et la définition des zones homogènes. La publication des arrêtés qui porteront ces normes est prévue entre 2019 et 2020.

    L’objectif de la DGT est la mise en place, pour les chantiers de voirie, d’une norme équivalente à celle déjà existante pour le bâtiment (la NFX 46-020).

    Quels sont les nouveaux enjeux induits par cette réglementation ?

    Tous les métiers concernés par la préparation de travaux sont impactés par ces nouvelles obligations à plusieurs niveaux. En effet, les nouvelles procédures de repérage impliquent de fait l’allongement des temps administratifs de préparation des chantiers mais aussi la prise en compte d’autres problématiques : transmission des éléments aux acteurs concernés, conservation des éléments transmis… Evidemment, tout cela a des répercussions évidentes sur le coût final d’un chantier.

    C’est pourquoi nous avons développé une nouvelle solution, DIAMATYS. Ce nouveau service permet aux maîtres d’ouvrages et aux gestionnaires de voirie de disposer simplement et facilement d’un outil permettant de centraliser, visualiser et partager les rapports de recherche d’amiante et HAP.

    Pouvez-vous nous présenter PROTYS ?

    Créée en 2008, PROTYS est depuis plus de 10 ans éditeur de solutions logicielles dédiées à la gestion de chantiers. Grâce à sa gamme de services innovants, PROTYS est la solution numérique qui simplifie les échanges entre les différents intervenants lors de la préparation des chantiers.

    Nos solutions s’adressent à l’ensemble des professionnels des Travaux Publics : Maîtres d’ouvrages, entreprises de travaux, exploitants de réseaux et collectivités. Elles ont pour objectif de simplifier leurs démarches autour de la gestion de leurs chantiers (ou projets) en simplifiant et fluidifiant les échanges entre les différents acteurs

  • La sécurité des chantiers sans sacrifier le confort des opérateurs

    La sécurité des chantiers sans sacrifier le confort des opérateurs

    Un chantier de désamiantage réussi, au-delà de l’objectif opérationnel, c’est également un chantier au cours duquel les opérateurs ont pu travailler efficacement, de manière totalement sécurisée, et sans être gênés dans leurs tâches, déjà rendues épuisantes par le port d’EPI souvent lourds et contraignants. Le bien-être des opérateurs par les petits détails qui vont leur simplifier la vie, c’est l’une des ambitions de 3M™ Scott. Martial BOUVIN, Chef de marché milieu nucléaire, industrie lourde et chantier de désamiantage nous présente certaines de ces « petites choses » qui vont faciliter le travail des opérateurs.

    Quels sont les facteurs qui ont incité 3M à investir le secteur du désamiantage ?

    3M™ Scott est spécialisé dans les équipements de protection de la personne, en milieu professionnel, mais aussi en loisir, ou dans le milieu militaire. Nous étions déjà présents sur le secteur, mais essentiellement sur des protections respiratoires et grâce à toute la palette de nos équipements, notamment sur les rubans et les adhésifs dont les opérateurs de désamiantage font une consommation importante, ainsi que sur le reste de notre gamme d’équipements de protections, notamment auditives.

    3M™ a acquis en 2017 un acteur important de la protection respiratoire, Scott Safety, ce qui nous a permis d’élargir notre offre en proposant de nombreuses solutions très utilisées dans les chantiers de retrait d’amiante, comme le PPR2000 ou encore le RAS amiante. Nous proposons aujourd’hui l’ensemble des produits de la gamme amiante de 3M™ Scott : le masque ventilation assistée Phantom Vision, le masque-ventilation assistée 3M™ Powerflow, les systèmes d’adduction d’air RAS amiante, ainsi que l’unité filtrantes pour les environnements amiantés Proflow ASB. Ce faisant, 3M™ Scott a conforté sa position dans le marché des EPI dédiés à l’amiante.

    Comment facilitez-vous le travail des opérateurs ?

    Tout d’abord, 3M™ Scott a mis en place des systèmes d’identification individuelle des EPI, en apposant un numéro de série sur chaque équipement et partie d’équipement pour que chaque opérateur puisse retrouver facilement son matériel, que nous identifions avec un code-barres. Ce marquage est particulièrement intéressant pour certaines opérations de maintenance, quand les EPI se retrouvent mêlés à d’autres. En retour de maintenance, le marquage individuel permet à chaque salarié de retrouver son EPI.

    Ensuite, l’entretien et la maintenance des EPI sont essentiels. Pour ce faire, 3M™ Scott recommande de le faire réaliser par des entreprises externes spécialisées dans le domaine, et plus particulièrement sur l’amiante. C’est un vrai gain de temps et d’argent pour les utilisateurs de nos solutions : la maintenance est réalisée dans des locaux sécurisés puisque, même si les EPI doivent être livrés au prestataire décontaminés, nettoyés, lavés et séchés, les précautions pour les opérations de maintenance sont lourdes et suivent les mêmes règles que celles applicables à un chantier de désamiantage. Cette prise en charge simplifie la tâche des désamianteurs, car les EPI sont régulièrement vérifiés en préventif et/ou en curatif : corrosion des moteurs de ventilation, clapets d’ouvertures du masques, remplacement des joints de masque… La qualité des opérations de maintenance garantit de démarrer un chantier avec l’assurance que l’ensemble du matériel est fonctionnel.

    En tant que fournisseur d’EPI, quels conseils pourriez-vous donner aux opérateurs de désamiantage ?

    En tant que fournisseur d’EPI, nous ne pouvons évidemment pas fixer de règles impératives concernant leur utilisation, mais nous nous inspirons fortement des recommandations de l’INRS, ainsi que des remontées opérationnelles de terrain pour faire évoluer nos protections, et rendre effectives certaines « petites choses » qui vont faciliter le travail de l’opérateur. Nous poursuivons également les améliorations permanente de notre gamme d’EPI amiante pour les rendre encore plus robustes.

    En termes de protection générale sur le plan individuel, nous insistons particulièrement sur la protection respiratoire mais de plus en plus sur d’autres protections comme la protection auditive, qui est quelquefois négligée, alors que les chantiers de désamiantage, de par les appareils utilisés et les opérations de déconstruction, sont souvent très bruyants.

    La communication sur ces chantiers, entre les opérateurs ou avec l’extérieur, est souvent très complexe. Sans compter que le fait de pouvoir échanger avec ses collègues pendant le travail le rend plus agréable. 3M développe ainsi depuis des années des solutions de communication électroniques incluant des protections auditives qui avaient à l’origine été pensées pour le domaine militaire, la chasse et le tir de loisir, notamment le casque PROTAC.

    Le port d’un casque de protection auditive vient cependant s’ajouter au poids des autres EPI. C’est la raison pour laquelle 3M™ met en œuvre le développement de protections auditives électroniques hyper légères : les bruits dangereux sont filtrés, tout en permettant un échange entre les opérateurs. Nous travaillons également sur des bouchons d’oreilles électroniques qui se portent sous la combinaison de protection. Au final, le gain de poids est considérable et participera au bien-être des opérateurs sur les chantiers.

  • Désamiantage : 14 Règles Techniques pour uniformiser les pratiques en cours d’écriture

    Désamiantage : 14 Règles Techniques pour uniformiser les pratiques en cours d’écriture

    Le SEDDRe, en partenariat avec le SYRTA, a lancé un grand chantier de rédaction de Règles Techniques à destination des professionnels concernés par les travaux de désamiantage. L’idée : établir les règles de l’art de la profession. Le point sur le contenu du document final – en cours d’élaboration – avec Souhila Paré, chargée de mission santé et sécurité au travail au sein du SEDDRe.

    Pourquoi le SEDDRe a t-il initié cette démarche ?

    Malgré une réglementation des plus contraignantes, les désamianteurs ne disposent pas de Règles Professionnelles partagées par l’ensemble des intervenants de la filière. Jusqu’à présent, la réglementation prescrit des objectifs et des moyens à déployer et chaque entreprise applique ses propres procédures. Par ailleurs, on peut retrouver des documents, produits par plusieurs organismes traitant des sujets du désamiantage. Mais ces documents n’ont qu’un statut de recommandations. Parfois très pertinents et parfois moins applicables sur chantiers. La problématique vient alors du fait que ces recommandations, bien que n’ayant pas de statut juridique, peuvent être exigées aux entreprises.

    Ces fiches sont consultables individuellement par chaque intervenant

    Ce sont les raisons pour lesquelles le SEDDRe et le SYRTA se sont associés et ont mis l’ensemble des acteurs de la filière autour de la table pour rédiger et valider 14 Règles Techniques, recensant les meilleures pratiques pour mener à bien un chantier de sous-section 3.

    Quelles sont les thématiques de ces 14 fiches ?

    Il s’agit de fiches techniques qui abordent le chantier de désamiantage de manière chronologique, mais suffisamment indépendantes pour pouvoir être consultables et utilisable individuellement. Ces Règles s’adressent d’abord aux directeurs techniques, encadrants techniques et les divers acteurs de contrôles. Les contenus seront ensuite déclinés et adaptés aux divers intervenant sur chantiers (opérateurs, encadrants de chantiers etc…). La première Règle traite ainsi des opérations en amont du chantier de retrait, avec d’une part les informations et les conséquences techniques du repérage avant travaux, et ensuite le contenu technique indispensable au plan de retrait. Cette fiche est avant tout à destination des entreprises de désamiantage, des maîtres d’œuvre et des agents de contrôle. Les Règles suivantes sont beaucoup plus opérationnelles et détaillent l’ensemble des problématiques concrètes rencontrées sur les chantiers, en les croisant avec les obligations réglementaires.

    Peut-on comparer ces fiches à des DTU ?

    Les DTU ne peuvent faire référence à des exigences réglementaires, alors que la majeure partie des techniques à mettre en œuvre sur un chantier de désamiantage découle d’objectifs précisément imposés par la réglementation. Dans notre cas, on parlera plus d’un statut de « règles professionnelles ». Ces règles sont élaborées par les entreprises membres du SEDDRe et SYRTA, puis validées par un comité composé d’instances officielles. De la même manière, nous souhaitons intégrer dans la démarche des représentants des assurances afin que toute la chaîne des intervenants soit sur la même ligne et de se rapprocher au plus près de la valeur juridique des DTU.

  • Des mesures d’empoussièrement utiles pour des mesures de sécurité efficientes

    Des mesures d’empoussièrement utiles pour des mesures de sécurité efficientes

    Les mesures d’empoussièrement lors des travaux de désamiantage sont, d’un point de vue réglementaire, parfaitement encadrées. Mais pas forcément toujours pertinentes, notamment lors de certains chantiers ou dans des conditions de travail particulières. Des situations qui doivent amener les professionnels à « adapter » leurs obligations réglementaires pour obtenir des mesures cohérentes, utiles et donc, exploitables pour la sécurité des salariés. Le point avec Thomas Lesser, président de BET2C.

    Pouvez-vous nous présenter BET2C ?

    BET2C est une société qui a été fondée il y a 21 ans. A l’origine, nous étions un bureau d’études spécialisé dans la structure des bâtiments. En 2010-2011, nous avons décidé d’élargir notre champ d’intervention dans l’ensemble des ingénieries techniques du bâtiment, et notamment les études thermiques, les études des fluides, et les études électriques, pour être en mesure de proposer pour un panel complet d’études techniques à nos clients, tant sur de la construction neuve qu’en rénovation. En 2015, en complément de ces activités, une nouvelle association nous a permis de développer une compétence en maîtrise d’œuvre et dans le traitement des polluants du bâtiment, spécialement l’amiante et le plomb. Nous intégrons à l’heure actuelle des compétences en économie de la construction et en sécurité incendie.

    Vous parlez de la nécessité « d’exploiter des mesures utiles ». Comment cela se traduit-il sur le terrain ?

    Le Code du Travail impose des mesures d’empoussièrement (environnementales et individuelles) pour protéger les opérateurs et l’environnement du chantier. Ces mesures permettent de surveiller le respect de la Valeur Limite d’Exposition Professionnelle (VLEP). Les mesures dites « environnementales » consistent en des prélèvements fixes permettant de contrôler la concentration de fibres d’amiante dans l’air avant, pendant et après les travaux. Ces prélèvements sont réalisés grâce à des pompes, dont l’emplacement, le débit et le nombre sont fixés par des dispositions du Code du Travail et d’une norme. Cependant, ces obligations telles qu’elles sont décrites peuvent entraîner des mesures inexploitables, donc inutiles.. Ce qui peut nous amener dans certains cas à ne pas avoir une lecture « au pied de la lettre » de ces dispositions, quand l’environnement de travail ne nécessite techniquement pas de les mettre en œuvre telles quelles.

    Par exemple, le fait de réaliser un état initial avec des mesures en extérieur et en plein vent n’est pas une mesure utile, puisque nous savons, dans ce cas, que cette mesure initiale ne fera pas apparaître de fibres d’amiante. De la même manière, nous ne ferons pas poser deux pompes à deux mètres l’une de l’autre s’il apparaît, dans la configuration du chantier, que les zones à mesurer se confondent. Pour le maître d’ouvrage (MOA), le gain d’une telle approche est d’abord financier. Et ce, surtout sur des chantiers de petites surfaces ou de quelques jours. Il faut bien avoir à l’esprit que la métrologie liée aux mesures d’empoussièrement peut représenter 25 à 30% des coûts…

    Cette approche nous paraît d’autant plus fondée que nous ne rencontrons pas de difficultés avec l’inspection du travail, dès lors que nous expliquons clairement les motivations des choix qui sont faits. Mais il est indispensable de les expliquer et de les justifier dans le plan de retrait. L’idée est de bien orienter les mesures pour en tirer des conclusions valables et utiles pour la surveillance de l’environnement du chantier et pour la sécurité sanitaire des opérateurs et des occupants. L’orientation des stratégies de prélèvements sont notées explicitement dans le CCTP pour que l’entreprise les intègre dans son plan de retrait. Dans certaines situations particulières, nous pouvons être amenés à en discuter préalablement avec l’inspection du travail.

    L’arrêté du 31 mai 2018 va venir modifier substantiellement les prélèvements sur opérateurs. Pouvez-vous nous en parler ?

    Les prélèvements sur opérateur constituent l’autre partie de la surveillance des empoussièrements. Il s’agit de mesures individuelles, réalisées avec des pompes posées sur les opérateurs, qui permettent de surveiller leur exposition aux émissions de fibres d’amiante, et de garantir le respect de la VLEP. Le cas échéant, ces mesures permettent d’ajuster le niveau de protection individuelle et collective.

    Concernant les mesures individuelles, les dispositions de l’arrêté du 14 août 2012 imposent que la stratégie d’échantillonnage et la stratégie d’analyse conduisent au dénombrement d’au moins 100 fibres d’amiante ou à l’atteinte d’une sensibilité́ analytique inférieure ou égale à 1 fibre par litre.

    Cependant, sur un plan opérationnel et pour des tâches courtes ou générant beaucoup de poussières autres que d’amiante, les laboratoires rencontraient de grandes difficultés pour obtenir cette sensibilité analytique. D’où des résultats non exploitables ou non recevbkes réglementairement..
    L’arrêté de mai 2018 a tenu compte de ces difficultés qui sont très rapidement apparues chez les désamianteurs et les entreprises de Sous-section 4. Le projet Carto de l’OPPBTP a mis en évidence ces problématiques, ce qui a permis d’envisager les assouplissements que ce nouveau texte a mis en place.

    Notamment, la sensibilité analytique peut désormais être adaptée jusqu’à 3 fibres par litre, sous réserve de démontrer l’impossibilité technique d’atteindre ces objectifs à cause d’un empoussièrement général qui entraînerait un taux d’obscurcissement des ouvertures de grilles de microscopie supérieur à celui prévu par la norme NF X 43-050 et/ou de tâches très courtes. Cette évolution va faciliter le travail des entreprises de Sous-section 4, ainsi que celles des entreprises de désamiantage mettant en œuvre des processus très émissifs (toutes poussières confondues), en imposant moins de prélèvements et d’analyses rendus inutiles par la particularité du chantier.

  • Confinement amiante : des solutions d’encoffrement pour chaque application

    Confinement amiante : des solutions d’encoffrement pour chaque application

    Moins coûteux et plus rapide qu’un désamiantage total, les solutions d’encoffrement amiante permettent d’allonger – en toute sécurité – la durée de vie du bâti afin de laisser le temps aux maîtres d’ouvrage de prévoir le budget pour un retrait futur de l’amiante. Polyasim, fabricant et distributeur de produits de confinement et d’encapsulage, propose des solutions de haute technicité dédiées à des applications spécifiques.

    Les produits Polyasim pour l’encoffrement ont pour points communs la facilité d’usage, la technique d’application (airless, rouleau ou pinceau), la composition à base aqueuse – limitant l’utilisation d’équipements de protection individuelle -, ainsi que les garanties associées : garantie décennale, étanchéité à l’air et à l’eau. Polyasim est par ailleurs le seul fabricant à former les applicateurs de ses produits. Pour s’engager plus loin dans la technicité, le fabricant a fait le choix de développer un produit par destination et par support. Le fabricant offre ainsi la gamme la plus large de solutions d’encoffrement, que ce soit pour les murs intérieurs, extérieurs, les sols ou encore les plafonds.

    ENCOFFREMENT INTÉRIEUR

    Polyasim a identifié trois destinations pour l’intérieur.

    Pour les sols

    Le Polyasim Grip Floor est une résine à base d’eau qui se polymérise avant de se réagglomérer afin de recréer une dalle virtuelle en reprise. Cette solution peut être utilisée avec un ragréage du sol pour refaire des ensembles complets (Début 2019), ou en sous-section 4 (SS4) dans le cadre de travaux d’urgence. Le Polyasim Grip Floor est tout spécifiquement conçu pour les sols, avec un séchage spécifique et la prise en compte des contraintes vibratoires. En savoir +

    Pour les murs

    Produit fibré mais tout de même applicable en air-less, le Polyasim Fiberflam sert – une fois appliqué – de base d’accrochage, pour permettre la finition. Sa résistance au feu lui permet par ailleurs de répondre aux normes Feu associées aux immeubles de grande hauteur (IGH). Le Polyasim Fiberflam est un produit tout en un multi-destination Intérieur, qui permet de traiter tout type de surface comme une cage d’escalier béton avec peinture amianté ou plomb, une descente d’eau de pluie ou encore des passages de câbles. Il peut également s’appliquer sur les plafonds, mais ne remplacera par le produit précédent pour les sols, ne disposant pas de la même élasticité. En savoir +

    Pour les plafonds

    Le Polyasim Grip Roof est conçu pour la sous-face des toitures fibro-ciment. Cette solution en base aqueuse n’agresse pas le support lors de la pulvérisation, le fibro-ciment étant très sensible. Appliqué à très basse pression, le Polyasim Grip Roof pénètre la fibre et la polymérise définitivement. En savoir +

    ENCOFFREMENT EXTÉRIEUR

    Une deuxième famille de produits est dédiée aux applications extérieures.

    Pour les toits

    Produit trois-en-un, le Polyasim Roof est une solution d’encoffrement, d’étanchéité (résistance aux intempéries et aux UV) et de finition avec plusieurs coloris. Elle bénéficie d’une durabilité très longue : le Polyasim Roof résiste au gel la nuit et aux 30 degrés de l’après-midi. Ces variations de températures, qui font craquer n’importe quel produit peu technique, ne porte pas atteinte à l’intégrité de la solution grâce à son élasticité de plus de 400 %. Si le produit bénéficie d’une garantie décennale, sa durée de vie peut dépasser les 20 ans. En savoir +

    Pour les façades

    Nouveauté 2018, le POLYASIM FACAD+ est un produit unique sur le marché. Cette solution fibrée a une élasticité supérieure à tous les enduits de façade existants (> 400%) et peut être teintées masse, avec la possibilité de reproduire la teinte du bâtiment à traiter. Les maîtres d’ouvrage ont ainsi un produit clé en main qui assure dans un même temps l’encoffrement et la finition. En savoir +

  • Entretien avec le SEDDRe : la pédagogie du concret au service des entreprises et des maîtres d’ouvrages

    Entretien avec le SEDDRe : la pédagogie du concret au service des entreprises et des maîtres d’ouvrages

    Le SEDDRe (Syndicat des Entreprises de Déconstruction, Dépollution et Recyclage), co-organisateur dès l’origine des Grands Circuits Filière Amiante depuis 2016, poursuit l’aventure avec Univers Amiante en 2019. L’occasion de dresser un état des lieux des objectifs, des ambitions et des réalisations de ces journées de rencontre des acteurs de l’amiante. Le point avec Sébastien Sureau, Délégué Général du SEDDRe.

    Quels sont les enjeux actuels pour la filière que le SEDDRe considère comme prioritaires ?

    La priorité que nous identifions, c’est avant tout la sensibilisation de la maîtrise d’ouvrage (MOA) et de la maîtrise d’oeuvre (MOE) à l’ensemble des problématiques liées à l’amiante. Car eux seuls peuvent influencer à long terme sur le bon déroulement des chantiers. A l’inverse, leur désintérêt ou leur méconnaissance de la problématique amiante est souvent à l’origine des difficultés auxquelles les acteurs sont confrontés.

    Notre enjeu se résume donc à faire en sorte que MOA et MOE se saisissent de la problématique amiante, connaissent leur rôle et celui de chacun des acteurs amenés à intervenir sur un chantier.

    Parmi les problèmes qui peuvent être rencontrés à propos des MOA, on retrouve fréquemment des diagnostics qui ne correspondent pas aux travaux à réaliser, car les MOA n’ont au départ pas envisagé l’exhaustivité des travaux qu’ils souhaitent finalement effectuer. Ces mauvaises évaluations initiales peuvent déboucher sur la découverte d’amiante en cours de travaux.

    Ce sont des situations encore assez fréquentes aujourd’hui, qui résultent souvent du fait que le MOA n’est pas un « sachant » en matière d’amiante. Il s’agit donc de circonstances involontaires. Il existe également des cas de fraude manifeste pour lesquels le MOA tente de faire réaliser des travaux de réparations, alors qu’il s’agit en réalité de travaux de retrait d’amiante. Ces cas relèvent de l’inspection du travail et de la DIRECCTE.

    Les étapes du Grands Circuits visent, pour nous à renforcer les connaissances des MOA. De même, nous militons pour que les MOA aient recours à une MOE spécialisée pour se faire accompagner dans le choix des prestataires, les diagnostics, le déroulement des travaux. Il s’agira souvent de bureaux d’études ou d’économistes de la construction, qui peuvent garantir une parfaite information avant le début du chantier, et permettent un bon déroulement de celui-ci.

    Quel bilan tirez-vous des Grands Circuits 2018 ? Et qu’attendez-vous de ceux de 2019 ?

    En 2018, nous avons réussi à co-construire un programme pédagogique sur la manière dont doit se dérouler un chantier de A à Z, tout au long des interventions des partenaires du Grand Circuit. Un processus logique a pu être présenté aux participants, ce qui a forcément permis que leurs questions soient beaucoup plus précises et orientées métiers.

    J’ai le sentiment que nous avons construit un « déroulé » qui correspondait aux attentes des participants, qui a généré beaucoup de questions pertinentes des participants, lesquelles nous ont permis de capitaliser sur les bonnes pratiques et les expériences de chacun.

    Pour l’édition 2019, il y aura encore plus de temps pour les échanges ; et nous débuterons chaque atelier par une table ronde de « débroussaillage » du sujet pour accrocher rapidement l’attention des participants et dérouler des présentations encore plus opérationnelles.

    Le SEDDRe a récemment intégré en son sein la filière de gestion et de recyclage des déchets du BTP. Quels sont les attentes et vos projets sur l’ensemble de la filière ?

    La fusion des entreprises de déconstruction, de dépollution et de recyclage a effectivement eu lieu le 1er juin dernier. Elle s’est opérée dans un contexte d’importance croissante de l’enjeu relatif à la gestion et à la valorisation des déchets de chantiers, qui sont depuis longtemps une obligation pour les entreprises de déconstruction, lesquelles sont donc bien évidemment en recherche de solutions techniques et économiques fiables et éprouvées.

    Nous sommes un peu un « facilitateur de rencontres ».

    L’objectif est évident : travailler ensemble nous permettra de lever les freins techniques et de trouver l’optimum économique du fonctionnement de la filière, d’amont en aval. De plus, en étant dans le même syndicat, des partenariats se nouent naturellement. De ce point de vue, nous sommes un peu un « facilitateur de rencontres ».

    Nous nous mobilisons également sur l’évolution réglementaire de 2019 qui va faire évoluer les obligations de traitement et de valorisation des déchets. En étant groupés, nous espérons faire entendre nos positions et partager nos enjeux avec le ministère.

  • « L’amiante au cœur des métiers du BTP » – Entretien avec Daniel Cerutti (FDBTP 54)

    « L’amiante au cœur des métiers du BTP » – Entretien avec Daniel Cerutti (FDBTP 54)

    Président de la société Wig France Entreprises, spécialisée dans les opérations de désamiantage et de gros-œuvre, Daniel Cerutti nous fait partager sa vision du marché de l’amiante, à la fois en tant qu’entrepreneur du secteur, mais également avec la vision plus large de président de la Fédération Départementale du BTP de Meurthe-et-Moselle.

    Quelles sont les particularités du marché de l’amiante dans votre secteur géographique ?

    Le Grand-Est est une ancienne région industrielle, qui compte de nombreuses entreprises ayant été construites au début du 20ème siècle. Par conséquent, toutes ces structures intègrent, sous une forme une autre, de l’amiante.

    A l’époque, le matériau servait à lutter contre le feu et les vibrations. L’amiante avait donc toute sa place dans les structures industrielles de la région. Il faut souligner que les mentalités ont vraiment évolué dans le domaine, et que la prise de conscience du danger est désormais bien ancrée dans les esprits : tous les acteurs de la filière, bailleurs publics et privés, entreprises du bâtiments, industriels et institutionnels… tous ont conscience des enjeux de santé publique et agissent concrètement chacun à leur niveau.

    Ainsi par exemple, à l’image de ce qui se passe dans le Grand Paris, lorsqu’un logement social est vacant, le bailleur – conscient de la problématique – fait réaliser des travaux de maintenance et donc de désamiantage si nécessaire, dans le respect des règles de la SS4. Autrement dit, on parvient à mettre en œuvre toutes les solutions nécessaires pour respecter la réglementation, la santé des travailleurs et les lois sur l’environnement.

    Par ailleurs, sur ce sujet, on constate un développement du nombre de centres de formations SS3 ou SS4 sur le territoire. Tout cela nous autorise à considérer que la région, sur le front de l’amiante, est un bon élève, appuyé et soutenu en cela par un partenariat avec la Dirrecte et la Carsat.

    Quelles ont été les initiatives de la Fédération dans le domaine ?

    Avec la FDBTP 54, nous avons travaillé sur des actions pour sensibiliser les acteurs du bâtiment sur les problématiques, les enjeux et les bonnes méthodes à suivre dans le domaine de l’amiante.

    Un conseiller formation a été nommé pour accompagner les entreprises et, au niveau régional, un responsable métier s’attache à mettre en œuvre et à coordonner l’ensemble des réunions en partenariat avec la Carsat, la Direccte et les entreprises de désamiantage.

    Les résultats ont été convaincants, puisque les électriciens ont répondu largement présents. Actuellement, nous œuvrons auprès des menuisiers, avant de déployer nos actions sur l’ensemble des corps d’État.

    Au-delà, les chefs d’entreprise et les maîtres d’ouvrage ont bien compris que l’amiante doit être éradiqué, même si sa suppression est complexe du point de vue économique, du respect des procédures et de l’organisation du travail. Notre rôle consiste donc à recruter un nombre croissant d’entreprises de l’artisanat pour les sensibiliser et, pour protéger nos adhérents et préserver leurs activités, de leur offrir tous les outils nécessaires à une lutte efficace contre le risque amiante.

    Dans les années à venir, quelle évolution pouvez-vous anticiper ?

    On peut aisément imaginer que la problématique de l’amiante sera encore très présente dans les 25 prochaines années. Là où l’enjeu se situe actuellement, c’est sur la formation et sur la valorisation du métier.

    Nous ne sommes pas sur des métiers « bouche-trous » et sans compétence, bien au contraire. Un désamianteur est un opérateur technicien qui a reçu une formation très technique, complète et reconnue. Le CQP a déjà été retenu et nous devons encore aller plus loin en ouvrant cette voie à l’apprentissage. Car comment envisager de sauver la planète sans une gestion globale de l’amiante, de son prélèvement à la gestion de ses déchets ?