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  • Amiante et évolution réglementaire : la perception du risque à la loupe

    Amiante et évolution réglementaire : la perception du risque à la loupe

    PROTYS réalise tous les ans un « Baromètre amiante » auprès des professionnels des Travaux Publics afin d’établir un état des lieux de la perception du risque amiante et de suivre son évolution années après années. Alexandre Neuraz, responsable marketing et commercial Secteur Public, présente les derniers enseignements de l’étude et ses projections pour 2020.

    Pourquoi avoir réalisé ce baromètre ?

    Depuis la loi El Khomri de 2016, on note un renforcement de la réglementation amiante. Avec l’obligation du repérage amiante avant travaux, il nous a semblé important de comprendre quels étaient les nouveaux enjeux pour l’ensemble des professionnels. C’est pourquoi nous avons réalisé un baromètre dont l’objectif est de comprendre la perception de ces professionnels autour du risque amiante et de suivre son évolution à travers les années : quelle compréhension ont-ils du risque amiante ? Quelle est leur appropriation des nouvelles obligations qui leur incombent ? Quels sont les processus métiers qu’ils mettent en place ?

    Quels sont les enseignements de ce baromètre ?

    Nous dégageons trois principaux enseignements de ce baromètre. Le premier élément est clairement positif puisque l’on constate que l’ensemble des professionnels soutiennent la réglementation. En effet, 88 % des répondants jugent que ces actions de renforcement réglementaire ont un effet positif pour l’ensemble de la profession.

    En deuxième enseignement, on remarque une appropriation à deux vitesses de cette réglementation. En effet, si la moitié des professionnels la connaissent et près de 39 % sont conscients des risques pénaux de leur structure en cas de non-respect de la réglementation, il n’en demeure pas moins que l’autre moitié des sondés – au moment de l’étude – ne connaissent pas cette réglementation et ses conséquences juridiques.

    Enfin, dernier élément : le principe de réalité. Le baromètre révèle que les trois quarts des professionnels interrogés jugent le risque amiante comme un risque fort. Pour autant, ils ne sont que 16 % opérationnellement à estimer respecter à 100 % leurs obligations lors de travaux autour du risque amiante, sur voirie. Il y a donc une opposition entre cette volonté de réglementation et une difficulté dans la mise en musique opérationnelle de cette réglementation.

    Quelles conclusions pouvons-nous tirer ?

    L’évolution sur un an est globalement positive. Si une première partie des professionnels ont été sensibilisés aux enjeux et semblent prêts à se mettre en ordre de marche, une deuxième partie semble être attentiste aujourd’hui. Nous pouvons supposer qu’ils sont dans l’attente des futures normes, notamment celle qui concerne la voirie, pour engager la mise en œuvre d’actions concrètes. Les récentes décisions de justice relatives au préjudice d’anxiété pourraient être de nature à accélérer la prise de conscience de leurs nouvelles responsabilités.

    Avec la sortie de l’ensemble des textes réglementaires, les professionnels devraient encore mieux respecter ces enjeux en 2020. Communiquer et sensibiliser l’ensemble de la profession restent aujourd’hui une priorité. Mais la mise en place de processus simples, clairs et efficaces est également un enjeu auquel la majorité des acteurs va être confrontée dès demain. Dès lors, comme le montre le baromètre, le recours à des prestataires externes peut être une solution pour assurer la montée en compétence et atteindre ainsi ces objectifs dans les meilleurs délais.

  • Ventilation : la basse pression donne un second souffle aux copropriétés

    Ventilation : la basse pression donne un second souffle aux copropriétés

    Pas de rénovation sans ventilation ! C’est l’injonction faite par l’entreprise Acthys à toutes les copropriétés afin d’améliorer le confort des occupants et de pérenniser la rénovation des bâtiments. Explications avec Olivier Schaffert, directeur général de la société.

    Quel est le système de ventilation le plus adapté à la rénovation des copropriétés ?

    La grande majorité des bâtiments sur lesquels nous intervenons aujourd’hui ont été construits avant 1982, c’est-à-dire avant la seconde réglementation thermique RT 1982 (second choc pétrolier de 1979) et avant la mise en place de l’arrêté de Mars 1982. Cet arrêté précise les modalités d’application de l’article R.111.9, du code de la construction et de l’habitation, qui lui-même spécifie les débits entrants et sortants à mettre en œuvre afin de renouveler suffisamment l’air des locaux. Ce renouvellement d’air peut être réalisé de manière naturelle ou mécanique. Avant cet arrêté, la grande majorité des bâtiments été traités avec des systèmes de ventilation naturelle.

    La performance de ces systèmes étant assujetties à deux critères physiques fondamentaux que sont la hauteur ainsi que le delta de température intérieur/extérieur, il était compliqué d’équilibrer les systèmes et garantir des débits minimums ou maximum de bon fonctionnement. Pour faire simple plus le conduit est haut et plus il y a de tirage et plus le delta de température est important et plus il y a de tirage (difficile ainsi de faire des économies d’énergie en hiver).

    Avec cet arrêté les professionnels du bâtiment ont majoritairement opté pour la solution mécanique et nous avons vu croître de manière significative la mise en place des systèmes de Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC).

    Or, lorsque l’on réutilise les anciens conduits de ventilation naturelle comme le shunt, les boisseaux individuels ou encore les conduits Alsace (à l’époque tous en béton), il est nécessaire d’être particulièrement précautionneux par rapport à la réutilisation de ceux-ci. Les vieux conduits étant bien souvent imparfaitement étanches et la mise en œuvre d’un système de ventilation mécanique standard irait par ailleurs de pair avec une surconsommation énergétique et de l’inconfort.

    Nous avons donc développé des solutions dédiées à ce genre de conduits : des systèmes en ventilation naturelle hygroréglable ou encore basse pression ou hybrides. Les systèmes de ventilation hygroréglables Acthys fonctionnant à un niveau de pression compatible avec les conduits de ventilation naturelle, ces systèmes permettent de les réutiliser en l’état.

    Comment assurer de bonnes performances ?

    Un système performant résout simultanément les deux problématiques fondamentales que sont la qualité de l’air intérieur et l’économie d’énergie. Chez Acthys, chaque bâtiment traité fait l’objet d’un diagnostic complet afin de déterminer la meilleure solution à mettre en oeuvre. Le futur système de ventilation est modélisé en 3D par notre bureau d’études et nous proposons dans certains cas un passage caméra dans les conduits pour vérifier leur vacuité. Si le moindre risque est identifié quant à la mise en œuvre du système sélectionné, nous avertissons la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre afin qu’ils puissent agir avant l’intervention des installateurs. Ce diagnostic permet également de s’assurer du bon dimensionnement du système, évitant toute surconsommation d’énergie.

    L’excellence opérationnelle est véritablement au coeur de notre politique d’entreprise. Lors de la phase de travaux et jusqu’à la réception du chantier, l’équipe technique poursuit son accompagnement sur le terrain pour s’assurer que les opérations sont menées dans les règles de l’art. Aussi, Acthys a développé un réseau d’installateurs agréés faisant bénéficier nos clients d’une extension de garantie sur nos systèmes, qui passe de 2 à 5 ans. Le réseau compte actuellement 25 entreprises agréées dans toute la France. Un chiffre que nous souhaitons doubler en 2020.

    Grâce à notre maîtrise de l’air, nous participons à concevoir des lieux de vie intérieurs, intelligents et bienveillants. Nous contribuons à prendre soin de la santé et du bien-être des occupants, dans un esprit Eco-friendly pour la planète.

    Comment accompagnez-vous l’entretien du système ?

    Après la mise en service, Acthys fournit des fiches techniques pour l’entretien des bouches des entrées d’air ainsi que des ventilateurs. Des formations plus poussées sont proposées aux sociétés de maintenance. Pour aller plus loin, nous avons développé avec le groupe Aldes le système AldesConnect Pro. Son concept : équiper les ventilateurs d’un modem avec un système de contrôle afin de mesurer à distance les pressions, les intensités consommées ou encore les vitesses de rotation. Les sociétés de maintenance sont ainsi en mesure de repérer la moindre anomalie et d’anticiper les pannes éventuelles.

    La pérennité du bâtiment passe par sa bonne ventilation. Nous sommes le poumon de celui-ci. Alors oui ! Pas de rénovation sans ventilation !

  • Répondre aux réglementations avec le BIM

    Répondre aux réglementations avec le BIM

    Le repérage amiante avant travaux est l’occasion idéale de générer la maquette numérique d’un ouvrage et plus largement d’épouser une méthode BIM (Building Information Modeling). Julien Piechowski, directeur de région Ile-de-France et Normandie chez AC Environnement, revient sur les spécificités et avantages du BIM pour la maîtrise d’ouvrage.

    Le BIM est-il une réponse aux nouvelles réglementations ?

    Oui, à plusieurs titres. Mais si le BIM s’inscrit dans la réglementation, il n’est pas pour autant obligatoire. Pour rappel, la maquette numérique est la représentation numérique du BIM et l’avatar dans lequel on intègre deux types d’informations : la donnée technique (inhérente aux caractéristiques des matériaux de la construction) et la donnée réglementaire, dans laquelle on retrouve notamment le diagnostic amiante.

    En toile de fond, ce qui relève directement de la norme, c’est le cahier numérique du bâtiment. Ce dernier est déjà obligatoire dans le neuf et le sera également dans la rénovation à partir de 2025. Le BIM est une brique de ce cahier numérique du bâtiment, puisque sa première vertu est de permettre d’intégrer de la donnée dans la maquette numérique. AC Environnement a ainsi développé l’outil CN BIM, pour “cahier numérique BIM”. Il met à la disposition de tous les maîtres d’ouvrage un compte afin d’accéder en permanence aux données de leur maquette. Une particularité à noter : l’intégralité de la Data est la propriété exclusive du maître d’ouvrage, contrairement à la simple consultation proposée par certains opérateurs. Nous tenons à ce que la donnée appartienne uniquement au propriétaire, sans condition.

    Quelle est la place des diagnostiqueurs dans cette démarche ?

    La réalisation du repérage amiante avant travaux (RAAT) est la porte d’entrée par excellence du BIM. Le diagnostiqueur est donc tout désigné pour mettre en oeuvre l’avatar numérique de l’ouvrage. C’est en effet le premier acteur à pouvoir implémenter de la donnée dans le cadre d’une rénovation, via les informations réglementaires comme l’amiante. Il est aussi susceptible de réaliser le scan du bâtiment. C’est ce que nous proposons chez AC Environnement en complément de l’investigation : nos équipes de terrain sont formées pour réaliser le scan et intégrer le nuage de points obtenu dans le logiciel. La modélisation est ensuite réalisée par nos BIM Modeleurs, qui génèrent la maquette numérique.

    Quels gains peut-on percevoir du BIM ?

    Le BIM offre avant tout un gain économique sur le coût global du bâtiment. On a tendance à l’oublier ou à le méconnaître, mais la phase d’exploitation du bâtiment représente 75 % de son coût tout au long de sa “vie”. En implémentant la maquette numérique dans un cycle de rénovation, l’économie se fera sur les prochaines réhabilitations car la maîtrise d’oeuvre et les différents intervenants disposeront de tous les éléments techniques renseignés lors du premier programme de travaux. Il sera d’autant plus simple d’optimiser les performances des matériaux qui seront mis en oeuvre.

    Le BIM offre avant tout un gain économique sur le coût global du bâtiment. On a tendance à l’oublier ou à le méconnaître, mais la phase d’exploitation du bâtiment représente 75 % de son coût tout au long de sa “vie”. En implémentant la maquette numérique dans un cycle de rénovation, l’économie se fera sur les prochaines réhabilitations car la maîtrise d’oeuvre et les différents intervenants disposeront de tous les éléments techniques renseignés lors du premier programme de travaux. Il sera d’autant plus simple d’optimiser les performances des matériaux qui seront mis en oeuvre.

    Par exemple, on commence à voir des projets de deuxième isolation par l’extérieur. Il s’agit d’immeubles ayant déjà réalisé des travaux dans le passé, mais dont les caractéristiques de l’isolant ne sont plus en phase avec les nouvelles normes. La performance de ce premier isolant (résistance, conductivité,…) n’étant pas connue, la maîtrise d’oeuvre proposera des matériaux aux performances très fortes par principe de sécurité. Or, si le BIM avait été employé en première lecture, l’information serait disponible et permettrait d’optimiser le calcul du nouvel isolant, et donc son coût.

    Ce qui est certain, c’est que le coût initial du scan, de la génération de la maquette BIM et de la première intégration des éléments réglementaires est bien en dessous des coûts de réhabilitation sans le BIM. Plus votre connaissance de l’ouvrage est précise, mieux vous optimiserez son entretien tout au long de sa vie.

  • Maîtrise d’oeuvre amiante : accompagner dans la complexité

    Maîtrise d’oeuvre amiante : accompagner dans la complexité

    L’amiante est quasiment omni-présente dans les projets de réhabilitation, notamment des logements. Pour répondre à la complexité croissante de ces projets, le maître d’oeuvre amiante apparaît comme l’accompagnant indispensable au bon déroulement du chantier. Présentation des atouts de la profession avec Thomas Lesser, président de BET2C.

    Depuis l’été dernier, la réglementation encadre mieux les repérages avant travaux. La place du maître d’oeuvre a-t-elle évolué de ce fait ?

    Quand on lit l’arrêté de juillet 2019 sur le repérage amiante avant travaux dans les bâtiments, on se rend compte que le maître d’oeuvre (MOE) doit être choisi bien en amont du projet afin qu’il puisse assister le maître d’ouvrage (MOA) dans le cadre de sa relation avec le diagnostiqueur. Il intervient dès la définition du périmètre détaillé des travaux – exigée dans le nouvel arrêté -, ainsi que pour la fourniture ou la création des plans que le MOA doit fournir au diagnostiqueur, ou encore pour jeter un oeil critique sur le rapport de repérage afin de vérifier qu’aucune zone n’a été oubliée. L’arrêté renforce donc la nécessité, sans pour autant le rendre obligatoire, de s’appuyer sur un MOE aux prémices du projet.

    Plus largement, à quels niveaux intervient la maîtrise d’oeuvre ?

    Le MOE est un sachant qui va aider son client à ce que son projet se déroule correctement. Si une entreprise certifiée amiante doit assurer une certaine maîtrise du risque amiante, le MOE va plus loin en s’assurant que les autres risques sont pris en compte dans l’interaction avec le chantier de désamiantage. Prenons l’exemple où il y a un public à proximité plus ou moins immédiate du chantier : si elle n’est pas orientée, l’entreprise de travaux ne saura pas apprécier de prime abord les mesures complémentaires à mettre en oeuvre.

    Ensuite, le MOE va aider le MOA dans la définition de sa stratégie de travaux. Ce rôle est très important car ce n’est pas à l’inspection du travail mais bien au MOA de réaliser l’analyse de risque et d’indiquer si l’opération relève de la sous-section 3 (SS3 – opération de retrait des matériaux amiantés) ou de la sous-section 4 (SS4 )- Interventions susceptibles d’émettre de la fibre d’amiante. Sur les chantiers SS4, nous allons orienter les entreprises sur leur mode d’intervention et leur choix de mode opératoire. Et sur les chantiers SS3, il peut être nécessaire de demander à l’entreprise de procéder à des prélèvements supra-réglementaires ou de demander à ce que le MOA missionne un autre laboratoire pour réaliser des contre-mesures environnementales.

    Le MOE amiante est aussi une interface du MOA auprès du public (locataire, personnel, écolier…). Cette interface se traduit par l’organisation de réunions d’information. Chez BET2C, nous en réalisons systématiquement deux : une première au stade de l’avant-projet définitif, quand la nature des travaux et le budget ont été définis, afin d’expliquer ce qui sera fait et pourquoi ; et une deuxième avant le démarrage des travaux, avec pour objet de présenter le plan de retrait de l’entreprise et d’expliquer concrètement comment vont être réalisées les travaux de désamiantage et les mesures de prévention mises en oeuvre. L’objectif est de rassurer les usagers du bâtiment et de montrer la maîtrise du risque.

    Chez BET2C, nous aidons également des entreprises spécifiques comme Amiante&Co, qui accompagne la montée en compétence des entreprises intervenant dans le domaine de la SS4, aussi bien sur formation que sur la rédaction des modes opératoires. Sur les cas complexes, nous les aidons au montage des chantiers tests de leurs clients.

    Quelle est la spécificité de BET2C pour accompagner au mieux ses clients ?

    L’une de nos principales forces, c’est notre expérience sur des projets de réhabilitation hors contexte amiante. Nous disposons d’ingénieurs et techniciens spécialisés notamment dans les études thermiques, électriques et de fluides. Car avant de se poser la question de ce que l’on va faire en présence d’amiante, il faut déjà bien savoir comment les entreprises interviennent quand il n’y en a pas. À partir de là, on ajoute la donnée amiante et on étudie l’interaction qu’il peut y avoir. Cette connaissance des autres corps d’état permet de définir correctement le périmètre détaillé des travaux.

  • Performance énergétique et état de la copropriété : la vision globale devient la règle

    Performance énergétique et état de la copropriété : la vision globale devient la règle

    La connaissance du bien immobilier est la première étape avant de se lancer dans un programme de travaux de rénovation. C’est aussi un impondérable de plus en plus encadré par la réglementation pour s’assurer de la bonne évaluation et de l’amélioration de la performance énergétique et du bon état des copropriétés. Le point sur ces obligations et sur les solutions pour capitaliser sur la donnée avec Matthieu du Roscoat, directeur technique chez AC Environnement, et Jérôme Bonnet, directeur développement BIM.

    Quelles sont les obligations relatives à la donnée énergétique en copropriété ?

    M.R. Les obligations dépendent de la taille des copropriétés. Celles de plus de 50 lots ont l’obligation de réaliser un audit énergétique, tandis que celles en dessous de ce seuil pourront se contenter d’un diagnostic de performance énergétique (DPE) au niveau de l’immeuble. Si ces deux démarches consistent à relever les caractéristiques thermiques de l’immeuble et à calculer sa performance énergétique, l’audit va plus loin en proposant un véritable accompagnement des copropriétaires, avec une phase de retour d’étude pour leur présenter les solutions.

    Audit et diagnostic servent donc tous deux de base de réflexion sur les travaux à réaliser pour améliorer la performance énergétique de la copropriété. Cependant, je pense qu’il faut avoir une vision plus globale, qui ne se focalise pas uniquement sur la partie énergétique mais qui intègre également le suivi de l’état du bâtiment et de la copropriété. L’actualité nous a ramené à ce constat fin 2018, suite à l’effondrement des immeubles rue d’Aubagne, à Marseille, où des copropriétés défaillantes n’ont pas assuré le bon entretien de leur patrimoine. Or tout est lié : s’il y a un problème d’humidité, il y a forcément aussi un problème thermique sous-jacent.

    C’est pourquoi la loi Alur impose depuis 2014 la réalisation d’un diagnostic technique global (DTG) pour les immeubles de plus de 10 ans passant sous le statut de la copropriété et pour ceux faisant l’objet d’une procédure pour insalubrité. Il n’est pas obligatoire pour les copropriétés existantes, mais sa réalisation doit être soumise au vote de l’assemblée générale des copropriétaires. Ce DTG comporte un volet énergétique, une réflexion sur l’état de la copropriété et sur les travaux qui devront être réalisés en urgence ou à plus long terme. L’audit et le DPE s’intègrent dans ce document.

    À quelles évolutions réglementaires s’attendre ?

    M.R. Le Parlement débat actuellement sur un nouveau projet de loi pour l’amélioration de la lutte contre l’habitat insalubre ou dangereux. Si celle-ci est mise en application, elle viendra modifier le cadre juridique du DTG en le rendant obligatoire pour toutes les copropriétés de plus de 15 ans. La mesure est assez logique puisque les immeubles construits pour la copropriété depuis 15 ans sont déjà entrés dans une démarche globale, notamment en intégrant les caractéristiques thermiques. Tandis que les plus anciennes subissent l’état de la réglementation thermique de leur époque, c’est-à-dire aucune pour les bâtiments d’avant 1973. Avec cette loi, la réflexion globale deviendrait donc la règle.

    Quel est le lien entre audit/DPE et BIM ?

    J.B. Le BIM est avant tout une base de données multi-métiers du BTP, qui intègre l’ensemble des informations relatives au bâtiment, ses équipements et ses matériaux. Si vous avez une fenêtre de 1m2 plein nord, la maquette est en mesure de calculer automatiquement les ponts thermiques, les parois déperditives et d’appliquer les règles de calcul du DPE conformes au mode de chauffage, individuel ou collectif. Contrairement à un rapport DPE classique, qui est un livrable pdf, le BIM permet de capitaliser sur la donnée recueillie. Si demain, le mode de calcul du DPE évolue – ce sur quoi le législateur travaille actuellement – la totalité ou la quasi-totalité des informations nécessaires pour calculer le nouveau rapport sera déjà à la disposition des copropriétaires. Avec la plateforme CN BIM d’AC Environnement, pour “cahier numérique BIM”, les copropriétaires conservent la propriété d’une donnée consultable à volonté, traçable et modifiable.

  • Rénovation : les toitures se mettent au vert

    Rénovation : les toitures se mettent au vert

    Au-delà de la performance énergétique, la rénovation des toitures terrasses offre l’opportunité aux copropriétaires de gagner des espaces supplémentaires et de valoriser leur bien. Éric Thouvenot, responsable du service étanchéité chez SOCATEB, fait le point sur les nouveautés en matière de toitures terrasses.

    Des matériaux se démarquent-ils en matière d’isolation des toitures terrasses ?

    Compte tenu de sa haute résistance thermique et de son prix abordable, la mousse polyuréthane (MPU) est un matériau très demandé. En fonction des contraintes liées à la spécificité de l’opération, nous utilisons également de la laine de roche, de la laine de verre, ou encore du polystyrène extrudé ou expansé.

    Parmi les innovations, on peut mentionner la mousse de verre cellulaire. Ce matériau écologique est recyclable à 100 %. C’est aussi le seul isolant thermique à garantir ses caractéristiques techniques bien au-delà de 10 ans.

    Quel gain peut-on obtenir suite à une rénovation ?

    D’après les moyennes générales, on estime que la déperdition de la chaleur par la toiture d’un bâtiment représente environ 15% à 20%. Les travaux d’isolation de la toiture terrasse sont donc un bon moyen pour économiser de l’énergie et apporter un meilleur confort aux habitants été comme hiver.

    Par ailleurs, pour obtenir les différentes aides et/ou subventions, la résistance thermique de l’isolant doit correspondre à un R ≥4.5m²K/W afin de répondre aux critères d’éligibilité.

    Suite à la réfection d’une toiture terrasse, il est nécessaire de prévoir un contrat d’entretien.

    Celui-ci doit être souscrit par la maîtrise d’ouvrage suivant les prescriptions du DTU 43.1 afin d’assurer le bon fonctionnement de la garantie décennale. Pour plus d’informations, SOCATEB a rédigé « Les bonnes pratiques d’entretien des étanchéités des toitures terrasses » destiné aux maîtres d’ouvrage.

    Les travaux de rénovation de la toiture terrasse s’inscrivent souvent dans un programme de rénovation énergétique global, par conséquent le gain est lié à l’enveloppe du bâtiment dans sa totalité.

    Quelles possibilités d’aménagement offrent les toitures terrasses ?

    Il existe différents type d’aménagement : dalle sur plots, jardins, végétalisation, etc. En ce qui concerne les toitures terrasses jardins, elles se développent de plus en plus en Ile-de-France. On y installe des jardinières avec un minimum de 30 à 40 centimètres de terre végétale, ce qui permet par exemple de faire son propre potager.

    La végétalisation est une autre option, elle présente en premier lieu l’avantage d’améliorer l’isolation thermique et phonique de l’habitat. Outre toutes leurs spécificités techniques et environnementales (régulation des eaux de pluie, protection de l’étanchéité…), les toitures végétalisées redonnent une nouvelle qualité esthétique et une valeur supplémentaire à l’habitat. De plus, elles contribuent à rendre la ville plus calme et agréable à vivre.

    La sécurisation des toitures terrasses fait l’objet de nouvelles normes. Avez-vous des précisions ?

    Pour faire rapidement l’historique, on peut remonter au code de la construction de 1960 pour retrouver la base de la réglementation. Depuis le 1er septembre 2004, un décret rend obligatoire la mise en place d’une protection fixe et rigide pour assurer la sécurité des opérateurs lors d’une intervention. Ce texte est appuyé par la circulaire DRT 2005/08, qui rappelle les obligations du maître d’ouvrage.

    Dernier changement en date en juillet 2019 : « Les garde-corps lestés sont destinés à assurer une protection collective sur des structures ou bâtiments existants où il n’est pas possible techniquement de réaliser une fixation de garde-corps permanents et fixés… » (cf. Norme NF E 85-015). Ces systèmes (garde-corps autoportant) sont donc réservés uniquement aux constructions existantes.

    Dans la cadre de la rénovation des toitures, nous intervenons régulièrement pour la mise en conformité de ces derniers. Chez SOCATEB, nous avons un service dédié au remplacement et à la remise à niveau des garde-corps ne répondant plus à la norme.

  • Formation, matériel, gestion des déchets : une offre globale pour la sous-section 4

    Formation, matériel, gestion des déchets : une offre globale pour la sous-section 4

    Concepteur d’une solution de gestion des déchets, Amiante & Co accompagne plus largement les entreprises intervenant sur les matériaux contenant de l’amiante via la formation SS4, le support technique et la location du matériel. Anne-Charlotte Cerutti, responsable de l’entreprise, présente cette offre globale.

    À quel enjeu répond Amiante & Co ?

    La société est née en 2015 pour répondre à une problématique que rencontraient les petites entreprises intervenant en sous-section 4 (SS4) : la gestion des déchets issus de leur activité. Amiante & Co a alors développé une solution pour les aider à gérer les petites quantités de déchets. Très vite, nous avons signé un important contrat avec le groupe Suez et proposé nos services aux majors du bâtiment. Puis, au fur et à mesure que s’écrivait l’histoire de l’entreprise, nous avons jugé qu’il était indispensable d’être en mesure de présenter une offre globale comprenant de la formation, de l’ingénierie, de la mise à disposition de matériel et de la gestion de déchets.

    Comment accompagnez-vous vos clients au démarrage de leur activité ?

    La formation est la première porte d’entrée de nos services. Nous sommes une plateforme validée INRS Carsat, à même de délivrer le certificat SS4. Amiante & Co dispense également la formation ADR 1.3, destinée au transport des matières dangereuses, ainsi que la formation Plomb et la formation Travaux en hauteur, toujours dans le cadre du risque amiante.

    Ensuite, via nos prestations d’ingénierie, nous intervenons en support de nos clients dans la rédaction de leur mode opératoire, dans la mise en place de leur chantier test et dans la gestion du risque amiante. Nous bénéficions d’une base de données très documentée – avec notamment une soixantaine de processus validés – et d’assez de retours d’expérience pour répondre à toutes les problématiques liées à la maîtrise de l’amiante en SS4, même les plus spécifiques.

    Vous proposez également une solution de gestion des déchets et de location de matériel.

    En effet, Amiante & Co propose un service de gestion des déchets sur tout le territoire national : Collect’ Amiante, des bacs mis à disposition et collectés sous 90 jours comme l’exige la réglementation. À la différence d’un traitement classique, nous traitons les déchets au conditionnement (de 60 à 1000 litres) et non à la tonne. Le client est facturé à la rotation, c’est-à-dire au moment où l’on va récupérer son collecteur et le remplacer par un vide.

    En ce qui concerne la location d’équipements, nous souhaitions apporter une réponse aux entreprises confrontées à des interventions ponctuelles de maintenance. Le matériel (aspirateur, electro-portatif…) représente un investissement qui dépasse l’achat car il faut l’entretenir tous les ans et le décontaminer. C’est pourquoi nous proposons non seulement de le louer, mais également de le décontaminer dans notre salle blanche via un système de cryogénie que nous avons développé.

    Amiante & Co est par ailleurs agréé centre de maintenance 3M Scott pour l’entretien de toutes les gammes d’appareils de protection respiratoire. Nous réalisons également les tests d’étanchéité (fit test) pour chaque opérateur afin de déterminer la taille du masque correspondant à leur physionomie et de valider le fonctionnement du système dans l’action. Une prestation qui peut être dispensée au sein de nos locaux ou directement chez le client. Tous ces services mis bout-à-bout, nous sommes actuellement le seul opérateur à proposer une offre aussi globale et sur-mesure pour la gestion de l’amiante en SS4.

    + d’infos sur www.amianteandco.fr

  • Qualité de l’air intérieur : le contrôle de la ventilation a son référentiel

    Qualité de l’air intérieur : le contrôle de la ventilation a son référentiel

    La qualité de l’air intérieur fait l’objet d’une attention croissante des pouvoirs publics et des acteurs du bâtiment. L’essentiel de l’enjeu réside dans le contrôle des systèmes de ventilation des bâtiments. Le point sur la pratique et les appareils de mesure avec Jean-Michel Catherin, dirigeant de Testoon.

    Sur quels éléments peut-on agir pour améliorer la qualité de l’air intérieur ?

    La qualité de l’air intérieur est affectée par trois facteurs :

    • les émissions de polluants internes à l’habitat, liés à l’utilisation de matériaux et des produits d’entretien (les formaldéhydes et autres COV* émis par les colles, solvants et vernis par exemple).
    • les émissions externes telles que les particules fines et le benzène, majoritairement issues des automobiles ou de certains commerces et usines.
    • les défauts de ventilation, qui dégradent l’évacuation des émissions de CO2 issues de la respiration humaine et le remplacement de l’air par un air plus sec et moins chargé en CO2.

    Si un premier levier d’action consiste à limiter l’utilisation des produits et matériaux polluants au sein du logement, c’est avant tout sur la performance de la ventilation que se joue la qualité de l’air intérieur. D’un point de vue sanitaire, pour se sentir bien dans un appartement, il faut viser une température comprise entre 18 et 23°C, un taux d’hygrométrie de 40 à 60 % et un taux de CO2 en dessous de 1 000 PPM. La réglementation exige quant à elle des débits d’air extrait minimum. Or, 60 à 70 % des VMC ne sont actuellement pas aux normes.

    Comment contrôler le bon fonctionnement de la ventilation ?

    Le bon fonctionnement de la ventilation dépend de la qualité de son installation, de son dimensionnement, de la perméabilité du réseau et de son entretien. Avec l’appui du Ministère de la Transition Écologique, l’Ademe et le CEREMA** ont élaboré un protocole de référence à partir d’un état des lieux des pratiques existantes. Baptisé Promevent, il restitue toutes les bonnes pratiques sous la forme d’un guide d’accompagnement. C’est aussi une première brique essentielle qui pourrait amener à une future réglementation sur les contrôles.

    Le protocole Promevent détaille quatre grandes familles de contrôles :

    • la pré-inspection, qui consiste à faire le bilan de l’installation existante.
    • les vérifications fonctionnelles, réalisées sur site et qui concernent l’état et le fonctionnement des composants du système de ventilation. Cette partie est composée de 40 fiches, soit autant de configurations observées.
    • les mesures fonctionnelles aux bouches, où l’on accède uniquement à la partie visible. Le protocole définit les différents types de mesure et de matériel de mesure.
    • la mesure spécifique de perméabilité à l’air des réseaux, qui se concentre sur les conduits de ventilation et leur étanchéité.

    Quels sont les outils de mesure préconisés ?

    Le protocole définit les appareils nécessaires à ces contrôles et leur niveau de performance. En ce qui concerne les mesures fonctionnelles, on utilise principalement des anémomètres pour mesurer la vitesse du flux d’air, associés à un cône pour canaliser ce flux au niveau de la bouche. Il existe des anémomètres à hélice, qui nécessitent un minimum de débit pour fonctionner ou encore des anémomètres à fil chaud, permettant de mesurer des débits faibles. Le protocole Promevent définit pour chaque cas de figure le matériel adéquat. Pour les ventilations à double flux, des équipements plus précis sont nécessaires.

    Le contrôle de la perméabilité à l’air permet quant à lui d’identifier les pertes du réseau et d’ainsi éviter le sur-dimensionnement de l’installation, responsable d’une altération de l’efficacité énergétique du système. On procède alors à des tests d’étanchéité en mettant le réseau sous pression avec un appareil de mesure de l’étanchéité du réseau, à l’instar du DP700 de Wöhler, qui détermine la classe d’étanchéité du réseau.

    * Composés organiques volatiles
    ** Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement

  • Analyses de l’amiante et des HAP : anticiper les normes de demain

    Analyses de l’amiante et des HAP : anticiper les normes de demain

    Vincent Rubio, Baptiste Le Roux, Aurélien Nicolas et Juliette Lagouardat sont experts au sein de la cellule technique d’Eurofins Analyses pour le Bâtiment, numéro 1 de l’analyse amiante en France. Ils décryptent les exigences liées aux évolutions normatives de 2019.

    Quelles sont les dernières exigences relatives aux analyses des matériaux issus du bâtiment, de la voirie, des navires ?

    Depuis le décret du 9 mai 2017 modifié par le décret du 27 mars 2019, le repérage amiante avant certaines opérations est entré dans le code du travail. Ce repérage s’applique désormais à 6 domaines, dont le bâtiment, la voirie et les navires. À l’heure où nous vous répondons, les dispositions de ce décret sont entrées en vigueur pour les immeubles bâtis, les navires et le matériel roulant ferroviaire. L’application aux autres domaines ne sera conditionnée que par la publication de leurs arrêtés respectifs.

    Pour le repérage d’amiante dans le bâtiment (selon la norme NFX 46-020) et les navires (selon la norme NFX 46-101), les changements majeurs concernent les définitions des zones présentant des similitudes d’ouvrage, les notions d’investigation approfondie et l’obligation de séparer les couches d’un matériaux ou produit dès lors que cela est possible. Cette dernière exigence qui touche directement l’analyse est d’ailleurs reprise dans l’arrêté du 1er octobre 2019. Chez Eurofins, la séparation de couches est pratiquée depuis plusieurs années déjà, ce qui permet de garantir la qualité de nos analyses.

    Pour ce qui est de la voirie, dans l’attente de la norme de repérage, l’arrêté du 1er octobre 2019 est l’exigence principale à l’heure actuelle. Il mentionne notamment la recherche à la demande du client d’amiante délibérément ajouté ou d’amiante naturellement présent dans les matériaux et produits manufacturés.

    Quelle différence l’arrêté du 1er octobre 2019 introduit-il entre la recherche d’amiante naturellement présent et la recherche d’amiante délibérément ajouté ?

    Qu’il soit délibérément ajouté ou naturellement présent, l’amiante est toxique de la même manière. Il n’existe aucun seuil d’exonération de son risque dans la réglementation française. L’amiante a été délibérément ajouté dans le but de donner des propriétés particulières qui soient parfaitement réparties dans le matériau, et donc avec une intention d’obtenir une répartition d’amiante homogène. Dans ce cas, les fibres d’amiante sont facilement repérables. Dans le cas de l’amiante naturellement présent, la présence n’est pas connue lors de l’élaboration du matériau. La répartition d’amiante est en général hétérogène, ce qui engendre la nécessité de réaliser 3 préparations au lieu d’une et mérite une plus grande attention lors de son analyse du fait de la probabilité élevée de rencontrer des fibres d’amphibole non réglementaires (hornblende par exemple).

    Par ailleurs, les fibres d’amiante sont des fibres naturelles : leur intégration volontaire dans les matériaux ou produits rend leur identification relativement simple dans la mesure où les quantités sont aisément détectables. Lorsque l’amiante est naturellement présent, les teneurs peuvent être plus faibles, et la détection est difficile lorsque les laboratoires accrédités n’ont pas développé de méthode de préparation adaptée à toutes les typologies d’échantillons (amiante naturellement présent compris). Les laboratoires Eurofins ont largement investi en ce sens, afin d’obtenir une méthode fiable inspirée de l’ISO 22262-1, très proche des exigences du nouvel arrêté.

    Les matériaux routiers font donc l’objet de contraintes particulières via cette gestion de l’amiante naturellement présent, en plus de la gestion des HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques). Quelles sont les particularités liées à l’analyse des HAP ?

    Les HAP sont une famille de molécules organiques qui sont persistantes et hydrophobes. Ce type de molécule se retrouve souvent dans l’industrie basée sur la combustion fossile. Ils s’accumulent dans l’environnement et sont miscibles dans les graisses, ce qui explique en partie leur toxicité sur l’homme et la faune en général. Parmi tous les HAP existants, 16 sont couramment analysés, selon les recommandations de l’EPA (Agence américaine de l’environnement).

    Pour détecter la présence de ces 16 HAP dans les enrobés routiers bitumineux, plusieurs étapes sont nécessaires dont l’extraction des molécules, la détermination de la matière sèche et l’analyse en elle-même. Cette dernière est réalisée par chromatographie gazeuse équipée d’un spectromètre de masse selon la norme NF EN 15-527. Cette analyse rigoureuse est proposée par Eurofins sur des échantillons d’enrobés routiers bitumineux, qu’ils soient amiantés ou non.

    Quels nouveaux outils ou services propose Eurofins autour de la recherche de ces polluants (amiante, plomb, silice, HAP…) ?

    Chez Eurofins, nous sommes constamment à l’écoute des nouveautés réglementaires et normatives, qu’elles concernent nos activités ou celles de nos clients. La silice, le plomb et les HAP font déjà partie de notre panel analytique. Nous avons la capacité d’anticiper les problématiques à venir, en créant une offre analytique susceptible de répondre aux besoins de demain. Nous avons notamment, en anticipation ou à la suite de la publication d’arrêtés ou normes, développé des offres pour la mesure de la concentration en radon dans l’air intérieur, les analyses de fibres céramiques réfractaires ou encore les nanoparticules. En 2020, nous comptons encore développer notre catalogue analytique pour pouvoir continuer à accompagner nos clients dans leur développement. Nous proposons actuellement une nouvelle offre pour la détection des champignons lignivores et la mise en évidence de l’espèce Serpula lacrymans (mérule pleureuse) par biologie moléculaire, et l’identification des traitements du bois.

    Les nouveaux développements analytiques et l’amélioration continue des processus existants sont réalisés conjointement par une équipe de spécialistes techniques et une équipe d’amélioration des processus « lean ». Nos équipes sont ainsi à la disposition de nos clients pour répondre à leurs besoins et les accompagner dans la gestion des problématiques les plus complexes. Pour plus d’informations vous pouvez vous rendre sur www.eurofins.fr/amiante.

  • Rénovation globale : à la quête de la valeur verte

    Rénovation globale : à la quête de la valeur verte

    Si les projets de rénovation peuvent être en premier lieu motivés par des travaux de nécessité (ravalement de façade, changement de chaudière…), ils offrent également l’occasion d’améliorer la performance énergétique et ainsi la valeur du bien. Raphaël Claustre, directeur général d’Île-de-France Énergies, présente les atouts d’une rénovation globale, accompagnée par un interlocuteur unique.

    Île-de-France Énergies associe un accompagnement technique et financier. Quel en est l’avantage ?

    En effet, nous ne séparons pas le technique du financier. Un accompagnement sur ces deux plans favorise et optimise les projets de rénovations globales, c’est-à-dire la remise en l’état des bâtiments tout en apportant des solutions architecturales et énergétiques, mais aussi financières car la plupart des subventions dépendent d’un objectif de performance énergétique. Nous sommes par exemple habilités à prendre en charge les certificats d’économie d’énergie (CEE) et nous parvenons en la matière à négocier des contrats très avantageux auprès des fournisseurs d’énergie. Lorsque ces contrats sont réalisés, cela fait déjà un an ou deux que l’on travaille à la conception du projet avec nos architectes et ingénieurs. Nous connaissons donc exactement le programme de travaux, puisque nous l’avons conçu avec les copropriétaires, et sommes à même d’optimiser les montants des CEE.

    Depuis l’été dernier, nous proposons aux copropriétés que nous accompagnons des prêts à bas taux sur une durée longue. Il permet à tout le monde de financer son projet de rénovation car il n’exige aucune condition d’âge. Et, jusqu’à 21 000 euros, il n’y a pas non plus de critères de capacité de remboursement. En 2020, nous allons également proposer l’éco-prêt à taux zéro collectif. Cela permet d’apporter des solutions adaptées à chaque copropriétaire.

    Nous nous occupons donc à la fois de la maîtrise d’oeuvre, de l’assistance à maîtrise d’ouvrage et de l’ingénierie financière. Avoir un interlocuteur unique comme Île-de-France Énergies fait ainsi gagner beaucoup de temps sur les délais. Et en termes de performance, les projets sur lesquels nous travaillons obtiennent en moyenne 50 % d’économie d’énergie. Mais surtout, après travaux, les bâtiments sont entièrement requalifiés.

    Peut-on connaître à l’avance l’impact d’une rénovation sur la valeur du bien ?

    Il y a deux notions pour comprendre l’impact d’un projet de rénovation sur la valeur du bien. La première est la valeur verte, qui représente la prise de valeur d’un bien du fait de ses atouts environnementaux. La seconde est son opposé, la décote grise, c’est à dire la perte de valeur du fait de ses défauts de performance énergétique. Ces notions sont quantifiables grâce aux données récoltées depuis 2005 par les notaires dans le cadre du diagnostic de performance énergétique (DPE). Ainsi, les études de corrélation indiquent que – toutes choses étant égales par ailleurs – un bien dans les meilleures classes énergétiques en petite couronne francilienne vaut 12 % de plus qu’un bien dans les moins bonnes classes énergétiques. Cette différence est énorme ! Sur 300 000 euros par exemple, cela représente 36 000 euros. En grande couronne l’écart se creuse encore plus et atteint jusqu’à 15 %.

    La logique de rénovation globale devrait-elle idéalement s’appliquer à l’échelle des grands ensembles, autrement dit à tous les immeubles les constituant ?

    Ce qui est dommage, c’est que souvent les grands ensembles ont une gouvernance distincte entre les différents bâtiments qui les composent. Sur un grand ensemble de 1 000 logements, il y en a parfois 200 qui nous confient une mission, alors qu’il serait préférable de réaliser tous les travaux en même temps pour faire baisser les coûts. De toute façon, tous les immeubles de l’ensemble seront amenés à être rénovés en vieillissant.

    D’autre part, on revient une nouvelle fois sur une problématique liée à la décote grise : si l’un des immeubles est rénové, cela va générer une différence de valeur avec les autres biens de l’ensemble, qui sont de qualités constructives initiales similaires. Cet écart va se creuser si la même zone accueille des programmes neufs ou beaucoup de rénovations du parc ancien. Les immeubles non rénovés devront suivre rapidement pour éviter une dégradation progressive de leur valeur.