Catégorie : Diagnostiqueur

Le rôle du diagnostiqueur est plus que jamais stratégique dans un contexte marqué par la réglementation environnementale, la performance énergétique et la sécurité des bâtiments.

 

Avec l’arrivée de nouveaux diagnostics obligatoires (DPE, audit énergétique, état des risques…), l’évolution des attentes des maîtres d’ouvrage et le déploiement de nouvelles technologies (capture de la réalité, dématérialisation, thermographie…), l’expertise des diagnostiqueurs doit sans cesse s’adapter.

  • Diagnostics immobiliers : évolution du marché et 7 conseils pour éviter les litiges

    Diagnostics immobiliers : évolution du marché et 7 conseils pour éviter les litiges

    Thierry Barle, dirigeant de Cabinet Condorcet, présente les évolutions du marché des diagnostics immobiliers en 2019 et présente avec Grégoire Marion, responsable de la branche Responsabilité Civile, 7 conseils pour éviter les litiges.

    Retranscription

    Quelle évolution du marché des diagnostics en 2019 ?

    « Sur l’année écoulée, nous avons constaté une concentration des activités avec le regroupement des acteurs, pour former des groupes plus importants. On a une professionnalisation du métier avec, pour un grand nombre, la volonté d’aller sur des diagnostics plus techniques, plus complexes, mais aussi plus engageants. »

    De nouvelles pratiques impactent-elles les contrats d’assurance ?

    « Pour accompagner cette évolution, le Cabinet Condorcet fait évoluer ses contrats : nous augmentons vos capitaux, nous augmentons les garanties, nous adaptons les éléments relatifs à votre activité.»

    Comment le Cabinet Condorcet accompagne ses clients devant l’évolution de la réglementation ?

    « Dans ce contexte, le Cabinet Condorcet, fort de ses partenariats avec notamment la Chambre des diagnostiqueurs immobiliers de la FNAIM (CDI-FNAIM) et le cabinet d’avocats spécialisé dans la profession De Angelis, cherche à accompagner l’ensemble des diagnostiqueurs dans cette évolution, dans cette maturité et dans la professionnalisation des démarches.

    Le réglementaire va prendre une part de plus en plus significative dans les missions au quotidien.

    Afin de faciliter cette approche aux professionnels et que chacun puisse maitriser au mieux ses responsabilités, Condorcet a créé le guide des 7 bonnes pratiques dans le domaine de l’assurance, de manière à ce que chacun puisse préserver ses intérêts. »

    7 conseils pour éviter les litiges

    1. Toujours prendre des photos et les conserver

    Jointes en annexe des rapports, les photographies complètent des descriptifs souvent trop brefs et incapables de décrire l’ensemble. Elles constituent la preuve utilisée par les avocats en cas de litige.

    Exemple : le bien a-t-il été rénové depuis la venue du diagnostiqueur laissant paraître un coffrage amianté ? Dans ce cas, le professionnel ne peut en avoir pris connaissance car sa mission est non destructive. En cas de plainte, les photos permettront d’apporter la preuve.

    2. Ne croire que ce que l’on voit

    Il est important de ne pas croire sur parole les clients, et de ne pas retranscrire leur propos dans le rapport, sans vérification.

    Exemple de sinistre réel : un diagnostic réalisé dans une maison en bois, composée de panneaux. Le propriétaire indiquant que ces panneaux sont composés de bois. Or, il s’agissait de plaques en bois recouvrant des plaques d’amiante. Il incombe au professionnel de vérifier ou écrire dans son rapport que cette information vient du vendeur.

    3. Demander des documents

    Afin de limiter sa responsabilité, le diagnostiqueur a tout intérêt à réclamer un maximum de documents (plans, factures, etc.). En cas d’absence de réponse, il est important de le noter, aussi. Cela démontrera que la demande a été formulée.

    Exemple de sinistre réel : un diagnostiqueur a œuvré dans une maison déclarée sans cave. Après la vente, le vendeur a découvert sous l’habitation une cave, emplie de mérule. Le diagnostiqueur n’ayant pas mentionné cette pièce a été tenu responsable des dommages. Le professionnel a donc tout intérêt à éditer un rapport mentionnant les documents communiqués ou non. Ce travail de secrétariat important permettra de limiter sa responsabilité.

    4. Se re-déplacer

    Lors de mises à jour de diagnostics, certains professionnels, souvent à la demande du vendeur, modifient simplement la date du rapport, sans procéder à un nouveau diagnostic. Or, le bien peut avoir été modifié et seul une nouvelle visite permettra de s’assurer de la véracité des informations retranscrites. Le diagnostiqueur ne doit donc pas renouveler son rapport sans vérification, même pour arranger un client avec qui il entretien de bons rapports !

    5. Répondre rapidement aux réclamations des tiers

    Soit directement, soit par le biais de l’assureur, qui vous assiste. Cela permet d’éviter au maximum les réclamations judiciaires et de favoriser le règlement amiable des litiges.

    6. Le cas de la sous-traitance

    Il est important de rédiger un contrat de sous-traitance (ou d’avoir un écrit) mentionnant les missions de chaque partie, et de prévenir ses clients lorsqu’un diagnostic sera effectué par un prestataire extérieur. En cas de litige, cela permet de dégager la responsabilité du donneur d’ordre de toute responsabilité en cas de litige.

    7. Le règlement amiable est une meilleure solution que le règlement par voie judiciaire

    Le développement des lois de protection des consommateurs et la jurisprudence constante entraîne dans la plupart des cas une condamnation des diagnostiqueurs, en cas de simple doute et s’il ne peut pas prouver son innocence. Il est donc plus important de solutionner un litige à l’amiable et réglé par son assureur que de s’enliser dans une procédure longue et souvent coûteuse.

  • Fiabilisation du DPE : les recommandations de la FIDI

    Fiabilisation du DPE : les recommandations de la FIDI

    Dans une lettre adressée à Isabelle Cartier-Da Coasta (Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages) suite à la réunion de concertation du 21 novembre 2019, la FIDI suggère des propositions complémentaires au projet de fiabilisation du DPE.

    Sur les délais de parution des textes

    Si nous avons bien compris, pour une publication en mars, vous devez avoir terminé la rédaction mi-janvier. Ce délai interdit une « mise à l’épreuve » par des diagnostiqueurs des nouvelles pratiques induites par les textes en question.

    Depuis le début, nous vous demandons la possibilité de tester. Si un thermicien doit le tester, il est également indispensable que des diagnostiqueurs chevronnées et qualifiés le passent au banc d’essai des contraintes du terrain et des multiples cas. Une fiabilisation efficace n’échappera pas à une batterie de test complète.

    Nous avons autant besoin que vous d’avoir un DPE V3 fiabilisé, pour ne pas vivre comme lors de la dernière fiabilisation, une remise en cause du nouveau DPE par les associations de consommateurs.

    La durée de validité passerait de 10 à 9 ans

    La FIDI propose 6 ans, pour se caler sur les durées de validité des diagnostics réalisés dans le cadre de la location. La compréhension et l’acceptation des consommateurs passent par une simplification.

    DPE en logement collectif

    Il faut différencier les chauffages collectifs des chauffages individuels. Un DPE à l’immeuble ne rend pas compte des particularités de chaque appartement, surtout si certains copropriétaires ont réalisé des travaux significatifs d’amélioration énergétique.

    C’est pourquoi votre option 1 est la bonne :« Supprimer la possibilité d’utiliser un DPE collectif en tant que DPE individuel d’un lot ».

    Etiquette « énergie »

    Nous proposons de matérialiser aussi la « passoire thermique ».

    Recommandations de travaux

    Nous proposons que pour les « passoires thermiques », le premier bouquet permette de sortir de cette classification de « passoire thermique ».

    Exploitation des données du DPE

    Nous pensons que cette obligation est dangereuse par rapport à la confidentialité des données.

     

    Les diagnostiqueurs certifiés sont les premiers artisans de la mise en place du DPE V3. Au sein de la FIDI, des diagnostiqueurs, thermiciens de formation sont prêts pour tester la version finale, même sur un temps très court.

    Cette fiabilisation du DPE est trop importante pour ne pas profiter de ce test, afin d’en faire un outil vraiment pertinent et de faire de cette réforme un succès pour les consommateurs, les pouvoirs publics, les professionnels et par conséquent pour l’amélioration effective de la performance énergétique en France.

  • Diagnostics avant travaux : capitaliser l’information sur la durée

    Diagnostics avant travaux : capitaliser l’information sur la durée

    AC Environnement a fait de la maquette numérique et du BIM sa marque de fabrique dans le domaine des diagnostics immobiliers. Aperçu des avantages de cette solution avec Julien Nidrecourt, directeur technique du groupe.

    Quel est l’intérêt d’intégrer les diagnostics dans une logique BIM ?

    Plusieurs arguments témoignent de la pertinence d’intégrer notamment l’information amiante, plomb, gaz et électricité dans une maquette numérique. Le premier d’entre eux est la capacité à capitaliser l’information. Avant d’arriver à une opération de travaux, le maître d’ouvrage peut avoir mené des investigations dans le cadre des locations ou de ses obligations liées aux parties communes. Il détient ainsi une première information sur la présence des polluants et des pathologies. Même si cette démarche est en premier lieu destinée à l’exploitation du bien, il est intéressant et pertinent d’archiver la donnée dans une maquette de façon à ce qu’elle puisse être récupérée facilement dans le cas où, demain, des travaux sont envisagés. Cette information confortera l’analyse de risque tout en optimisant le coût des diagnostics ultérieurs.

    Même logique dans le cas de cessions de patrimoine importante : resynthétiser l’immeuble avec une lecture des problématiques amiante et plomb, en affichant l’immeuble et en activant les éléments pollués, apporte un niveau d’information non négligeable à l’acquéreur au préalable de la vente.

    Grâce au BIM, le maître d’ouvrage peut également remettre plus facilement les informations du bâtiment au intervenants suivant, comme le demande la réglementation.

    Les gains financiers offerts par le BIM permettent-ils un réel retour sur investissement ?

    En ce qui concerne l’amiante c’est une certitude. Avec l’expérience, nous savons qu’un maître d’ouvrage peut être amené à acheter plusieurs fois la même chose. De ce fait, on demande au diagnostiqueur d’avoir une vraie réflexion à l’échelle de l’immeuble, et non plus au niveau du logement ou d’une pièce. Pouvoir synthétiser l’information, l’afficher à l’écran, activer des parties d’ouvrage avec une donnée sur les polluants déjà détectés… Tout cela permet au maître d’ouvrage d’optimiser sa gestion des zones présentant des similitudes d’ouvrage (ZPSO) en toute transparence avec le diagnostiqueur. Le BIM devient ainsi un outil extrêmement efficace dans le cadre de la recherche d’optimisation des coûts autour de la problématique amiante. La démarche offre une plus-value évidente.

    On notera également un retour sur investissement intéressant concernant le DPE. Car une fois les éléments intégrés dans la maquette, on peut générer très facilement des DPE grâce au moteur de calcul intégré. Ce dernier vient lire tout ce qui est implémenté dans la maquette comme les isolants des murs, le type de chauffage, le système de ventilation, ou encore l’exposition du bâtiment. Notre système BIM peut aussi proposer des simulations de travaux et en mesurer immédiatement l’impact sur le DPE. Un propriétaire peut par exemple calculer les conséquences d’un changement de vitrage. Cette utilisation de la donnée offre beaucoup d’autonomie au maître d’ouvrage, qui peut se positionner sur des intentions de travaux sans avoir recours nécessairement à des bureaux d’études en première intention.

    Y a t-il une date de péremption des documents ?

    Selon les cas de figure, oui, mais seulement en ce qui concerne le format du livrable des diagnostics tel qu’exigé par la réglementation. L’information technique hébergée dans la maquette, elle, demeure pertinente tant que les travaux n’ont pas eu lieu. D’ultérieurs livrables pourront ainsi être actualisés sur la base de ce qui est connu dans la maquette numérique.

  • Souplesse, organisation et Cloud au service de l’efficacité

    Souplesse, organisation et Cloud au service de l’efficacité

    Créée en 2015 par Thomas Alizier et Alexandre Sancan, Safe Diagnostics intervient sur tous les types de diagnostics dans le bâtiment, pour la vente, la location et l’avant travaux. Thomas Alizier, son président, présente les atouts de l’entreprise pour répondre au marché.

    Quel est l’enjeu principal dans la profession du diagnostic ?

    La rapidité d’exécution, c’est le nerf de la guerre ! Nous sommes continuellement sollicités au niveau des délais de réponse, plus encore en ce qui concerne les diagnostics avant travaux. Car le diagnostic va déterminer un mode opératoire et un budget de travaux. Plus on est rapide à intervenir sur place et plus vite on délivre les échantillons en laboratoire pour répondre aux clients.

    Comment vous organisez-vous pour être plus réactifs ?

    Notre méthode de travail est chorégraphiée du début à la fin de l’exercice de notre métier. À l’étape de la prise de contact pour commencer, le secrétariat a accès au planning de tous les techniciens. C’est ainsi que l’on arrive à trouver des rendez-vous rapidement en fonction des tournées de chacun.

    Sur le terrain, les techniciens travaillent avec une tablette sur laquelle ils intègrent toutes les données : on peut y dessiner les plans, relever les anomalies, prendre des photos et, à la fin de la visite, nous sommes même en mesure de rédiger des rapports sur place. De fait, Safe Diagnostics délivre en moins de 24H le rapport de diagnostic lorsqu’aucune analyse en laboratoire n’est nécessaire.

    Les outils du numérique et le Cloud participent grandement à notre efficacité. Si bien qu’il nous est impossible de démarrer une mission si nous ne sommes pas connectés à Internet. Nous sommes tous en partage de connexion sur le téléphone et la tablette, avec une numérotation et une base de données centralisée. Si un technicien génère un dossier, même à l’autre bout de la France, la numérotation du prochain dossier se placera automatiquement après la sienne. De même pour la facturation, tout est décentralisé dans le Cloud.

    Pour le confort de travail, nous avons investi dans de l’electroportatif, avec du matériel sur batterie pour faire les sondages et les prélèvements. Ce n’est pas obligatoire mais ça nous permet de travailler plus vite.

    La gestion du courrier est également centrale. Chaque courrier doit être affranchi tout de suite et déposé le jour même ou le lendemain au plus tard à La Poste. C’est pourquoi nous avons une machine à affranchir au bureau. Les techniciens déposent les prélèvements et le secrétariat peut immédiatement expédier au laboratoire.

    Quel est selon vous l’atout principal d’une société comme Safe Diagnostics ?

    Du fait que nous ne soyons pas une grosse structure, nous conservons une proximité avec nos clients et garantissons un véritable suivi des dossiers. Nous pouvons nous débrouiller pour être plus réactifs, avoir un meilleur suivi, être plus à l’écoute et présents. Avec mon associé nous sommes tous les jours sur le terrain. C’est une vraie qualité !

    Mais si avec quatre techniciens et deux postes de secrétariat Safe Diagnostics est une petite entreprise, nous avons développé une certaine souplesse pour répondre à toutes les demandes à notre portée sur le plan technique. Via la co-traitance, nous faisons appel à des renforts auprès de diagnostiqueurs de confiance – toujours à jour dans leurs certifications – lorsque la demande est importante. Je suis convaincu que nous tenons le bon effectif.

  • Diagnostic plomb : une nouvelle vision et des innovations pour le Groupe Protec

    Diagnostic plomb : une nouvelle vision et des innovations pour le Groupe Protec

    Recentré sur son activité de développement de technologies pour les diagnostics, Protec a, aujourd’hui, de nouvelles propositions inédites. Entretien avec son dirigeant : Pavel Streber.

    Comment est structuré Protec depuis la cession de son activité de laboratoire ?

    En 2018, Protec a fait le choix de se recentrer en passant d’une société de service à un fournisseur et développeur de hautes technologies. La valeur du nouveau Protec, c’est avant tout un savoir-faire technologique, unique, pointu et innovant. Notre vocation est de construire une offre technique forte et à l’écoute du marché.

    En parallèle, nous nous sommes concentrés sur nos clients pour assurer une continuité de service, et nous avons développé de nouveaux matériels et services afin de soutenir les professionnels et de répondre à leurs besoins techniques, notamment ceux liés à la performance des machines à détecter le plomb. Nos activités de fabrication et de renouvellement de sources sont entièrement situées en France. Cela va nous permettre d’offrir une meilleure réactivité à nos clients.

    Que souhaite apporter Protec en participant à la commission de normalisation AFNOR?

    Aujourd’hui, le gros sujet de la commission de normalisation AFNOR sur les diagnostics dans les immeubles bâtis porte sur la crédibilité des mesures des appareils et leur capacité à descendre les seuils plus bas afin de valider les mesures après retrait des revêtements de plomb. En tant que fournisseur, Protec a un rôle important à jouer sur ce sujet. Dans le cadre de cette commission, notre objectif est d’être force de proposition et de continuer d’accompagner la profession comme nous le faisons déjà depuis 20 ans.

    Sur quelles innovations travaillez-vous ?

    Nos efforts de recherche ont principalement porté sur l’amélioration et le développement de notre analyseur plomb, tout d’abord, en prenant en compte les retours des clients. Ce nouvel LPA-1 est plus performant, ayant la capacité de détecter plus finement le plomb, pour tout type de diagnostic. Il est aussi plus léger et plus maniable, ceci correspondant à une attente importante de nos clients. Commercialisé en décembre, cet appareil est une version évoluée de celui qui a prouvé sa fiabilité depuis 20 ans.

    Nous travaillons aussi à élargir notre offre 2020, ce qui sera une véritable avancée pour le marché de la détection du plomb. Nous vous en dirons plus prochainement.

  • Estimation quantitative des matériaux amiantés : la FIDI fait le point

    Estimation quantitative des matériaux amiantés : la FIDI fait le point

    Depuis le 19 juillet 2019, un nouvel arrêté vient préciser les modalités de réalisation du repérage amiante avant travaux dans les immeubles bâtis. Parmi les nouveautés : l’obligation pour les diagnostiqueurs d’avoir les compétences pour estimer la quantité de matériaux contenant de l’amiante. Le point avec Lionel Janot, président de la FIDI.

    Le nouvel arrêté relatif aux RAT dans le bâti intègre une notion d’estimation quantitative des matériaux amiantés. Qu’en est-il ?

    L’arrêté du 19 juillet spécifie que l’opérateur de repérage doit posséder les compétences lui permettant de procéder à l’estimation de la quantité de matériaux et produits contenant de l’amiante, de manière à permettre au donneur d’ordre d’évaluer les quantités prévisibles de déchets amiantés et d’apporter des conseils sur les modalités d’élimination des déchets. Ce passage manque toutefois de précision.

    Comment la FIDI accompagne-t-elle les diagnostiqueurs sur cette notion d’estimation quantitative ?

    Nous avons travaillé sur ce dossier afin d’apporter des éléments concrets de réponses aux questions que peuvent se poser nos adhérents sur les contours juridiques, assurantiels et techniques. Grâce au travail efficace de la commission amiante de la FIDI, nous avons expliqué et diffusé, avant la fin du mois d’août, les points clés de cet arrêté pour ainsi permettre aux professionnels de bien se conformer à cette obligation. Dans ce document rendu accessible à tous nos adhérents, la commission propose des solutions pratiques.

    Sur quelle autre initiative travaille actuellement la FIDI ?

    Nous travaillons en ce moment sur un important “sujet” concernant les mesures d’air et la réalisation des campagnes de validation des processus en sous-section 4 (SS4), qui concernent toutes les professions dans le cadre de leur protection et de celle de l’environnement lors des interventions sur et à côté des matériaux amiantés.

    Il est très compliqué pour les opérateurs de repérage de valider ces processus car les mesures d’air impliquent des prélèvements d’en moyenne deux heures en continu sur le matériau. Or, un prélèvement de matériau en tant que tel s’effectue en moins de 10 minutes.

    Au sein de la FIDI, nous avons déterminé un certain nombre de couples matériaux/outils, de manière à organiser des chantiers tests et à permettre que les données récoltées servent à l’ensemble de la profession. C’est une opération complexe car il faut trouver les chantiers correspondant à l’une des vingt situations identifiées, et sur lesquels les maîtres d’ouvrage donnent leur accord pour répéter l’opération plusieurs fois, sans polluer. Il y aura ensuite un important travail de compilation des données. Nous estimons que les résultats d’une dizaine de ces situations devraient être récoltés d’ici 2020 et proposés aux organismes de prévention pour en faire des mesures de référence.

  • Des innovations pour faciliter les repérages amiante

    Des innovations pour faciliter les repérages amiante

    Des gels de prélèvement analysables en laboratoire, un aspirateur jetable, une mesure plus fine de la vitesse du vent… Jean-Michel Catherin, dirigeant de Testoon, revient sur quelques nouveautés du côté des équipements utilisés par les diagnostiqueurs lors des repérages amiante.

    Quelles sont les nouveautés concernant les équipements utilisés pour les diagnostics amiante ?

    La plus récente nouveauté concerne l’usage des gels de prélèvement, de type Easy gel Protect par exemple. Certains laboratoires leaders du marché ont validé le procédé permettant d’utiliser ces gels pour réaliser par la suite l’analyse de l’échantillon capturé au sein même du dispositif. Les laboratoires précisent les précautions à prendre pour que cette nouvelle méthode puisse fonctionner correctement, notamment en ce qui concerne la quantité de matière maximale ne gênant pas l’analyse de l’échantillon.

    Une autre innovation intéressante concerne les aspirateurs très haute efficacité (THE). Pour rappel, ces derniers sont nécessaires après une intervention de prélèvement et font l’objet de contraintes liées au risque de contamination et à la difficulté de décontaminer. L’aspirateur doit notamment être soumis tous les ans à un test d’étanchéité afin de contrôler que la liaison entre le système d’aspiration et le sac ne présente aucune fuite. Les modèles traditionnels doivent ainsi être périodiquement renvoyés en laboratoire.

    Ce n’est désormais plus nécessaire grâce au concept développé par la marque Numatic avec son modèle HZC390L. Son bac de stockage de la poussière est un consommable sur lequel se connecte directement le tuyau d’aspiration, indépendamment de la partie avec le moteur. Une fois le bac plein, l’utilisateur peut acheter un kit de remplacement comprenant un nouveau bac et un tuyau. Testé au Chlorure de Sodium selon la norme EN60335-2-69, le kit est également livré avec ses certificats de filtration, valables un an. De ce fait, l’utilisateur n’a plus besoin de faire tester l’aspirateur. Spécifiquement conçu pour le marché de la sous-section 4 (SS4) et conforme aux recommandations de l’INRS, le HZC390L dispose également d’un témoin lumineux de saturation de la cartouche filtrante.

    + d’infos sur l’aspirateur Numatic HZC390L

    Toujours dans le cadre du prélèvement, de nombreux clients nous demandent des thermo-hygro-anémomètres pour assurer la bonne réalisation des mesures en air extérieur. Sur ce type d’appareil, la mini station météo Kestrel 5500 se démarque par son socle girouette, qui lui apporte plus de précision sur la direction du vent. Si la petite hélice de l’appareil mesure de manière classique la température, l’humidité de l’air et la force du vent, sa girouette assure pour sa part qu’il est bien positionné dans le sens du vent et qu’il mesurera correctement la vitesse du vent.

    + d’infos sur la station météo Kestrel 5500

  • Diagnostics immobiliers : la réglementation évolue, la formation aussi

    Diagnostics immobiliers : la réglementation évolue, la formation aussi

    Alors que les nouveautés réglementaires se succèdent pour les diagnostiqueurs immobiliers, la qualité des formations initiales et continues doit plus que jamais être assurée pour accompagner la profession. Jean-Louis Toussaint, formateur chez Afnor Compétences, présente les outils pédagogiques mis en place par le groupe.

    Quelles sont les formations proposées par Afnor Compétences aux diagnostiqueurs immobiliers ?

    Le catalogue de formations a été mis à jour pour suivre les dernières réglementations. Afnor Compétences propose ainsi toutes les formations qui seront certifiées dès le 1er janvier 2020 : les 6 formations initiales des diagnostics immobiliers, de même que les 6 formations d’actualisation des connaissances que les diagnostiqueurs doivent suivre dans leur cycle de formation. Ces dernières sont très importantes puisqu’elles permettent – outre la veille réglementaire et technique – de retravailler avec les stagiaires sur les retours d’expérience et sur les erreurs fréquentes que collectent les organismes de certification. C’est aussi l’occasion de rediscuter entre diagnostiqueurs ayant déjà exercé sur des problématiques particulières et d’échanger les bonnes pratiques.

    Concernant la certification amiante avec mention, comment la formation a-t-elle évolué ?

    Suite au texte sorti au mois de juillet*, nous avons remis à jour les programmes et les supports de formation. Certains éléments avaient déjà été intégrés avec le décret, mais nous les avons complété avec les détails de l’arrêté afin de pouvoir travailler avec les stagiaires sur ces sujets. Aujourd’hui, le stagiaire qui passe la formation initiale amiante avec mention verra donc aussi bien les éléments du code de la santé publique, que le diagnostic avant travaux du code du travail. Et pour les diagnostiqueurs en actualisation, ce sera l’occasion de travailler avec eux sur les spécificités de ces diagnostics.

    Comment se modernisent les outils pédagogiques ?

    Nous sommes actuellement en chantier de digitalisation des formations. La grande nouveauté chez Afnor Compétences, c’est le développement de nouvelles salles interactives. Baptisées “Salles 2020”, elles disposent d’un écran principal pour le formateur et pour les éléments de formations classiques et didactiques, complétées de plusieurs écrans tactiles pour faire travailler les stagiaires en sous-groupes sur des éléments de projet commun. Cette configuration permet d’avoir une plateforme unique sur laquelle on travaille avant de revenir sur des exercices et des debriefs. Le tout en mettant les stagiaires en situation. Deux “Salles 2020” sont actuellement en activité. Deux autres suivront dès l’an prochain.

    Une autre évolution sur laquelle nous travaillons concerne la formation à distance. Pour les diagnostiqueurs immobiliers, seule sera concernée la partie relative aux prérequis de certification, c’est à dire la formation sur les notions de base du bâtiment dont ces derniers ont besoin pour exercer.

    En dehors de l’aspect digital et dématérialisé, nous réfléchissons beaucoup sur la mise en situation et sur des éléments que les stagiaires peuvent travailler eux-mêmes. C’est notamment le cas pour la compréhension des textes réglementaires : une partie s’effectue avec le formateur et l’autre se fait directement par le stagiaire avec des travaux sur le texte. Quand on travaille sur la méthodologie de repérage, par exemple, chaque sous-groupe formé au sein de la salle se penchera sur une liste des matériaux et produits contenant de l’amiante (A, B, C).

    Le formateur demandera ensuite de réaliser la chronologie d’un diagnostic en suivant l’arrêté, et donc les étapes nécessaires pour réaliser ce diagnostic. Cette méthode permet de mettre en lumière certains points précis de la réglementation qu’il faudra respecter. C’est une partie de la formation non négligeable au vue du nombre important de textes réglementaires, parfois complexes et difficiles à appréhender, sur lesquels s’appuie la profession.

    * Arrêté du 16 juillet 2019 relatif au repérage de l’amiante avant certaines opérations réalisées dans les immeubles bâtis

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    – Risque amiante SS4

  • Certification amiante : la FIDI adresse un courrier à la DHUP

    Certification amiante : la FIDI adresse un courrier à la DHUP

    Le 27 septembre, la Fédération Interprofessionnelle du Diagnostic Immobilier (FIDI) a adressé un courrier à la Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages (DHUP) au sujet du blocage de la certification Amiante. Voici le contenu de ce courrier, signé par le président de la FIDI, Lionel Janot.

    Objet : Profession des Diagnostiqueurs Immobiliers totalement bloquée pour l’exercice de ses missions

    Monsieur le Directeur,

    Par l’exercice de son activité, la profession de diagnostiqueur immobilier permet la sécurisation des transactions immobilières (mesurages de surface, état risques et environnement, états parasitaires), contribue à l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments (diagnostic de performance énergétique) et participe à la prévention de nombreux risques pour la santé (diagnostic gaz, électricité, amiante, plomb).

    C’est une profession réglementée puisque les 6 000 opérateurs de diagnostic qui interviennent en France ont une obligation de certification personnelle dans chacun des domaines du diagnostic technique règlementaire en cas de vente d’un bien : amiante, plomb, gaz, électricité, performance énergétique, termites.

    La FIDI est la première fédération indépendante représentative de cette profession ; elle regroupe plus de 1 000 diagnostiqueurs et opérateurs de repérage sur le territoire français ; ses adhérents sont de tous types, du travailleur indépendant au réseau de franchise ou réseau salarié de plus de 100 opérateurs.

    Nous vous saisissons aujourd’hui pour vous faire état d’une situation catastrophique qui touche l’ensemble de la profession et qui demande une réaction immédiate et très forte des services de l’état.

    En effet, les textes encadrant la certification « amiante » et l’exercice du repérage amiante avant-travaux dans les immeubles bâtis ont fait l’objet dans les dernières semaines de multiples péripéties juridiques : annulation par le conseil d’état le 24 juillet 2019 de l’arrêté du 26 juillet 2016 précisant les modalités de certification «amiante », avec et sans mention, et annulation en référé par le conseil d’état le 29 août de deux articles de l’arrêté du 16 juillet 2019 définissant les conditions de réalisation du « repérage amiante avant certaines opérations dans les immeubles bâtis ».

    La première conséquence est que les organismes de certification ont stoppé la délivrance de toute attestation de certification « amiante », même la certification « sans mention », aux motifs d’incertitudes juridiques majeures (texte de référence annulé, seuls textes valides de 2005 et 2007 inadaptés aux nouvelles exigences de ces opérations).

    Il semble du reste que le COFRAC, qui accrédite ces organismes de certification, leur ait demandé de stopper l’émission de certificats « amiante » de tous types.

    Les impacts pour la profession sont immédiats et désastreux :
    – Même si certains cycles de formation et sessions d’examen de certification « amiante » se tiennent, aucune attestation de certification « amiante » n’est plus délivrée depuis fin juillet.
    – Par conséquent :

    • Aucun « nouvel entrant » ne peut valider son parcours long et coûteux de formation et d’examens et commencer à exercer son activité de diagnostic « amiante » : c’est pour eux une catastrophe économique et, tout simplement, de vie ;
    • Les entreprises qui lancent des recrutements de techniciens certifiés « amiante » ne trouvent plus de candidats : ils ne peuvent plus faire face aux nécessités de sécurisation des ventes de biens ;
    • Les techniciens certifiés qui arrivaient à échéance de leur « certification amiante » et ont entrepris depuis plusieurs semaines leur parcours de re-certification doivent ou vont devoir cesser leur activité de diagnostic amiante.

    De surcroît, ce « blocage total » sur la certification « amiante » entraîne en réalité un arrêt complet de toute activité de diagnostic pour les professionnels touchés, pour tous les biens immobiliers d’avant 1997 : la plupart des clients, notamment les particuliers (les plus nombreux) confient l’ensemble des diagnostics obligatoires à un seul opérateur – pour autant qu’il soit certifié pour les domaines à effectuer- . L’absence de certificat « amiante » entraîne donc, de fait, l’arrêt de toute leur activité sur ce type de biens.

    Aussi, nous vous demandons de bien vouloir nous recevoir ou de demander à vos services compétents de le faire, dans les meilleurs délais, lundi 30 septembre, mardi 1er octobre et au plus tard mercredi 2 octobre, pour envisager les mesures exceptionnelles et d’urgence que requière cette situation exceptionnelle et
    d’urgence.

    Dans l’attente de votre confirmation d’une rencontre à très court terme, par mail à : contact@lafidi.fr ou par téléphone auprès de mon secrétariat au 01 42 93 66 08, Nous comptons sur vous, Monsieur le Directeur, pour prendre toute la mesure de l’urgence et de la gravité de la situation pour les professionnels du diagnostic et du repérage de l’amiante dans les immeubles bâtis.

    Je vous prie d’accepter, Monsieur le Directeur, mes respectueuses salutations.

    Lionel JANOT
    Président

  • Certification des diagnostiqueurs : une démarche plus que jamais indispensable

    Certification des diagnostiqueurs : une démarche plus que jamais indispensable

    La certification des diagnostiqueurs immobiliers évolue pour répondre aux nouvelles attentes et exigences du marché. Décryptage de ces évolutions avec Philippe Durand, responsable du secteur Construction au sein de Bureau Veritas Certification.

    Comment développer l’image de marque d’une entreprise de diagnostic immobilier ?

    Une démarche de certification volontaire peut être un levier puissant pour développer son image et son business. Dans le B2B, des marques de valorisation peuvent être utiles à condition que les entreprises clientes y trouvent une nécessité dans l’usage et un bénéfice immédiat. Ce n’est hélas pas vraiment le cas en France. La certification volontaire est cependant une véritable opportunité en B2C, où le consommateur est souvent perdu au milieu de nombreuses marques de qualité : produits NF, marquage CE, Made In France, Origine France Garantie, Fabriqué en France, etc.

    Un consommateur a plutôt tendance à se tourner vers une entreprise qui bénéficie d’une certification qui a un nom

    Ce que souhaite le consommateur, c’est faire appel à l’entreprise la moins chère et la plus fiable possible. Malheureusement, il a du mal à y trouver son compte. Et la certification des professionnels dans le diagnostic immobilier a peu amélioré la situation. Ce que l’on sait, c’est qu’un consommateur a plutôt tendance à se tourner vers une entreprise qui bénéficie d’une notoriété ou qui est certifiée par des opérateurs de renom. Dans les plaintes de consommateurs, nous avons ainsi des clients qui affirment avoir choisi un diagnostiqueur parce qu’il portait notre marque. Ils ont confiance en nous pour être écoutés en cas de problème avec la prestation. Par l’absence d’intérêts partisans, la certification peut donc être un moyen de filtrer la bonne ou la mauvaise foi des deux parties.

    Une certification BIM verra-t-elle le jour prochainement ?

    Bureau Veritas Certification a une expérience non négligeable sur la maquette numérique et le BIM (building information modeling) car c’est un procédé qui existe depuis de nombreuses années et qui est très pratiqué en Amérique du nord et en Asie, où nous sommes présents. Aujourd’hui, nous sommes en capacité de passer rapidement à des éléments concrets de production, dès que les corporations seront en demande d’un signe de qualité.

    Deux solutions se présentent : soit l’on prend le système normatif actuel, défini par ISO et très généraliste ; soit l’on se dit que c’est une bonne amorce et on va beaucoup plus loin ensemble en direction d’un label ou d’une certification BIM, afin de donner le niveau qui est attendu dans l’exploitation des maquettes numériques. La transformation numérique des entreprises étant une ambition forte de l’Etat, la mise en oeuvre d’une certification pourrait être très proche. Reste que le marché français est encore largement en manque de compétences pour répondre à des projets BIM.