Étiquette : paroles de pros

  • Un accompagnement spécifique pour une maîtrise d’ouvrage spécifique – Interview de Florian Vaujany (APC)

    Un accompagnement spécifique pour une maîtrise d’ouvrage spécifique – Interview de Florian Vaujany (APC)

    ENTRETIEN AVEC
    Florian Vaujany, responsable du conseil aux copropriétés au sein de l’Agence Parisienne du Climat (APC). L’APC est une structure initiée en 2007 par la Ville de Paris dans le cadre du Plan Climat.

    Quelles actions menez-vous ?

    Une de nos missions consiste à favoriser la massification des travaux de rénovation des copropriétés. Nous sommes porteurs du dispositif Point Rénovation Info Service, qui est un dispositif national déployé dans tous les départements, à destination des particuliers et des professionnels. Les spécificités parisiennes en termes d’habitat ont naturellement conduit l’APC à axer une partie prépondérante de son action sur les copropriétés, qui représentent 98% des bâtiments collectifs d’habitation, et dont 78% sont des copropriétés privées.

    Nous accompagnons donc les copropriétaires dans leurs projets de rénovation, et nous menons des démarches incitatives auprès des syndics pour les amener à réaliser ce type de travaux. Nous intervenons également dans ce sens auprès des professionnels comme les auditeurs, les artisans et les maîtres d’œuvre.

    Quels outils avez-vous développé ?

    L’APC est porteur d’une plateforme territoriale de la rénovation énergétique : coachcopro.com. Il s’agit d’une plateforme ouverte aux professionnels, un annuaire en ligne de professionnels qui s’engagent à maîtriser les techniques de la rénovation en copropriété. Nous vérifions les certifications, notamment RGE. Cette plateforme permet de mettre en relation l’offre et la demande : c’est avant tout un centre de ressources qui a été réalisé à l’échelle de la métropole en partenariat avec d’autres agences de l’énergie. L’outil se diffuse de manière croissante au niveau national : nous couvrons actuellement 60% des copropriétés de France.

    La rénovation des copropriétés est un sujet complexe…

    Avec les copropriétés, nous sommes dans le cadre d’une maîtrise d’ouvrage très spécifique qui fonctionne suivant une gouvernance également spécifique, laquelle ralentit énormément le process de décision et d’action. Corrélativement, le fait est que le marché de la rénovation des copropriétés n’a pas explosé : la réalité ne rejoint pas encore les objectifs. A ces difficultés de gouvernance s’ajoutent des problématiques de financement (les travaux sont chers), de technicité (trouver le bon professionnel). Notre travail consiste à accompagner les projets et à mettre en avant les références, les bonnes dynamiques et les bonnes pratiques. Cela permet également de mettre en avant les professionnels qui sont intervenus. Nous sommes un tiers de confiance d’un côté pour les copropriétaires qui doivent être rassurés quant à la qualité des intervenants, la sécurité des subventions et des aides publiques, et de l’autre pour les professionnels qui doivent pouvoir se repérer sur le marché de la copropriété et proposer une offre adaptée à ce maître d’ouvrage. Aujourd’hui une trentaine de copropriétés sur la métropole de Paris ont réalisé des travaux aboutissant à un gain énergétique entre 30% et 70%.

  • Rénovation énergétique des copropriétés : l’urgence ?

    Rénovation énergétique des copropriétés : l’urgence ?

    On a beaucoup parlé des « passoires thermiques », ces habitations, souvent décrites comme individuelles, à l’isolation défectueuse voire inexistante, qui sont de véritables gouffres énergétiques. Qu’en est-il de l’habitat collectif et, particulièrement, des copropriétés ?

    « Aujourd’hui, constate Vanessa Crenn, chef de marché façade chez Saint-Gobain weber France, plus de 600 000 copropriétés françaises constituent un parc de logements assez ancien : les trois-quarts d’entre elles ont été construites avant 1974 et n’ont donc pas bénéficié des réglementation thermiques qui ont vu le jour après le premier choc pétrolier. Nous sommes donc en présence d’un parc qui, énergétiquement parlant, n’est pas performant. On a même de véritables épaves énergétiques sans confort thermique, avec des coûts de chauffage très élevés ».

    Dès lors, la question de la rénovation énergétique des copropriétés se pose avec insistance. « Les avantages de l’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE) ne sont plus à démontrer, poursuit Vanessa Crenn. Les économies d’échelles sur les charges sont une évidence. Mais également, l’isolation entraîne une inertie thermique du bâtiment et une uniformité du confort thermique qui évite de devoir chauffer fortement les logements du bas pendant que ceux du dernier étage sont en surchauffe. D’autre part, l’obligation de réaliser un audit énergétique amène les acquéreurs à être vigilants quant aux travaux à prévoir s’ils n’ont pas été déjà réalisés. Enfin, notons que des aides existent : il y a une volonté politique de rénover énergétiquement les logements en accompagnant les travaux de rénovation. La loi de transition énergétique, la TVA à 5,5%, le CITE, la valorisation des CEE… autant de leviers pour diminuer les coûts, jusqu’à 30%. Une réflexion est par ailleurs en cours pour accompagner la massification des rénovations énergétiques via des incitations fiscales ».

    Avec un coût moyen pour un logement collectif, compris entre 12000 et 15000 euros (hors aides fiscales), une rénovation énergétique avec Isolation Thermique par l’Extérieure, l’opération peut-elle être rentable ?

    « Indéniablement, oui : une ITE présente cinq avantages principaux. Tout d’abord, c’est une opération double : isolation et ravalement de façade. Ensuite, on ne réduit pas la surface habitable du logement et donc, on ne diminue pas sa valeur. De plus, on évite au maximum les ponts thermiques, ce qui offre un meilleur confort thermique pouvant aller jusqu’à + 2°C en ressenti à l’intérieur des logements. Quand on sait que 1 degré en plus, c’est 7% de plus sur la facture de chauffage, l’intérêt est évident. D’autre part, en traitant par l’enveloppe, on va protéger la structure du bâtiment contre des chocs thermiques, des agressions météo ou climatiques, du sel des embruns en bord de mer. Enfin, les travaux par ITE bénéficient de la TVA à 5,5%… ».

    Des avantages qui peuvent se combiner intelligemment avec le décret sur les travaux embarqués de 2017. « Ce décret de 2017 impose aux copropriétés d’embarquer des travaux d’Isolation Thermique par l’Extérieur dès lors qu’ils souhaitent réaliser un ravalement de façade de plus de 50% de la surface du bâtiment. C’est un levier supplémentaire pour massifier les travaux de rénovation. Un autre point important, au-delà des travaux embarqués, est l’obligation d’inscription au registre national des copropriétés, qui va permettre aux acheteurs d’accéder aux fiches d’identité des résidences, et de leur donner une meilleure information pour identifier les coûts à prévoir. Le fait d’être inscrit au registre et de faire un audit énergétique va donner plus de transparence sur l’état du bâtiment ».

  • Thomas Gauthier (NodOn) : « Proposer la solution la plus flexible et la plus ouverte »

    Thomas Gauthier (NodOn) : « Proposer la solution la plus flexible et la plus ouverte »

    ENTRETIEN AVEC
    Thomas Gauthier, directeur de NodOn. Créée en 2013, basée près d’Orléans et comptant une vingtaine de salariés, l’entreprise NodOn appartient au Groupe français Altyor, leader de la conception et de la fabrication d’objets connectés en sous-traitance industrielle.

    Quels équipements fournissez-vous ?

    Nous sommes spécialisés dans l’appareillage électrique pour les bâtiments et les logements connectés. Nous fournissons du matériel électrique qui permet de faire d’un logement traditionnel un logement connecté. Notre matériel fonctionne sur la base d’une technologie sans fil présentant une grande flexibilité d’installation, ainsi qu’une importante gamme sans pile, évitant les soucis de maintenance. Nos solutions sont compatibles avec des box ou des passerelles domotique de pilotage à distance via un smartphone.

    L’entreprise intervient sur deux volets : la simplification de l’installation des produits grâce à l’absence de piles, et l’automatisation de l’ensemble qui peut être centralisé sur une passerelle domotique. Par exemple, si un client souhaite un module pour piloter son éclairage ou ses volets roulants, nous pouvons l’installer sur un volet motorisé existant. Il recevra les ordres d’une télécommande ou d’un interrupteur sans pile et sans fil pour gérer sa commande de montée ou de descente. Cet organe de contrôle fonctionne avec des générateurs d’énergie via un mouvement mécanique. Le système est donc flexible, autonome et modulable. Il s’agit d’une technologie radio interopérable sous protocole EnOcean. Et, même si nous ne sommes pas spécialisés dans la vanne thermostatique, le client qui souhaite piloter ses chauffages peut trouver des produits compatibles avec nos solutions dès lors que le protocole est identique. Nous avons la volonté de proposer la solution la plus flexible et la plus ouverte à nos clients.

    Quel est le principe de la maison connectée ?

    Le concept de maison connectée consiste à équiper une maison pour centraliser le fonctionnement de ses différents appareils. Et comme tout est en réseau, il n’est donc plus nécessaire d’être dans la maison pour allumer ou éteindre les lumières, ouvrir la porte du garage ou fermer tous les volets roulants. De plus, comme les objets sont interconnectés, on peut scénariser ces interactions : je pars le matin à 8h, j’appuie sur un bouton les volets s’ouvrent, les lumières s’éteignent et le chauffage baisse. Cela peut être un scénario du lundi au vendredi, avec des scénarios différents le week-end.

    La maison connectée est-elle une réalité ?

    Plus de 10 000 logements sont vendus chaque année avec nos produits connectés, que ce soit pour piloter la lumière, le chauffage, les volets ; des capteurs de présence, de température, etc. Notre technologie sans fil est, elle, plutôt destinée à la rénovation. D’ailleurs, depuis le 1er janvier, notre solution est distribuée par Rexel et nous répondons de plus en plus à des appels d’offres de rénovation sur la partie centralisation du pilotage des volets roulants. C’est une vraie tendance pour les années à venir.

  • La rénovation : un enjeu patrimonial

    La rénovation : un enjeu patrimonial

    ENTRETIEN AVEC
    Raphaël Claustre, directeur général d’Energies Posit’if. Spécialiste de la rénovation énergétique des copropriétés et de son financement en Île-de-France, Énergies Posit’if est une Société d’Économie Mixte créée en 2013 par la Région Île-de-France, le Département du Val-de-Marne, la ville de Paris et la Caisse des Dépôts et Consignations.

    Quels services proposez-vous aux syndics et conseils syndicaux ?

    Nous avons pour objectif de répondre aux problématiques de rénovation énergétique des copropriétés. Le principe d’Energies POSIT’IF consiste à mettre à la disposition des syndics et conseils syndicaux un interlocuteur unique capable de fournir toutes les solutions techniques et financières pour un projet de rénovation énergétique.

    C’est en 2013, à l’issue du Grenelle de l’environnement, qu’il est apparu nécessaire d’entamer une véritable politique efficace de rénovation du bâtiment et de rénovation énergétique. Les deux sont indissociables, puisqu’il s’agit de remettre un bâtiment au niveau des standards énergétiques d’une part, et, d’autre part, au niveau des standards de qualité qu’un habitant ou un futur acquéreur attend. Il s’agit donc à la fois de maintenir la valeur et la qualité du bâtiment.

    Comment travaillez-vous ?

    Nous travaillons dans la logique des fameux « travaux embarqués » et d’une intervention globale : réaliser tous les travaux en une seule fois. Cela peut effrayer au niveau des investissements à engager, mais, au final, le coût total est bien moindre et les performances meilleures que si les travaux sont réalisés en plusieurs fois. D’une part grâce aux économies d’échelle, d’autre part, parce qu’il est possible de trouver des solutions de financement bien plus avantageuses. Et c’est précisément là que se situe la valeur ajoutée d’Énergies Posit’if. Notre rôle est de faire la conception et l’accompagnement : études de maîtrise d’œuvre, études thermiques… pour trouver les meilleures solutions permettant de réduire les dépenses énergétiques. Nous construisons également des plans de financement adaptés pour chaque ménage, et nous sommes également tiers financeur : nous apportons des solutions de prêt de la part de banques et assurons l’avance des aides pour les ménages.

    L’accompagnement des copropriétés dans le domaine de la rénovation énergétique suit plusieurs étapes : nous réalisons notamment des Diagnostics Techniques Globaux (DTG), ainsi que des audits énergétiques, car ce sont de vrais outils de sensibilisation. Si nous sommes sollicités par une copropriété qui a bien conscience que des travaux doivent être réalisés, nous faisons de suite une étude de conception. C’est un engagement plus fort, mais qui permet d’économiser une étape. Face à des copropriétaires hésitants, nous recommanderons un DTG qui permettra de cerner le problème et d’amener des éléments concrets de réflexion avant de se lancer dans la conception du projet.

  • « Le marché de l’amiante arrive à maturité » – Damien Delsarte (DEC2)

    « Le marché de l’amiante arrive à maturité » – Damien Delsarte (DEC2)

    ENTRETIEN AVEC
    Damien Delsarte, directeur de la société DEC2 et expert en traitement des déchets. Bureau d’études dédié à l’environnement, DEC2 est spécialisé dans la gestion des déchets et plus particulièrement dans le diagnostic des déchets avant démolition.

    Sur quels types d’activités intervenez-vous ?

    J’ai créé DEC2 en 2009 avec la volonté de concevoir un bureau d’études indépendant à la fois d’un professionnalisme irréprochable et proche de ses clients. J’ai été progressivement rejoint par deux collaboratrices, qui sont venues compléter et asseoir l’offre du bureau d’études.

    Nous proposons trois types de prestations d’études : la déconstruction et le désamiantage ; la dépollution des sites ; la gestion des déchets. Nous intervenons également sur des activités spécifiques, à la demande des clients, comme les formations aux flux de déchets en milieu industriel, ou le montage de dossiers de demande de transferts transfrontaliers de déchets vers les pays de L’Union Européenne. DEC2 intervient sur le territoire des Hauts de France : un terrain riche en friches industrielles, et où la densité de population et d’industrie fait de la gestion des déchets un enjeu fondamental de l’environnement.

    Par quels services vous démarquez-vous ?

    Depuis début 2016, nous avons obtenu la qualification OPQIBI pour le diagnostic déchets avant démolition. De fait, la société est en particulier spécialisée dans cette activité. De la même manière, de par notre indépendance et notre connaissance des filières, nous sommes en mesure de trouver les solutions les plus adaptées pour le traitement des terres polluées, sédiments et enrobés.

    Comment voyez-vous votre développement sur le marché de l’amiante ?

    Je viens du monde de la démolition et du désamiantage. Il y a neuf ans, j’ai décidé de créer mon entreprise, notamment pour bifurquer vers des activités qui me plaisaient particulièrement, l’ingénierie et l’accompagnement de travaux. Même si l’amiante ne constitue pas le cœur de nos activités, nous sommes parfaitement capables techniquement et matériellement de gérer ce genre de problématique. Je pense que le marché de l’amiante est à maturité : d’énormes quantités ont déjà été traitées. Par contre, il reste encore énormément à faire sur le marché périphérique, notamment le remplacement de l’amiante par d’autres matériaux et la gestion des autres déchets dangereux et/ou toxiques.

  • Patrice Blanc (D-Pro) : « Nos franchisés s’installent diagnostiqueurs, nous développons leur expertise »

    Patrice Blanc (D-Pro) : « Nos franchisés s’installent diagnostiqueurs, nous développons leur expertise »

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    Patrice Blanc, chargé de développement de D-Pro. Créée en 2011, la société est une franchise d’experts du bâtiment et de diagnostics immobiliers. Loin de se concentrer uniquement sur la problématique des diagnostics immobiliers, le réseau a souhaité élargir le spectre de ses franchisés afin de proposer une expertise globale à ses clients.

    Dans quelles régions intervenez-vous ?

    D-Pro est un réseau de franchise historiquement basé à Valence, dans la Drôme. Nous nous sommes ensuite étendus de manière plus ou moins concentrique dans le quart sud-est et, depuis 2015, sur tout le territoire. En 2017, nous nous sommes installés en région parisienne, ainsi que dans l’ouest. D-Pro regroupe 30 franchisés, dont 10 nouveaux en 2017, et avec un objectif de croissance identique pour 2018, plus particulièrement le nord de la France, l’est et la partie Bretagne.

    Quelle est votre particularité ?

    Notre particularité, c’est d’être à la fois diagnostiqueurs, avec une compétence sur l’ensemble des diagnostics obligatoires, mais avec une expertise du bâtiment : audit et contrôle d’accessibilité, valeur vénale, DTG, thermique, pollution des sols, qualité de l’air, gestion des déchets, expertise d’assurés… Nous intervenons par exemple en cas de sinistre pour le compte des assurés. Nous avons également une expertise dans la construction : pathologies des bâtiments, malfaçons, difficultés à la livraison du bien…

    Ce sont des expertises que nous avons développées parce qu’à l’origine, le cabinet historique les intégrait déjà : les deux associés de la franchise sont tous les deux des experts en bâtiment et se sont progressivement orientés vers l’amiante dès 1997. Après 25 ans d’expérience dans l’expertise, ils ont ajouté les diagnostics à leurs activités.

    Comment accompagnez-vous vos franchisés ?

    Nous proposons à nos franchisés le cheminement inverse : ils s’installent en tant que diagnostiqueurs, et nous leur proposons des formations pour développer des expertises afin qu’ils puissent se différencier de la concurrence : nous les formons en interne. Cela permet à nos clients, maîtres d’ouvrages et prescripteurs d’avoir un interlocuteur unique pour toutes leurs problématiques liées au bâtiment.

    Mais même dans cette configuration, les diagnostics, et surtout l’amiante, conservent une part prépondérante. L’amiante, c’est 30% à 35% de notre activité. Le marché est en plein développement, eu égard aux nouvelles obligations et, certainement, aux futures… Nous avons un centre de formation, FDTI, qui nous est propre et qui forme aussi des diagnostiqueurs extérieurs à notre réseau, en autre pour ce qui concerne le repérage amiante avant travaux et démolition.

  • ANITEC : 300 entreprises pour une nouvelle interprofession

    ANITEC : 300 entreprises pour une nouvelle interprofession

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    Philippe Blin, co-président de l’ANITEC. Née de la fusion en décembre dernier entre le Syndicat des Intégrateurs Installateurs Courant Faible (S2ICF) et le Syndicat Français des Professionnels de la Sûreté, Vidéosurveillance et Détection Incendie (SVDI), l’ANITEC est la première organisation professionnelle française des experts des métiers de l’information, de la communication, de la domotique et de la sécurité des personnes et des biens dans les bâtiments. Elle regroupe à ce jour 300 entreprises adhérentes.

    Quelles sont les principales missions de l’ANITEC ?

    Nos grandes missions consistent dans l’accompagnement, le développement d’échanges, la valorisation des compétences et la formation des collaborateurs de nos adhérents. Pour ce faire, nous assurons un panel de services, comme une veille sectorielle réglementaire et normative, des réunions techniques, des rencontres professionnelles, l’élaboration de conventions de partenariats, et la présence dans les principaux organismes de certifications et de qualifications de notre secteur… bref, tout ce qui fait l’activité d’une organisation professionnelle efficace !

    Quelles sont vos ambitions pour la profession ?

    Les objectifs de l’ANITEC à moyen terme sont directement liées aux préoccupations de l’interprofession. Nous allons à la fois travailler sur les sujets d’actualité, comme le BIM et le RGPD. En parallèle, nous allons nous concentrer sur la formation. C’est un axe primordial dans nos métiers : on parle de reprise, mais depuis de nombreuses années nous constatons une véritable pénurie de main d’œuvre qualifiée, techniciens de maintenance, d’installation et de bureaux d’études… Nous allons également continuer à fédérer toutes les entreprises de nos secteurs d’activité. L’ANITEC regroupe des entreprises issues de conventions collectives différentes qui, souvent, ne sont pas représentées ni même adhérentes d’organisations professionnelles. Grâce notamment au soutien national de la FFIE et de la CSEEE sur Paris, d’ici deux à trois ans, nous prévoyons de regrouper en France entre 500 à 600 entreprises exerçants les spécialités que nous représentons.

    Et pour 2018 ?

    L’ANITEC se consacre en 2018 à piloter le rapprochement entre deux secteurs professionnels. Une tâche lourde qui ne se fera pas du jour au lendemain. Cela fait plus d’un an que nous préparons le terrain. Et presque deux ans que nous sommes en relation. La volonté est là, puisque, dans les faits, ces professions sont complémentaires. Le fait d’être unis permet aux adhérents, d’avoir les informations de l’ensemble de la profession : revue de presse inter-métiers, hotline technique, secrétariat permanent, conférences, présence dans les salons, un bureau à disposition des adhérents sur Paris…

  • Eric Sfreddo (Etablissements Jouannot) – « Il faudra sérieusement relancer les circuits classiques de recrutement »

    Eric Sfreddo (Etablissements Jouannot) – « Il faudra sérieusement relancer les circuits classiques de recrutement »

    ENTRETIEN AVEC
    Eric Sfreddo, président de la société Jouannot. Entreprise polyvalente spécialisée dans la rénovation électrique depuis 1948, les etablissements Jouannot, travaillent essentiellement sur le secteur de Maubeuge (Nord). Avec 35 salariés et un périmètre d’intervention très étendu, l’entreprise est un des leaders régionaux.

    Sur quel segments de marché intervenez-vous ?

    Nous travaillons indifféremment dans le logement neuf, la rénovation et les bâtiments tertiaires. Notre vocation est de proposer un package global pour des prestations complètes. Si une partie du chantier est hors de notre domaine de compétences, nous sous-traitons et c’est transparent pour le client. Nous avons également comme clients des bailleurs sociaux comme Partenor ou Promocil qui gèrent 15 000 logements.

    Avec une part de chiffre d’affaires sur le courant faible comprise entre 15 et 20%, ce segment d’activité reste important et en développement constant chaque année. A côté de l’activité électrique pure, nous avons développé une société multiservice qui propose des contrats de maintenance et multiservices avec les bailleurs sociaux, particuliers ou syndics. Par ce biais, nous gérons le tiers de leur parc en multiservice. Une activité annexe qui représente 1,3 millions d’euros et occupe 13 personnes à plein temps. La société a dû se diversifier pour prendre en compte les changements et les nouveautés du marché. Avant, nous ne travaillions que dans des logements, et désormais, nous alternons entre logements et bâtiments tertiaires. De fait, nous pouvons être amenés à installer un poste haute-tension, un interphone, une alarme incendie ou intervenir sur l‘installation électrique d’un hôpital.

    La reprise est-elle au rendez-vous ?

    Localement, nous commençons à sentir cette reprise depuis environ 8 mois, et surtout par le logement. Depuis un mois ou deux, nous constatons aussi une recrudescence des opérations dans le tertiaire, notamment via les mairies qui commencent à débloquer des dossiers. Le secteur industriel repart également, mais n’arrive qu’en troisième position.

    Paradoxalement, les professionnels rencontrent des difficultés pour recruter.

    Nous essayons de recruter, bien sûr. Mais nous ne trouvons pas de salariés formés. Et je peux parler au nom des autres corps d’État, puisque je suis Président du GRET, qui regroupe le génie climatique, les électriciens de la FFIE et les couvreurs-plombiers du Nord-Pas de Calais, soit 946 entreprises. Donc, aujourd’hui, nous recrutons par le bouche-à-oreille. Mais il va falloir relancer sérieusement les circuits classiques de recrutement dû à la conjoncture : formation, alternance et apprentissage, qui ont été délaissés ces dernières années. Nous savons qu’il va y avoir un temps d’adaptation de trois ou quatre ans pendant lesquels le secteur va être en pénurie de main d’œuvre.

    Par ailleurs, l’évolution prévisible du secteur va nécessiter des adaptations en profondeur. Nous allons devoir répondre à une demande d’hyper-connexion. Ça démarre tous azimuts : la FFIE a signé une charte avec une soixantaine d’acteurs pour revoir les architectures réseaux, la sécurité numérique, etc. Mais tout cela fait appel à d’autres intervenants. Il va falloir s’allier avec des techniciens pour donner un dossier clé en main au client. Jusqu’ici, les lots courant faible et courant fort étaient séparés. Maintenant qu’ils sont regroupés, nous devons réfléchir à une offre globale pour le client qui intègre la connectivité, la maintenance et la sécurité numérique.

  • Dominique Piton (LABOCERT) – « Accompagner les laboratoires dans leur développement »

    Dominique Piton (LABOCERT) – « Accompagner les laboratoires dans leur développement »

    ENTRETIEN AVEC
    Dominique Piton, directeur de Labocert. La structure est spécialisée dans l’accompagnement, la formation et le conseil auprès des laboratoires de stratégie, de prélèvements et d’analyse.

    Quels services proposez-vous au sein de Labocert ?

    Notre société est avant tout axée sur le conseil. Dans cette optique, nous réalisons notamment les audits internes, à la fois sur les aspects qualité et aussi technique. Nous pouvons également réaliser des audits blancs, et nous assurons des prestations de conseil, aussi bien techniques que, par exemple, sur le choix des matériels. Labocert propose par ailleurs des fonctions externalisées pour les laboratoires, comme celles de Responsable Qualité ou de Responsable Technique, ainsi que des formations spécifiques aux laboratoires : les référentiels, la réglementation, les stratégies, les prélèvements, les rapports finaux, les incertitudes de mesure… Toute la palette de problématiques que rencontrent quotidiennement nos clients, et qui leur sont nécessaires dans leur démarche d’accréditation.

    Comment accompagnez-vous les laboratoires ?

    Notre vision de la relation client n’est pas axée sur du « one-shot » : nous mettons en place des solutions pérennes, complètement adaptées au client. Du sur-mesure, en quelque sorte. Ainsi, par exemple, nous adaptons les formations à leur activité sur des domaines particuliers, voire à des lacunes particulières que nous identifions grâce à des diagnostics des compétences. Des formations qui prendraient 6 à 8 mois peuvent être faites en quelques jours avec nous.

    Cette démarche permet à Labocert d’accompagner les laboratoires dans l’obtention d’une nouvelle accréditation ou de son renouvellement. Nous avons ainsi pour clients des laboratoires déjà installés et des laboratoires en création. Un positionnement qui permet également de se faufiler dans un secteur des laboratoires en pleine mutation : le marché du laboratoire commence doucement à se stabiliser. Suite à un évènement majeur dans leur laboratoire, des préleveurs ont créé leur laboratoire de petite taille… Certains arrêtent, d’autres sont rachetés, d’autres se créent ou se développent. Nous proposons une offre de formation pour chaque cas, lesquelles sont reconnues lors des accréditations Cofrac. L’’entreprise se déploie également en France Métropolitaine et en Outre-Mer.

  • Christophe Heberlé (MMA INOVENCE) : « Assurer les professionnels en fonction de leurs besoins »

    Christophe Heberlé (MMA INOVENCE) : « Assurer les professionnels en fonction de leurs besoins »

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    Christophe Heberlé, gérant de MMA INOVENCE, cabinet d’assurance spécialisé en entreprises et basé sur l’est de la France. Il est l’un des plus importants cabinets au niveau du groupe MMA.

    Vous avez développé une offre spécifique pour les électriciens. Quelle est-elle ?

    Nous sommes présents sur tout le territoire, avec contrat de groupement et de franchisés au niveau national. Nous assurons aujourd’hui 400 électriciens. Nous avons développé pour l’ANITEC un contrat spécifique en responsabilité civile professionnelle et en responsabilité décennale, réservé à ses adhérents. Il s’agit d’un contrat proposant une réduction des tarifs équivalentes à celles d’un contrat groupe, et délivré par l’ensemble du réseau MMA sur la France entière. Nous faisons en sorte d’être très présents aux côtés de l’ANITEC, par exemple en participant aux salons professionnels régionaux, aux assemblées générales, etc. Cette année, nous les accompagnons sur le Grand Circuit des Intégrateurs Electriciens 2018, sur Lille et Nancy.

    Nous avons développé un contrat spécifique pour les électriciens alsaciens, avec garanties et tarification spécifiques, car dans l’est, nous avons des corporations de professionnels. Ces contrats leur sont dédiés spécifiquement.

    Les contrats ont-ils évolué ?

    Les contrats évoluent essentiellement pour faire face à un changement de la nature de la sinistralité. La sinistralité que l’on rencontre le plus aujourd’hui, ce sont les vols de matériels sur chantier. Une problématique que nous continuons à assurer, contrairement à d’autres assureurs qui retirent cette garantie de leurs contrats. Ensuite, nous avons toujours un certain nombre de sinistres en responsabilité civile ou en mise en cause de plus en plus nombreux, tout cela étant lié à la judiciarisation croissante du monde professionnel.

    Et en ce qui concerne l’assurance des prestations de domotique ?

    Pour accompagner les changements dans le métier et notamment dans le domaine de la domotique (qui n’a pas de réelle définition en termes d’activité), nous proposons des projets sur-mesure, qui est permise par la très grande ouverture de notre offre. Cela nous permet d’accompagner les professionnels dans l’évolution de leurs métiers.