Étiquette : paroles de pros

  • Agir concrètement contre le changement climatique

    Agir concrètement contre le changement climatique

    Si la rénovation thermique des copropriétés est un enjeu à la fois financier et énergétique pour les propriétaires, elle constitue également un défi climatique et environnemental à relever au niveau des politiques publiques. L’Agence Parisienne du Climat (APC) a été créée en 2011 pour assurer cette triple mission d’information, de conseil et d’accompagnement des Parisiens dans leurs démarches contre le changement climatique et pour la transition énergétique et écologique. Le point avec Jessica JACOBY-KOALY, conseillère en charge du réseau professionnel de la plateforme CoachCopro.

    Pouvez-vous nous présenter l’APC et son articulation avec le plan climat de la ville de Paris ?

    L’Agence Parisienne du Climat (APC) a été créée en 2011 par la ville de Paris et l’ADEME Ile-de-France pour mettre en application le plan climat de la ville adopté en 2007. Association loi 1901 qui réunit actuellement 90 adhérents issus de différents secteurs (architectes, bureaux d’études, professionnels de l’immobilier, banques, fournisseurs d’énergie, bailleurs…), l’APC a vocation à être le « Guichet unique » de la rénovation énergétique des copropriétés à Paris, et accompagne les copropriétés et les copropriétaires dans leurs travaux de rénovation énergétique et thermique.

    Le Plan Climat de la Ville de Paris a été élaboré sur 3 périodes, correspondant chacune à des avancées mesurables dans la lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre (GES) : d’ici 2020, l’objectif est de réduire de 25% les émissions et les consommations énergétiques de Paris et d’intégrer 25% d’énergies renouvelables supplémentaires par rapport à 2004. C’est ici que les actions d’accélération de la rénovation énergétique des bâtiments sont fondamentales.

    Entre 2020-2030, Paris devra réduire de 50% ses émissions de GES et de 35% sa consommation d’énergie par rapport à 2004, le tout en atteignant 45% d’énergies renouvelables dans la consommation dont 10% produites localement.,A l’horizon 2050, Paris ambitionne notamment de devenir un territoire à zéro émission de GES intra-muros, et de parvenir à une consommation composée à 100% d’énergies renouvelables, dont 20% produites localement.

    Les missions de l’APC sont en lien direct avec ces ambitions, puisque nous devons assurer l’accélération de la rénovation de l’habitat privé, via une fonction de conseil auprès du grand public, d’accompagnement des copropriétés, d’animation des filières professionnelles et d’un observatoire de la rénovation énergétique des copropriétés à l’échelle de la Métropole du Grand Paris. D’autre part, l’APC a mis en place le laboratoire de la transition énergétique, qui assure le décryptage de politiques publiques et des données climatiques afin de les diffuser auprès du grand public. Enfin, nous favorisons la mobilisation des acteurs économiques dans le cadre de la Charte Paris Action Climat.

    Comment la plateforme numérique CoachCopro participe-t-elle à ces ambitions ?

    La Plateforme CoachCopro a pour objectif de « massifier » la rénovation énergétique des copropriétés et d’aider les copropriétaires dans leurs projets de rénovation thermique.

    L’idée consiste à mettre en relation l’offre et la demande, c’est-à-dire de permettre aux copropriétaires de se mettre en relation avec des entrepreneurs et des professionnels qualifiés.

    Notre annuaire regroupe les professionnels et permet aux copropriétaires de trouver les compétences indispensables tout au long du projet. La rubrique « Être accompagné » propose une liste de professionnels de l’assistance à maîtrise d’ouvrage ou des syndics ; la rubrique « Concevoir » regroupe les architectes, les cabinets d’études, les maîtres d’œuvre… ; la rubrique « Financer » liste les professionnels de l’ingénierie financière et du financement ; enfin, la rubrique « Réaliser » rassemble les professionnels de tous les corps de métiers concernés.

    Tous ces professionnels ont signé notre Charte d’Affiliation, qui garantit aux copropriétaires que les intervenants ont les compétences et, le cas échéant, les certifications requises pour les travaux et les études de rénovation énergétique. CoachCopro regroupe actuellement 252 professionnels.

    Nous mettons également à disposition des ressources documentaires (cahiers des charges, audit, aides financières, grilles de comparaison des devis), ainsi que les données de l’Observatoire, et une carte des copropriétés rénovées à l’échelle de la région parisienne qui ont été suivies par l’APC. Ces données, qui concernent à ce jour une centaine de copropriétés rénovées, permettent aux autres propriétaires d’avoir des données chiffrées pour leurs propres projets.

    Quelles interventions l’APC assure-t-elle auprès des copropriétaires, et comment les orientez-vous ?

    Le rôle de l’APC n’est pas de monter les dossiers pour le compte de copropriétaires, mais de les suivre et de les orienter du début à la fin de leur projet de rénovation. Ainsi, nous vérifions la complétude des dossiers, nous informons et nous assistons le lancement du projet dès le stade de l’idée initiale, en incitant les copropriétaires à faire réaliser des devis pour des bilans ou des diagnostics énergétiques, en les aidant à comparer et à analyser les devis, les rapports, etc.

    Cet accompagnement nous permet de guider les copropriétaires dans l’ensemble de leur projet et de nous assurer que les choses sont faites dans le bon ordre : préparation et audit / consolidation du programme des travaux (maîtrise d’œuvre, ingénierie financière, appels d’offres et budgétisation du projet avec un plan de financement) / travaux.

    Pour ce faire, nous organisons régulièrement des réunions d’informations en amont avec les copropriétaires pour leur expliquer les avantages d’une rénovation thermique : valorisation du bien, confort, aides financières, économies et lutte contre le changement climatique. Au final, nous constatons que les propriétaires sont sensibles à ce dernier argument.

    Nous organisons également des événements toute l’année sur le climat, la rénovation, les retours d’expérience. Le 16 avril prochain, nous organisons le Forum de l’Éco-rénovation en copropriété à l’Hôtel de Ville de Paris de 9h à 18h.

  • « Assister les électriciens dans une nouvelle ère de l’électricité » – Philippe Rifaux (FFIE)

    « Assister les électriciens dans une nouvelle ère de l’électricité » – Philippe Rifaux (FFIE)

    La lutte contre le changement climatique, qui incite naturellement à se tourner vers les énergies renouvelables, va avoir un impact important sur les métiers de l’électricité. En effet, à quelques expériences près, l’électricité représente l’énergie « universelle » pour remplacer des usages qui, jusqu’à présent, faisaient appel à des solutions dites thermiques : chauffage, véhicules, eau chaude sanitaire… En outre, les électriciens sont les acteurs naturels des nouveaux marchés qui émergent ces dernières années, comme la domotique et la fibre. Le point sur ces nouvelles opportunités de marchés avec Philippe Rifaux, Délégué Général de la FFIE.

    Quelles sont les dernières évolutions des marchés porteurs pour les électriciens ?

    Concernant l’autoconsommation en photovoltaïque, le marché est porté par le fait que tout projet en neuf doit désormais intégrer une part d’ENR. Les électriciens y ont donc toute leur place et peuvent proposer des solutions. C’est un marché à fortes opportunités, même si son intégration doit passer par des formations indispensables du personnel, par une qualification de l’entreprise, et nécessite de travailler en lien avec d’autres entreprises (notamment en étanchéité et en couverture). C’est un marché prometteur si on ne le casse pas avec une réglementation trop rigide, et qu’on n’y laisse pas se multiplier des acteurs peu scrupuleux qui nuisent à l’image du métier.

    Sur la domotique, nous avons réalisé une enquête auprès de nos adhérents, qui laisse apparaître un marché déjà bien développé qui représente en moyenne 30% de leur CA. C’est un marché global, réparti sur l’ensemble du territoire et accessible aux entreprises de toutes tailles. Des formations sont à envisager car on entre dans le domaine de l’intégration de systèmes, et le marché va encore évoluer. Il nécessite une véritable approche marketing, avec une vraie stratégie de communication pour bien expliquer les prestations aux clients.

    L’installation d’infrastructures de recharge des véhicules électriques (IRVE) constitue un marché clairement en développement, même s’il demeure encore confidentiel. Certains de nos adhérents s’y sont spécialisés, et aident même leurs clients à remplir les dossiers d’aides, notamment les CEE. Le marché va encore se développer fortement pour deux raisons : l’installation des IRVE doit être évoqué dans les AG annuelles de copropriétaires, et chaque copropriétaire a un « droit à la prise » : le propriétaire qui souhaite faire installer une IRVE ne peut se le voir refuser par la copropriété. A noter que ce segment nécessite une qualification « Qualifelec IRVE ».

    La fibre optique, quant à elle, est évidemment un marché potentiel, puisqu’elle est actuellement en phase de déploiement. Mais ce dernier, un peu comme pour le compteur Linky, a échappé aux électriciens. Ceci étant peut-être dû à des conditions de déploiement trop rapides et non satisfaisantes. Mais nous attendons le raccordement de la fibre chez les particuliers et dans le tertiaire qui, elle, va représenter un marché considérable.

    Enfin, en ce qui concerne les réseaux de communication, nous sommes face à un marché d’intégration, qui nécessite des compétences complémentaires à celles de l’électricien « traditionnel ». Nous devons mettre en œuvre des processus de formation continue, et certains CFA commencent à les intégrer dans leurs programmes. De notre côté, nous sommes en train de bâtir un référentiel de formation pour les entreprises sur ce sujet.

    Parlez-nous de votre projet de Lab

    Plus qu’un projet, c’est une action qui est déjà en cours. L’objectif est de créer, dans nos locaux pour le moment mais aussi de manière virtuelle, un parcours de visite décrivant concrètement les différentes facettes des métiers de l’électricité et les dernières innovations dans les logements et dans le secteur tertiaire. Nous y travaillons avec 23 partenaires (industriels de la profession, IRVE, systèmes anti-intrusion…), pour pouvoir montrer concrètement les potentialités de notre profession. Il ne s’agit évidemment pas d’en faire un musée, mais bien une exposition concrète, évolutive, dont les installations seront régulièrement renouvelées par les partenaires. Elle sera mise en œuvre fin 2019, avec l’ambition, à terme, de pouvoir présenter ce grand « show-room » évolutif à nos adhérents, à des écoles, à des décideurs, à la presse, pour leur faire prendre conscience des enjeux et des potentiels de notre profession.

    C’est également une manière de comprendre ce que sera le marché de l’électricité dans les années qui viennent. Puisque nous savons déjà que si, à court terme, la croissance du secteur va un peu ralentir, nous pouvons compter sur l’agilité des entreprises pour s’adapter. Par contre, à plus long terme, la lutte contre le changement climatique et pour les économies d’énergies va avoir des implications importantes pour nos métiers, car la réduction de l’empreinte écologique de nos activités va forcément bénéficier à l’électricité. En ce sens, notre secteur a un bel avenir.

    Pouvez-vous nous présenter la FFIE en quelques mots ?

    La Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique regroupe 5400 entreprises de toutes tailles (TPE, PME, ETI et majors) dans le secteur de l’installation de systèmes électriques dans les bâtiments résidentiels, tertiaires, industriels, en neuf, en entretien et en maintenance.

    • La FFIE est une organisation implantée sur tout le territoire français et poursuit plusieurs objectifs :
    • être à l’écoute de nos adhérents pour bien cerner leurs besoins, leurs demandes, et leurs difficultés ;
    • être le porte-parole des entreprise dans les territoires ;
    • être acteur sur les sujets importants de notre profession, via des actions de lobbying ;
    • être en veille sur les tendances pour accompagner les mutations actuelles et identifier les marchés de demain ;
    • fournir les outils pour mettre en place une approche « marketing » de l’électricité. C’est un monde très technique, mais l’arrivée de nouveaux acteurs plus « managers » et « gestionnaires », est en train de le transformer en profondeur ;
    • et participer aux travaux de normalisation.
  • Des mesures d’empoussièrement utiles pour des mesures de sécurité efficientes

    Des mesures d’empoussièrement utiles pour des mesures de sécurité efficientes

    Les mesures d’empoussièrement lors des travaux de désamiantage sont, d’un point de vue réglementaire, parfaitement encadrées. Mais pas forcément toujours pertinentes, notamment lors de certains chantiers ou dans des conditions de travail particulières. Des situations qui doivent amener les professionnels à « adapter » leurs obligations réglementaires pour obtenir des mesures cohérentes, utiles et donc, exploitables pour la sécurité des salariés. Le point avec Thomas Lesser, président de BET2C.

    Pouvez-vous nous présenter BET2C ?

    BET2C est une société qui a été fondée il y a 21 ans. A l’origine, nous étions un bureau d’études spécialisé dans la structure des bâtiments. En 2010-2011, nous avons décidé d’élargir notre champ d’intervention dans l’ensemble des ingénieries techniques du bâtiment, et notamment les études thermiques, les études des fluides, et les études électriques, pour être en mesure de proposer pour un panel complet d’études techniques à nos clients, tant sur de la construction neuve qu’en rénovation. En 2015, en complément de ces activités, une nouvelle association nous a permis de développer une compétence en maîtrise d’œuvre et dans le traitement des polluants du bâtiment, spécialement l’amiante et le plomb. Nous intégrons à l’heure actuelle des compétences en économie de la construction et en sécurité incendie.

    Vous parlez de la nécessité « d’exploiter des mesures utiles ». Comment cela se traduit-il sur le terrain ?

    Le Code du Travail impose des mesures d’empoussièrement (environnementales et individuelles) pour protéger les opérateurs et l’environnement du chantier. Ces mesures permettent de surveiller le respect de la Valeur Limite d’Exposition Professionnelle (VLEP). Les mesures dites « environnementales » consistent en des prélèvements fixes permettant de contrôler la concentration de fibres d’amiante dans l’air avant, pendant et après les travaux. Ces prélèvements sont réalisés grâce à des pompes, dont l’emplacement, le débit et le nombre sont fixés par des dispositions du Code du Travail et d’une norme. Cependant, ces obligations telles qu’elles sont décrites peuvent entraîner des mesures inexploitables, donc inutiles.. Ce qui peut nous amener dans certains cas à ne pas avoir une lecture « au pied de la lettre » de ces dispositions, quand l’environnement de travail ne nécessite techniquement pas de les mettre en œuvre telles quelles.

    Par exemple, le fait de réaliser un état initial avec des mesures en extérieur et en plein vent n’est pas une mesure utile, puisque nous savons, dans ce cas, que cette mesure initiale ne fera pas apparaître de fibres d’amiante. De la même manière, nous ne ferons pas poser deux pompes à deux mètres l’une de l’autre s’il apparaît, dans la configuration du chantier, que les zones à mesurer se confondent. Pour le maître d’ouvrage (MOA), le gain d’une telle approche est d’abord financier. Et ce, surtout sur des chantiers de petites surfaces ou de quelques jours. Il faut bien avoir à l’esprit que la métrologie liée aux mesures d’empoussièrement peut représenter 25 à 30% des coûts…

    Cette approche nous paraît d’autant plus fondée que nous ne rencontrons pas de difficultés avec l’inspection du travail, dès lors que nous expliquons clairement les motivations des choix qui sont faits. Mais il est indispensable de les expliquer et de les justifier dans le plan de retrait. L’idée est de bien orienter les mesures pour en tirer des conclusions valables et utiles pour la surveillance de l’environnement du chantier et pour la sécurité sanitaire des opérateurs et des occupants. L’orientation des stratégies de prélèvements sont notées explicitement dans le CCTP pour que l’entreprise les intègre dans son plan de retrait. Dans certaines situations particulières, nous pouvons être amenés à en discuter préalablement avec l’inspection du travail.

    L’arrêté du 31 mai 2018 va venir modifier substantiellement les prélèvements sur opérateurs. Pouvez-vous nous en parler ?

    Les prélèvements sur opérateur constituent l’autre partie de la surveillance des empoussièrements. Il s’agit de mesures individuelles, réalisées avec des pompes posées sur les opérateurs, qui permettent de surveiller leur exposition aux émissions de fibres d’amiante, et de garantir le respect de la VLEP. Le cas échéant, ces mesures permettent d’ajuster le niveau de protection individuelle et collective.

    Concernant les mesures individuelles, les dispositions de l’arrêté du 14 août 2012 imposent que la stratégie d’échantillonnage et la stratégie d’analyse conduisent au dénombrement d’au moins 100 fibres d’amiante ou à l’atteinte d’une sensibilité́ analytique inférieure ou égale à 1 fibre par litre.

    Cependant, sur un plan opérationnel et pour des tâches courtes ou générant beaucoup de poussières autres que d’amiante, les laboratoires rencontraient de grandes difficultés pour obtenir cette sensibilité analytique. D’où des résultats non exploitables ou non recevbkes réglementairement..
    L’arrêté de mai 2018 a tenu compte de ces difficultés qui sont très rapidement apparues chez les désamianteurs et les entreprises de Sous-section 4. Le projet Carto de l’OPPBTP a mis en évidence ces problématiques, ce qui a permis d’envisager les assouplissements que ce nouveau texte a mis en place.

    Notamment, la sensibilité analytique peut désormais être adaptée jusqu’à 3 fibres par litre, sous réserve de démontrer l’impossibilité technique d’atteindre ces objectifs à cause d’un empoussièrement général qui entraînerait un taux d’obscurcissement des ouvertures de grilles de microscopie supérieur à celui prévu par la norme NF X 43-050 et/ou de tâches très courtes. Cette évolution va faciliter le travail des entreprises de Sous-section 4, ainsi que celles des entreprises de désamiantage mettant en œuvre des processus très émissifs (toutes poussières confondues), en imposant moins de prélèvements et d’analyses rendus inutiles par la particularité du chantier.

  • Le BIM dans la rénovation thermique des immeubles des 30 Glorieuses

    Le BIM dans la rénovation thermique des immeubles des 30 Glorieuses

    Connu essentiellement sous le terme de « maquette numérique », le Building Information Modeling (BIM) ou « Modélisation des Informations du Bâtiment » en Français, est en réalité beaucoup plus que cela. En quoi la maîtrise et la mise à jour constante des données d’un bâtiment peuvent-elles faciliter les opérations de rénovations thermiques ? C’est la question posée à Jérôme BONNET, directeur Développement BIM chez AC-Environnement.

    Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est précisément le BIM ?

    Le BIM est, avant toute chose, une base de données descriptive d’une construction, qui est collaborative et centralisée, et s’appuie sur une représentation 3D. Cette représentation 3D, la fameuse « maquette numérique », n’est en fait que l’aboutissement et la traduction graphique de l’ensemble des données qui auront été préalablement collectées et compilées sur un bâtiment donné.

    Le fait de disposer de toutes les données, notamment techniques, sur un bâtiment, permet d’assoir toutes les études futures (et donc, celles préalables à une rénovation énergétique) sur des données contrôlées et, surtout, à jour.

    Pour le maître d’ouvrage, la base de données BIM permet de faciliter la communication avec la maîtrise d’oeuvre, puisqu’il s’agira uniquement de lui transmettre des données ou de lui donner l’accès à la base BIM. Sans cette base, le maître d’ouvrage se retrouve souvent à devoir faire lui-même des métrés, à rechercher des documents papier, etc… Ceci permet à chacun de se concentrer sur son métier, et finalement de gagner du temps et de la qualité dans les données transmises.

    Côté maître d’œuvre, le BIM permet de disposer très simplement d’un accès de l’état du bien (surfaces, qualité et nature des matériaux, historique des interventions et des travaux…), ce qui lui fait gagner un temps précieux sur chaque opération.

    En amont de l’opération de rénovation énergétique, que peut apporter le BIM ?

    Tout dépend de ce que l’on entend par « amont ». Dans les immeubles qui nous intéressent ici, c’est-à-dire des bâtiments construits entre 1950 et 1980, la phase amont correspondra bien souvent à la mise en place d’un BIM. Car, si le BIM est facile à constituer sur des immeubles neufs ou très récents, les données disponibles sur les immeubles anciens sont, a contrario, très rares…La phase amont consistera à faire une « photographie » de l’immeuble avant d’envisager l’opération de rénovation, pour optimiser celle-ci, et pour définir exactement ce dont on parle.

    L’apport d’AC Environnement sur ce sujet est d’avoir fait le choix, en tant que multi-expert du bâtiment, de capturer l’existant, en récoltant des données qui ne nous étaient pas forcément utiles sur le moment, sur des bâtiments pour lesquels nous sommes appelés pour réaliser, par exemple, des diagnostics techniques. Grâce à notre leadership dans les diagnostics, nous avons pu récolter et traiter une multitude de données sur les immeubles de nos clients, et les regrouper sur une plateforme, CM-BIM, que nous mettons à disposition de nos clients maîtres d’ouvrage, et qui permet à chacun de disposer de ces informations. Sur les immeubles anciens que nous avons étudiés, la rénovation thermique pourra se faire sur une base BIM mise en place par nos soins.

    Pour ces immeubles, avant de faire quoi que ce soit, il faudra donc constituer la base de données pour pouvoir bénéficier des atouts du BIM, dont le plus important est la capacité à réaliser des simulations sur la base de données interprétables.

    En aval de l’opération de restauration, quels sont les apports du BIM ?

    C’est précisément à l’issue d’une opération de restauration menée grâce aux données du BIM que celui-ci révèle son potentiel. En effet, une modélisation BIM ne va pas tenir compte uniquement des données techniques d’un bâtiment, mais également de ses composantes démographiques, sociologiques et comportementales.

    Une modélisation BIM va mettre en évidence des composantes autres que techniques qui vont influer sur le résultat final d’une rénovation énergétique à savoir, en premier lieux, réaliser des économies. Une étude BIM complète va mettre en exergue des failles purement techniques, certes, mais aussi des défauts de comportements ou d’occupation, qui vont permettre aux occupants de l’immeuble de corriger de mauvaises habitudes qui nuisent à une bonne performance énergétique. C’est donc une opportunité sans pareille de sensibiliser les occupants et, surtout, de les responsabiliser.

    La modélisation BIM permet donc de s’engager sur des obligations de résultats concrets et mesurables (baisse de la consommation, augmentation du confort) et non plus uniquement sur une obligation de moyens, c’est-à-dire qui se limiteraient à la mise en œuvre exclusive de solutions techniques (double-vitrage, sondes de températures…). Nous sommes donc dans une approche globale pour proposer des solutions elles aussi globales. L’aspect technique demeure, bien évidemment, mais il cède le pas à la responsabilisation des acteurs du bâtiment.

  • Étiquetage des câbles selon Brady Corp : « donner une plus grande autonomie aux opérateurs de terrain »

    Étiquetage des câbles selon Brady Corp : « donner une plus grande autonomie aux opérateurs de terrain »

    Entreprise américaine fondée en 1914 par Will Brady, Brady Corp a débuté en concevant des calendriers photos des affiches en couleurs pour les glaciers et des présentoirs de point de vente. Un ADN orienté « signalétique » qui a fait de cette petite entreprise une multinationale spécialisée dans la conception d’étiquettes d’identification pour toutes les applications industrielles. Steve Caster, responsable des logiciels et des imprimantes portables, et David Détré, expert produit France, nous présentent la dernière innovation de la marque : l’imprimante portable BradyPrinter M611.

    Pouvez-vous nous présenter Brady Corp ?

    Historiquement, l’entreprise conçoit et fabrique des milliers de produits d’identification et de sécurité, ainsi que des adhésifs spéciaux pour des applications particulières : électronique, électricité, informatique, transports, construction, logistique… Cette spécialisation est le fruit d’une innovation constante de Brady et d’investissements importants en R&D. Ainsi, nos étiquettes d’identification destinées à l’industrie aérospatiale et à la défense résistent au froid et à la chaleur extrêmes sans aucune perte de performance pour une identification permanente des fils et composants.

    Il en va de même pour l’industrie automobile, qui utilise nos étiquettes pour garantir la traçabilité dans le temps des millions de composants intégrés chaque jour dans les nouveaux véhicules. Ces étiquettes résistent à la chaleur, au liquide de freins, à l’huile et aux solvants agressifs.

    Nos solutions innovantes et éprouvées nous permettent également de travailler avec les industries pétrochimiques en milieux agressifs, électrique, agroalimentaire, ainsi qu’avec les laboratoires. Pour ces derniers, nous avons développé des étiquettes d’identification qui demeureront en place et resteront lisibles même si elles sont chauffées ou gelées…

    Comment votre nouvelle imprimante portable BradyPrinter M611 s’inscrit-elle dans ligne stratégique de l’entreprise ?

    Essentiellement, cette imprimante, qui n’est pas en soi une nouveauté chez Brady, a fait l’objet d’innovations qui ont un double objectif : permettre aux opérateurs de terrain (qui utilisent les étiquettes) de collaborer efficacement avec les opérateurs de back-office (qui peuvent concevoir les étiquettes) et d’autre part, de donner une plus grande autonomie aux opérateurs de terrain dans la conception des étiquettes.

    Le fonctionnement de l’imprimante est très simple, et se pilote via une interface numérique portable, smartphone ou tablette, ou un PC. Sur le terrain, l’opérateur pourra imprimer les étiquettes dont il a besoin sur la BradyPrinter M611 directement à partir de son support portable, par simple sélection du fichier à imprimer.

    Mais, plus intéressant encore, l’application mobile Brady Workstation Express Labels Mobile App permet désormais de modifier, corriger ou créer des étiquettes sans avoir à passer par un ordinateur fixe. Il est de plus possible d’utiliser des formats d’étiquettes standardisés ou de partir d’une étiquette vierge et de concevoir une étiquette sur mesure au format souhaité (code-barres, QR Code…). Ces étiquettes peuvent également intégrer des fichiers importés via des mails ou des stockages en cloud. De fait, le système de conception est totalement multi-support : une étiquette peut être conçue au bureau sur un ordinateur fixe puis modifiée sur le terrain par l’opérateur.

    Avec la BradyPrinter M611et ses applications mobiles, l’opérateur de terrain gagne en autonomie et en réactivité, mais également en temps : s’il constate une erreur ou une omission sur une étiquette, il peut la corriger lui-même ou demander une correction au back-office qui lui renverra le bon fichier par mail, lequel fichier pourra être directement intégré dans l’application. Terminés les allers-retours chronophages !

    Comment l’imprimante s’utilise-t-elle sur le terrain ?

    Très simplement, via une connexion Wifi ou Bluetooth, qui permet une communication directe entre l’imprimante et le support numérique. Cette technologie permet également de connecter instantanément plusieurs imprimantes portables au même support numérique.

    Sur un plan opérationnel, l’imprimante BradyPrinter M611 est gérée par le support numérique comme une imprimante externe classique sur un ordinateur : avant d’imprimer, l’opérateur sélectionne l’imprimante souhaitée dans la liste des imprimantes détectées en Wifi ou Bluetooth, puis il lance l’impression. Techniquement, nous sommes dans une logique d’utilisation plug-and-play.

    Et comme pour l’ensemble de nos produits, la BradyPrinter M611est compatible avec les 800 types d’étiquettes disponibles pour l’ensemble des utilisations techniques.

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  • Grand Circuit Contrôler le Bâtiment : retour sur 2018 et nouvelles thématiques 2019

    Grand Circuit Contrôler le Bâtiment : retour sur 2018 et nouvelles thématiques 2019

    Co-organisateur avec Deveko en 2018 du Grand Circuit Contrôler le Bâtiment, Testoon poursuit l’aventure en 2019. Jean-Michel Catherin, fondateur et président, dresse le bilan de l’édition 2018 et présente les thématiques qui seront traitées au cours de l’édition 2019 du Grand Circuit Contrôler le Bâtiment.

    Quel bilan faites-vous de l’édition 2018 ?

    Nous avons vraiment apprécié de pouvoir aller « sur le terrain » pour rencontrer nos clients. C’est une occasion que l’on a assez rarement de pouvoir prendre le temps de discuter, puisque nous sommes tous très pris par l’opérationnel. L’édition 2018 nous a permis de faire le tour des thématiques d’actualité. L’année dernière, les problématiques liées à la recertification étaient au cœur des discussions. Également, nous avons abordé la question de la croissance des entreprises : beaucoup de sociétés de diagnostics cherchaient à recruter pour pouvoir étendre leur offre. Enfin, la création et la reprise ont été au centre des discussions, puisque les « premières générations » de diagnostiqueurs commencent à partir en retraite, et une nouvelle génération de professionnels est en train d’arriver sur le marché.

    Sur la forme, le format « tables rondes » a permis d’avoir de vrais échanges sur des questions opérationnelles et techniques, avec des débats animés et dynamiques. Les stands nous ont permis d’échanger de manière informelle entre deux débats, et de rencontrer des clients qui ont pu nous exposer leurs besoins. Ce fut réellement enrichissant.

    Quelles thématiques pour l’édition 2019 ?

    Cette année, nous allons creuser encore plus la question de la diversification, en traitant en profondeur 4 thématiques très orientées métier : le diagnostic avant travaux, les contrôles en fin de chantier, la qualité de l’air intérieur et la thermographie. Ces questions, jusqu’ici émergentes, vont être d’actualité dès le début de 2019, et vont sans doute le rester pour quelques années.

    Pourquoi le diagnostic avant travaux refait-il surface ?

    Il n’a jamais vraiment disparu des écrans, mais le fait est qu’il continue à prendre de l’ampleur avec l’obligation de gestion des déchets de polluants.
    Au début, il s’agissait d’un simple repérage amiante à réaliser en cas de démolition ou de gros travaux. Aujourd’hui, il concerne également le plomb, et va embarquer à terme d’autres polluants.

    Croisés avec l’obligation de gestion des déchets, et donc de l’évaluation précise de leur quantité, on peut prédire avec certitude que les travaux de démolition vont nécessiter un important travail en amont pour les diagnostiqueurs, qui devront être en mesure d’évaluer non seulement la nature des déchets, mais également leur volume.

    De plus, l’arrivée du BIM et des maquettes numériques dans les travaux de rénovation et la démocratisation de l’imagerie 3D vont ouvrir aux diagnostiqueurs des prestations et des marchés qui, aujourd’hui, sont essentiellement réalisés par des bureaux d’études ou des architectes. Les nouvelles technologies permettent désormais aux diagnostiqueurs de remettre à leurs clients des plans 3D à l’occasion des repérages, grâce au mesurage laser 3D, et à la photogrammétrie. Ces plans 3D permettent également d’estimer précisément les volumétries de déchets.

    Quelles évolutions peut-on attendre des contrôles en fin de chantier ?

    La thématique que nous avons retenue est de déterminer comment ces contrôles contribuent à l’amélioration de la qualité du bâti. Actuellement, les seuls contrôles obligatoires en fin de chantier concernent l’infiltrométrie et l’acoustique dans les logements collectifs.

    La question est de savoir s’il existe d’autres domaines qui pourraient être contrôlés en fin de chantier pour améliorer la qualité de la construction. Pour ce faire, il est possible de travailler suivant deux axes de contrôle : celui des obligations imposées par les différents labels, et celui des obligations imposées dans le cadre de la qualification des professionnels, comme, par exemple, la qualification RGE. Ces labels et qualifications améliorent évidemment la qualité de la construction, puisqu’ils imposent notamment des règles de l’art.

    Si on prend l’exemple du référentiel Qualibat 87-21 pour la qualité de la ventilation, des contrôles sont imposés (visuel, mesure des débits, étanchéité des réseaux), mais leur impact sur la qualité de la construction n’est pas évalué.

    On pourrait également envisager des mesures pour qualifier la résistance thermique globale d’un bâtiment, à savoir la durée de conservation de sa chaleur. Il existe sur ce sujet une norme européenne mais qui est trop contraignante pour être mise en œuvre sur les chantiers. L’idée est ici de déterminer quels types de contrôles en fin de chantier pourraient avoir une incidence positive sur la qualité du bâti.

    Quid de la qualité de l’air intérieur ?

    Cette problématique est directement liée aux nouvelles normes de construction, qui imposent des exigences drastiques en termes d’isolation et d’étanchéité à l’air.
    La question sera ici de déterminer si l’amélioration de l’isolation peut nuire à la qualité de l’air intérieur. Le fait est que l’on constate l’apparition de pathologies liées à ces nouvelles exigences qui rendent les constructions étanches à l’air : moisissures, humidité… et qui nécessitent des solutions de ventilations adaptées. Lesquelles, étant rarement installées conformément aux règles de l’art, ont un impact sur la consommation du bâtiment, notamment en termes de chauffage, et diminuent d’autant son efficacité énergétique.

    Dans le même ordre d’idée, il sera aussi question de lutte contre les polluants intérieurs intégrés dans des matériaux émissifs (COV), ainsi que les entrées de polluants extérieurs (benzène, particules fines…) qui sont aspirés par les systèmes de ventilation.

    Quel avenir pour la thermographie ?

    C’est la question que nous souhaitons aborder : les mesures par imagerie thermique sont-elles un facteur d’amélioration du bâtiment ? Si la réponse est positive, notamment en termes de contrôles des travaux (vérification d’isolation, détection des pathologies, mesure des fuites thermiques…), on peut se demander pourquoi l’imagerie thermique n’est pas plus utilisée dans les contrôles. Alors qu’il est évident qu’elle permet de contrôler les défauts d’un bâtiment, et que la démocratisation des technologies les rend désormais accessibles aux artisans.

  • Nouvel arrêté de compétence : une simplification attendue !

    Nouvel arrêté de compétence : une simplification attendue !

    Le nouvel arrêté de compétence est paru le 2 juillet dernier et sera applicable aux diagnostiqueurs immobiliers à compter du 1er avril 2019. Outre le fait qu’il allonge la durée de la certification de deux ans, il vient également unifier les méthodes de contrôle et les exigences attachées au renouvellement des certificats, il définit les pré-requis et durées de formations initiales et tout au long de la certification et rend la certification des organismes de formation obligatoire, posant ainsi des bases harmonisées de compétences et d’exigences pour la formation des diagnostiqueurs. Le point avec Lionel Janot, Président de la FIDI.

    Quelles avancées ce nouveau texte porte-t-il pour la profession ?

    Tout d’abord, il simplifie le corpus réglementaire sur le sujet des formations et des renouvellements de certifications en rassemblant l’ensemble des textes en un seul. Et surtout, il unifie les méthodes et les obligations sur l’ensemble des six domaines du diagnostic immobilier : amiante, DPE, gaz, électricité, termites et plomb et impose aux organismes de formation d’être certifiés, donc d’appliquer des règles communes et d’être eux-mêmes régulièrement audités. Les professionnels attendaient cela depuis un moment. En ce sens, c’est déjà une belle avancée.

    L’allongement du délai de 5 à 7 ans pour la recertification, est également une amélioration que nous souhaitions depuis longtemps, sous réserve que rapporté à la durée, le coût soit le même pour le diagnostiqueur. Nous sommes la seule profession à qui on demande de faire la preuve de ses compétences à échéances aussi rapprochées. C’est rassurant pour les clients, mais terriblement chronophage et coûteux pour les professionnels. La certification a été un vrai plus pour la profession, car elle a permis la montée en compétence des bons professionnels et l’élimination des « canards boiteux ». Ce fut très bénéfique pour la profession.

    Enfin, la mise en place du contrôle global sur ouvrage en lieu et place des QCM va permettre d’avoir un véritable contrôle des compétences concrètes des diagnostiqueurs, car il se fera sur l’ensemble des six domaines de compétence.

    Constatez-vous cependant des manques dans l’arrêté ?

    Ce ne sont pas de manques ! Il reste surtout à définir certaines modalités techniques de son application. C’est pourquoi l’ensemble des fédérations représentatives de la filière du diagnostic travaille actuellement en groupe de travail inter-syndical avec le ministère, tant pour prévenir les risques d’interprétation des points trop peu précis dans l’Arrêté que pour harmoniser les pratiques, en rédigeant un « guide d’accompagnement » qui permettra une mise en oeuvre homogène.

    Il aurait également été intéressant d’uniformiser les examens au niveau des OC, et d’étendre encore la durée des certifications : 5 ans, c’était court ; 7 ans, c’est mieux. Mais les procédures de surveillance sont suffisantes pour éviter les mauvaises habitudes et permettre les remises à niveau, même au-delà de 7 ans. Et s’il est important de se faire auditer régulièrement, il faudrait faire en sorte que cela ne génère pas de coûts trop importants en regard d’un marché qui va souvent vers le moins-disant.

    Enfin, de nombreuses questions se posent sur l’articulation entre ce texte et ceux qui étaient attendus sur l’amiante en particulier, pour le volet « avant-travaux » : sur ce point, seuls les ministères et administrations concernés détiennent les réponses…

  • Muller Intuitiv with Netatmo : les atouts d’un radiateur intelligent

    Muller Intuitiv with Netatmo : les atouts d’un radiateur intelligent

    Spécialiste français des solutions de chauffage électrique Made in France, le Groupe Muller a lancé en octobre dernier « Muller Intuitiv with Netatmo », une solution embarquée pour les radiateurs électriques intelligents, dotés de la technologie Muller Intuitiv. L’objectif : les rendre beaucoup plus économiques et plus écologiques par rapport à un convecteur de première génération. Présentation de la solution par Sylvain Raballand et Gilles Boisliveau, responsables marketing.

    Quelle est la vision du Groupe Muller ?

    Muller est un groupe familial français spécialisé dans le confort thermique et, notamment, dans la conception et la fabrication de chauffages, de PAC, ou de chauffe-eau thermodynamiques. Avec 1200 salariés et 6 sites de production en France, Muller regroupe les marques : Airelec, Applimo, Campa et Noirot, pour le chauffage électrique, Auer pour les chauffe-eau thermodynamique, les PAC hautes performances, et France Energie spécialiste de la PAC sur boucle d’eau.

    L’entreprise Muller a été créée dans les années 60, à l’occasion du changement de tension, lors du passage du 110V au 220V, pour convertir les appareils électriques domestiques en 220V. Une fois ce chantier réalisé, l’entreprise s’est reconvertie par voie d’acquisitions successives, toujours en accompagnant les évolutions des politiques énergétiques. C’est ainsi que le Groupe s’est imposé lors de l’émergence du chauffage électrique en France, qui est le plus gros marché d’Europe.

    Aujourd’hui encore, Muller s’inscrit dans les problématiques énergétiques, en centrant son développement exclusivement sur des solutions décarbonées. Par exemple, pour l’eau chaude sanitaire, nous utilisons des fluides réfrigérants sans GES, nous couplons nos solutions avec des ENR. Sur notre site de Laon, la « Maison Muller Intuitive » nous permet de réaliser des simulations en conditions réelles pour travailler sur tous les scénarios climatiques, d’isolation, etc.

    Le chauffage électrique a été maltraité pendant des années parce que, tout ce temps, on a privilégié la production de chaleur à l’efficacité de l’isolation. Aujourd’hui, les performances thermiques des bâtiments et les incitations à l’isolation sont telles que le chauffage électrique retrouve une vraie logique, notamment parce que les nouveaux équipements de chauffage électriques sont dotés de capteurs intelligents qui leur permettent de communiquer entre eux.

    Comment votre nouvelle solution « Muller Intuitiv with Netatmo » s’inscrit-elle dans cette logique ?

    C’est une solution que Muller a développé en partenariat avec Netatmo, qui est le spécialiste français des objets connectés. Il s’agit de rendre intelligente la « fonction chauffage » d’une habitation, en utilisant les fonctions connectées de nos radiateurs. La solution Muller Intuitiv with Netatmo permet donc une synchronisation des radiateurs entre eux, garantissant une chaleur homogène dans l’habitation, puisque les radiateurs interconnectés captent et échangent des informations (température ambiante, pertes de chaleur, absence…).
    De plus, la solution Muller Intuitiv apprend des habitudes de vie des utilisateurs, et garantit une adaptation personnalisée grâce à des plannings de chauffe optimisés et personnalisés pièce par pièce.

    A la différence des solutions actuelles du marché, qui ne traitent le chauffage que de manière « appauvrie » via des fonctionnalités qui ne sont finalement que des programmateurs améliorés, Muller Intuitiv with Netatmo est 100% intégrée, ce qui valorise ainsi l’intelligence des radiateurs.

    Cette solution, lancée depuis octobre, s’applique aux radiateurs de dernière génération, qui sont déjà très « smart », puisque communicants et équipés de différents capteurs. Il ne s’agit pas d’une interface ajoutée, mais un d’une couche supplémentaire d’intelligence dans la gestion du chauffage, orientée « économies d’énergie », « simplicité » et « confort thermique ».

    Muller Intuitiv with Netatmo est par ailleurs compatible avec Apple Home Kit, et se pilote vocalement via Siri. Elle est également interopérable avec les éléments de domotique fonctionnant avec Apple Home Kit.

    Quel est le potentiel pour les électriciens ?

    En termes de débouchés commerciaux, le marché du chauffage électrique est énorme : 11 millions de logements sont chauffés à l’électricité. La moitié d’entre eux est équipée avec un programmateur, mais qui est peu utilisé. Et 70% de ces appareils ont plus de 10 ans.
    Dans la mesure où l’on se dirige à grands pas vers des « maisons intelligentes » qui doivent assurer un confort thermique tout en traquant les sources de gaspillage, les solutions de chauffage intelligentes et connectées représentent l’avenir.

    Sur un plan technique, Muller Intuitiv with Netatmo est d’une grande simplicité d’installation. Le rôle de l’installateur est fondamental sur le terrain, puisque c’est lui qui va proposer la solution la plus adaptée en fonction, notamment, de l’installation existante. Par exemple, si l’installation existante est en « fil pilote » et que l’installateur la remplace par des radiateurs de dernière génération, un seul module permettra de connecter l’ensemble de ses appareils et de les piloter pièces par pièces au degré près.

    C’est une solution qui doit être portée par les électriciens. Et qui l’est, puisque nous disposons d’un réseau d’installateurs pour nos quatre marques historiques. Notre force de vente de 130 personnes assure par ailleurs des formations auprès des installateurs.

    Les électriciens doivent se positionner sur ces nouveaux marchés. La tendance est évidemment disruptive et va transformer nos métiers. Elle remet à plat des techniques jusqu’alors très complexes en les simplifiant et donc, en les démocratisant. En ce sens, l’accompagnement des nouvelles solutions par les installateurs est fondamental.

  • Labocea : l’indépendance et la neutralité d’un laboratoire public

    Labocea : l’indépendance et la neutralité d’un laboratoire public

    LABOCEA est le premier laboratoire public territorial d’analyses de France, avec plus de 560 collaborateurs et 20 000 m² de plateaux techniques répartis sur cinq sites en Bretagne. Si la part la plus importante de l’activité est surtout constituée par les analyses vétérinaires et le contrôle alimentaire, la part consacrée à l’expertise amiante est en pleine croissance. Le point avec Thomas Ullois, responsable du service amiante.

    Pouvez-vous nous présenter LABOCEA ?

    LABOCEA est le premier laboratoire public territorial, issu du regroupement de 3 laboratoires (IDHESA Bretagne Océane, LDA22 et ISAE) et présent sur 5 sites en Bretagne : Brest, Quimper, Saint-Brieuc, Combourg et Fougères. Ce regroupement a été opéré sous l’impulsion des collectivités locales qui souhaitaient mettre en place un outil public d’analyses multi-compétences.
Aujourd’hui, LABOCEA regroupe 550 collaborateurs sur 22 000 m2 de plateformes techniques, et est accrédité sur 32 programmes par le Cofrac. Nous comptons plus de 20 000 clients dont les collectivités.

    Le statut de laboratoire public présente-t-il des particularités ?

    Notre statut de laboratoire public nous confère indépendance et neutralité vis-à-vis des intérêts privés. D’autre part, la nature de notre mission, qui est directement liée à des enjeux de sécurité sanitaire relève naturellement d’une mission de service public.

    Quels services LABOCEA propose-t-il ?

    Le cœur de notre métier est essentiellement constitué par l’activité agroalimentaire et environnement ainsi que la santé animale. L’amiante représente une faible part de l’activité de LABOCEA. LABOCEA a démarré son activité amiante en 2010, à la demande des élus des collectivités qui participent à la gestion du laboratoire. Nous sommes accrédités depuis 2013 sur la partie « amiante dans les matériaux » et depuis 2017 pour l’analyse des mesures d’empoussièrement.

    Nous procédons également à des analyses régulières pour les bâtiments des collectivités qui prévoient des réaménagements et des travaux. Pour l’amiante, comme pour l’ensemble de nos activités d’analyses, l’organisation de LABOCEA vise la polyvalence. C’est un modèle technique qui nous permet d’obtenir une véritable implication des collaborateurs en leur offrant la possibilité d’avoir une vision globale de l’analyse. De la même manière, nous avons la volonté d’être accrédités sur un maximum de programmes pour être en capacité de répondre à n’importe quelle demande.

    Quelles évolutions prévoyez-vous sur le marché de l’analyse amiante ?

    Les différents arrêtés pris ces deux dernières années ont durci les exigences en imposant des contrôles plus poussés. La norme LAB GTA 44, qui encadre l’ensemble des problématiques amiante inclus dans des matériaux impose également des méthodologies de plus en plus précises et efficaces, notamment en ce qui concerne le traitement des matrices.

    Concernant LABOCEA en particulier, nous intensifions l’informatisation de nos flux avec nos clients, ce qui nous permet de leur offrir un service personnalisé, et d’améliorer la restitution des résultats. Nous poursuivons également le développement de notre système de navettes entre nos différents sites pour éviter à nos clients d’avoir à se déplacer : ils peuvent ainsi déposer leurs échantillons sur le site LABOCEA le plus proche, et ils sont acheminés par nos soins sur le site de Quimper.

  • Entretien avec le SEDDRe : la pédagogie du concret au service des entreprises et des maîtres d’ouvrages

    Entretien avec le SEDDRe : la pédagogie du concret au service des entreprises et des maîtres d’ouvrages

    Le SEDDRe (Syndicat des Entreprises de Déconstruction, Dépollution et Recyclage), co-organisateur dès l’origine des Grands Circuits Filière Amiante depuis 2016, poursuit l’aventure avec Univers Amiante en 2019. L’occasion de dresser un état des lieux des objectifs, des ambitions et des réalisations de ces journées de rencontre des acteurs de l’amiante. Le point avec Sébastien Sureau, Délégué Général du SEDDRe.

    Quels sont les enjeux actuels pour la filière que le SEDDRe considère comme prioritaires ?

    La priorité que nous identifions, c’est avant tout la sensibilisation de la maîtrise d’ouvrage (MOA) et de la maîtrise d’oeuvre (MOE) à l’ensemble des problématiques liées à l’amiante. Car eux seuls peuvent influencer à long terme sur le bon déroulement des chantiers. A l’inverse, leur désintérêt ou leur méconnaissance de la problématique amiante est souvent à l’origine des difficultés auxquelles les acteurs sont confrontés.

    Notre enjeu se résume donc à faire en sorte que MOA et MOE se saisissent de la problématique amiante, connaissent leur rôle et celui de chacun des acteurs amenés à intervenir sur un chantier.

    Parmi les problèmes qui peuvent être rencontrés à propos des MOA, on retrouve fréquemment des diagnostics qui ne correspondent pas aux travaux à réaliser, car les MOA n’ont au départ pas envisagé l’exhaustivité des travaux qu’ils souhaitent finalement effectuer. Ces mauvaises évaluations initiales peuvent déboucher sur la découverte d’amiante en cours de travaux.

    Ce sont des situations encore assez fréquentes aujourd’hui, qui résultent souvent du fait que le MOA n’est pas un « sachant » en matière d’amiante. Il s’agit donc de circonstances involontaires. Il existe également des cas de fraude manifeste pour lesquels le MOA tente de faire réaliser des travaux de réparations, alors qu’il s’agit en réalité de travaux de retrait d’amiante. Ces cas relèvent de l’inspection du travail et de la DIRECCTE.

    Les étapes du Grands Circuits visent, pour nous à renforcer les connaissances des MOA. De même, nous militons pour que les MOA aient recours à une MOE spécialisée pour se faire accompagner dans le choix des prestataires, les diagnostics, le déroulement des travaux. Il s’agira souvent de bureaux d’études ou d’économistes de la construction, qui peuvent garantir une parfaite information avant le début du chantier, et permettent un bon déroulement de celui-ci.

    Quel bilan tirez-vous des Grands Circuits 2018 ? Et qu’attendez-vous de ceux de 2019 ?

    En 2018, nous avons réussi à co-construire un programme pédagogique sur la manière dont doit se dérouler un chantier de A à Z, tout au long des interventions des partenaires du Grand Circuit. Un processus logique a pu être présenté aux participants, ce qui a forcément permis que leurs questions soient beaucoup plus précises et orientées métiers.

    J’ai le sentiment que nous avons construit un « déroulé » qui correspondait aux attentes des participants, qui a généré beaucoup de questions pertinentes des participants, lesquelles nous ont permis de capitaliser sur les bonnes pratiques et les expériences de chacun.

    Pour l’édition 2019, il y aura encore plus de temps pour les échanges ; et nous débuterons chaque atelier par une table ronde de « débroussaillage » du sujet pour accrocher rapidement l’attention des participants et dérouler des présentations encore plus opérationnelles.

    Le SEDDRe a récemment intégré en son sein la filière de gestion et de recyclage des déchets du BTP. Quels sont les attentes et vos projets sur l’ensemble de la filière ?

    La fusion des entreprises de déconstruction, de dépollution et de recyclage a effectivement eu lieu le 1er juin dernier. Elle s’est opérée dans un contexte d’importance croissante de l’enjeu relatif à la gestion et à la valorisation des déchets de chantiers, qui sont depuis longtemps une obligation pour les entreprises de déconstruction, lesquelles sont donc bien évidemment en recherche de solutions techniques et économiques fiables et éprouvées.

    Nous sommes un peu un « facilitateur de rencontres ».

    L’objectif est évident : travailler ensemble nous permettra de lever les freins techniques et de trouver l’optimum économique du fonctionnement de la filière, d’amont en aval. De plus, en étant dans le même syndicat, des partenariats se nouent naturellement. De ce point de vue, nous sommes un peu un « facilitateur de rencontres ».

    Nous nous mobilisons également sur l’évolution réglementaire de 2019 qui va faire évoluer les obligations de traitement et de valorisation des déchets. En étant groupés, nous espérons faire entendre nos positions et partager nos enjeux avec le ministère.