Catégorie : Rénovation des Copropriétés

Les copropriétés représentent une part importante du parc immobilier français, avec des défis comme la mobilisation des copropriétaires lors des assemblées générale, le financement, les aides, les nouveaux usages, les audits énergétiques et le choix des solutions et entreprises.

  • Les isolants en laine de roche dits traditionnels…

    Les isolants en laine de roche dits traditionnels…

    … Ne sont pas en reste et présentent le grand avantage de cumuler plusieurs des propriétés énoncées ici. Outre la thermique, la première qualité que l’on demande à une isolation, la laine de roche possède également de très bonnes performances acoustiques, non négligeables d’un point de vue confort. Mais surtout, elle est excellente en sécurité incendie car naturellement incombustible, puisqu’elle se compose à 97% de basalte, une roche volcanique. Cette caractéristique lui confère également une vraie durabilité, en plus d’être recyclable à l’infini et de s’inscrire ainsi dans un cycle de vie complet.

    Des produits qui ont fait leur preuve

    Approuvés depuis plus de 70 ans, ces matériaux s’intègrent aujourd’hui sur des systèmes complets de façades ou de toiture et représentent des solutions certifiées techniquement par des organismes tiers (CSTB, ACERMI, LNE…) pour leur qualité et leur mise en œuvre dans les Règles de l’Art. Ces solutions se déclinent sur toutes les applications et quelle que soit la typologie de construction : maison individuelle, logement collectif, bâtiment métallique…

    Les produits d’isolation en laine de roche bénéficient également de FDES. Le matériau possède également une DVDS (Déclaration Volontaire de Données de Sécurité), qui se base elle sur le principe du volontariat de la part de l’industriel. Donc, pas de doute à avoir sur la fiabilité et la pérennité de cette famille d’isolants.

    Des réponses à toutes les questions

    Les sociétés de ce secteur d’activité sont souvent dotées de plusieurs experts en ingénierie du bâtiment qui répondent à l’ensemble des questions techniques et pratiques que les professionnels comme les particuliers se posent. Ces services d’assistance sont également capables de produire du conseil de qualité en matière d’efficience énergétique auprès des prescripteurs.

    4 avantages clés d’une isolation en laine de roche en copropriété

    • La performance acoustique de ce matériau permet de réduire efficacement les contraintes phoniques internes (bruits de voisinage) et externes (circulation, voies ferrées…)
    • L’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE) est une technique très prisée pour son confort d’intervention en milieu occupé. Les habitants ne sont absolument pas impactés dans leur vie quotidienne pendant les travaux, puisque tout se passe à l’extérieur !
    • De par leurs caractéristiques intrinsèques, les isolants en laines minérales résistent très bien aux éléments et en particulier à l’humidité. Ce qui leur confère une durabilité à toute épreuve et préserve ainsi le patrimoine ancien.
    • Les combles sont une source majeure déperdition énergétique. La technique du soufflage mécanisé permet de les isoler de façon rapide et économique. Le rapport énergie économisée / prix des travaux est particulièrement intéressant sur cette application où la laine de roche garantie une très bonne tenue au vent. C’est une vraie première solution pour les copropriétés en situation de précarité énergétique.
  • L’isolation en copropriété

    L’isolation en copropriété

    Une grande partie des copropriétés n’ont aucune isolation thermique, la mise en œuvre d’une isolation globale permet de réduire le coût d’exploitation du bâtiment. Outre la réduction du coût d’exploitation, une isolation correctement mise en œuvre permet :

    • D’augmenter le confort intérieur : car la température intérieure des murs devient plus chaude. En effet, pour être confortable on estime qu’il faut moins de 4°C entre la température de l’air intérieur et la température du mur extérieur.
    • De réduire les ponts thermiques : dans le cas de l’isolation par l’extérieure et donc de réduire les risques de condensations ponctuelles entrainant parfois des pathologies.
    • De réduire les émissions de CO2 : la réduction du besoin de chauffage permet de réduire les émissions de CO2 de la copropriété.
    • De diminuer la puissance de chauffage : en d’autres termes avoir des températures dans le réseau de chauffage plus basses pour la même température de confort. De ce fait, la diminution de la puissance de chauffage permet de limiter les pertes du réseau de chauffage.
    • D’augmenter le coût de revente des logements : un logement globalement rénové est plus attractif qu’un logement ancien sans isolation.

    Suite à l’audit énergétique

    Suite à l’audit énergétique de la copropriété, il convient de valider un programme de rénovation énergétique. Ce programme permet de distinguer les travaux à réaliser rapidement des travaux à réaliser à plus ou moins long terme. Ainsi, le programme permet un phasage des travaux d’isolation thermique de la copropriété en fonction du budget annuel alloué à la rénovation. Dans tous les cas une isolation globale à très court terme permet de réduire très rapidement le coût d’exploitation, cependant nombreuses sont les copropriétés ne pouvant pas se permettre de financer la totalité des travaux dès la première année.

    Le déroulé des travaux est propre à chaque copropriété, cependant certains travaux sont souvent exécutés ensemble :

    • Toiture/combles,
    • Murs/fenêtres/ventilation,
    • Chauffage et eau chaude sanitaire,
    • Plancher bas (peut être effectué seul car il n’y a pas de connexion avec le reste de l’ouvrage (mur, comble, fenêtre, toiture… En général sur les rénovations cette partie se fait à la fin.)

    L’occupation des logements, le pourcentage de la rénovation et la répartition des déperditions de la copropriété permettent de dégager des travaux plus urgents que d’autres. Ainsi, il est souvent plus rentable de grouper les travaux ensembles afin de réduire le temps d’intervention et donc le coût de la rénovation (par exemple la mise en place d’un échafaudage pour plusieurs travaux). Il convient de rappeler que le choix de l’isolation et de son épaisseur doit se faire sur plusieurs critères pour être pertinent.

    Critère 1 : Économique

    Afin de réduire durablement le coût d’exploitation de la copropriété, le choix d’un système d’isolation devra être fait par rapport à son coût global et non uniquement par rapport à son coût d’investissement. Ce critère permet de prévoir un temps de retour sur investissement en fonction du coût de fourniture plus la pose et des gains énergétiques engendrés. Dans tous les cas, l’isolation mise en œuvre devra respecter au minimum les exigences du crédit d’impôt et des certificats d’économies d’énergie. De plus, il faut veiller à «ne pas tuer le gisement d’économie d’énergie». En effet, la rénovation d’une paroi se fait environ tous les 20 à 30 ans. Il convient de choisir correctement l’épaisseur d’isolation pour les vingt prochaines années en prenant en compte l’évolution du prix de l’énergie. L’analyse du coût global des copropriétés met en avant que la sur-isolation par rapport au standard du crédit d’impôt est souvent rentable à court terme. Par exemple la fourniture « l’isolant » ne représente que 30% en moyenne du coût d’une isolation par l’extérieure, les autres coûts sont quasiment invariables en fonction de l’épaisseur.

    Critère 2 : Durée de vie

    Ce critère parfois oublié est indispensable au choix de l’isolation. Il convient de choisir un isolant adapté à la paroi. Il est donc indispensable de vérifier l’adéquation entre l’isolant et son support notamment pour la fixation mécanique, la migration de la vapeur d’eau, le déphasage thermique.

    Critère 3 : Eco-matériaux et matériaux recyclés

    Ce critère permet de valoriser un matériau local dans la rénovation de la copropriété et de réduire l’impact du bâtiment sur son environnement. Pour cela des fiches de données environnementale et sanitaire (FDES) sont disponibles sur une large gamme de produits. Les éco-matériaux envisageables en copropriété sont :

    • La laine de bois rigide et semi-rigide,
    • La laine de lin /chanvre,
    • Les bottes de paille,
    • La ouate de cellulose,
    • L’isolation textile…

    Les types d’isolation les plus souvent rencontrés

    • Isolation de la toiture terrasse : isolation rigide au-dessus de la toiture terrasse,
    • Isolation des combles non aménagés : isolation en soufflage d’isolant en vrac,
    • Isolation des murs extérieurs : isolation par l’extérieur avec enduit,
    • Changement des fenêtres : changement des fenêtres et pose en applique extérieure dans l’alignement de l’isolation extérieure,
    • Isolation du plancher bas sur sous-sol/garage : flocage en sous-face de plancher.

     

    RÉSISTANCE THERMIQUE DU CRÉDIT D’IMPÔT (M2.K/W) ESTIMATION DE L’ÉPAISSEUR (CM) AVEC DES ISOLANTS STANDARDS RÉSISTANCE THERMIQUE EXCELLENTE (M2.K/W) ESTIMATION DE L’ÉPAISSEUR (CM) AVEC DES ISOLANTS STANDARDS
    Isolation toiture terrasse 4,5 14 10 25
    Isolation combles perdus 7 30 10 40
    Isolation des murs extérieurs 3,7 15 8 25
    Isolation du plancher bas sur sous-sol 3 12 6,5 20
    Changement des fenêtres Uw <1,7 2,4 Uw < 0,8 4,4
  • Les gros travaux : les conséquences d’une absence de préparation et de Plan pluriannuel de travaux

    Les gros travaux : les conséquences d’une absence de préparation et de Plan pluriannuel de travaux

    Un des problèmes importants de la Copropriété est celui-ci :

    • Les copropriétaires, mais aussi le conseil syndical et le syndic ne savent pas, la plupart du temps, quel est l’état exact de la copropriété (ouvrage par ouvrage : toiture ; caves ; balcons, etc… – ou équipement par équipement, voire partie d’immeuble par partie d’immeuble) ;
    • de ce fait, les copropriétaires attendent que les ouvrages ou équipements soient dégradés pour intervenir ;
    • les copropriétés agissent donc souvent au coup par coup, dans l’urgence, au prix fort et sans réel appel d’offre.

    Ces interventions coûtent au final très cher et ne sont ni satisfaisantes ni, souvent, suffisantes (partielles, non mises en cohérence, etc.).

    Par ailleurs ces travaux non programmés sont difficiles à payer par les copropriétaires les plus modestes du fait que ceux-ci n’ont pas anticipés ni provisionnés les interventions correspondantes. Les impayés se développent, la gestion devient plus tendue (ainsi que les relations entre les copropriétaires), l’entretien courant pâtit de cette situation et la copropriété peut être entraînée dans une spirale plus ou moins rapide de dégradation.

    Il y a deux solutions :

    • Ne rien faire, ce qui aura pour conséquence de faire basculer de nombreuses copropriétés dans la précarité du fait d’une insuffisance de gros entretien,
    • Mettre en place, de façon progressive, concertée et sociale un « plan pluriannuel de travaux » accompagné de la mise en place d’un « fonds travaux ».

    Ce plan pluriannuel de travaux permet :

    • de tenir compte du vieillissement différentiel des ouvrages et des équipements (la couverture a une durée de vie différente des installations de distribution d’eau) ;
    • d’étaler les efforts financiers dans le temps ;
    • de disposer en permanence d’un immeuble en « bon état d’usage », de fonctionnement et d’aspect ;
    • de lancer des consultations d’entreprises très en amont et de faire ainsi des économies grâce à des appels d’offre rigoureux (en lançant les travaux dans l’urgence, on accepte souvent n’importe quel devis…).
  • La thermographie du bâtiment dans l’audit énergétique

    La thermographie du bâtiment dans l’audit énergétique

    Technique née dans les années 1960, diffusée en recherche et développement puis, dans l’industrie, en maintenance et prévention, la thermographie s’est largement répandue, depuis 2006-2007, auprès des acteurs du bâtiment, propulsée par la préoccupation du réchauffement climatique et la raréfaction des ressources fossiles ; voilà qui induit des actions concertées pour l’amélioration de la performance énergétique et l’exploitation du gisement des économies d’énergie dans l’habitat existant.

    Un contexte délétère mais en phase de profonde professionnalisation

    Néanmoins, devant l’apparente évidence de ce qu’est une image des températures, la plupart des utilisateurs ont jugé superflu de se former, ce qui les a grandement dévalorisés auprès des donneurs d’ordre, bien vite échaudés par les interprétations fantaisistes qu’on leur soumettait : ainsi, les thermographes professionnels ont été rapidement contournés par les dilettantes à bas coût, eux-mêmes brutalement évacués comme non pertinents et inutiles.

    2012 a été l’année d’un premier aboutissement de la professionnalisation des thermographes ; ils atteignent, par une formation éclairée et une certification de compétence, une évidence de niveau supérieur dont l’à-propos technique est circonstancié et incontestable, baigné par l’interrogation avisée et l’imagination féconde : en thermographie du bâtiment, on ne sait pas tout, beaucoup reste à formaliser.

    Ce qu’est la thermographie du bâtiment

    La caméra thermique est l’outil de la thermographie ; elle met en évidence les irrégularités dans l’isolation thermique de l’enveloppe, identifie les ponts thermiques, détecte les défauts d’étanchéité à l’air, relève les infiltrations d’eau et la présence d’humidité et, plus généralement, pointe du doigt ce qui relève de l’inconfort thermique.

    Elle allie la cartographie et la mesure des rayonnements, des déperditions, des températures (apparentes et parfois vraies), ainsi que des nombres en relation avec la performance énergétique du bâti. La caméra thermique est sous le contrôle du thermographe : s’il existe des situations où elle a spontanément raison, nombreux sont les cas où le thermographe aurait tort de la croire.

    La thermique, enseignée à un niveau trop simpliste, nécessite d’être détricotée pour que la thermographie puisse s’installer à sa place comme aide à la décision et comme outil de contrôle de la performance énergétique du bâti, en parallèle avec l’infiltrométrie déjà appelée par la RT 2012.

    La thermographie, comme l’infiltrométrie, est un outil du réel

    La conformité à telle réglementation thermique ou tels DTU ne signifie pas encore la garantie de l’économie d’énergie et du confort. Or, la thermographie n’est pas un calcul conventionnel ou une hypothèse, c’est le constat cartographique de la thermique du réel, tel qu’elle est maintenant, in situ et non sur la table à dessin ou au bureau d’étude. C’est un outil qui parle des déperditions et des températures, qui contribue à valider une part de la conception, une part des calculs, une part de la mise en œuvre. Avec sa sœur l’infiltrométrie, mise à l’honneur par la RT 2012, la thermographie deviendra aussi un outil de contrôle incontournable, quand la formalisation quantitative aura pleinement abouti et quand les freins au contrôle indépendant auront cédé face à une réglementation de plus en plus sévère. Concevoir, calculer, réaliser, contrôler et mesurer : B-A-BA.

    Mise en garde

    Par essence, la thermographie du bâtiment est trompeuse, mais pire encore, elle est dangereuse pour qui n’a pas intégré que le bâtiment est une machine thermique dans un environnement évolutif : on trouvera des images thermiques très aisées à comprendre et à interpréter. Mais quel que soit le bâtiment, la thermographie produit immanquablement des images dont la compréhension et l’interprétation nécessitent des savoirs spécifiques qui ne s’acquièrent qu’auprès de formateurs expérimentés. Attention donc, si, en thermographie, il y a des vérités et des illusions, il en est de même pour l’internet, la presse, les fournisseurs et les centres de formation.

    L’entrée en matière des bureaux d’études thermiques

    Aujourd’hui, il n’est plus anecdotique que l’ingénieur thermicien du bureau d’étude, sollicité par un maître d’ouvrage pour un audit énergétique ou une étude thermique, propose une thermographie dans son offre. Mais il ne s’agit, la plupart du temps, que d’une cerise sur le gâteau, manifestant accessoirement que le BE dispose de moyens illustratifs et… souvent gracieux. Cette cerise n’est pas valorisée à sa juste valeur puisque l’ingénieur, presque toujours non ou mal formé à cette technique qu’il croit comprendre – la thermographie n’est-elle pas parfaitement évidente (!) – ne sait pas en tirer parti ni vendre cette prestation non encore imposée par la réglementation.

    D’ailleurs le donneur d’ordre n’a pas non plus de compétence en la matière et s’interroge sur :

    • l’intérêt de la thermographie – ne s’en est-on pas passé jusqu’ici ?
    • la nécessité de la payer – non obligatoire, n’est-il pas normal qu’elle soit proposée gracieusement !

    Dans ce contexte indigent, cette puissante technique pourra-t-elle porter ses fruits, l’ingénieur y consacrera-t-il le temps nécessaire, ne sent-il pas que son rapport – du reste illisible – ne sera pas même considéré, cela vaut-il la peine de dépenser pour se former ? Pour qu’un constat plus heureux se dessine, il faudra un nouvel élan des acteurs de part et d’autre, ainsi qu’une approche plus professionnelle avec démonstration à la clé.

    L’importance de l’indépendance des mesureurs

    La notion d’offre globale de travaux doit être comprise pour être opérante ; elle ne doit pas provoquer la confusion des genres : juge et partie. Ainsi, l’AMO, le contrôle à réception ou le conseil, doivent impérativement rester distincts des entreprises de conception et d’exécution. L’autocontrôle fait par l’artisan ou la démonstration incitative n’ont d’autre valeur que… commerciale. L’audit énergétique ou l’étude thermique ne doivent pas faire partie de l’offre globale de travaux sous peine d’autosatisfaction, de conflit d’intérêt voire d’incongruité ou de non-pertinence. Enfin, une AMO est plus que fortement conseillée pour les travaux de copropriété où généralement les compétences en matière de performance énergétique sont minimales.

    En quoi la thermographie s’insère-t-elle dans le processus de l’audit énergétique ?

    L’audit énergétique (de même que le DPE ou l’étude thermique) comprend une phase de calcul qui ne prend pas en compte les défauts localisés de la construction : le calcul est dit conventionnel. Or, plus l’enveloppe du bâti est performante, et plus les défauts localisés ont de conséquence sur sa performance énergétique, au point que l’on peut dire que l’enveloppe de la maison passive ne souffre plus que de ses défauts localisés.

    L’audit énergétique comprend aussi des phases du réel :

    • une enquête d’évaluation de la consommation et du confort thermique ;
    • une visite de logements ;
    • des propositions de travaux.

    Pourvu qu’ils aient lieu à un instant permettant l’observation de la performance énergétique, l’enquête ainsi que la visite incorporeront utilement la thermographie :

    pour comprendre et prendre en compte la réalité de l’enveloppe avant de corriger le calcul ;

    comme preuve illustrative et convaincante des diverses causes d’inconfort, causes imputables :

    • à la conception du bâti ;
    • aux détails de sa réalisation ;
    • à l’implantation, à l’état et au réglage des équipements ;
    • au mode de vie…
    • comme outil d’aide à la décision lors de la définition et de la hiérarchisation des travaux proposés.

    En quoi la thermographie s’insère-t-elle dans le processus de réception des travaux ?

    La réception des travaux en collaboration avec un mesureur doit déjà être inscrite au stade de la préconisation des travaux : l’infiltrométrie et la thermographie sont des techniques impératives de contrôle incluses dans la réception. Ce contrôle a un coût, à intégrer aux propositions. Par thermographie, la réception a lieu quand les conditions d’emploi de la technique sont réunies, ce qui n’est pas souvent possible en stade de la réception classique. Il faut donc y penser durant l’année de garantie de parfait achèvement : les réserves à la réception classique diront donc que la performance énergétique sera observée par thermographie, à telle date et dans la mesure où l’hiver le permet. Au-delà, on entre dans le délai de la garantie décennale.

    Le contrôle par thermographie à réception comprend toutes les applications habituelles de la technique.

    Il va falloir s’y faire : les maîtres d’œuvre commencent à employer la thermographie (même à mauvais escient et sans la comprendre, comme un outil flou de père fouettard). C’est un début. D’autres y ont renoncé puisqu’ils ont fait appel au moins disant qui en a dit… le moins possible. Et il est alors considéré que la thermographie n’a rien à dire, alors qu’il aurait suffi de payer un thermographe certifié… à sa juste valeur.

    Une voie d’avenir ? La correction des calculs conventionnels par le Seid

    Comment appliquer une correction au calcul conventionnel en fonction des irrégularités et des défauts de l’enveloppe ? Si l’audit se basait sur la norme NF 12831 (ce qui est le cas de l’étude thermique), les détails de l’enveloppe (irrégularités) seraient pris en compte ; mais les défauts de l’enveloppe (défauts de conception ou de réalisation, défauts apparus au cours du temps) ne sont jamais considérés. La norme applicative de thermographie NF 13187 décrit la détection qualitative des irrégularités sur l’enveloppe, mais distingue ensuite irrégularité (normale) et défaut (anormal) puis elle demande de définir l’importance des défauts, sans donner de piste à cette quantification ! Depuis lors, un nouveau paramètre a été introduit, le Seid ou Surface Equivalente d’Irrégularité et de Défaut : il permet de quantifier les irrégularité et les défauts en terme d’équivalence de surface saine :

    l’enveloppe voit ainsi sa surface de déperdition augmenter par rapport au strict calcul surfacique. L’intérêt de cette nouvelle notion, présentée au colloque CETE de l’Ouest-CSTB en janvier 2011 (http://www.cstb.fr/actualites/dossiers/batiments-basse-consommation-quelles-performances.html) n’a pas encore excité les décideurs des organismes. Nous leur disons : qu’ils s’en emparent, la développent et définissent son champ d’application. Le Seid permettra de corriger les calculs conventionnels.

    Un bel exemple à améliorer, renouveler, amplifier

    L’hiver 2012-2013, un grand bailleur social a diffusé 40 appels d’offre de thermographie sur la base de trois documents établis par un ingénieur thermicien formé et en liaison avec l’association des thermographes professionnels, l’Institut de la Thermographie. Mais les donneurs d’ordre locaux n’ont pas tous suivi les recommandations détaillées et motivées dans ces documents. Les résultats sont très clairs : retenir le moins disant, sans tenir compte des recommandations, signifie obtenir un rapport de mauvaise qualité, inconsistant ou erroné. Suivre les recommandations a abouti à des coûts supérieurs pour un rapport circonstancié, élaboré et pertinent. Et de tels rapports ne peuvent être rédigés que par des intervenants solidement formés ou certifiés (… Cofrac). Si les rapports avaient été notés sur 20, la fréquence des notes donnerait deux maxima, l’un à 3/20 (ce que l’on ne devrait pas même payer – intervenants non formés, non certifiés) et l’autre à 18/20 (ce qui est simplement correct et attendu – intervenants solidement formés ou certifiés). Voilà qui valide le principe-même des fameux documents : ils ont été rédigés dans l’optique d’en finir avec l’amateurisme à la fois des donneurs d’ordre inconscients et des thermographes équivoques.

  • Les différents points de contrôle pour le diagnostic du bâti

    Les différents points de contrôle pour le diagnostic du bâti

    Les diagnostics d’immeuble s’imposent peu à peu comme un moyen de gérer correctement le patrimoine bâti. Ils sont ainsi devenus obligatoires pour la mise en copropriété d’un ensemble immobilier. C’est également la méthode du diagnostic qui a été retenue pour la prise en mains du problème énergétique dans les grandes copropriétés (plus de 50 lots avec chauffage collectif). Pour finir, les lois en préparation envisagent d’imposer la réalisation de diagnostics (ou audits) globaux à intervalles réguliers.

    L’architecte visite tout l’immeuble à diagnostiquer, parties communes et privatives. Il procède essentiellement à des constatations qualitatives, avec pour but d’inventorier le maximum d’éléments, et d’établir une synthèse. Il replace aussi l’immeuble dans son contexte historique, sociologique et financier : par exemple, dans la proche banlieue parisienne, les anciens logements ouvriers ont été investis par de jeunes bourgeois, et le diagnostic ne sera pas le même que dans le même bâtiment situé dans un environnement resté populaire.

    Détail du diagnostic-type

    On précise tout d’abord que ce Document est confidentiel, réservé aux Copropriétaires et à leur Syndic.

    Il n’engage la responsabilité de l’architecte que sur les ouvrages qu’il a effectivement pu visiter dans le cadre de la mission qui lui a été confiée, ouvrages qui sont répertoriés ci-après.

    I. But de ce diagnostic

    S’il s’agit de mettre aux normes un immeuble devenu inadapté à sa fonction, ou de vérifier avant ravalement que d’autres travaux moins évidents ne seraient pas nécessaires, la manière de rédiger le rapport doit s’adapter à la demande de la clientèle.

    II. Présentation générale

    Il faut préciser à quel type de construction on a affaire !

    C’est aussi là que les éléments historiques, sociologiques et techniques trouvent leur place. Par exemple, pour les immeubles très anciens, on rappelle systématiquement qu’avant l’invention du camion, le transport de matériaux était très difficile, ce qui explique des dispositions constructives qui sinon paraissent illogiques.

    III. Structure

    On va « de fond en comble », expression remarquablement opérante.

    On décrit correctement l’existant, et on insère dans la description la liste des pathologies qui l’affectent.

    1. Fondations et caves
    2. Humidité en rez-de-chaussée
    3. D’une manière générale, humidité et ventilation sont les deux clés pour comprendre un bâti ancien. Ce sont aussi les données le plus souvent négligées.
    4. Éléments porteurs verticaux
    5. Structure porteuse des planchers
    6. Structure porteuse des escaliers
    7. Charpente (Il va de soi que si l’immeuble n’en comporte pas, ce chapitre n’est pas renseigné)
    8. Couverture
    9. Façades

    IV. Équipements et finition

    Protection incendie

    Une analyse complète du risque incendie est nécessaire. On ne se contente pas de pointer les non-conformités (un immeuble ancien doit être aux normes de l’époque où il a été construit, ce qui le rend non-conforme aux normes actuelles, évidemment), mais on considère le bâti avec bon sens, et on en déduit des mesures souvent très simples à prendre pour améliorer la sécurité.

    C’est ici aussi qu’on évoque l’éventuel danger de certains travaux que d’autres considérations rendraient souhaitables (par exemple, l’isolation par l’extérieur des façades peut poser des problèmes au regard du risque incendie).

    Isolation thermique

    Là aussi, on ne se contente pas de confronter l’immeuble avec la réglementation actuelle, mais de le considérer dans sa matérialité et de voir comment améliorer les choses raisonnablement. On évoque aussi la possibilité d’une rénovation thermique par bouquet de travaux, on la replace dans une perspective globale, et on renvoie à l’audit thermique s’il en existe un.

    Plomb, Termites, Amiante

    On évoque surtout ces problèmes en renvoyant aux diagnostics spécialisés. Si ceux-ci prescrivent des travaux, on les cite ici, et on les raccorde au reste du diagnostic global.

    Protection contre l’intrusion

    Accessibilité Handicapés

    Là aussi, on va au-delà d’une simple application de la réglementation en vigueur, pour mettre en évidence les mesures de bon sens aptes à faire évoluer les choses. Comme pour la thermique, on replace cette problématique dans une perspective globale.

    Revêtements et sols des parties communes

    Canalisations eau froide et eaux usées

    Le problème du plomb est encore très présent dans les immeubles d’avant 1948.

    Gaz

    On procède à une inspection sommaire, souvent suffisante pour détecter des problèmes à régler. Si nécessaire, on renvoie à un diagnostic technique spécialisé.

    Installations électriques et télécommunications

    On décrit les ouvrages, ce qui suffit généralement pour déterminer s’ils nécessitent des travaux.

    Chauffage

    Là encore, on reste descriptif. Tous ces points techniques sont évoqués pour être replacés dans le contexte global de l’immeuble.

    Énergies renouvelables

    La possibilité d’implantation de panneaux solaires, ou plus rarement d’éoliennes, est examinée.

    Évacuation des déchets

    Cet article examine les locaux poubelles, vide-ordures, les conditions de collecte et le cheminement des bennes.

    Ventilation

    Ce problème excessivement important mais méconnu est abordé à partir des pathologies qu’on constate. Une vérification des circuits aérauliques est également effectuée.

    Ascenseur

    S’il existe, on le mentionne. S’il n’existe pas, on évalue les possibilités d’installation.

    Menuiseries extérieures

    Menuiseries intérieures

    Détail des logements (ou bureaux ou boutiques…)

    C’est dans cet article qu’on fait l’inventaire des problèmes spécifiques à chaque logement (ou bureau), entre autre les installations sanitaires, étanchéité des sols, ventilation, etc.

    V. Liste des travaux à prévoir sous cinq ans

    Essentiellement qualitative, cette liste donne également les ordres de grandeur des investissements à prévoir.

    Ce diagnostic rend l’immeuble intelligible à ses propriétaires. Il a un rôle technique, mais également prospectif, financier, et il rend plus efficaces les Assemblées Générales de Copropriété

    Ce n’est qu’après la réalisation d’un tel diagnostic global qu’on peut, en pleine connaissance de cause, aborder la rénovation énergétique proprement dite.

  • L’audit global

    L’audit global

    Le débat d’actualité sur la transition énergétique s’inscrit dans démarche de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour toujours atteindre l’objectif du « Facteur 4 ».  Cette dynamique se traduit notamment par de nécessaires actualisations des réglementations thermiques et une obligation d’étude énergétique* pour les copropriétés en chauffage collectif. En effet, avec plus de 8 millions de logements en copropriété soit plus du quart du parc de logements, le constat est clair, manquer ce « chantier » de la rénovation énergétique, c’est tout simplement rater la cible visée du « Facteur 4 » !

    Nos interventions diverses sur le terrain (conseils syndicaux, associations de copropriétaires, institutionnels, fournisseurs, …) nous ont amené au constat que la performance énergétique doit être « embarquée »2 dans le plan de réhabilitation global pour être acceptée. Au-delà de l’environnement, l’enjeu est également social, économique et culturel ! A noter que la rénovation énergétique ne peut se développer que dans le respect du patrimoine architectural du bâti ancien comme récent. Dans ces conditions, le bien immobilier acquiert de la valeur verte ou valeur verte énergétique ou valeur nette additionnelle dégagée grâce à une meilleure performance environnementale et un bâtiment plus confortable, plus désirable…

    Voilà pourquoi nous impulsons avec d’autres partenaires convaincus, l’approche de l’audit global. Réalisé par une équipe pluridisciplinaire (architecte, thermicien, ingénieur financier) en amont du projet de rénovation, il permet d’établir une feuille de route complète et acceptée des copropriétaires, un équivalent « passeport » du bien.

    Au-delà d’une étude « obligatoire », l’idée est bien de mettre en place un accompagnement renforcé des  copropriétés, pragmatique, réellement adapté au site existant, à l’écoute des copropriétaires pour rendre possible et désirable une réhabilitation performante et confortable !

    In fine, la valorisation du patrimoine d’une copropriété3 passe nécessairement selon les trois étapes suivantes :

    1. Audit global
    2. Définition de votre projet
    3. Suivi des travaux

    L’audit global

    Comme rapidement décrit ci-dessus, l’audit global est un outil d’aide à la décision pour d’éventuels travaux structuré selon 4 grandes parties

    A. Relevés, état des lieux

    Cette phase consiste à réunir sur place les informations pour la réalisation de l’audit : mesures, sondages et métrés, photos thermographiques (selon contexte), entretiens in vivo, questionnaires à tous les copropriétaires, collecte des documents nécessaires (plans, factures, contrats, …)

    B. Analyse

    Les données collectées sont analysées pour mettre en évidence les éventuelles pathologies, la consommation moyenne du bâtiment et son étiquette énergie et bien sûr les attentes des copropriétaires

    C. Préconisations

    Les résultats de l’analyse sont croisés pour proposer une liste de travaux portant sur l’enveloppe du bâtiment (murs, toiture, plancher bas, menuiseries) et sur les équipements (ventilation, chauffage, eau chaude sanitaire, énergies renouvelables, récupération de chaleur, …). Les travaux sont décrits en détail, chiffrés précisément et validés techniquement.

    D. Synthèse pédagogique

    Les différentes améliorations sont regroupées en scénarios cohérents qui tiennent compte : de l’urgence de l’entretien et de la vétusté des parois ou des équipements, de la complexité, de la durée et du coût des travaux, du gain énergétique et de la cohérence des actions, des attentes des copropriétaires.

    Chaque scénario fait l’objet d’une simulation de financement par type d’appartement en intégrant les mécanismes d’aide et les économies d’énergie. Un professionnel de l’immobilier estime également la valorisation du patrimoine générée par chaque scénario.

    Définition de votre projet et consultation des entreprises

    Si la copropriété souhaite s’engager dans un programme de travaux, elle peut s’adresser à une équipe de maîtrise d’œuvre pour avancer sur les préconisations de l’audit global.

    Réalisable conjointement avec l’architecte de copropriété le cas échéant, la mission s’organise comme suit :

    • Phase d’étude pour définir par étapes successives le projet définitif sur le plan esthétique, technique et économique, pour obtenir les autorisations administratives nécessaires, voire préparer la négociation du contrat de fourniture de chaleur.
    • Consultation des entreprises sur la base d’un cahier des charges détaillé pour analyser les offres.
    • Mise à jour les simulations de financement avec les prix définitifs et les aides disponibles.
    • Montage des dossiers de demande de subventions.

    Dossier de financement, suivi et réception des travaux

    Si l’Assemblée Générale des copropriétaires vote en faveur du projet présenté, cette dernière étape consiste à réaliser les travaux dans le respect de l’enveloppe budgétaire et des délais prévus. Avant de commencer les travaux, il est à prévoir un accompagnement du Conseil Syndical dans la réalisation des dossiers de financement (prêt à taux bonifiés, …).

    Après passation des marchés, le maître d’œuvre pilote les différents corps d’état en communiquant régulièrement aux copropriétaires sur l’avancée des travaux.

    A la fin des travaux, il lève les réserves, renégocie le contrat de fourniture de chaleur avec l’exploitant et accompagne le Conseil Syndical dans la réalisation des dossiers d’aides.

     

    DESCRIPTION AUDIT ÉNERGÉTIQUE AUDIT GLOBAL
    Analyse de l’enveloppe Moyenne Détaillée
    Enquête copropriétaires Pas ou peu Oui
    Définition et chiffrage préconisations Ratios standards Evaluations ciblées
    Etat des lieux et propositions de scénarios ́nergétiques Globaux
    Simulation du financement (aides inclus) Non Oui
    Estimation de la valorisation patrimoniale Non Oui
    Probabilité de voter les travaux Forte Forte
  • Le Bilan Initial de Copropriété (B.I.C.)

    Le Bilan Initial de Copropriété (B.I.C.)

    Réalisation du BIC par le conseil syndical

    Le cahier du BIC disponible en téléchargement sur le site de Planète Copropriété ou le site de l’UNARC permet au conseil syndical de recenser les informations nécessaires à la réalisation d’un premier état des lieux de la situation de la copropriété, aussi bien du point de vue de la gestion, de son fonctionnement, de ses équilibres financiers, que du point de vue technique et de ses besoins de travaux.

    Analyse du BIC

    Les informations recensées grâce au BIC sont analysées par le conseil syndical, aidé éventuellement par un accompagnateur compétent (EIE, association ARC…).

    Mise en place d’un premier plan de traitement des problèmes de gestion

    Ce premier état des lieux permettra d’orienter la copropriété vers des actions de renforcement du fonctionnement de la copropriété si besoin (actions dites de « mise à niveau» par exemple concernant la maîtrise des charges ou des impayés) ou directement vers la constitution d’un dossier d’appel d’offres pour un audit.

    Préparation de l’audit global partagé

    Une fois le BIC réalisé, la copropriété aura une bonne vision de ses points forts et de ses points faibles et sera à même, avec l’aide de son accompagnateur de savoir si elle est prête ou non à passer en phase d’audit. Si c’est le cas, l’accompagnateur aidera à déterminer le type d’audit nécessaire pour définir un plan de gros travaux d’entretien et de rénovation adapté à ses besoins et ses capacités.

    C’est ce que nous appelons l’audit global partagé. « Global » car il n’est pas focalisé sur l’énergie, mais aussi sur les autres problématiques d’entretien ; et «partagé» car le conseil syndical se doit d’y jouer un rôle actif.

    Ainsi l’audit sera adapté à la copropriété et non un « prêt-à-porter ».

    Par ailleurs, ce travail de recensement des informations nécessaires à la réalisation d’un audit énergétique permettra à la copropriété de mieux négocier financièrement les conditions de réalisation d’un audit efficace, une partie du travail de l’audit ayant déjà été préparée et le déroulement de celui-ci faisant l’objet d’une aide du conseil syndical.

    Lancement de l’audit global partagé

    Pour effectuer un audit global partagé, seule une équipe pluridisciplinaire est en mesure de répondre aux conditions de compétences nécessaires.

    Planète Copropriété a défini la démarche de l’audit et a identifié des binômes architectes- thermiciens capables d’assurer ce travail collaboratif.

    L’accompagnateur aidera la copropriété à finaliser le cahier des charges de l’audit qui intégrera les attentes et remarques issues du BIC, et à consolider les informations nécessaires à la réalisation de l’audit. Une série de fiches a été mise au point permettant à l’accompagnateur et au conseil syndical de constituer le dossier complet.

    Il est important de rappeler que la finalité de l’audit global partagé est de définir un plan d’entretien et de rénovation à moyen terme intégrant des travaux d’économies d’énergie cohérents par rapport à la stratégie d’ensemble.

    Nous reprenons ces grandes étapes de façon synthétique dans le schéma ci-dessus.

     

  • Réaliser un bon audit : présentation de la démarche et de la méthode

    C’est la démarche et la méthode appelée «audit global partagé» que nous allons donc vous présenter pour expliquer comment réaliser un bon audit qui soit, aussi, énergétique.

    De plus en plus de copropriétés se posent les questions suivantes :

    « Quels sont les gros travaux d’entretien que nous devrons effectuer dans les prochaines années ? »

    « En particulier à quels travaux devrons-nous procéder en matière énergétique ? »

    « Pouvons-nous financer ces travaux et comment ? »

    La conclusion de Planète Copropriété est que, pour garantir qu’un audit soit efficace, il faut réunir plusieurs conditions :

    Il faut tout d’abord que le conseil syndical – dans son ensemble – soit le moteur de la démarche

    Il doit pouvoir participer à la définition du contenu de l’audit et de ses objectifs, ceci en partant non seulement des problèmes vécus par les copropriétaires, mais aussi de leurs attentes.

    Il faut ensuite que la copropriété soit en état de « bonne marche ».

    Inutile, en effet, de s’engager dans des audits si la copropriété n’a pas résolu les problèmes de base qui peuvent être les siens :

    • charges trop élevées et non maîtrisées ;
    • absence de traitement des impayés ;
    • mauvaises relations de travail avec le syndic,
    • mauvaises relations entre les copropriétaires et plus généralement les occupants, etc.

    Il faut également que toutes les compétences nécessaires à l’audit soient réunies par l’équipe réalisant l’audit.

    Or nous avons vu dans les pages précédentes que ces compétences sont nombreuses, et par conséquent qu’elles ne peuvent être le fait d’une seule personne. L’équipe devra donc être composée d’un thermicien pour les calculs thermiques, d’un architecte ou technicien du bâtiment pour consolider les préconisations de travaux et affiner les chiffrages et d’un planificateur financier permettant de savoir comment financer le projet.

    De plus nous conseillons aux conseillers syndicaux de rédiger un cahier des charges précis pour la recherche du bureau d’études thermique qui réalisera l’audit.

    Ce cahier des charges comprendra :

    • La présentation de la copropriété
    • Les attentes de la copropriété, le périmètre d’intervention et les points particuliers qui devront être étudiés
    • La manière dont se déroulera l’audit : les réunions, l’organisation des visites et les échéances de rendu.
    • Les documents dont dispose la copropriété

    Enfin, pour que les auditeurs soient les plus efficaces possible une fois l’audit lancé, il faut qu’ils soient aidés et accompagnés par le conseil syndical

    Celui ci favorisera :

    • le recueil des documents et des données nécessaires à un travail approfondi ;
    • la mise en relation avec les copropriétaires ;
    • la communication permanente – pendant l’audit, et jusqu’à sa restitution finale entre la copropriété et les auditeurs.

    Pour atteindre ces objectifs, Planète Copropriété a défini

    • une phase préalable à l’audit permettant de faire le point et qui repose sur ce que nous appelons le Bilan Initial de Copropriété – BIC – ;
    • un dispositif d’accompagnement permettant au conseil syndical d’avancer à son rythme.
    • un cahier des charges type d’audit à adapter à chaque copropriété et permettant de réaliser un « audit global partagé ».
  • Les audits énergétiques en copropriété : quelles connaissances règlementaires et techniques

    Les audits énergétiques en copropriété : quelles connaissances règlementaires et techniques

    Comme nous l’avons évoqué dans un précédent article, l’audit énergétique en copropriété n’est pas une sinécure. Les plans de travaux et les contrats de performance énergétique qui en découlent sont bien réels, et l’auditeur doit ainsi posséder un ensemble de savoirs et savoir-faire indispensables pour assurer une prestation de qualité.

    Les connaissances règlementaires et techniques à avoir

    • Connaître le contexte règlementaire thermique, et notamment les cas d’application des RT élément par élément, ou globale, ainsi que les niveaux de performance à atteindre.
    • Connaître le contexte règlementaire spécifique de la copropriété, notamment les règles de majorité encadrant la prise de décision en assemblée générale selon la loi du 10 juillet 1965: les majorités simple (article 24), absolue (article 25), double (article 26) et l’unanimité.
    • Connaître les rôles et responsabilités respectives du syndic et du conseil syndical.
    • Dans le cas d’une installation de chauffage collectif, savoir lire et analyser les contrats d’exploitation/maintenance, les contrats de fourniture énergétique, ainsi que les factures et relevés associés.
    • Savoir planifier le déroulement de l’audit avec les différentes parties prenantes: représentant du syndic, certains copropriétaires, gardien ou concierge, exploitant de chauffage…
    • Savoir lire les plans masse, les coupes horizontales, verticales et les élévations et en extraire les informations chiffrées nécessaires au bilan thermique; c’est-à-dire réaliser le métré.
    • Connaître les matériaux de construction et leurs méthodes de mise en œuvre en fonction des époques de construction et des régions. Être capable d’estimer une résistance thermique à partir de ses propres connaissances, des plans ou descriptifs de construction ou encore à partir de relevés de température (Umètre).
    • Connaître les caractéristiques thermiques et d’éclairage des menuiseries en fonction de leur nature (bois, métal, PVC) et des qualités des vitrages (simple vitrage, double vitrage, faible émissivité, argon…) et savoir mesurer les épaisseurs de lames de verre et d’air.
    • Connaître les principes des ventilations, naturelle et mécanique, et les règlementations associées et savoir mesurer un débit de ventilation en entrée d’air, en bouche d’extraction ou en gaine, ou à défaut savoir en faire l’approximation grâce à d’autres paramètres.
    • Connaître les principes de la production de chaleur en chaufferie collective ou en individuel et les règlementations associés, et savoir lire un plan de chaufferie en repérant les éléments physiques de la chaufferie.
    • Connaître les principes de la régulation en chauffage central et individuel, la distribution et l’émission du chauffage à eau chaude ainsi que les règles du confort thermique. Savoir relever les températures en locaux chauffés et non chauffés puis analyser ces relevés. Traduire en termes techniques les commentaires des résidents rencontrés.
    • Connaître les différentes sources d’apports thermiques internes les plus courantes: le métabolisme, le solaire et les appareils électriques. Être capable de chiffrer ces apports selon le bâtiment considéré.
    • Connaître les différents types d’éclairages artificiels (incandescent, halogène, fluorescent, fluocompact, LED…) et leurs caractéristiques.

    L’ensemble des savoirs et savoir-faire énoncés doit permettre d’effectuer un relevé juste qui conduise tout d’abord à la modélisation la plus juste possible du bâtiment, mais aussi aux meilleures préconisations possibles de travaux.

  • L’intérêt de la métrologie préalable et du suivi des consommations

    L’intérêt de la métrologie préalable et du suivi des consommations

    Quelle température fait-il chez vous ? La température ressentie ou la température du thermomètre ?

    Dans le cadre de l’audit énergétique une des étapes obligatoires consiste à calculer la consommation théorique de l’énergie nécessaire au chauffage des bâtiments. Ce calcul s’établit souvent sur la base d’une hypothèse de température moyenne autour de 19°C pendant la saison de chauffage. Or la température réelle s’avère bien souvent très éloignée (au dessus ou en dessous) de cette valeur pour différentes raisons : des façades diversement ouvertes vers l’extérieur, une distribution du chauffage qui peut être différenciée selon les orientations principales du bâtiment, des situations multiples d’appartements dans le bâtiment (sous toiture, en pignon…) plus ou moins favorable.

    Pour améliorer la qualité de l’audit énergétique et la fiabilisation des données à prendre en compte pour le calcul de modélisation thermique du bâtiment, il convient d’utiliser une métrologie simple qui va consister en une campagne d’enregistrement des températures intérieures des bâtiments pendant la saison de chauffe et également l’été si la copropriété dispose d’un système de rafraichissement. Cette campagne se déroulera sur une durée suffisamment longue et dans un échantillon de logements représentatif de la variété des situations. Les informations ainsi collectées (température, hygrométrie) pour chaque logement de l’échantillon permettront de mieux caractériser la situation de la copropriété au regard de la température de chauffage et par là d’apprécier le niveau d’équilibrage (ou déséquilibrage) des réseaux de chauffage. On trouve bien souvent des réseaux de chauffage déséquilibrés qui sont à l’origine de gaspillages importants d’énergie car il faut maintenir un réglage élevé pour fournir une température acceptable aux appartements les plus défavorisés.

    La première économie est de supprimer l’énergie dont nous n’avons pas besoin : c’est la démarche de sobriété énergétique.

    La métrologie au service de l’audit énergétique peut également prévoir dans certains cas l’installation de comptages ou sous comptages des différents usages énergétiques (chauffage, eau chaude sanitaire…). Pour les besoins de l’audit énergétique, ces comptages vont permettre de déterminer avec précision le poids des différents usages dans la facture énergétique de la copropriété. Ils peuvent néanmoins être installés de façon pérenne afin de pouvoir mesurer les bénéfices des différentes actions ou travaux d’économie d’énergie futurs qui seront votés.