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  • Fin programmée de la TNT ? La réaction de l’Anitec

    Fin programmée de la TNT ? La réaction de l’Anitec

    L’Etat souhaite-t-il la mort de la réception TNT ? C’est en tout cas ce que suggère – sans préciser d’échéances – le président de l’ARCEP (l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes). L’Anitec a réagi à cette annonce en adressant une lettre au secrétaire d’état chargé de l’industrie, du numérique et de l’innovation. Philippe Blin, président de l’Anitec, s’explique en vidéo.

    Un entretien réalisé dans le cadre du Grand Circuit des Electriciens. Plus d’info >>

    L’intégralité de la lettre ouverte de l’Anitec :

    Monsieur Le Ministre,

    Dans son interview du 21 mars pour Contexte, le président de l’ARCEP Mr Sébastien SORIANO s’est exprimé sur sa vision de la régulation de l’audiovisuel à l’heure du numérique, il a notamment déclaré : « Il faut dire maintenant si l’on veut maintenir durablement une plateforme hertzienne alors qu’on développe internet en parallèle. Ou au contraire, si l’on inscrit le hertzien dans un temps fini, en expliquant comment on réalise l’organisation de cette migration progressive en tirant profit des réseaux internet. Ensuite, on en tire les conséquences en termes de régulation pour implémenter ce processus […]. J’étais au Mobile World Congress, au CES… Nous sommes tous obligés de dire que l’avenir, ce n’est pas la TNT. Il serait temps que l’État le dise clairement aux acteurs de l’audiovisuel, de façon que chacun puisse s’organiser, prendre les décisions d’investissements et bâtir des modèles économiques. Cela fait partie de la responsabilité de l’État de mettre les points sur les « i » et de s’inscrire avec les acteurs dans une stratégie d’infrastructures. »

    L’Alliance Nationale des Intégrateurs de Technologies connectées, sécurisées et pilotées, ANITEC, dont nous sommes les présidents, est la première association professionnelle française regroupant les professionnels experts des métiers de l’information, de la communication, de l’audiovisuel, de la domotique, et de la sécurité des personnes et des biens dans les bâtiments. L’ANITEC est née en décembre dernier de la fusion de SVDI et S2ICF et se compose de 300 entreprises pour 750 M d’Euros de chiffre d’affaires. S2ICF était un syndicat fondé en 1966 sous l’acronyme SNIDA pour rassembler les professionnels de l’antenne.

    Comme vous le savez, la liberté de réception audiovisuelle est une liberté fondamentale issue du droit à l’information proclamé par l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 qui fait partie intégrante de la constitution de la Ve République. Ainsi en a décidé le Conseil constitutionnel dans sa décision N°86-217 du 18 Septembre 1986. Cette liberté est également proclamée par l’article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l’Homme, ratifiée par la France en 1974. En droit interne, la liberté de réception audiovisuelle a été aménagée par la loi N°66-457 du 2 Juillet 1966 modifiée deux fois par les lois N°90-117 du 23 Décembre 1990 et N°92-653 du 13 Juillet 1992 et par son décret d’application N°67-1171 du 22 Décembre 1967, lui-même modifié par un décret du 27 Mars 1993.

    En réaction à la lecture des propos de Mr SORIANO, nous souhaitons vous faire part de l’inquiétude des professionnels des métiers de l’antenne, et souhaite mettre en avant les constats suivants :

    La TNT est gratuite et simple :

    Pour les téléspectateurs la réception de la TNT est gratuite, (Droit à l’antenne) et il est facile de connecter directement un ou plusieurs téléviseurs dans un même foyer sur les prises coaxiales prévues à cet effet. Dans le cas de l’ADSL ou de la Fibre Optique, il faut payer un abonnement, installer un décodeur à proximité du téléviseur, et il est souvent impossible de connecter plusieurs téléviseurs.

    La TNT est fiable et de haute qualité :

    La qualité du signal numérique terrestre est constante, alors que dans le cas de l’ADSL celle-ci peut être fluctuante ce qui oblige dans certain cas les FAI à proposer à leurs abonnés de connecter leur décodeur à la prise coaxiale pour récupérer le signal TNT. Enfin il est arrivé récemment que des abonnés ADSL ou FO ne reçoivent plus certaines chaines de télévision en cas de désaccords financiers entre FAI et chaines de télévision.

    La TNT couvre 97% de la population :

    Rappelons aussi que selon l’observatoire de l’audiovisuel, 56 % des foyers reçoivent la télévision par voie hertzienne, et, un quart des foyers reçoit exclusivement la télévision par l’antenne râteau. Selon le CSA, fin 2017 le taux de couverture de la plateforme TNT en France est de plus de 97% de la population au niveau national, alors que le pourcentage des logements éligibles au très haut débit était de 46% et ceci principalement sur les zones denses et moyennement denses..

    Du côté des métiers de l’antenne, c’est toute une profession qui s’inquiète : Diffuseurs, fabricants, grossistes, intégrateurs, installateurs et commerces représentent plus de 6 000 entreprises et plus de 40 000 emplois. C’est grâce à ces professionnels que le passage au tout numérique s’est bien passé en 2010 et 2011, c’est aussi eux qui accompagnent le passage à la haute définition, et qui interviennent dans les immeubles collectifs pour régler les brouillages occasionnés par la 4G (bande des 700Mhz).

    Avant 2024, la TNT doit évoluer vers la très haute définition, le standard de diffusion doit changer (comme certains pays européens l’on déjà fait), et les antennistes seront encore présents pour accompagner les Français.

    Rappelons aussi que les marchés de l’hospitalité, les administrations et les établissements pénitentiaires utilisent le signal de la TNT, et sont dépendants des antennistes.

    Enfin la loi prévoit que la bande de fréquences radioélectriques 470-694 mégahertz reste affectée, au moins jusqu’au 31 décembre 2030, au Conseil supérieur de l’audiovisuel pour la diffusion de services de télévision par voie hertzienne terrestre.

    Que se passera-t-il après 2030 ?

    • Les français devront-ils faire démonter leurs antennes et souscrire à des abonnements auprès des FAI ?
    • La fibre optique permettra-t-elle de couvrir 97% de la population ?
    • Les professionnels des métiers de l’antenne vont-ils disparaitre ?

    Autant de points que nous souhaitons porter à votre attention, et pour lesquels nous souhaiterions obtenir des réponses. Nous nous tenons bien évidemment à votre disposition pour échanger sur ces sujets sensibles au cours d’un entretien que vous voudrez bien nous
    accorder. Dans cette attente, nous vous prions d’agréer Monsieur Le Ministre, l’expression de notre plus haute considération.

    Philippe BLIN et Arnaud BROUQUIER, présidents de l’Anitec

     

  • Video – L’évaluation prédictive de la présence d’amiante dans les navires

    Video – L’évaluation prédictive de la présence d’amiante dans les navires

    Créée en 2005, l’entreprise CEDRES propose depuis 2015 une évaluation prédictive du risque de présence d’amiante. Son dirigeant, Sébastien Bony lance à présent la société EMERGENSEA, qui duplique ce savoir-faire dans le milieu maritime. Explication en vidéo.

    Retrouvez également l’interview de Sébastien Bony pour le Mag’Amiante : « L’évaluation prédictive de la présence d’amiante sécurise l’achat d’un bâtiment »
    Ainsi que l’intervention vidéo « l’analyse prédictive de la présence d’amiante dans le bâtiment », captée à l’occasion du Grand Circuit de la Filière Amiante.

  • « Encore de nombreux progrès à réaliser dans le désamiantage » – Sébastien Sureau (SNED)

    « Encore de nombreux progrès à réaliser dans le désamiantage » – Sébastien Sureau (SNED)

    ENTRETIEN AVEC
    Sébastien Sureau, secrétaire général du Syndicat National des Entreprises de Démolition. Membre de la Fédération Française du Bâtiment, le Sned rassemble les entreprises spécialisées dans le désamiantage et la déconstruction.

    Où en sommes-nous avec l’amiante ?

    Beaucoup de bâtiments rénovés ou déconstruits renferment des quantités plus ou moins importantes d’amiante. Le fait est qu’aujourd’hui, nous constatons une meilleure connaissance de l’enjeu de l’amiante et une meilleure maîtrise de ses risques par les maîtres d’ouvrages, même s’il reste beaucoup de progrès à faire. Mais, globalement, cette prise de conscience du risque et de la nécessité de l’évaluer, notamment dans les bâtiments tertiaires et logement sociaux, va dans le bon sens.

    Quel chemin reste-t-il à parcourir ?

    La sensibilisation a été longue. Et, malgré les progrès réalisés, force est de constater que les préparatifs indispensables d’un chantier de désamiantage ne sont pas systématiquement complets. C’est l’objet de notre participation à ce Grand Circuit : sensibiliser les maîtres d’œuvre et les maîtres d’ouvrages à la préparation d’un chantier de désamiantage : repérage, diagnostic, élaboration des stratégies de désamiantage… Car c’est le maillon faible de la chaîne : très régulièrement, les maîtres d’ouvrage ne font pas de repérage préalable ou partent d’un ancien diagnostic nécessairement incomplet, car non destructif.

    Concernant les résultats des analyses en laboratoire, on constate, comme l’INRS, des pratiques assez différentes. Notamment, les stratégies de prélèvement qui doivent normalement être déployées sur le chantier ne le sont pas toujours selon les règles de l’art. Ce qui induit au final des productions qui vont être mises en place de manière différenciée selon les chantiers. Et des différences de résultats en fonction des laboratoires pour les mêmes chantiers.

    De la même manière, les diagnostiqueurs disposent encore de marges de progrès. On constate des diagnostics incomplets, imprécis, des stratégies de prélèvement inadaptées… des laboratoires qui ne travaillent pas de manière unifiée, et, en bout de chaîne, des désamianteurs aux méthodes différentes. Les métiers de l’amiante ne sont pas aussi « industrialisés » qu’on le souhaiterait. C’est notre rôle de faire en sorte que toute la chaîne puisse présenter les bonnes pratiques, pour montrer à quel point chaque étape est importante.

  • Amiante : vers un carnet de santé numérique ?

    Amiante : vers un carnet de santé numérique ?

    Sogelink est un éditeur de logiciels reconnu dans le domaine du Bâtiment des Travaux Publics. Il propose notamment des solutions logicielles et SaaS, des prestations de services et d’ingénierie aux différents acteurs de l’écosystème (maître d’œuvre, maître d’ouvrage, entreprises de travaux,…) dans l’objectif de simplifier et d’optimiser leurs démarches métiers, souvent liées à des contraintes réglementaires.

    Face à la problématique amiante, Sogelink a lancé fin 2015 la solution « Amiante360 ». Celle-ci permet de réaliser en ligne les démarches réglementaires relatives à la gestion du risque amiante. Amiante360 intègre plusieurs modules : gestion de patrimoine amianté et mise à jour des documents réglementaires (DTA,…) pilotage des travaux en présence d’amiante (désamiantage, confinement, maintenance…), jusqu’au suivi des expositions des collaborateurs à l’amiante, permettant ainsi de respecter la VLEP.

    Ce dernier module, nommé Amiante360-Exposition et destiné à améliorer la protection des salariés intervenant sur les chantiers de déconstruction et de désamiantage, a notamment été récompensé par le prix de l’innovation du SNED (Syndicat National des Entreprises de Démolition) en 2017.

    Gérer le risque amiante dans sa globalité

    La particularité des applications Amiante360 est d’aborder l’intégralité de la problématique amiante du point de vue de la maîtrise d’ouvrage, de l’entreprise de travaux et des opérateurs de repérage. « Nous sommes la seule plateforme collaborative qui permet de gérer le risque amiante dans sa globalité » explique Gilles Le Poulard, Manager Commercial Amiante360. « Avec le mode SaaS, un donneur d’ordres client peut inviter les autres parties prenantes à se servir de l’outil, comme par exemple les opérateurs de repérage. Leur collaboration est ainsi facilitée. La plateforme offre également de réels atouts en termes de centralisation et d’archivage des données avec des fonctions évoluées de traçabilité des échanges garantissant ainsi une réelle connaissance du risque par l’ensemble des acteurs concernés ».

    Amiante360 compte une centaine de clients, et est actuellement en cours d’évaluation par le PRDA* : « Nous souhaitons qu’Amiante360 soit l’outil de référence pour réaliser les démarches relatives à la gestion du risque amiante », précise Gilles Le Poulard.

    Quant au marché de l’amiante, il est loin d’être tari : les autorités sanitaires estiment qu’il existe encore 60 kg d’amiante par habitant en France… La démolition et la dépollution vont donc encore être d’actualité pendant un certain temps.

    * PRDA : Plan de Recherche et Développement Amiante

  • Opération « Mur Mur 2 – campagne isolation » : plus de 10 000 logements engagés

    Opération « Mur Mur 2 – campagne isolation » : plus de 10 000 logements engagés

    ENTRETIEN AVEC 
    François Sivardière, chargé de mission habitat privé à l’ALEC de la métropole grenobloise, l’une des 38 Agences Locales de l’Énergies et du Climat de France. Créée en 1998 sous statut associatif loi 1901, son « territoire » couvre 49 communes pour 440 000 habitants.

    Quelles sont les missions de l’ALEC ?

    Nous avons un rôle de conseil en économies d’énergies et en énergies renouvelables à destination de l’ensemble des acteurs, à l’exception des entreprises privées. Notre cœur de cible est constitué par les propriétaires de maisons individuelles et les copropriétés. Mais nous travaillons également beaucoup avec les communes, les établissements publics et les bailleurs sociaux, autour de la rénovation du bâti et des systèmes (chauffage, ECS et ventilation), et du développement des énergies renouvelables.

    Pouvez-vous revenir sur la genèse du dispositif Mur Mur ?

    Nous avons la chance de travailler avec des élus métropolitains sensibles à la rénovation énergétique des copropriétés. Ils ont lancé une première campagne entre 2010 et 2014 pour inciter et accompagner les copropriétés construites entre 1945 et 1975 dans la rénovation énergétique grâce à un accompagnement par l’ALEC et des subventions dédiées. A l’issue de cette première campagne, ce sont 4500 logements qui ont été rénovés au sein de 84 copropriétés. Pour 75% d’entre elles, le type de rénovation consistait à isoler les façades et pignons, les toitures, et le plancher bas.

    Depuis 2015 et jusqu’en 2020, nous sommes entrés dans le programme Mur Mur 2 pour lequel les cibles du dispositif ont été élargies à l’ensemble des logements privés (maisons individuelles, copropriétés plus récentes ou plus anciennes) qui disposent d’un accompagnement voire de subventions aux travaux avec un budget alloué de plus de 10 millions d’euros contre 12 millions pour le premier volet. Trois bouquets ont été mis en place : « rénovation progressive », « rénovation complète » et « rénovation exemplaire ». Actuellement, nous accompagnons plus de 185 copropriétés représentant plus de 10 000 logements. Ce second dispositif subventionnera l’équivalent de Mur Mur 1, soit 5000 logements en copropriétés des années 1945-1975.

    Comment expliquez-vous un tel succès ?

    Le programme Mur Mur 2 répond à une attente certaine, car nous avons deux fois plus de candidats que de potentiels élus. Nous notons également que le vote de la maîtrise d’œuvre en Assemblée Générale est passé de 2 copropriétés sur 3, à 9 sur 10. Plusieurs explications peuvent être avancées. D’une part, les obligations liées à la loi de transition énergétique ainsi qu’une prise de conscience globale des enjeux de l’isolation. D’autre part, le bouche-à-oreille a sans aucun doute boosté le second volet.

    La métropole grenobloise a innové en 2010 en étant l’un des premiers territoires, en France, à développer ce type de programme imaginé dès 2008. Concrètement l’ALEC intervient jusqu’au vote de la maîtrise d’œuvre, principalement sur les aspects techniques Ensuite, l’accompagnement est assuré par Soliha sur la partie ingénierie financière et montage administratif des dossiers.

    Les copropriétés peuvent profiter de deux subventions. La première est collective et attribuée au syndicat de copropriété et la seconde est destinée aux copropriétaires occupants sous conditions de revenus (plafonds Anah et abondement de certaines communes). Les attributions se font sous des conditions strictes qui vont au-delà des exigences du crédit d’impôt ou l’éco-prêt, par exemple puisque nous demandons un référentiel BBC compatible ».

  • Les outils d’EDF pour la rénovation en copropriétés

    Les outils d’EDF pour la rénovation en copropriétés

    Producteur et distributeur d’énergies, EDF commercialise électricité et gaz tout en développant des services d’efficacité énergétique auprès de leurs clients particuliers (BtoC) ou professionnels (BtoB), acteurs publics ou privés.

    Muriel Delloue-Labenne, Directrice des services énergétiques et des partenariats au sein de la direction commerciale régionale d’Île-de-France a pour mission de développer l’ensemble des activités nécessaires pour servir l’efficacité énergétique des clients, grâce à plusieurs leviers :

    • « Nous travaillons efficacement contre la précarité énergétique en intervenant dans différentes instances de rénovation de bâtiments en lien avec l’Agence Parisienne du Climat ;
    • Avec la Capeb et la FFB, nous mettons en place des solutions techniques et financières innovantes, nous subventionnons le programme FEEBAT, qui forme les professionnels aux économies d’énergie et sensibilise les locataires de logements sociaux aux éco-gestes ;
    • “Domofinance”, filiale d’EDF, spécialiste du financement des travaux de rénovation énergétique de l’habitat a déjà financé 200 chantiers en Île-de-France en 2017, à des taux très intéressants ;
    • Les clients particuliers peuvent bénéficier du dispositif “Partenaire solutions Habitat d’EDF”. Enfin, le dispositif de certificat d’économie d’énergie pour les travaux d’isolation, sur les ouvrants ou sur le matériel, créé en 2006, basé sur l’efficacité énergétique des travaux permet de financer dans certains cas l’ensemble des travaux. EDF démontre ainsi son rôle incitatif auprès de ses clients.»
  • « L’international, un axe de développement stratégique » – Hugo Rosati (DI Environnement)

    « L’international, un axe de développement stratégique » – Hugo Rosati (DI Environnement)

    ENTRETIEN AVEC
    Hugo Rosati, directeur général de DI Environnement. Le groupe intervient sur des chantiers partout dans le monde. Avec la professionnalisation du métier, l’international est rapidement devenu un axe de développement stratégique.

    Pouvez-vous nous présenter dans quel contexte DI Environnement est présent à l’international ?

    Notre présence sur les chantiers étrangers est historique, avec la réalisation d’opérations d’envergure dans des pays transfrontaliers à la France métropolitaine dès le début de notre activité amiante en 1995. Cette présence était dès lors appuyée par nos moyens humains et matériels en désamiantage qui permettaient de répondre à d’importantes problématiques, relativement proches de nos bases et avec des exigences similaires à l’époque. Par la suite, avec la professionnalisation de notre métier et la croissance de DI Environnement, l’international est rapidement devenu un axe de développement, avec une réelle compétence de notre organisation en la matière, jusqu’à être aujourd’hui un axe stratégique.

    De quelle manière intervenez-vous dans des pays étrangers ?

    Suite à nos premiers chantiers transfrontaliers nous avons été sollicités par nos clients et autres partenaires pour la réalisation d’opérations à l’international sur des sites respectant la réglementation française ou autre équivalent. Ces premiers chantiers furent notamment le désamiantage de plateformes pétrolières en Afrique et de navires de guerre dans différentes bases navales, notamment en territoires d’outre-mer (où nous bénéficions d’une agence, à Tahiti) et Afrique de l’Est. Aussi nous sommes intervenus dans le démantèlement de grands ensembles industriels exploités par nos clients, comme ce fut le cas en Arabie Saoudite ou au Kazakhstan sur des sites d’extraction de minerai ou de production d’électricité.

    Aujourd’hui, tout en continuant ces activités précitées, nous répondons également à une demande de désamiantage plus diffuse, avec des interventions très ponctuelles, sur des chantiers divers comme des navires marchands ou autres équipements partout dans le monde.

    Ces opérations ont en commun le fait que dans la grande majorité des cas le maître d’ouvrage étant français, ou respectant la réglementation française, nous déplaçons nos équipes et nos matériels utilisés en France sur les zones d’intervention, avec des solutions organisationnelles et logistiques éprouvées. En ce sens, ce cas de figure est pour DI Environnement une extension du marché de l’hexagone au sens réglementaire.

    Cela étant, nous sommes également consultés sur des opérations où les exigences réglementaires, normatives et spécifiques peuvent être différentes de celles que nous connaissions et connaissons actuellement en France. C’est le cas notamment des appels d’offres internationaux où il faut nous adapter pour répondre au besoin du client. Pour ces marchés, nous nous sommes organisés, suivant les demandes, en créant des sociétés rattachées au pays concerné, avec du personnel local et des moyens propres, voir même la création d’agences comme c’est le cas pour DI Algérie, DI Côte d’Ivoire et DI Gabon.

    Dans ces opérations sur mesure, où plutôt à la mesure des exigences de chaque donneur d’ordre et chaque pays, nous nous appuyons sur notre atelier où sont fabriqués tous nos matériels pour concevoir les solutions adéquates. Aussi ces opérations sont gérées et réalisées par des équipes spécialisées dans l’international.

    Pouvez-vous illustrer ces opérations ?

    Pour exemple, concernant les appels d’offres internationaux, nous avons désamianté et effectué la projection coupe-feu de la tour de la Banque Africaine de développement à Abidjan. Ce chantier, d’une durée de 16 mois avec 80 opérateurs mobilisés a été réalisé par DI Côte d’Ivoire avec en soutient notre service international. Dans le même registre, DI Gabon clôture actuellement le désamiantage d’un centre de formation. Ces agences, avec DI Algérie, répondent aujourd’hui de manière autonome à un marché local spécifique ou diffus.

    Aussi, nous intervenons actuellement à Tahiti pour décaper des peintures contenant de l’amiante sur un navire de guerre. Nous sommes également en opération sur différents navires marchands, à quais dans des ports internationaux ou en mer. Enfin, nous préparons des opérations prochaines pour des clients industriels au Tadjikistan et en Lettonie, pour lesquels une organisation dédiée sera mise en place en rapport avec des exigences spécifiques.

    Quels sont les enjeux du désamiantage dans le monde et comment comptez-vous y répondre ?

    De prime abord il faut noter un remarquable atout, valable pour toute la filière de l’amiante en France : notre expertise liée à la qualité de notre référentiel de travail. En effet, l’évolution de la réglementation française jusqu’au niveau d’exigence atteint à ce jour nous permet d’être expert sur la problématique amiante et de faire référence en la matière sur la scène internationale.

    D’autre part, sur une analyse conjoncturelle, bien qu’une partie des pays développés aient relativement traités la problématique de l’amiante et de son retrait, l’enjeu sanitaire est plus que présent dans le monde, avec une grande majorité de territoires où l’amiante est peu à peu interdite et où la sensibilisation apparaît. Nous l’avons vu récemment pour la plupart des états du Canada et du Brésil.

    Dans ce contexte, nous comptons nous développer en nous appuyant sur nos références, sur nos implantations et sur notre polyvalence. Fournir du matériel sur mesure, concevoir une opération de désamiantage, former le personnel, effectuer des analyses, rapatrier et traiter les déchets amiante dans des filières adaptées, et, bien sûr, réaliser des chantiers sont autant de services que nous proposons d’ores et déjà à nos clients internationaux et à nos clients étrangers. Le développement de cet axe est aujourd’hui stratégique pour DI Environnement et nous avons bien l’intention de continuer à exporter notre savoir-faire et répondre à la problématique de l’amiante dans le monde.

    Aujourd’hui, tout en continuant ces activités précitées, nous répondons également à une demande de désamiantage plus diffuse, avec des interventions très ponctuelles, sur des chantiers divers comme des navires marchands ou autres équipements partout dans le monde.

    Ces opérations ont en commun le fait que dans la grande majorité des cas le maître d’ouvrage étant français, ou respectant la réglementation française, nous déplaçons nos équipes et nos matériels utilisés en France sur les zones d’intervention, avec des solutions organisationnelles et logistiques éprouvées. En ce sens, ce cas de figure est pour DI Environnement une extension du marché de l’hexagone au sens réglementaire.

  • « Une approche commerciale devenue indispensable » – Gwenaëlle Gil-Paillieux (FFIE)

    « Une approche commerciale devenue indispensable » – Gwenaëlle Gil-Paillieux (FFIE)

    ENTRETIEN AVEC
    Gwenaëlle Gil-Paillieux, déléguée générale adjointe de la Fédération Française du Génie Electrique et Energétique. La FFIE regroupe 5100 entreprises réalisant des travaux d’installation électrique, principalement dans les bâtiments, mais également en l’extérieur.

    Qui sont les adhérents de la FFIE ?

    En termes de taille de structures, nous couvrons un panel très large allant de l’artisan jusqu’aux multinationales, comme Vinci ou Eiffage. Mais le cœur des adhérents, ce sont les PME entre 20 et 50 salariés.

    Les électriciens sont-ils de bons commerciaux ?

    La profession d’électricien pose des problématiques spécifiques, notamment en ce qui concerne les démarches commerciales. Sur ce plan, les électriciens ne sont pas les plus efficaces. Ce sont d’excellents professionnels, mais de mauvais commerciaux. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’installation électrique est de plus en plus technique, notamment avec les évolutions technologiques, les bâtiments connectés, les énergies renouvelables, ou la fibre optique. L’électricité est devenue une spécialité de plus en plus complexe qui impose de se focaliser sur les compétences techniques au détriment de la démarche commerciale. Une tendance qui leur fait penser que la compétence technique suffit seule à vendre leur proposition. Mais depuis quelques années, la technique seule ne suffit plus à faire passer une offre.

    Qu’est-ce qui a changé ?

    Les clients ont changé : ils n’hésitent pas à rechercher sur le web des infos et sont parfois persuadés d’en savoir plus que les professionnels… La multiplication des techniques crée des alternatives qui complexifient l’offre, ajoutée à l’arrivée de nouveaux entrants qui ne sont pas électriciens comme les chauffagistes ou des sociétés de service, qui sont souvent de très bons commerciaux. Il faut désormais convaincre le client que l’offre correspond en ne parlant plus « technique », mais « usages », tout en se différenciant des concurrents, et en prospectant de nouveaux clients.

    Face à ce constat, la démarche de la FFIE est de convaincre les électriciens qu’une approche commerciale est devenue indispensable. Il ne s’agit pas de devenir des commerciaux aguerris, mais de savoir présenter son entreprise, ses services et ses compétences aux clients actuels et potentiels. Cette stratégie peut aller de la page internet au logo de l’entreprise sur le véhicule, en passant par un document simple de présentation de l’entreprise. Mais cela passe par un diagnostic de l’entreprise et de son offre. La FFIE travaille sur la mise à disposition d’outils simples : argumentaires clé en main, logo, outils technico-commerciaux…

  • « Des contraintes similaires au nucléaire, la mobilité des chantiers en plus » – Carine Rouvier (Europamiante)

    « Des contraintes similaires au nucléaire, la mobilité des chantiers en plus » – Carine Rouvier (Europamiante)

    ENTRETIEN AVEC
    Carine Rouvier, PDG d’Europamiante. PME implantée à Meaux pour (agence Ile-de-France) et à Arras (agence du Nord), Europamiante est une entreprise de 120 salariés.

    Présentez-nous votre activité.

    Nous effectuons du désamiantage à 98% de notre activité. C’est un marché de niche à forte contrainte sécuritaire et administrative. Nous sommes le seul métier apparenté au BTP qui a autant de papiers et d’autorisations de toutes sortes ! Pour exercer notre métier, il nous faut obtenir et conserver une certification délivrée par un organisme certificateur habilité par l’état. Cette certification est donnée pour 2 ans, puis 5 ans, et elle amène 4 audits annuels non annoncés sur nos chantiers. Chaque audit pouvant remettre en cause la certification, c’est-à-dire la vie même de l’entreprise. C’est vous dire les mesures de qualité et de sécurité que nous mettons en place quotidiennement.

    Pour cela la société est constituée d’un staff de direction qui m’accompagne. Nos valeurs que nous partageons tous, sont : respect des engagements, exigence et bienveillance, amélioration continue. Notre slogan commercial : votre sécurité notre efficacité. Nos clients sont essentiellement des acteurs publics à travers des marchés publics ou en sous-traitance pour des grands faiseurs de BTP. Nous travaillons pour les préfectures d’ile de France, incluant des ministères, des musées, des commissariats, pour des bailleurs sociaux, sur tout le territoire et souvent avec des collectivités territoriales.

    Les contraintes juridiques du secteur sont extrêmement fortes.

    Nous avons des contraintes similaires au nucléaire, mais avec la mobilité des chantiers en plus. D’ailleurs une grande partie des process métiers ont été copiés au nucléaire puis adaptés au fil du temps à notre métier. Les contraintes publiques aussi sont très fortes. Nous devons sans cesse prouver et maîtriser l’empoussièrement tant à l’intérieur des locaux que nous traitons, qu’on l’extérieur. Nous avons régulièrement à faire une population anxieuse et devons en tenir compte dans notre approche sécuritaire.

    Beaucoup de « bien pensant » éditent des lois et règlements sans valider avec la base des opérationnels ce qui est faisable ou pas. Nous sommes très surveillés, et c’est normal. Les enjeux de santé se doivent d’être mis sous haute surveillance. Parfois les acteurs bureaucratiques en rajoutent un peu quand même ! par exemple, les lois européennes ont statué sur un niveau de sécurité attendu, la France est le seul pays d’Europe à exiger plus que l’Europe ! ce qui a un bon côté, les concurrents étrangers ne peuvent pas prendre le marché français en direct (sauf à racheter des entreprises françaises).

    Quel est le potentiel du marché ?

    Ce sont les lobbyiste qui font bouger les lignes. En tout cas, en ce qui nous concerne, nous avons un programme interne partagé avec l’ensemble des salariés, pour nous permettre à moyen terme d’aller voir dans d’autres domaines pour assurer la continuité de l’entreprise et rendre pérenne les emplois. Il faut savoir que l’activité de désamiantage est contrainte d’employer les salariés exclusivement en CDI. Pas de CDD ni d’intérim. La responsabilité est donc forte en tant qu’employeur de maintenir en permanence une activité optimum.

  • Les Packs Recy’amiante : collecter l’amiante partout en France

    Les Packs Recy’amiante : collecter l’amiante partout en France

    ENTRETIEN AVEC
    Stéphane Pruvost, directeur de Sebemex, société spécialisée depuis quarante ans dans l’équipement de protection individuelle et dans le secteur du nucléaire.

    Quand la problématique de l’amiante a fait surface en 1997, Sebemex a créé Extramiante, une division commerciale destinée aux personnels intervenant dans le désamiantage et le déplombage. Nous comptons aujourd’hui une quarantaine de collaborateurs, répartis sur six agences en France et une en Suisse, ainsi qu’une autre division commerciale, Locamiante, dédiée à la location et à la maintenance des équipements de désamiantage.

    Quelle est votre approche du métier ?

    Nous faisons en sorte que nos équipes technico-commerciales puissent répondre de manière appropriée à des problématiques dont elles ont l’expérience. Nous vendons du matériel, mais, surtout, nous accompagnons le client, notamment pour les audits. Nous assurons un rôle de prescription et d’accompagnement en après-vente.

    Au-delà de la vente et de la location, Sebemex adapte, développe et fabrique des produits spécifiques aux modes opératoires des professionnels de l’amiante. Nous avons notamment développé les pack Recy’amiante, une solution globale dédiées aux travaux de sous-section 4. Ces entreprises manipulent des petites quantités d’amiante qui n’ont que deux exutoires possibles : l’enfouissement ou l’inertage. Les Packs Recy’amiante ont choisi le traitement par vitrification : nous fournissons un Kit comprenant toutes les protections individuelles nécessaires, un emballage réglementaire pour y mettre les déchets amiantés, un scellé, qui sera pris en charge par notre service de collecte pour être livré chez Inertam pour vitrification. Et ce, sans quantité minimale et sans minimum de facturation. Nous proposons différents packs avec différentes capacités, « all inclusive », y compris les déclarations (fiche d’identification, demande de certification préalable, BSDA). Nous récupérons le déchet sur chantier et le livrons pour inertage. Une fois le déchet détruit, le justificatif est envoyé à l’entrepreneur.

    Une solution pratique avec une plateforme téléphonique dédiée qui permet à l’entrepreneur non spécialisé dans l’amiante de gérer la problématique proprement et légalement, tout en externalisant les démarches administratives et logistiques . Il faut trouver des solutions innovantes simples et économiques, puisque, par exemple, l’enfouissement impose des conditionnements et des minimums de facturation très élevés. L’avantage de l’inertage, c’est la destruction définitive. Une solution que nous adaptons aux différents corps de métiers concernés en proposant, par exemple, un pack pour les ascensoristes, un pack pour les menuisiers, un pack pour les couvreurs. Tout est fourni clé en main.