Catégorie : Audit, conseil

La rénovation d’une copropriété commence par un audit rigoureux et un accompagnement sur mesure pour identifier les priorités techniques, économiques et environnementales. Pour les présidents de conseil syndical, syndics, gestionnaires de patrimoine et copropriétaires, cette étape est cruciale : elle permet de cartographier les besoins (isolation, chauffage, accessibilité, sécurité), d’évaluer la faisabilité des travaux et de définir une feuille de route réaliste, en phase avec les contraintes budgétaires et les attentes des occupants.

  • L’enquête auprès des occupants

    L’enquête auprès des occupants

    Ce que dit le décret [Article 1, article R.134-15, b)]

    «Une enquête auprès des occupants devra être réalisée et, le cas échéant, des propriétaires non occupants, visant à évaluer leurs consommations énergétiques, leur confort thermique, l’utilisation et la gestion de leurs équipements et leurs attentes relatives à l’amélioration thermique de leur logement ».

    Ce que dit l’arrêté [Article 4]

    « La personne en charge de la réalisation de l’audit énergétique ou le syndic transmet, par courrier simple, un questionnaire à tous les occupants de la copropriété, visant à obtenir des informations qualitatives sur le confort thermique et sur l’état des équipements privatifs et du bâti. Ce questionnaire contient au moins :

    • une rubrique sur le confort thermique ressenti par les occupants ;
    • une rubrique sur l’utilisation et la gestion de leurs équipements ;
    • une rubrique sur l’évaluation de leurs consommations énergétiques et de leurs charges mensuelles ;
    • une rubrique sur les travaux réalisés ou envisagés visant à améliorer la performance énergétique de leur logement ;
    • une rubrique relative à leur positionnement quant à la possibilité de réaliser des travaux importants à l’échelle de la copropriété.

    Ce questionnaire est synthétique et ne comporte qu’un nombre limité de questions afin de le rendre pertinent et accessible à tous ».

    Analyse et points de vigilance

    Cette enquête doit s’adresser aux copropriétaires occupants, aux bailleurs, mais aussi aux locataires. Nous regrettons qu’aucun taux de retour ne soit exigé.

    L’intérêt d’une bonne enquête auprès des résidents est double : mieux identifier les problèmes techniques ainsi que les situations d’inconfort et mobiliser les copropriétaires.

    Aujourd’hui des techniques de questionnaires en ligne permettent la saisie rapide, et donc facilitent grandement leur analyse.

    Retour d’expériences (ce que disent les observateurs)

    Lorsque le conseil syndical est mobilisé, les taux de retours sont bons : entre 60% et 87%. En général les occupants ont un réel besoin d’exprimer leurs opinions.

    Néanmoins il y a parfois des taux de retour à 15%… voire moins lorsque les fiches d’enquêtes sont trop longues et trop techniques (parfois jusqu’à sept pages de questions)…

     

    De plus les bureaux d’études thermiques ont des difficultés pour saisir, analyser et exploiter les enquêtes. Par exemple :

    • Les problèmes récurrents de surchauffe et de sous-chauffe identifiés ne sont pas étudiés en détail dans l’audit et n’aboutissent pas à des préconisations particulières,
    • Les attentes des copropriétaires ne servent pas à hiérarchiser les préconisations de l’audit.

    Nos conseils

    Notons que la réalisation d’enquêtes est un exercice nouveau pour les thermiciens. Ils n’ont pas l’habitude d’élaborer des questionnaires d’enquêtes, qui de plus, doivent être adaptés aux particularités de la copropriété (par exemple si le chauffage collectif est « mixte », car couplé avec des radiateurs électriques privatifs, il faudra demander des informations spécifiques). Si certains bureaux d’études commencent à être bien « outillés » et produisent des questionnaires bien adaptés et en intègrent les résultats dans l’audit, ce n’est pas malheureusement encore le cas de tous.

    Pour faciliter cette tâche, Planète Copropriété a rédigé le questionnaire d’enquête « type » suivant adaptable à chaque copropriété.

    A noter : on peut maintenant faire une gestion par mail des questionnaires (envoi et retour), ce qui est simple et peu coûteux…

    Afin d’être sûr que l’enquête soit utile, il convient, lors des appels d’offres d’audit, de demander :

    • des exemples d’enquêtes déjà réalisées,
    • un engagement sur les taux de retours des questionnaires à atteindre,
    • les outils utilisés par le bureau d’études pour l’exploitation des données recueillies dans les questionnaires,
    • des précisions sur la façon, dont les résultats de ces enquêtes seront intégrés à l’audit.

    À noter : le décret fixe également comme objectif à l’enquête « d’évaluer » les consommations énergétiques des logements. Comment un simple questionnaire pourrait-il permettre de recueillir de façon réaliste ce type d’informations ?

    Comment connaître le montant des charges chauffage par appartement ?

    Souvent les résidents ne connaissent pas le montant des charges liées au chauffage qui, de surcroît, inclut souvent la production d’eau chaude sanitaire.

    Il faut donc les inviter à regarder sur leur bordereau de régularisation des charges annuelles communiqué par le syndic les coûts détaillés qui y apparaissent.

    Par ailleurs, les résidents ne sont pas toujours équipés de thermomètres et n’ont de fait pas d’idée sur la température qu’il fait dans leur logement. Il faut donc les inviter à se procurer un simple thermomètre pour ainsi mesurer la température dans le salon et les chambres en milieu de journée et pendant la nuit.

    Comment faire en cas de chauffage mixte (collectif + appoint électrique) ?

    En cas de chauffage mixte, il est difficile de déterminer la part d’électricité utilisée pour les radiateurs d’appoint. Néanmoins les thermiciens peuvent tout à fait demander des copies de quelques factures d’électricités pour certains appartements stratégiques (rez-de-chaussée, dernier étage, pignons) et appliquer des ratios pour déterminer la part des kWh affectés au chauffage (notamment en comparant les consommations pendant les mois d’été et pendant les mois d’hiver).

  • Le déroulement et les opérations d’analyse de l’audit : le descriptif du bâti et des installations et de leur entretien

    Ce que dit le décret [Article 1, article R.134-15, a)]

    « (L’audit comprend d’abord) un descriptif des parties communes et privatives du bâtiment. Ce descriptif s’appuie sur les caractéristiques « pertinentes » du bâtiment et sur un descriptif de ses installations collectives de chauffage ou de refroidissement et de ses équipements collectifs de production d’eau chaude sanitaire, de ventilation et d’éclairage. Il décrit les conditions d’utilisation et de gestion de ces équipements. »

    Ce que dit l’arrêté [Article 3, a) et b)]

    « La personne en charge de la réalisation de l’audit énergétique réalise une visite du site, en saison de chauffe si possible, accompagnée d’un employé du syndic et du président du conseil syndical ou de l’un de ses membres, s’il existe. Cette visite inclut :

    « a) l’appréciation de l’environnement extérieur, de la valeur patrimoniale du bâtiment et des éléments ayant des incidences sur les consommations énergétiques de celui-ci : localisation et orientation du bâtiment, masques solaires, mitoyenneté, éléments architecturaux ;

    « b) l’inspection détaillée des parties communes et de leurs équipements (dispositifs d’éclairage et de ventilation, réseaux de distribution, émetteurs), des gaines techniques et de l’installation collective de chauffage ou de refroidissement, comprenant des mesures in situ afin d’évaluer le rendement énergétique de l’installation.

    Elle s’appuie sur le dernier rapport de contrôle ou la dernière attestation d’entretien de la chaudière ».

    Analyse et points de vigilance

    Le descriptif visé par le décret concerne donc l’ensemble de la copropriété les parties communes et privatives doivent être décrites et analysées. Il s’agit :

    • des éléments bâtis relatifs à l’enveloppe du ou des bâtiments : façades, toiture, combles, fenêtres, sous-sols, etc.
    • des équipements collectifs et privatifs : chaufferie, radiateurs, production d’eau chaude, ventilation, éclairage, gaines techniques.

    Le bureau d’études devra non seulement détailler, mais apprécier ce qui va ET ce qui ne va pas concernant la gestion des équipements et les éléments bâtis.

    La visite de la copropriété

    Notons que le conseil syndical est directement partie prenante dans le déroulement des visites. Le législateur reconnaît ainsi son rôle primordial pour le bon déroulé de l’audit. Il faut également retenir que tous les éléments ayant des incidences sur les consommations énergétiques doivent être mis en évidence, et que des mesures de rendements sur les équipements de chauffage doivent être effectuées.

    Retour d’expériences (ce que disent les observateurs)

    « Concernant les parties communes, les matériaux du gros œuvre ne sont pas tous identifiés (il y a souvent différents types de murs dans un bâtiment) et les pathologies du bâtiment sont rarement décrites.

    Parfois, alors que la copropriété est composée de plusieurs bâtiments, les calculs de l’audit ne sont fondés que sur un seul bâtiment qui représenterait l’ensemble.

    Les organes de distribution du chauffage (vannes d’équilibrages, régulateurs) ne sont pas décrits, et l’on note également un regard « peu critique » des thermiciens sur la gestion du chauffage collectif et une absence d’analyse des contrats P2 (petit entretien) et P3 (gros entretien) ainsi que sur les interventions effectuées, et possibles optimisations.

    Le poste « éclairage » (halls, escaliers, circulations, parkings…) n’est, quant à lui, souvent ni décrit ni analysé.

    Concernant les parties privatives, la description des fenêtres est souvent très succincte, car cela prend trop de temps aux bureaux d’études : il n’y a souvent aucun décompte de fenêtres rénovées, ni d’analyses de leurs pathologies.

    Idem pour les volets. De plus les types de radiateurs dans les appartements et leurs organes de réglages sont mal ou non décrits ».

    Nos conseils

    Ces observations sont plutôt alarmantes puisque le décret précise que les propositions de travaux de l’audit devront tenir compte au premier rang de l’état du ou des bâtiments.

    Or, les bureaux d’études thermiques se cantonnent trop souvent aux calculs de déperditions, d’apports énergétiques, de rendements…

     

    En effet :

    1. les thermiciens ne sont pas des spécialistes des pathologies du bâti,
    2. le descriptif des parties privatives, qui demande beaucoup de temps, risque d’être insuffisant,
    3. le diagnostic de l’éclairage et des installations électriques n’est pas encore entré dans les pratiques des thermiciens,
    4. enfin, tous les thermiciens ne sont pas spécialistes des chaufferies et des réseaux de distribution de chauffage.

    Ainsi les adhérents de Planète Copropriété se sont aperçus qu’un ingénieur thermicien, seul, permet difficilement d’établir des préconisations de travaux adaptées et donc d’être un « déclencheur » de campagnes de travaux au sein des copropriétés…

    C’est pour cela qu’ils pensent, comme de plus en plus de bureaux d’études thermiques, qu’il est essentiel qu’un technicien du bâtiment ou un architecte puisse être associé au travail de repérage et de diagnostic dès le départ.

    Deux cas de figure se présentent :

    • Soit le bureau d’études thermique qui fait une proposition à la copropriété, s’attache les services d’un technicien ou d’un architecte pour que ce dernier réalise un diagnostic technique, voire architectural et patrimonial de la copropriété joint à l’audit ; c’est ce que Planète Copropriété nomme « l’audit global partagé »,
    • Soit les copropriétaires missionnent un technicien ou un architecte « indépendant » qui va travailler conjointement à la réalisation de l’audit.

    Quel est l’intérêt d’associer un technicien dès la réalisation de l’audit ?

    Le technicien grâce à son expertise sur le bâti (matériaux, entretien, usage et pathologies) et aux échanges avec les copropriétaires, pourra conseiller le bureau d’études thermique au moment des préconisations pour que ces dernières soient réellement adaptées et non « génériques ».

    Par ailleurs, dans une seconde phase, une fois l’audit terminé, il sera de toute façon nécessaire de missionner un maître d’œuvre pour mettre au point et finaliser le programme des travaux, établir les cahiers des charges pour les consultations d’entreprises et enfin, pour diriger l’exécution des travaux. C’est donc bien le maître d’œuvre qui sera le véritable « chef d’orchestre » de la rénovation énergétique de votre copropriété.

  • Détails de l’audit énergétique en copropriété en vue d’une rénovation

    Détails de l’audit énergétique en copropriété en vue d’une rénovation

    L’audit énergétique est une étape cruciale dans le processus de rénovation d’une copropriété. Recueil des données, visites, état des lieux… voici les détails d’un audit énergétique en copropriété.

     

  • La préparation de l’audit ou le recueil des données et documents indispensables

    Un conseil : ne « sautez » surtout pas ce point I. Il est le socle sur lequel reposera l’audit et sa solidité est essentiellement fonction du travail du conseil syndical comme nous allons le voir.

    Ce que dit le décret [Article 1, article R.134-16.] (…)

    « Le syndic de copropriété fournit à la personne qui réalise l’audit :

    • La quantité annuelle d’énergie consommée pour la copropriété par l’installation collective pour le chauffage ou le refroidissement et, le cas échéant, la production d’eau chaude sanitaire.
    • Les documents en sa possession relatifs aux installations collectives de chauffage, de refroidissement ou de production d’eau chaude sanitaire, et à leur mode de gestion.
    • Les contrats d’exploitation, de maintenance, d’entretien et d’approvisionnement en énergie.
    • Le dernier rapport de contrôle périodique de la ou des chaudières.

    « II. – Le syndic fournit également à la personne en charge de la réalisation de l’audit énergétique, tout autre document en sa possession nécessaire à son établissement. La liste de ces documents est définie par arrêté (…)»

    NB : il s’agit de l’arrêté du 28 février 2013 (ci-dessous)

    Ce que dit l’arrêté [Article 5]

    « Le syndic fournit à la personne qui réalise l’audit :

    • les consommations d’énergie des parties communes [Note de l’ARC : donc les factures d’électricité également] ;
    • le carnet d’entretien prévu à l’article 18 de la loi no 65-557 du 10 juillet 1965 ;
    • le contrat d’exploitation et de maintenance de l’installation collective ;
    • les coefficients de répartition des charges de chauffage, de refroidissement et, le cas échéant, de production d’eau chaude sanitaire appliqués aux lots ;
    • les factures des travaux réalisés, les devis des travaux éventuellement envisagés,
    • les plans de la copropriété ;
    • le diagnostic de performance énergétique éventuellement réalisé sur le bâtiment ».

     

    « Tout autre document ou étude informelle permettant d’apprécier la qualité thermique de la copropriété est également fourni ».

    Le décret et l’arrêté visent donc un travail de préparation très important, qui n’est pas du ressort du bureau d’études, mais bien de la copropriété donc du syndic et – comme on le verra – du conseil syndical.

  • Le DTG copropriété en application depuis 2017

    Le DTG copropriété en application depuis 2017

    L’article 58 de la loi ALUR instaure une nouvelle obligation pour les copropriétés : le Dossier Technique Global ou DTG. Il est entré en vigueur le 1er janvier 2017 pour le neuf, et concernera l’existant à partir de 2025. Qu’en est-il ?

    Le DTG ne s’applique pas à tous les immeubles en copropriétés, mais concerne uniquement les immeubles de plus de 10 ans qui ont fait l’objet d’une mise en copropriété ou bien ceux faisant l’objet d’une procédure pour insalubrité et pour lesquelles l’administration demande au syndic de la lui produire.

    Quel sera son contenu ?

    Le DTG doit comporter :

    • Une analyse de l’état apparent des parties communes et des équipements communs,
    • Un état de la situation du syndicat des copropriétaires au regard de ses obligations légales et réglementaires,
    • Une analyse des améliorations possibles concernant la gestion technique et patrimoniale de l’immeuble,
    • Un diagnostic de performance énergétique de l’immeuble ou un audit énergétique,
    • Une évaluation sommaire du coût ainsi que la liste des travaux nécessaires à la conservation de l’immeuble (notamment sur les 10 prochaines années).

    Concrètement, le syndic de copropriété devra dans tous les cas voter ce point qui sera mis en œuvre à la majorité simple.

  • La Contractualisation de la Performance Patrimoniale et Energétique

    La Contractualisation de la Performance Patrimoniale et Energétique

    La rénovation énergétique du parc de bâtiments existants en France est une priorité pour atteindre nos objectifs en termes de réduction des consommations d’énergie. Parmi la variété des typologies de bâtiments et des maîtres d’ouvrage concernés par la rénovation de leur patrimoine, les logements en copropriétés et les spécificités associées à ce secteur en font une cible particulièrement intéressante à traiter dans le cadre du programme de rénovation des logements.

    Tout d’abord, les projets de travaux en copropriétés sont souvent difficiles à initier pour les deux raisons principales suivantes : la gouvernance déconcentrée et les capacités d’investissement limitées. En effet, pour le premier point, la cohabitation de nombreux acteurs en fait une structure complexe à gérer. Les décisions d’investissement dans des travaux doivent refléter la volonté de l’ensemble des parties prenantes : résidents, bailleurs et locataires. Cette division de la maîtrise d’ouvrage complexifie nécessairement le processus décisionnel démocratique, qui a lieu lors de l’assemblée générale du syndicat des copropriétaires. En revanche, dans le cadre de la loi A.L.U.R., la mise en place d’un fonds travaux devrait permettre de répondre, en partie du moins, au problème des capacités de financement limitées des copropriétés. De plus, ce fonds travaux est une excellente mesure pour accroître l’autonomie budgétaire des copropriétés vis-à-vis de leurs créanciers habituels (utilités, banques).

    Ensuite, le contenu des travaux que peut lancer une copropriété est un facteur de première importance qui déterminera l’adhésion au projet ou non des parties prenantes. En effet, pour un projet d’investissement de la copropriété, les aspects énergétiques, bien qu’incontournables, ne peuvent pas seuls faire l’objet de la rénovation de l’immeuble. Toute rénovation doit intégrer les problèmes de structure, de clos couvert, ainsi que les équipements techniques et de confort de l’immeuble. L’efficacité énergétique est donc une problématique transversale qui doit par conséquent être abordée de façon globale. Vient évidemment s’ajouter une dimension sociale essentielle, puisque la performance énergétique de la rénovation dépendra forcément du comportement des occupants. C’est cette performance énergétique améliorée qui viendra in fine renforcer la valeur verte de l’immeuble, et ainsi la valeur patrimoniale de la copropriété. La bonne cohésion du bouquet de travaux déterminera la cohésion du projet d’investissement dans son ensemble. C’est ainsi qu’il convient de considérer l’accompagnement contractuel de la rénovation sous forme d’une Contractualisation de la Performance Patrimoniale et Energétique (CPPE).

    Sur le plan financier, ce montage contractuel s’appuie sur le remboursement des prestations sur la base des économies d’énergie réelles mesurées après travaux et constatées sur les factures d’énergie. Ce modèle peut également prévoir de faire entrer un tiers investisseur dans le montage du projet, permettant ainsi à la maîtrise d’œuvre de s’affranchir de l’apport en capital initial, qui constitue bien souvent un obstacle au démarrage des projets.

    Le Bilan Initial de Copropriété (le BIC), que l’ARC propose d’accompagner, est la première étape sur laquelle le projet de rénovation doit s’appuyer. A partir de ce diagnostic initial, le conseil syndicat peut constituer un comité de pilotage dédié au montage du projet de rénovation. Ce comité de pilotage, composé de droit par le syndicat, le conseil syndical et par tout sachant copropriétaire volontaire, élabore un projet de CPPE qui comprendra notamment la mise en œuvre de l’audit global en vue de rédiger l’appel d’offres. Peut ensuite s’engager une démarche incrémentale de montage de projet de rénovation dans laquelle conception par un bureau d’étude thermique et maîtrise d’œuvre doivent s’associer au plus tôt, en garantissant le respect des compétences respectives et des intérêts de l’ensemble des parties prenantes énumérées plus haut. Ainsi, la rénovation patrimoniale et énergétique doit être un processus partagé dans la durée par de nombreux acteurs. La CPPE permet un accompagnement contractuel dans le temps des parties prenantes engagées dans ce projet.

    Afin d’assurer l’accès aux solutions d’efficacité énergétique les plus compétitives disponibles sur le marché, il faut veiller à ce que l’appel d’offres ne comporte aucune prescription technique, de façon à favoriser la créativité et l’innovation des entreprises. A contrario, une plus grande souplesse dans les modalités et conditions spécifiées par l’appel d’offres sera la garantie d’une plus grande variété de solutions proposées, permettant à la maîtrise d’œuvre de conserver un plus grand pouvoir décisionnel, notamment sur la mieux-disance des offres. De plus, comme recommandé par le CGDD (Commissariat Général au Développement Durable) en 20101 , la fourniture d’énergie ne doit pas figurer dans l’appel d’offres en services d’efficacité énergétique : ces compétences doivent faire l’objet de contrats strictement séparés avec des prestataires aux compétences bien différenciées. Cela permet à un panel très large de PME spécialisées dans les services d’efficacité énergétique (génie électrique, génie climatique, BTP, etc.) de proposer leurs solutions innovantes afin de garantir les économies en volume d’énergie finale consommé.

    D’un point de vue plus macro-économique, grâce au partenariat des industriels sur une approche en coût global par les solutions de gestion active de l’énergie, la CPPE en copropriété pourrait même être un levier fort d’innovation et de compétitivité et par là-même un vecteur de relance pour tout un tissu de PME locales, indépendantes des groupes fournisseurs d’énergie. Les technologies de gestion active permettent également d’offrir des garanties sur la pérennité de la performance des rénovations, grâce à l’automatisation optimisée des usages énergétiques. Ces technologies, par leur intégration au cœur des logements, ont également une dimension pédagogique intéressante à l’égard des occupants, ce qui leur permet une meilleure appropriation de la performance énergétique de la copropriété, avec des retombées comportementales notables sur les volumes de consommation.

    En conclusion, la Contractualisation de la Performance Patrimoniale et Energétique doit être conçue comme un outil pour concilier les intérêts de toutes les parties prenantes de la copropriété derrière un projet commun. Elle permet d’accompagner la rénovation globale d’une copropriété en intégrant les problématiques énergétiques au cœur du projet, mais également en assurant la valorisation patrimoniale des travaux effectués et de la performance finale sur la valeur verte de la copropriété.

  • Les responsabilités entourant la réalisation d’un audit énergétique

    Les responsabilités entourant la réalisation d’un audit énergétique

    La responsabilité du syndic en cas de défaut d’inscription à l’ordre du jour de la réalisation du diagnostic de performance énergétique ou de l’audit énergétique

    Un vote sur la question de la réalisation d’un audit énergétique ou d’un diagnostic de performance énergétique, au sein des copropriétés concernées, doit intervenir pour permettre la réalisation de ces documents avant le 31 décembre 2016. Le syndic doit donc inscrire cette question à l’ordre du jour de l’assemblée générale des copropriétaires en temps utiles. Il devra à cet égard prendre en compte les délais nécessaires pour la mise en concurrence des diagnostiqueurs, la convocation des copropriétaires et la réalisation du diagnostic ou de l’audit.

    Il ne faut pas exclure que la responsabilité du syndic puisse être engagée à défaut d’inscription de cette question à l’ordre du jour pour permettre la réalisation du diagnostic ou l’audit avant la date butoir prévue par la loi. Le syndicat des copropriétaires ou les copropriétaires pourraient en effet invoquer un préjudice lié au retard pris dans l’exécution de mesures visant à l’optimisation de la consommation d’énergie et/ou à l’amélioration des performances énergétiques. Chacun des copropriétaires a néanmoins la faculté de solliciter du syndic qu’il inscrive à l’ordre du jour une résolution relative au diagnostic ou à l’audit énergétique.

    Le syndic devra mettre en œuvre la réalisation du diagnostic ou de l’audit énergétique une fois le vote intervenu. De la même manière, le syndic qui tarderait à mettre en œuvre la réalisation de ces documents pourrait engager sa responsabilité pour les raisons évoquées ci-avant.

    Les responsabilités entourant le choix du diagnostiqueur

    La loi impose au syndic de mettre en concurrence différents prestataires et de recueillir l’avis du conseil syndical.

    Le diagnostiqueur devra remplir les conditions de compétence et d’assurance prévues par la loi.

    Le syndicat des copropriétaires pourrait rechercher la responsabilité du syndic si le choix du diagnostiqueur s’effectuait en dehors de ce mécanisme décisionnel, le préjudice pouvant, par exemple, résider dans le surcoût du diagnostic ou de l’audit.

    Les responsabilités encourues au titre de la réalisation du diagnostic de performance énergétique ou de l’audit énergétique

    Le diagnostiqueur doit effectuer des préconisations visant à optimiser la consommation d’énergie et/ou à améliorer la performance énergétique du bâtiment.

    Le diagnostiqueur engagerait sa responsabilité à l’égard du syndicat des copropriétaires et des copropriétaires s’il effectuait des préconisations qui ne s’avéreraient pas avoir l’effet escompté au regard de la performance énergétique. Le syndicat des copropriétaires pourra décider en effet l’exécution de travaux au regard des préconisations du diagnostiqueur et des économies que ces travaux sont censées engendrées. S’il s’avère que ces économies sont inférieures à ce qui avait été annoncé, le syndicat des copropriétaires, voire des copropriétaires pris individuellement, pourraient solliciter la réparation du préjudice en résultant (coût des travaux s’ils ont été totalement inutiles, perte d’une chance de prendre une décision d’effectuer d’autres travaux plus efficaces ou moins couteux, etc.). Cette responsabilité du diagnostiqueur ne sera pas nécessairement exclusive dès lors qu’une opération de rénovation énergétique impliquera d’autres intervenants qui seront également responsables à l’égard du syndicat des copropriétaires (architecte, bureaux d’étude, entreprise, etc.). En tout état de cause, le diagnostiqueur devra être vigilant dans la formulation de ses préconisations.

    Le syndic devra également veiller, en amont, à apporter son assistance au diagnostiqueur dans le cadre de la réalisation de l’audit et, en aval, à apporter les éclaircissements nécessaires aux copropriétaires qui pourront engager des dépenses importantes sur la base de l’audit énergétique. Le syndic pourrait engager également sa responsabilité si les erreurs contenues dans un audit étaient liées à ses manquements dans le cadre de la transmission des informations au diagnostiqueur.

    La présentation du rapport synthétique

    Le syndic devra inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée générale suivant la remise de l’audit énergétique, la présentation du rapport synthétique de cet audit.

    Là encore, le syndic devra être vigilant et ne pas omettre de présenter le rapport synthétique en assemblée générale. Il pourrait engager sa responsabilité en cas de retard dans le processus de rénovation énergétique, le préjudice pouvant résider dans l’absence de réalisation d’économies d’énergie.

    La réalisation des travaux

    Si la réalisation des travaux est, en l’état actuel de la législation, facultative, le syndic, à la demande d’un copropriétaire ou de sa propre initiative, peut néanmoins inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée des copropriétaires la question de la réalisation des travaux.

    Le syndic devra joindre à la convocation à l’assemblée générale, le diagnostic de performance énergétique ou le rapport synthétique de l’audit énergétique.

    Si l’assemblée des copropriétaires décide de réaliser les travaux, le syndic aura l’obligation de mettre en concurrence les entreprises pour la réalisation des travaux.

    Le syndic devra inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée générale qui suit cette mise en concurrence le vote, soit d’un plan de travaux d’économies d’énergie, soit d’un contrat de performance énergétique.

    Outre que le vote tiendra compte des devis, le syndic devra informer au mieux les copropriétaires des autres options offertes pour faciliter la réalisation des travaux (la possibilité et les modalités de l’emprunt collectif en copropriété, les aides financières existantes en matière de travaux d’économies d’énergie, etc.) et permettre un vote éclairé.

    Le syndic pourrait engager sa responsabilité s’il ne met pas en concurrence les entreprises ni n’informe suffisamment les copropriétaires au moment du vote.

    Au titre de la réalisation des travaux, les entreprises de travaux ou le partenaire du contrat de performance énergétique engagerait sa responsabilité en cas de mauvaise exécution et si les travaux ne permettent pas la diminution de la consommation d’énergie projetée.

  • La (très) difficile mise en mouvement des copropriétés

    La (très) difficile mise en mouvement des copropriétés

    La loi Grenelle II du 12 juillet 2010 a pourtant bien essayé de faciliter la prise de décision : elle a réduit le niveau de majorité nécessaire pour le vote de tous les travaux d’économies d’énergie ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui ne relèvent pas de l’entretien : au lieu de la double majorité des membres du syndicat représentant au moins les deux tiers des voix, ils peuvent être décidés à la majorité des voix de tous les copropriétaires, avec possibilité lorsque le projet a recueilli au moins le tiers des voix de procéder à un second vote à la majorité des voix exprimées des présents et représentés. De cette même manière peuvent être votés des «travaux d’intérêt collectif réalisés sur les parties privatives et aux frais du copropriétaire du lot concerné, sauf dans le cas où ce dernier est en mesure de produire la preuve de la réalisation de travaux équivalents dans les dix années précédentes». Sont ainsi rendus notamment possibles des remplacements collectifs de l’ensemble des fenêtres de l’immeuble sans que la copropriété soit tributaire du bon vouloir de chaque copropriétaire individuellement…

    Est-ce suffisant ? Evidemment non, car l’obstacle suivant est la question « par où commencer ? ». Là encore, le législateur y a pourvu en rendant obligatoire, au moins dans les copropriétés dotées d’un chauffage collectif, la réalisation avant le 31 décembre 2016 d’un diagnostic de performance énergétique ou, pour celles comptant 50 lots ou plus (caves et parkings inclus) d’un audit énergétique, et la proposition à l’assemblée qui suit cette réalisation (délai très court s’il en est) d’un « plan de travaux d’économies d’énergie » ou d’un contrat de performance énergétique (ou CPE). Dans le décret d’application, l’audit énergétique devra prendre en compte tous les aspects de l’état de l’immeuble, et pas seulement l’aspect énergétique, ainsi que les besoins, les priorités et les moyens des copropriétaires et des résidants.

    Cette mise au pied du mur, et d’une certaine manière cette injonction d’étudier l’ensemble des besoins de rénovation de l’immeuble avant d’agir, est-elle de nature à débloquer la situation ? Là encore la réponse est négative, pour au moins deux raisons.

    La première est que les copropriétés risquent, au vu d’offres plus concurrentielles les unes que les autres, de s’affranchir d’une obligation mal comprise par des diagnostics et audits a minima, dont le résultat sera au mieux rangé dans un tiroir sans conduire à des travaux appropriés. Pour ceux, plus motivés, qui veulent prendre le sujet au sérieux, la question qui se pose est à qui s’adresser ? Comment faire le tri entre le bon grain des bureaux d’études sérieux et qualifiés, et l’ivraie ! Comment aussi faire en sorte que ceux qui seront chargés de l’audit ne se découragent devant la difficulté de recueillir les données préalables nécessaires sur l’immeuble, puis à l’indifférence plus ou moins hostile des copropriétaires peu réceptifs à l’exposé des scénarios de rénovation que l’audit doit proposer ?

    L’association Planète Copropriété, issue du « Chantier Copropriété » du Plan Bâtiment Grenelle (rebaptisé Plan Bâtiment durable), et dont l’objet est de favoriser par tous moyens la mise en mouvement des copropriétés vers une rénovation énergétique à la fois ambitieuse et réussie, a mis au point deux outils méthodologiques destinés aux conseils syndicaux des copropriétés qui se posent la question de l’état de leurs immeubles et qui veulent aborder leur rénovation énergétique sans trop savoir comment s’y prendre : le Bilan initial de copropriété (BIC), et l’ « Audit global partagé ». La mise au point de ces outils a été motivée par la constatation qu’un grand nombre de copropriétés restent bloquées quand il s’agit d’envisager les gros travaux en général et ceux de l’amélioration de leur performance énergétique en particulier. Et ce parce qu’elles cumulent plusieurs handicaps : le manque de compétence, le manque de cohésion et d’intérêts communs entre copropriétaires, le manque d’argent, et la méfiance à l’égard de tous les professionnels : le syndic, les architectes, les bureaux d’études, etc.

    Le BIC est un outil d’autoévaluation qui permet à un conseil syndical, aidé s’il y a lieu par son syndic, de se prendre en mains, faire le point des problèmes de sa copropriété (état de l’immeuble, situation financière, qualité de la gouvernance), et collecter les informations nécessaires à l’audit préalable à toute décision de travaux ultérieurs. C’est un outil fédérateur et « dynamiseur » permettant d’instaurer le climat de confiance nécessaire au passage à l’acte. Il doit aussi aider les éventuels accompagnateurs de la copropriété – espaces Info énergie (EIE), agences locales de l’énergie (ALE), associations Pact, etc. – à mieux la comprendre et à la conseiller plus utilement.

    L’ « Audit global partagé » est une méthodologie de mise en oeuvre d’un audit global de l’immeuble, associant le plus possible de copropriétaires et bien entendu le conseil syndical. Il résulte du constat que sans cette implication, les copropriétés ne s’approprient pas les conclusions des audits et ceux-ci restent lettre morte. L’association Planète copropriété qui l’a mis au point, développe aussi le cahier des charges à proposer aux auditeurs, et a entrepris de labelliser et former des « trinômes » architectes-bureaux d’études thermiques et planificateurs financier – le meilleur « mix » de compétences pour cette mission – à proposer aux copropriétés qui ne savent pas a priori à qui s’adresser…

    Mais il est une seconde raison à l’apathie qui frappe actuellement les copropriétés, la même que celle qui bloque le passage à l’acte des propriétaires de maisons individuelles éligibles aux aides du programme « Habiter mieux » ou à l’éco-prêt à taux zéro : des économies attendues à la fois insuffisantes eu égard à l’investissement nécessaire, impliquant des temps de retour trop longs par rapport à l’horizon de détention du bien pour les copropriétaire jeunes, ou à l’espérance de vie pour les copropriétaires âgés, et trop incertaines, compte tenu des facteurs susceptibles de les rogner : économies réelles inférieures à ce qu’elles étaient censées être sur le papier, « effet rebond » (comportement des résidants qui voyant le coût du chauffage baisser poussent sur la consommation afin d’améliorer leur confort), performances dégradées par une exploitation du chauffage insuffisamment optimisée, coûts de maintenance des nouveaux équipements à installer supérieurs à ce qui est annoncé, etc.

    Une part importante du décollage de l’effort de rénovation souhaité dépend donc des professionnels, et de leur capacité à proposer des solutions adaptées, à les expliquer de manière appropriée, et à établir la confiance dans un milieu, l’immobilier, où l’on se méfie des sachants, et de ceux qui se prétendent tels…

    Mais ce décollage ne se fera pas sans financements inventifs mieux adaptés au temps de retour des investissements requis et à l’économie dégagée, de manière à apporter dès le départ aux résidants une économie immédiate justifiant le dérangement et la prise de risque. Pourquoi ne pas envisager qu’une partie du remboursement s’effectuerait non pas seulement sur l’économie mais aussi sur la plus-value à la revente apportée par une performance énergétique améliorée, quitte à ce que pour les copropriétaires âgés, il soit prélevé dans le cadre de la succession ? De même pour les bailleurs, une partie du remboursement ne pourrait-il pas être assis sur le surcroît de valeur locative qu’apporte la réduction des charges de chauffage, déjà assuré par la « contribution pour le partage des économies de charges » qui peut être demandée aux locataires en application de la loi « Melle » du 25 mars 2009 ?

    A défaut, il ne resterait qu’à espérer une forte hausse des coûts de l’énergie, ou envisager une taxe carbone, l’une ou l’autre ayant pour effet de réduire les temps de retour de l’investissement…

  • Copropriété et chauffage collectif

    Audits et DPE collectif

    L’article 1 de la loi Grenelle du 12 juillet 2010 a instauré l’obligation, pour les copropriétés en chauffage collectif de moins de 50 lots, de faire procéder avant le 1er janvier 2017 à un DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) collectif et, pour les copropriétés de 50 lots et plus construites avant juin 2001, de faire procéder à un audit énergétique.

    Lots principaux ou lots annexes ?

    Il faut comptabiliser les lots principaux (logements et commerces) ET les lots dits annexes (caves, parkings), y compris les lots non raccordés au chauffage collectif.

    Ainsi une copropriété de 16 logements et 2 commerces avec 16 parkings et 16 caves, soit en tout 50 lots, est concernée par l’obligation d’audit.

    Pour plus de détails, vous pouvez vous reporter au guide de Planète Copropriété : « Comment obtenir un audit efficace ? », téléchargeable sur le site www.planetecopropriete.com.

    Vote des travaux : nouvelles règles.

    En droit de la copropriété, il était jusqu’à présent impossible d’imposer à un copropriétaire de réaliser des travaux d’amélioration concernant ses parties privatives, en particulier ses fenêtres, ce qui posait à la fois des problèmes de performance énergétique et de confort.

    L’article 7 de la loi Grenelle du 12 juillet 2010 et le décret du 3 décembre 2012, permettent à l’assemblée générale, quand les économies d’énergie sont en jeu, de décider à la majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965, la réalisation de travaux d’intérêt collectif sur parties privatives, telles que :

    • les fenêtres et les volets (ou autres systèmes d’occultation extérieurs),
    • la pose de robinets thermostatiques ou d’équipements d’équilibrages de radiateurs et de panneaux de sols,
    • la réalisation de l’équilibrage de ces mêmes équipements,
    • la mise en place d’équipements de répartition de frais de chauffage ou de compteurs d’énergie thermique.

    Le législateur a prévu un garde-fou important : si un copropriétaire a réalisé des « travaux équivalents » dans les dix années précédentes, il n’est pas concerné par la décision collective.

  • Les professionnels de la rénovation

    Les professionnels de la rénovation

    Les copropriétaires et la maîtrise d’oeuvre

    Le maître d’ouvrage est celui qui commande des travaux pour son compte (donc le syndicat de copropriétaires par l’intermédiaire du syndic).

    Le syndicat peut passer directement commande avec les entreprises et traitées avec elles, ou bien passer par un maître d’oeuvre (sauf lorsqu’un permis de construire l’y oblige).

    Nous allons voir dans quels cas il peut être préférable de passer par l’intermédiaire d’un maître d’oeuvre et dans quelles conditions traiter avec lui.

    Qui sont les maîtres d’oeuvre ?

    Les architectes

    Ayant une formation généraliste, leur rôle s’étend de la conception à la réalisation.

    Parfois obligatoire lorsqu’il y a dépôt de permis de construire, l’intervention des architectes dans les travaux d’entretien est plutôt répandue, surtout sur des chantiers importants.

    Les agréés en architecture

    Institués par la loi du 3 janvier 1977 sur l’architecture, les agréés en architecture sont des maîtres d’oeuvre et des techniciens du bâtiment ayant reçu par le Ministère de la Culture, l’autorisation d’exercer au même titre que les architectes. Ils ont les mêmes droits et devoirs, notamment d’être inscrits au tableau régional de l’ordre des architectes.

    Les maîtres d’oeuvre indépendants

    A côté de la profession d’architecte, très réglementée, toute personne ou société peut être maître d’oeuvre. Il lui faut pour ce faire obtenir une assurance professionnelle, ce qui demande une qualification (diplôme et expérience). Cet intitulé regroupe les bureaux d’études, ingénieurs-conseils, métreurs, économistes de la construction…

    De formation essentiellement technique, les maîtres d’oeuvre indépendants sont souvent bien équipés pour s’occuper des travaux d’entretien ou d’amélioration.

    Les contrôleurs techniques

    Ils ont pour mission essentielle de veiller à la conformité des travaux avec les règles de l’art, normes techniques et caractéristiques des bâtiments. Ils fournissent pour cela des recommandations techniques, préalablement à l’exécution des travaux et en cours de chantier, suivant les missions confiées par le maître d’ouvrage. En amont de ces missions générales, les bureaux de contrôle peuvent réaliser des diagnostics préalables, objet de contrats spécifiques.

    Quand faut-il recourir à un maître d’oeuvre ?

    Il est possible de dégager quelques principes qui justifient la passation d’un contrat de maîtrise d’oeuvre. Ils sont de quatre ordres :

    Le coût des travaux

    Par leur connaissance des coûts, les maîtres d’oeuvre sont plus susceptibles de mieux négocier les prix que quiconque (références des devis, décomposition des prix unitaires…). Ainsi, pour les chantiers importants, ils peuvent être source de rabais sensibles dans la mesure où ils établissent un descriptif détaillé des travaux et discutent avec les entreprises poste par poste (quantité et prix unitaire). A noter qu’une mission de maîtrise d’oeuvre sans descriptif est à proscrire.

    On pourrait estimer que pour des travaux qui atteignent des coûts au-delà de 20 000 à 30 000 euros, l’emploi d’un maître d’oeuvre peut se justifier à tous les coups.

    Les problèmes techniques

    Il est également fortement conseillé de prendre un maître d’oeuvre dans les cas de difficultés techniques particulières, de travaux touchant la structure de l’immeuble, de multiplicité d’intervenants ou par l’emploi de procédés techniques originaux. Outre la garantie offerte par la mise en jeu de sa responsabilité, le maître d’oeuvre se doit de prendre toutes précautions (obligation de moyens) pour éviter que des désordres n’apparaissent dans le temps. Ainsi, il saura utilement conseiller le maître d’ouvrage sur les prestations techniques à envisager et devra veiller à leur bonne exécution.

    La coordination

    Lors des chantiers relativement importants, faisant appel à plusieurs corps d’état (maçonnerie, plomberie, électricité…), le choix peut-être fait de traiter, par un marché unique, avec une seule entreprise, appelée « entreprise générale », qui gère la totalité des travaux. Il est également possible de signer des marchés par corps d’état séparés. Si cette dernière solution peut s’avérer moins chère, la difficulté consiste à organiser la coordination entre les différentes entreprises pour qu’elles interviennent dans l’ordre au moment convenu. Cette gestion du chantier, si elle est mal menée, peut être source de surcoûts et de retards importants. Une des solutions peut dès lors être de prendre un maître d’oeuvre pour conduire le chantier.

    La conception

    Dès qu’un travail de conception est envisagé, même s’il s’agit d’un aménagement réduit, il est préférable de faire appel à un maître d’oeuvre.

    Outre la qualité des projets qu’ils apportent, ils peuvent également être source d’économie par des adaptations astucieuses.

    Enfin, l’architecte peut s’avérer indispensable dans le cas d’immeuble compris dans des périmètres de sauvegarde ou de protection d’un monument historique, ne serait-ce que pour définir les prestations, en collaboration avec les architectes des bâtiments de France.

    Le contrat

    Le contrat passé entre un maître d’ouvrage et le maître d’oeuvre est un contrat de « louage d’ouvrage ». On peut distinguer trois types de rémunération :

    • Au forfait établi au démarrage de la mission. Il ne peut faire l’objet de modification, sauf clause de révision et de redressement ;
    • Au déboursé pour les missions ponctuelles, c’est-à-dire au paiement à la vacation plus frais réels ;
    • Au pourcentage des travaux proportionnel au coût de réalisation des travaux

    Ce dernier calcul est le plus répandu, surtout pour les missions complètes. Il prend pour base un taux, librement discuté, que l’on applique au montant des travaux. Ces taux varient généralement entre 7 à 10% en fonction de l’importance et/ou de la complexité du chantier.

     

     

    ACTIVITE DPE AUDITS ENERGETIQUES
    Immeubles visés habitations individuelles Lots dans des bâtiments à usage principal d’habitation Lots dans les bâtiments à usage principal autre qu’habitation Bâtiments
    équipés d’une installation collective de chauffage ou de refroidissement autres que ceux soumis à l’audit énergé que
    Bâtiments équipés d’une installation collective de chauffage ou de refroidissement remplissant les 3 conditions : usage principal d’habitation
    ET
    copropriété de 50 lots ou plus
    ET
    Date de dépôt de la demande de permis de construire antérieure au 1er juin 2001
    Condition d’exercice certification DPE sans menon dite «DPE individuel» en cours de validité certification DPE avec mention dite «DPE tous types de bâtiments» en cours de validité Pas de certification particulière
    Prérequis Prérequis à la certification BAC+2 dans le domaine des techniques du bâtiment
    OU
    3 ans d’expérience dans le domaine du bâtiment (technicien ou agent de maîtrise)
    Prérequis à la certification
    BAC+2 et 3 ans d’expérience
    dans le domaine des techniques du bâtiment, ou BAC+3 et 2 ans d’expérience, ou BAC+5 et 1 an d’expérience
    OUcertification DPE «individuels» en cours de validité ET contrôle sur ouvrage a posteriori réussi
    Prérequis à la réalisa on des audits
    BAC+3 dans le domaine des techniques du bâtiment et 3 ans d’expérience dans un bureau d’études thermiques
    OU
    8 ans d’expérience dans un bureau d’études thermiques
    ET
    Expérience suf sante dans la réalisation d’audits énergétiques par au moins 3 références sur des prestations similaires
    Formations : 3 jours minimum dans les 18 mois précédant la candidature à la certification
    (3 jours dont 1 dans les 18 derniers mois en cas de recertification)
    Formations : 5 jours minimum dans les 18 mois précédant la candidature à la certification (5 jours dont 2 dans les 18 derniers mois en cas de recertification) Aucune obligation particulière