Catégorie : Rénovation des Copropriétés

Les copropriétés représentent une part importante du parc immobilier français, avec des défis comme la mobilisation des copropriétaires lors des assemblées générale, le financement, les aides, les nouveaux usages, les audits énergétiques et le choix des solutions et entreprises.

  • Retour sur cet été 2019 : l’impact des canicules à Paris et les solutions mises en œuvre pour y faire face

    Retour sur cet été 2019 : l’impact des canicules à Paris et les solutions mises en œuvre pour y faire face

    L’Agence Parisienne du Climat (APC) présentait ce mercredi 16 octobre le bilan des épisodes de chaleur de l’été 2019 avec son partenaire et membre fondateur Météo-France.

    Après avoir dressé un panorama détaillé des données climatiques de l’été et des projections du climat futur, l’agence a présenté les solutions de mise en œuvre sur le territoire de Paris : dispositifs d’information et de sensibilisation, transformation et aménagement de l’espace public, et travail d’adaptation des bâtiments pour favoriser le confort d’été.

    Enfin, dans le cadre de ses missions de veille et d’identification des bonnes pratiques et des projets à fort potentiel d’impact positif sur le territoire, l’Agence Parisienne du Climat a identifié 2 dispositifs innovants présentés par leurs porteurs de projet pour rafraichir les logements et optimiser la ressource en eau en période de chaleur. Karine Bidart, nouvelle Directrice Générale de l’APC, a ouvert cette séquence en rappelant les missions fondamentales de l’agence, accélérateur de la transition écologique à Paris.

    Un été exceptionnellement chaud

    Marqué par deux canicules exceptionnelles, cet été parisien a été particulièrement chaud et vient se classer en 3e position pour la température moyenne depuis 1872 (début des mesures), avec 21,7°C (derrière 2003 et 2018).

    Cet été a été marqué par deux canicules. La première, du 24 au 30 juin, est particulièrement précoce : c’est la conséquence de l’arrivée d’une masse d’air très chaud en provenance du Sahara et gagnant une grande partie de l’Europe. La seconde canicule se produit entre le 22 et le 26 juillet, particulièrement intense. En effet le 25 juillet est la journée la plus chaude depuis 1872 pour la température maximale (42,6°C).

    D’une durée de 5 jours, cette vague de chaleur a été plus intense qu’en 2003 mais nettement plus courte.

    Des épisodes caniculaires renforcés à Paris par le phénomène d’îlot de chaleur urbain (ICU), lié à la présence importante de surfaces minéralisées et qui créé une sorte de « bulle de chaleur » sur la ville. L’écart constaté entre Paris et certaines zones des départements 77 et 91 est monté jusqu’à 10°C le 25 juillet 2019. Cet été fut également très sec, en particulier le mois de juillet, durant lequel les précipitations n’ont atteint que 32 % de leur valeur normale.

    Des canicules directement liées à l’activité humaine

    Un travail d’attribution mené par différents chercheurs européens dont Météo-France et l’IPSL (Institut Pierre-Simon-Laplace) au sein du groupe de recherche World Weather Attribution permet de prouver que le changement climatique d’origine humaine augmente significativement la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur comme celle que la France a connue en juin 2019.

    Ces canicules sont bien liées au changement climatique : dans un climat non modifié par l’homme, une canicule comme celle de juillet 2019 aurait été quasiment improbable, avec 1 chance sur 1 000 de se produire.

    Les mesures mises en place pour adapter la ville à ces épisodes

    L’Agence Parisienne du Climat collabore avec la Ville de Paris dans le cadre d’un groupe de travail sur le rafraîchissement urbain en période de forte chaleur. Dans le cadre de ces travaux, plusieurs typologies d’actions ont été mises en place pour lutter contre ces épisodes de chaleur :

    La sensibilisation, la formation et l’accompagnement, avec une communication sur les gestes à adopter lors des canicules et la diffusion d’informations sur les lieux où se rafraîchir, les « îlots de fraicheur », à travers une carte sur Paris.fr et l’application Extrema.

    Ainsi, ce sont 922 îlots de fraîcheur par jour et 218 par nuit qui ont été identifiés pour l’été 2019. La carte a enregistré plus de 40 000 vues pour l’épisode de juin et plus 26 000 vues pour l’épisode de juillet, ce qui témoigne d’une très forte demande d’information des Parisiens sur ce sujet. En parallèle, le dispositif Chalex a été activé afin de repérer les personnes vulnérables et les accompagner si besoin vers des salles rafraîchies. Sur l’été 2019, 8 000 personnes y sont inscrites, elles ont été contactées et certaines ont été accompagnées vers l’une des 41 salles rafraîchies (mairies d’arrondissements, EHPAD, clubs et restaurants sociaux).

    L’adaptation des infrastructures, de l’espace public et des bâtiments

    L’objectif visé pour 2020 est que chaque Parisien se trouve à moins de 7 minutes de marche d’un îlot de fraicheur. Pour ce faire, un travail d’identification a été réalisé par le groupe de travail piloté par la Ville, avec pour résultat la carte sus-mentionnée. Aujourd’hui ce sont 94 % des Parisiens qui se trouvent à moins de 7 minutes de marche d’un îlot de fraicheur.

    De nombreuses solutions d’adaptation ont été déployées sur l’espace public cet été :

    • L’ouverture de 13 parcs et jardins la nuit pour toute la période estivale et de 18 parcs en période de canicule.
    • L’installation de dispositifs de rafraîchissement par l’eau : en plus des 1 200 fontaines à boire, ce sont 48 brumisateurs et 36 prototypes de fontaines 2 en 1 qui ont été testés cet été. Le bilan est positif puisqu’on recense une large utilisation de ces dispositifs expérimentaux avec très peu de dégradations.
    • Le développement des baignades urbaines avec l’ouverture des piscines et bains douches plus tardives en période de canicule, la baignade dans le bassin de la Villette dont la capacité maximale de 1 000 personnes a été atteinte tous les jours cet été, et l’ouverture de 3 bassins éphémères dans les équipements sportifs.
    • La mise en place de cours d’école Oasis (transformation de cours d’école en vue de leur rafraîchissement avec végétalisation, porosité des surfaces, ombre, présence d’eau). Trois écoles ont été transformées en 2018 et une trentaine livrée en 2019. L’objectif est que la totalité des 760 cours d’écoles et collèges parisiens soient transformées d’ici en 2040.
    • Enfin, un travail de recherche sur des matériaux de voirie innovants est mené afin de permettre de faire baisser la température de 2°C

    Pistes d’approfondissement : les projets à mener pour se préparer aux prochaines canicules

    Dans le cadre du groupe de travail sur le rafraîchissement opéré par la Ville de Paris et auquel l’Agence Parisienne du Climat participe, de nombreuses mesures sont envisagées, parmi celles-ci :

    • La multiplication des îlots de fraîcheur : le concept des cours oasis pourrait être répliqué dans d’autres équipements gérés par la ville ou ses partenaires (SNCF, Etat, Région, APHP, bailleurs, congrégations, diocèse).
    • Le Plan Ombre : dès 2020 des études vont être lancées par la Ville de Paris pour effectuer un diagnostic des « ressources en ombre » sur le territoire et sur le recours à des ombrières artificielles.

    L’Agence Parisienne du Climat a également appuyé la Ville pour entamer la concertation autour d’une évolution future de son PLU, qui intégrerait un volet énergie-climat sous forme d’Orientation d’Aménagement et de Programmation (OAP).

    Enfin, la Ville de Paris s’est fixée des objectifs de renforcement de la végétalisation, des zones humides et d’amélioration de la couverture du réseau de froid dans le cadre de son plan climat :

    • Le développement du réseau de froid parisien (qui recouvre actuellement 43 % du territoire) pour éviter le recours à des systèmes de climatisation individuels peu performants et énergivores.
    • Davantage de végétalisation, avec 20 000 arbres de plus en 2020 par rapport à 2014, 30 ha d’espaces verts supplémentaires et 4 forêts urbaines, ainsi que 50 % du territoire en surfaces perméables végétalisées en 2030 (contre 29,6% en 2014).
    • La création de 50 nouvelles zones humides sont prévues d’ici 2030 (aujourd’hui, on recense 209 mares et zones humides dont 21 créées depuis 2014).

    Accompagnement de la rénovation des bâtiments parisiens

    Le confort d’été est désormais un critère indispensable à intégrer dans la rénovation de l’habitat à Paris, cette prise en compte intervient à plusieurs niveaux :

    1. Isoler : agir sur l’enveloppe du bâtiment en utilisant notamment des matériaux biosourcés et en optimisant les systèmes de ventilation ;
    2. Mettre en place des solutions passives pour éviter le rayonnement solaire direct (comme les volets ou les persiennes) ;
    3. Végétaliser les toitures et débitumer les cours d’immeubles ;
    4. Adopter des éco-gestes au quotidien.

    L’Agence Parisienne du Climat accompagne les professionnels au quotidien sur ces thématiques, avec la mise en place de formations et de groupes de travail dédiés. Elle conseille également les copropriétaires qui se lancent dans une démarche d’amélioration de leur habitat. Plusieurs copropriétés ont déjà été suivies sur ce type de projets comme la copropriété de la rue du Couedic, celle de la rue des Artistes dans le 14e arrondissement, ou encore celle de Madame Borsatto, située dans le 18e arrondissement.

    Focus sur la copropriété du 2 rue Ernestine, à Paris 18e

    Madame Borsatto réside au 2 rue Ernestine à Paris dans le 18e arrondissement. Sa copropriété s’est lancée dans un projet de rénovation suite à une injonction reçue pour réaliser le ravalement de la façade. L’obtention de subventions pour ce projet était soumise à l’amélioration de la performance énergétique. La copropriété a donc fait réaliser des travaux d’isolation thermique avec un enduit à base de chaux et de liège (matériaux biosourcés), dont les propriétés permettent de renforcer l’inertie du bâtiment et participent à ce titre à une amélioration significative du confort d’été. Avec seulement 6 cm d’épaisseur, celui-ci a le même pouvoir isolant qu’une Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE) traditionnelle tout en étant beaucoup moins inflammable.

    Depuis la fin des travaux en juin dernier, Madame Borsatto et les copropriétaires de son immeuble ont observé une nette amélioration de leur confort cet été et elle n’a pas du tout utilisé son ventilateur par rapport aux années précédentes.

    Des innovations pour rafraîchir la ville durablement

    Dans le cadre de son travail de veille et de partage des bonnes pratiques, l’Agence Parisienne du Climat identifie, diffuse et accompagne les innovations sur le territoire parisien. Parmi les solutions d’avenir à fort impact de rafraîchissement urbain, l’APC a présenté 2 projets :

    Ylé architecture a développé le projet AIR, lauréat du concours FAIRE 2019 du Pavillon de l’Arsenal, qui permet un rafraîchissement du bâti ancien via un système de végétalisation des cours d’immeubles et de raccordement des conduits de cheminées à ces cours plantées. Ainsi l’air dépollué et rafraîchi est distribué dans les appartements.

    Bocage Urbain, un système d’aménagement paysager modulaire qui propose une gestion alternative des eaux de pluie en créant une synergie entre l’eau et le végétal au cœur de l’espace public. Il contribue au bien-être des citoyens et à l’embellissement de la ville. Ce projet porté par Elodie Stephan et ICADE est en cours de test en grandeur nature pour la première fois sur le Parc des Portes de Paris à Aubervilliers, avec huit modules qui ont été installés et collectent les eaux de toiture d’un bâtiment de 70 m2.

    Les intervenants de l’événement :

    • Karine Bidart : Directrice Générale de l’Agence Parisienne du Climat
    • Cécile Gruber : Directrice des Transitions à L’Agence Parisienne du Climat
    • Frédéric Delhommeau : Directeur Habitat et Rénovation à l’Agence Parisienne du Climat
    • Jérémie Jaeger : Chargé d’étude à l’Agence Parisienne du Climat
    • Raphaëlle Kounkou-Arnaud : Adjointe au responsable Datascience et Consultance, Secrétaire de la commission « Santé-Environnement » du CSM de Météo-France
    • Aubin Gergaud : Chargé de mission Environnement à la Fédération Française du Bâtiment
    • Jean-Paul Clément : représente le syndicat Actibaie (professionnels du store et de la protection solaire)
    • Grégory Lavoué : Chef de projet chez Urbanis
    • Julia Borsatto : copropriétaire du 2 rue Ernestine 75018 Paris
    • Baptiste Laurent : Responsable Open Innovation chez Icade (projet Bocage Urbain)
    • Romain Brochard : Architecte Associé chez Ylé Architectes (projet AIR)
  • Bornes de recharge en habitat collectif : Enedis publie un guide

    Bornes de recharge en habitat collectif : Enedis publie un guide

    Dès que la question de l’installation d’une borne de recharge se pose au sein d’un immeuble, il est pertinent de réfléchir à une solution plutôt collective qu’individuelle et à une solution qui soit évolutive. Enedis publie un guide pour faciliter l’installation de bornes de recharge en habitat collectif. Ce document s’adresse à tous les acteurs de l’écosystème et détaille les différentes étapes à respecter selon différents scénarii.

    Le guide détaille notamment le parcours type d’un syndic/bailleur, d’un résident ou d’un promoteur pour installer des bornes de recharge dans une copropriété. Il liste et décrit également chaque étape :

    • la réalisation d’une information préalable
    • l’identification des besoins au sein de l’immeuble pour le syndic/bailleur
    • les questions clés pour se préparer à la visite du site
    • la présentation des différentes architecture possibles de raccordement

    Pour finir, le guide présente en détail les architectures de raccordement, avec leurs avantages, leurs modes de gestion de la facturation et la gestion de l’entretien.

    • raccordement d’une nouvelle colonne électrique avec création d’un nouveau pdl (point de livraison) pour chaque borne
    • raccordement en aval des services généraux
    • raccordement en aval des services généraux et comptage assuré par le gestionnaire de réseau de distribution
    • raccordement avec création d’un nouveau point de livraison dédié

  • Comment concilier confort et température de chauffe basse ?  Quel budget d’entretien ?

    Comment concilier confort et température de chauffe basse ? Quel budget d’entretien ?

    Marie Souplet, directrice générale de Prochalor, répond à trois questions sur le confort de chauffe et les économies à effectuer sur le chauffage des copropriétés, à l’occasion du Grand Circuit Rénovation des Copropriétés.

    Retranscription

    Comment concilier confort et température de chauffe basse ?

    C’est effectivement toute la problématique, parce que si votre bâtiment est une passoire énergétique, ce sera très compliqué d’amener une situation de confort derrière. Par contre, une bonne rénovation permettra de maintenir et d’apporter les 19°C qui sont attendus contractuellement pour avoir une consommation minimale dans le bâtiment. Du coup, comment concilier ? Je dirais que si votre bâtiment est une passoire thermique il faudra forcément partir sur des consignes un peu plus élevées pour enlever ce sentiment de parois froides et d’humidité. Avec une bonne isolation, les 19°C sont tout à fait acceptables et sont déployés d’une manière générale sur les copropriétés qui ont été bien isolées.

    Quelles bonnes pratiques peut-on importer depuis le logement social ?

    J’ai exploité de nombreuses installations sur du logement social, particulièrement en Ile-de-France où les bailleurs sociaux ont de grandes politiques de rénovation énergétique. Ils ont des politiques de températures contractuelles à conserver dans les logements.

    Je parle typiquement de Paris Habitat, qui est le bailleur social majoritaire de Paris : la température de consigne appliquée aux bâtiments est de 19°C. Ils ont mis en oeuvre un certain nombre de politiques pour expliquer que, de temps-en-temps, il est nécessaire de porter des pulls quand on reste statique dans son canapé, et que 19°C c’est une température fraiche. Ils ont donc accompagné les exploitants pour expliquer, car cela passe par de la sensibilisation. 19°C, ça reste très rare dans les copropriétés, mais c’est possible puisqu’on l’applique pour un certain nombre de bailleurs sociaux. Les propriétaires finissent par s’habituer.

    Quel budget d’entretien prévoir ?

    Tout va dépendre de ce que vous avez dans votre chaufferie, mais en général un contrat d’entretien (pour 10-20 logements) se situe à 60 euros (HT) par logement sur les installations plutôt anciennes. Sans la garantie totale, qui elle dépendra de l’âge de la chaufferie (plus elle sera ancienne, plus la garantie sera importante). Sur les installations toutes neuves (ça peut aller loin si on a une installation solaire), on peut payer 120 à 200 euros HT par logement. Les frais restent fixes, il faut les diviser par le nombre de logements derrière. Quand on est sur de petites résidences, on ne voit pas de chauffage collectif, car ce serait beaucoup trop onéreux de mettre en place une chaufferie collective sur du 8 logements. C’est relativement déconseillé et certains bailleurs sociaux ont cette politique : en dessous de 20 logements, pas de chauffage au gaz collectif car cela fait des coûts fixes beaucoup trop importants.

    Effectivement les installations neuves sont très onéreuses car bien souvent il a fallu construire selon la RT2012 et on y a mis du solaire thermique et un certain nombre de systèmes qui font que derrière on a énormément de matériel à entretenir. Mais la facture énergétique est bien moindre ! Ce n’est pas proportionnel aux gains, parce que la facture énergétique est beaucoup plus élevée. Après il y a les risques : tout le monde sait que le gaz est soumis à la taxe TICGN, et qu’elle augmente ces derniers temps. Nous, on n’a pas de taxe.

  • 11ème Salon indépendant de la copropriété, les 16 et 17 oct. 2019 : demandez le programme !

    11ème Salon indépendant de la copropriété, les 16 et 17 oct. 2019 : demandez le programme !

    Le 11 ème Salon Indépendant de la Copropriété organisé par l’ARC se tiendra les 16 et 17 octobre 2019.

    En vous rendant sur le site spécialement dédié au salon, vous pourrez prendre connaissance des programmes détaillés des conférences, des ateliers, des « débats experts » et de nouveau cette année, des démonstrations techniques animées par des exposants. Vous pourrez ainsi préparer votre programme de visite pendant les deux journées du salon.

    Nous disons bien pendant les deux journées, si vous vous voulez vraiment profiter à fond de toutes les sessions de présentation et des rencontres avec les exposants et les conseillers de l’ARC. Et surtout, de ce qui fait qu’il s’agit chaque année d’un évènement exceptionnel célébré le mercredi 16 octobre de 18h à 20h dans le cadre d’un Quiz « Questions pour un champion » auquel vous pourrez participer en répondant à une vingtaine de questions permettant de sélectionner les dix meilleurs compétiteurs qui se partageront des cadeaux dont un séjour pour 2 personnes au Puy du Fou.

  • Diagnostics en copropriété : réponses d’experts avec AC Environnement

    Diagnostics en copropriété : réponses d’experts avec AC Environnement

    Valérie Keller, responsable Comptes Nationaux chez AC Environnement, répond aux questions sur les diagnostics immobiliers des copropriétés, à l’occasion du Grand Circuit Rénovation des Copropriétés.

    Retranscription

    Peut-on se servir du DTA pour le diagnostic avant travaux ?

    Effectivement, le DTA est un dossier complet relatif à l’amiante dans lequel se range tous les DAAT. On peut par exemple le réutiliser si on a un repérage avant travaux glissé dans le DTA, qui est conforme à notre périmètre – à notre programme de travaux -, parce que l’on a anticipé ce repérage six mois plus tôt : rien n’a changé dans le bâtiment, il n’y a pas de limite de validité donc on peut le réutiliser. Par contre ce n’est pas du tout la même chose. Si ça n’a pas concerné les travaux qui vont être faits, il faut refaire le repérage avant travaux.

    Faut-il budgétiser les travaux en cas de présence d’amiante ?

    Aujourd’hui, à aucun moment la réglementation n’oblige au désamiantage. Je vais y mettre un bémol : si on tombe sur un flocage projeté au plafond d’un sous-sol, si le flocage est positif et dégradé, nous allons arriver avec un avis en rouge et on va vous suggérer de procéder au retrait parce que c’est émissible de fibres, parce que tout le monde passe dans ces garages et que potentiellement tout le monde respire la fibre d’amiante. Pour avoir visité des dizaines de milliers d’immeubles en France, on n’a quasiment plus de flocage amianté dans les immeubles. Par contre, une dalle de sol qui est positive, on a des obligations d’évaluation de la conservation de ces matériaux (dans le DTA, il sera précisé que tous les 10 ans il faudra faire revenir un diagnostiqueur).

    Peut-on intégrer la maquette dans le carnet d’entretien numérique du bâtiment ?

    Le carnet numérique du bâtiment est actuellement quelque chose de très volumineux et complexe. L’exploitation et l’utilisation de notre outil CNBIM (pour « Carnet numérique BIM ») va permettre de gérer toute la partie numérique des éléments et des équipements du bâtiment par l’intermédiaire d’une maquette.

  • Le traitement des façades en copropriété – Réponses d’expert avec Spebi

    Le traitement des façades en copropriété – Réponses d’expert avec Spebi

    Éric Balech, directeur commercial de Spebi, répond à trois questions sur le traitement des façades des copropriétés, à l’occasion du Grand Circuit Rénovation des Copropriétés.

    • Comment assurer une bonne interface avec la ventilation lors du traitement de la façade ?
    • Quel est l’impact de l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) sur le confort ?
    • Comment éviter les défauts d’humidité après une ITE ?

    Retranscription

    Comment assurer une bonne interface avec la ventilation lors du traitement de la façade ?

    Chez Spebi, nous passons par les co-traitants. La ventilation n’est pas notre métier, donc nous travaillons avec deux partenaires. La ventilation, le chauffage, c’est le même métier. Effectivement, soit la ventilation existe, auquel cas on la prolonge. Soit – cas assez rare – il n’y a pas de ventilation du tout. Et là on la crée. Mais c’est un cas extrême de faire passer la ventilation par le pignon.

    Quel est l’impact de l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) sur le confort ?

    C’est le confort d’été et le confort d’hiver. Et puis on en oubli un troisième : l’isolation phonique, que vous avez si vous avez de la laine de roche ou de l’isolant bois, qui ont des qualités phoniques supérieures au polystyrène (qui n’en a quasiment pas). Après, il faut tout de même savoir que le polystyrène est deux fois moins chère que la laine de roche.

    Comment éviter les défauts d’humidité après une ITE ?

    Cette problématique est liée à la première question, il faut une bonne ventilation ! Cela passe par la VMC, par des aérations dans le double vitrage… Il faut laisser circuler l’air.

  • Comment réduire le coût des travaux sur l’ITE ? Réponses d’experts avec Socateb

    Comment réduire le coût des travaux sur l’ITE ? Réponses d’experts avec Socateb

    Deux questions à Irène Demoute, directrice commerciale de Socateb, spécialiste de l’isolation thermique par l’extérieur des bâtiments. Extrait du Grand Circuit Rénovation des copropriétés.

    Retranscription

    Existe-t-il des solutions pour réduire le coût des travaux sur l’ITE ?

    Oui, il peut être réduit dans la mesure où on a un programme complet qui est bien adapté. Il ne faut rien oublier dès le départ. Effectivement, l’audit est la première étape qui va permettre de savoir ce que l’on veut faire sur son bâtiment et ce que l’on peut faire. On a parlé des diagnostics amiante et des diagnostics plomb avant travaux, on se retrouve – nous entreprise – souvent confrontées à des dossiers dans lesquels nous n’avons pas à l’étude les diagnostics ; ce qui pose un certain problème puisque les budgets qui vont être annoncés ne vont pas être en corrélation avec le coût des travaux, surtout si il y a de l’amiante par la suite.

    On voit de plus en plus de végétalisation de toitures-terrasses aujourd’hui. Est-ce une nouvelle demande des copropriétaires ?

    Sur les immeubles sur lesquels nous avons travaillé, nous n’avons jamais été confrontés à de la végétalisation sur toitures-terrasses. C’est plus le cas sur Paris, ou effectivement c’est demandé. Maintenant c’est proposé, mais le plus souvent en assemblée générale c’est un poste qui n’est pas retenu parce que ça coûte cher et que ce n’est pas encore dans les moeurs. Pour l’instant ils sont plus sur la rénovation de leur façade, sur le confort et sur l’amélioration de la performance énergétique.

  • Entre conseil, formation et animation : l’ALEC-MVE guide les copropriétés de l’Est parisien

    Entre conseil, formation et animation : l’ALEC-MVE guide les copropriétés de l’Est parisien

    L’Agence locale de l’énergie et du climat Maîtrisez Votre Énergie (ALEC-MVE) accompagne les copropriétés en amont de leurs projets de rénovation énergétique. Elle assure ce service auprès de ses collectivités adhérentes sur les territoires d’Est Ensemble, Grand Paris-Grand Est et Paris Est Marne&Bois. Le point avec Jonathan Huynh, chargé de mission copropriétés et conseiller énergie FAIRE au sein de l’ALEC-MVE.

    Quelles sont les missions de l’ALEC-MVE sur les territoires qu’elle couvre ?

    Nous menons de nombreuses actions pour informer et conseiller les copropriétés. Tout d’abord, dans le cadre du réseau national FAIRE* un copropriétaire peut simplement nous contacter pour obtenir des conseils sur un projet dans son logement. De même, un membre du conseil syndical peut nous interpeller sur une situation plus globale comme un ravalement de façade ou une rénovation de chaufferie.

    L’ALEC-MVE guide également les copropriétés sur la phase de préparation de l’état des lieux, avec des outils comme le bilan initial de copropriété (BIC) ou le bilan énergétique simplifié (BES). Le premier a pour objectif de recenser l’historique de la copropriété, tandis que le second est une démarche d’étude des consommations sur plusieurs années, visant principalement à identifier d’éventuelles dérives sur la consommation de chauffage.

    Aussi, nous animons avec nos communes adhérentes des “Conf’Copro”. Dans le cadre de ces conférences, nous abordons différentes thématiques comme les diagnostics énergétiques, où nous expliquons clairement la différence entre les diagnostics de performance énergétique, l’audit énergétique, l’audit global et le diagnostic technique global.

    Nous proposons également d’autres conférences, plus centrées sur les travaux et les moyens de les financer, sur les éco-gestes, ou encore sur le confort d’été et le phénomène d’îlot de chaleur. Enfin, nous organisons tous les deux ans avec nos collectivités partenaires le Forum Copro qui rassemble les acteurs privés et publics de la rénovation énergétique et le grand public.

    Nous sommes par ailleurs amenés à proposer aux syndics des formations à la rénovation énergétique, leur permettant de répondre à leur obligation de formation. Les membres actifs des conseils syndicaux peuvent quant à eux partager leur retour d’expérience lors des travaux pratiques des “Clubs Copro”. De nombreuses autres actions plus spécifiques peuvent être menées, comme la visite «thermo-copro», où un groupe de copropriétaires fait avec nous le tour d’un quartier avec une caméra thermique afin de visualiser les déperditions.

    Quels sont les points de vigilance concernant les immeubles situés dans l’Est de l’Ile-de-France ?

    La problématique principale porte sur l’ancien – les immeubles construits avant 1948 -, notamment à Vincennes et Fontenay-sous-Bois, et plus globalement dans les centres-villes. Ce sont les bâtiments les plus complexes à rénover car ils ont été conçus pour être ventilés naturellement et avoir une certaine inertie pour conserver la chaleur et la fraîcheur. Une vigilance toute particulière doit donc être portée sur la ventilation, la pertinence des matériaux et la gestion de l’hygrométrie, le risque étant de créer des pathologies à l’intérieur des copropriétés. Beaucoup de ces bâtiments n’ont jamais été rénovés mais la plupart des travaux à faire ne sont pas d’ordre énergétique.

    Il y a aussi la problématique des secteurs protégés où le patrimoine est très surveillé. À Vincennes par exemple, les trois quarts de la ville sont situés dans une aire de valorisation architecturale et paysagère (AVAP). Et si la tendance est à l’isolation thermique par l’extérieur (ITE), elle ne sera pas proposée sur un bâtiment en pierre, en meulière ou en brique.

    Concernant les bâtiments des 30 glorieuses (entre 1948 et 1980), il y a globalement moins de complexité en termes de matériaux et la plupart d’entre eux sont équipés de systèmes de ventilation. C’est tout de même une période assez riche avec différents types de bâtiments construits sur une période rapprochée. On rencontre notamment des immeubles avec de nombreuses baies vitrées ou avec des balcons, qui constituent un véritable challenge à rénover. Nous traitons ce sujet en détail dans le cadre du Grand Circuit Rénovation des Copropriétés “Rénovation des immeubles des 30 glorieuses”.

    *FACILITER, ACCOMPAGNER et INFORMER SUR LA RENOVATION ENERGETIQUE

  • Étude : état des lieux des copropriétés chauffées au fioul à Paris

    Étude : état des lieux des copropriétés chauffées au fioul à Paris

    L’Agence Parisienne du Climat (APC) publie les résultats de son enquête sur le chauffage au fioul dans le parc de copropriétés à Paris. Une étude complète de 56 pages menée afin de cartographier les copropriétés chauffées au fioul à Paris, de tenter de comprendre les freins et leviers permettant d’initier une dynamique de changement et de développer les outils adaptés pour accompagner ce changement.

    Pour rappel, le Plan Air Energie et Climat de la Ville de Paris prévoit la disparition du chauffage au fioul dans la capitale d’ici 2030, du fait de ses mauvaises performances en termes d’émissions de CO2 et pour la qualité de l’air.


     > Télécharger l’étude <

     

  • Recharge de véhicules électriques : des bornes à moitié prix pour 3 000 copropriétés

    Recharge de véhicules électriques : des bornes à moitié prix pour 3 000 copropriétés

    François de Rugy, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports, lancent deux nouvelles mesures d’aide aux copropriétés et collectivités territoriales pour le déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques.

    La proximité et la facilité d’accès à des bornes de recharge sont deux éléments déterminants pour accélérer le développement de l’utilisation des véhicules électriques. Alors que 90% des recharges interviennent aujourd’hui au domicile, 7 millions de ménages disposent d’une place de parking en copropriété où l’installation d’un point de recharge n’est pas toujours aisée et 12 millions de ménages ne disposent pas du tout place de stationnement privative.

    Dans le but de rapprocher les bornes de recharge des Français (au domicile ou à proximité), François de Rugy et Elisabeth Borne lancent ainsi aujourd’hui deux nouvelles mesures d’aide aux copropriétés et collectivités territoriales pour accélérer leur déploiement sur tout le territoire :

    Bornes à moitié prix pour les 3 000 premières copropriétés qui souhaitent s’équiper

    À compter de ce jour, les 3 000 premières copropriétés de France qui se lanceront dans la démarche de s’équiper en bornes de recharge bénéficieront d’une aide de 50% couvrant l’acquisition des équipements, de l’infrastructure pour l’ensemble de la copropriété les travaux d’installation (y compris ceux de pré-équipement). Il leur faudra pour cela s’adresser à un installateur dont les offres sont labellisées par le programme Advenir. Cette opération de soutien exceptionnelle représentant un investissement de 15 millions d’euros permettra de multiplier par 2 le nombre de copropriétés équipées de bornes de recharge.

    Bornes à la demande à 500 mètres de chez soi

    Les collectivités territoriales s’engageant à installer un point de charge à moins de 500 mètres du lieu de résidence ou de travail de tous les propriétaires et utilisateurs de véhicules électriques qui en font la demande, bénéficieront d’une aide de 2 160€ par borne (coûts de fourniture et d’installation) à laquelle pourra venir s’ajouter la prise en charge des coûts de raccordement au réseau électrique – un poste de dépense important – à hauteur de 75%, telle que prévue dans le projet de loi d’orientation des mobilités.

    Les deux mesures de soutien annoncées aujourd’hui permettront de simplifier l’utilisation de véhicules électriques, et donc d’inciter toujours plus de Français à en acquérir. Elles sont le résultat du renforcement du programme ADVENIR, porté par l’AVERE, dont l’objet est de soutenir financièrement l’installation de bornes collectives dans l’espace public et privé, via les certificats d’économie d’énergie.

    Elles visent à concourir à la mise en œuvre de l’objectif, fixé par le projet de Loi d’orientation des mobilités, de multiplier par 5 le nombre de points de recharge installés sur le territoire d’ici 2022. Elles s’ajoutent ainsi à une série de mesures également présentées dans ce projet de loi relatives au déploiement de la mobilité électrique : l’équipement obligatoire dans les parkings de plus de 10 places des bâtiments neufs ou rénovés, la création d’un véritable droit à la prise en habitat collectif, la possibilité de recharger gratuitement sur son lieu de travail ou encore la division par plus de 2 du coût de raccordement des équipements de recharge.

    Cette démarche s’inscrit dans l’engagement de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre liées aux déplacements, notamment en mettant fin à la vente de véhicules à énergie fossile carbonnée en 2040.

    Depuis plusieurs années en France, le nombre de véhicules électriques et hybrides rechargeables mis à disposition des français est en constante augmentation, jusqu’à atteindre plus de 227 000 véhicules pour 26 000 points de charge disponibles aujourd’hui. Afin de poursuivre la dynamique de développement de la filière et ainsi d’atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050 fixé par le projet de loi Energie-Climat, le Gouvernement vise le déploiement d’un million de véhicules électriques et hybrides rechargeables en circulation d’ici 2022.

    « Le passage aux véhicules électriques et hybrides rechargeables est une étape déterminante de l’atteinte l’objectif de neutralité carbone en 2050. Afin d’assurer ce développement, nous nous sommes fixés comme priorité de rapprocher les bornes de recharge des Français. Nous continuons à la mettre en œuvre aujourd’hui avec le lancement de ces deux nouvelles mesures de soutien exceptionnelles », a déclaré François de Rugy, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, pendant les Rencontres Internationales des Voitures Écologiques à Alès.

    « Les véhicules électriques sont non seulement bons pour la planète mais aussi pour le pouvoir d’achat puisqu’ils permettent aux Français de se déplacer en consommant moins d’énergie. Ils sont donc une des réponses qui concilient transition écologique et accès de tous à la mobilité. Pour cela, nous accompagnons en même temps l’achat de ce type de véhicules et le déploiement des possibilités de recharge, pour faire entrer pleinement cette solution dans le quotidien de nos concitoyens », a précisé Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports.

    Le programme ADVENIR s’inscrit en complément d’autres initiatives pour encourager le déploiement d’infrastructures de recharge. Les particuliers disposent d’un crédit d’impôt pour la transition énergétique de 30% sur l’acquisition du système de recharge à domicile. En outre, le Programme d’Investissements d’Avenir a permis d’aider à hauteur de 61 millions d’euros l’installation de plus de 20 000 points de charge par les collectivités. Enfin, les règles de calcul des avantages en nature ont été révisées afin de rendre plus attractif la mise à disposition d’un véhicule de fonction électrique ainsi que la mise à disposition d’une recharge gratuite par les entreprises pour leurs salariés.

    Par ailleurs, un cadre réglementaire a été mis en place permettant de poser les bases d’une standardisation des installations et d’une amélioration de la qualité du service (standards de prise, interopérabilité, pilotage de la recharge, visibilité du service, maintenance).