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  • Interventions sur façades : les spécificités d’un confinement amiante à l’extérieur

    Interventions sur façades : les spécificités d’un confinement amiante à l’extérieur

    Socateb a créé il y a cinq ans un département chargé d’intervenir sur des problématiques amiante liées à la façade et à l’étanchéité des toitures-terrasses. Gérard N’Diaye, directeur du département Amiante, présente les spécificités du confinement sur ce type d’interventions.

    Comment confiner un site extérieur et difficile d’accès comme une façade ?

    Qui dit confinement dit présence de quatre murs. Or, pour nos chantiers en extérieur, il est difficile de créer le confinement d’une zone. La réglementation apporte ainsi une nuance entre un niveau d’empoussièrement de niveau 2 en intérieur et en extérieur : la notion de confinement est validée en créant une “cloche”. Ainsi, pour les niveaux d’empoussièrement élevés liés par exemple à un ponçage, l’échafaudage est complètement bâché avec des bâches thermo-soudées et la zone est mise en dépression, comme lors d’une intervention en intérieur. L’installation de rampes de brumisation permet d’abattre les fibres en alourdissant l’atmosphère. De plus, nous vaporisons un surfactant sur le support avant de piocher ou de gratter. Pour des processus moins émissifs, le chantier peut être ouvert. Les planchers de l’échafaudage – en bois donc impossibles à décontaminer – sont alors protégés. Nous utilisons régulièrement un polyane liquide pour la protection des supports non décontaminables.

    Au-delà de l’échafaudage, les fenêtres du bâtiment sont bien entendu toutes calfeutrées par des bâches, que l’on va rendre hermétiques avec la pose de scotch aux pourtours des menuiseries. En fonction de la configuration, des plaques de polycarbonate peuvent être utilisées pour empêcher l’ouverture des fenêtres tout en permettant à la lumière de pénétrer à l’intérieur. Une option plébiscitée par les bailleurs, par souci d’apporter du confort à leurs locataires.

    Quels sont les équipements des opérateurs sur un chantier ?

    Que l’on soit en sous-section 3 ou en sous-section 4, les équipements de protection individuelle (EPI) et les protections à mettre en oeuvre sont exactement les mêmes. En ce qui concerne les opérateurs, tous sont équipés d’une combinaison et de sous-vêtements jetables, de gants étanches, de bottes décontaminables et de sur-bottes, ainsi que d’un masque à ventilation assistée. Pour de petites interventions ponctuelles, des demi-masques équipés de cartouches du même ordre que celles utilisées pour les masques à ventilation assistée peuvent être utilisés. Le tout scotché au niveau des poignets, des chevilles et du masque. Pour les phases de décontamination, nous employons une unité mobile de décontamination à 5 sas ou des sas fixes amovibles qui peuvent être disposés de différentes manières en fonction de la configuration du site.

    Quels sont les principaux éléments amiantés sur les façades ?

    Environ 80 % de la problématique amiante que nous rencontrons dans notre activité de ravalement concerne les enduits de surfaçage, appliqués partiellement avant 1997 pour reboucher certaines aspérités après débanchage. On en trouve également sur les joints de calfeutrement des fenêtres, les joints de dilatation et dans une moindre mesure sur les joints de mastic vitrier. Les habillages de façade peuvent en contenir, à l’instar de plaques de glasal en allège de menuiserie, ainsi que les éléments rapportés sur la façade comme les conduites de descente pluviale en fibro-ciment. Avec la multiplication de projets de réhabilitation de grande ampleur, la problématique amiante se rencontre de plus en plus au niveau des conduits de vide-ordures.

    En ce qui concerne les étanchéités en toiture-terrasse, le pare-vapeur a souvent une trame en fibre de verre mélangée avec de l’amiante. Et sur les balcons nous en trouvons assez régulièrement dans les colles de carrelage, ce qui exige de réaliser un confinement dynamique du fait de l’empoussièrement généré par le piochage de ces éléments. On retrouve également les enduits amiantés sur les sous-faces de balcons.

  • L’expertise et l’indépendance d’une maîtrise d’oeuvre au service du MOA et des opérateurs

    L’expertise et l’indépendance d’une maîtrise d’oeuvre au service du MOA et des opérateurs

    Bien qu’aucune réglementation ne le rende obligatoire, le recours à une Maîtrise d’œuvre dans le cadre d’un chantier de désamiantage est l’assurance pour le maître d’ouvrage d’une gestion exemplaire du risque et d’un suivi serein du projet et des relations avec les opérateurs. Précisions avec Jean-Philippe Carpentier, président du groupe IRAM et PDG du bureau d’études LMPR.

    Comment amenez-vous les Maîtres d’Ouvrage à prendre les bonnes décisions pour la protection des travailleurs ?

    En tant que bureau d’études, nous accompagnons le maître d’ouvrage de A à Z. Notre première action consiste à sensibiliser les protagonistes du projet sur la nécessité de gérer et d’explorer tous les aspects de la problématique amiante en amont du dossier de consultation. Cette démarche apparaîtra toujours moins dispendieuse qu’un arrêt de chantier en cours d’exécution du projet.

    La phase de diagnostic doit ainsi être menée avec la plus grande précision afin de bien identifier le risque amiante. Hélas, de nombreux diagnostiqueurs qui interviennent sur un RAT n’ont pas les compétences suffisantes dans leur recherche des matériaux et pour assurer la fiabilité de la cartographie.

    Ce manque de connaissances se constate notamment dans la recherche sur les enduits sur béton, qui sont très localisés, ou sur les colles amiantées, qui forment un véritable mille-feuille et pour lesquelles certains opérateurs de repérage s’arrêtent à la dalle et à la colle. C’est donc notre travail d’aller plus loin pour éviter les mauvaises surprises, en accompagnant les diagnostiqueurs pour leur exprimer nos doutes, quitte à leur faire reprendre leur cartographie, leurs analyses et leurs conclusions.

    Et après le diagnostic ?

    Une fois la cartographie validée, nous faisons un point zéro avec le client et une étude de faisabilité. Notre expertise nous permet de l’alerter sur des points spécifiques mais cruciaux pour la protection de l’environnement et des travailleurs, à l’instar des risques de pollution croisée suite à des interventions d’entretien classique. Nous sommes également en mesure de dimensionner les installations de chantier, d’identifier les modes opératoires à mettre en œuvre pour le désamiantage ou encore d’effectuer les bilans aérauliques, afin de fournir au client toutes les possibilités techniques à mettre en œuvre pour réussir un chantier amiante dans le respect des règles.

    Nous réalisons ensuite les études APS (avant-projet sommaire), APD (avant-projet définitif) et le dossier de consultation des entreprises. Suite au choix du maître d’ouvrage, nous suivons les travaux jusqu’à réception et récupération des DOE (dossier des ouvrages exécutés), en passant par la mise en place des systèmes de mesure d’air environnemental, la mesure au point zéro et les contrôles de deuxième restitution le cas échéant.

    Dans ce cadre, nous nous assurons que le maître d’ouvrage suive nos recommandations en termes de coûts et de délais, qu’il aura naturellement tendance à vouloir réduire. Or, une entreprise qui accepte des délais trop serrés s’expose à de mauvaises pratiques et met en danger ses opérateurs. C’est pourquoi nous nous retirons systématiquement des chantiers pour lesquels la maîtrise d’ouvrage décide de faire appel à une entreprise non compétente ou insuffisamment qualifiée. Notre position d’acteur indépendant garantit que notre décision n’est motivée que par la réussite du chantier.

    Quelle nouvelle problématique voyez-vous arriver dans les années à venir ?

    L’un des sujets de demain pour prévenir les risques sur les chantiers concerne l’actinolite présente dans les enrobés. Lors des travaux, il y a un risque de création de fragments de clivages asbestiformes. Je pars ainsi personnellement du principe qu’il faut passer en procédure amiante lorsque que l’on procède à des travaux sur les enrobés concernés par cette espèce minérale. Mais nombreux sont les laboratoires qui estimeront qu’il n’y a pas d’amiante. La plupart de laboratoires sont d’ailleurs accrédités Cofrac pour l’enrobé en lui-même, et non pour le granulat. L’absence réglementaire à ce sujet pose un problème aujourd’hui, et en posera un très gros demain.

  • « Le BIM est très efficace dans la prévention du risque amiante »

    « Le BIM est très efficace dans la prévention du risque amiante »

    La protection des techniciens et des usagers est primordiale lors d’une intervention de repérage, la présence ou non de l’amiante n’étant pas encore identifiée. Au-delà des équipements eux-mêmes, cette protection passe par l’élaboration en amont d’un mode opératoire complet. Explications avec Matthieu Rolland du Roscoat, référent technique région Sud chez AC Environnement.

    Quelles sont les règles qui encadrent la protection des travailleurs vis-à-vis du risque amiante en amont de l’intervention ?

    Les repérages avant travaux relèvent de la sous-section 4 (SS4). Les règles de prévention du risque amiante pour les techniciens sont donc inscrites dans le Code du travail. La formation est la première de ces règles : tous les techniciens doivent être formés à la SS4 en tant qu’opérateurs, de même que les chargés de projets ou chargés d’affaires sont formés en tant qu’encadrants de chantier ou encadrants techniques.

    Le deuxième aspect important de la réglementation est l’identification et la classification des processus en fonction de leur niveau d’empoussièrement. Un processus correspond à la combinaison d’un matériau amianté, d’une technique d’intervention et des mesures de protection collectives mises en œuvre.

    Ce processus est repris lors de la rédaction du mode opératoire par l’encadrant technique, où est décrit de manière chronologique et technique l’ensemble de l’intervention : ce qui est fait pour préparer la zone de travail, les mesures de protection en place, les équipements de protection mis à disposition ou encore la manière de travailler au contact du matériau amianté. Le mode opératoire vient également préciser la gestion et le circuit des déchets afin de s’assurer qu’il n’y a pas de pollution à l’extérieur. Une fois rédigé, il entre dans un cycle de validation auprès des instances officielles, par un avis à la médecine du travail, un avis du CSE – en tant que représentant des salariés -, ainsi qu’une information à la DIRECCTE, à la CARSAT et à l’OPPBTP.

    Avant la rédaction du mode opératoire, le classement du processus s’appuie sur des bases de données et n’est qu’une estimation a priori. C’est pourquoi le Code du travail exige d’effectuer des mesures d’empoussièrement de l’air lors de la première mise en oeuvre du mode opératoire. Des pompes sont ainsi posées sur l’opérateur, dans l’environnement de travail et à l’extérieur de la zone de travail. Chez AC Environnement, nous refaisons ces mesures tous les ans ou dès lors que nous changeons nos méthodes. Par ailleurs, étant bénéficiaires d’une accréditation Cofrac, nous veillons régulièrement à vérifier que les techniciens de retour d’un chantier avec du matériel qui pourrait par accident avoir été mal décontaminé ne viennent pas polluer les locaux de l’entreprise. Cette vérification passe par des mesures d’auto-contrôle.

    Le BIM peut-il améliorer la protection des intervenants ?

    Indéniablement. Avec le BIM, nous bénéficions d’une puissance sur l’accès à l’information extrêmement efficace dans la prévention du risque amiante car nous pouvons très facilement empiler la connaissance au fur et à mesure de la vie du bâtiment. Avant cela, avec les rapports papiers, la gestion était fastidieuse pour recouper l’information et les intervenants n’étaient jamais certains d’avoir la dernière version entre les mains. Dans la démarche BIM, tout le monde contribue à enrichir la documentation et la donnée est agglomérée sur des années, avec toujours à l’instant t une information actualisée sur la présence de l’amiante, ce qui évite les mauvaises surprises sur le chantier.

  • Contrôles des bornes de recharge électrique : quelles mesures ?

    Contrôles des bornes de recharge électrique : quelles mesures ?

    Jean-Michel Catherin, dirigeant de Testoon, présente les solutions pour contrôler les bornes de recharge de véhicules électriques (IRVE).

    Retranscription

    Pour pouvoir installer une borne de recharge de véhicule électrique (IRVE), il y a principalement trois étapes à respecter. La première étape consiste à vérifier que l’installation électrique à laquelle on va se raccorder va pouvoir supporter l’installation de la borne. Pour ce faire, on va d’abord vérifier que la puissance est compatible avec la puissance que l’on va vouloir développer au niveau de la borne.

    Mais c’est surtout la sécurité qui est importante, puisque la borne va être installée en extérieur. Il faut s’assurer que les éléments de sécurité les plus importants sont respectés. Principalement, on va vérifier que la terre – qui va éliminer les courants de fuite les plus importants – est de bonne qualité. Ensuite, l’installateur va procéder à l’installation de la borne. À ce moment là, il va y avoir deux étapes à contrôler :

    • le bon fonctionnement de la borne. Pour ce faire, vous avez deux méthodes. La première méthode consiste à amener une voiture électrique et se connecter sur la borne. Le dialogue s’opère alors entre la voiture et la borne. Sauf que l’on va pouvoir voir le bon fonctionnement uniquement sur la voiture testée. D’un point de vue technique, ce n’est pas la bonne solution. La bonne sera d’utiliser un appareil de mesure qui va simuler les différents véhicules. Le testeur va simuler des défauts, permettant de vérifier aussi bien le bon fonctionnement, que la façon dont la borne réagit aux défauts.
    • vérifier que la sécurité électrique, de la borne elle-même, est assurée. La borne étant souvent installée à l’extérieur, ou dans un parking, il est important que l’utilisateur qui va connecter sa voiture à une borne qui va délivrer une puissance importante soit en sécurité.

    Il y a donc des normes, comme la NFC 15-100 qui nécessite de vérifier que l’on a un bon retour à la terre et que l’on a des disjoncteurs différentiels qui peuvent se déclencher en cas de défaut. Et donc l’appareil de mesure spécifique aux IRVE va pouvoir se connecter à un autre appareil : le testeur de sécurité électrique, ou testeur multifonction. On pourra ainsi procéder aux tests traditionnels que les électriciens connaissent bien.

  • Diagnostic de l’amiante en voirie : délais, BIM et choix du laboratoire

    Diagnostic de l’amiante en voirie : délais, BIM et choix du laboratoire

    Brice Bessières, responsable grands comptes chez AC ENVIRONNEMENT, répond aux questions du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante du 11 juin, spécial « enrobés routiers et réseaux enterrés ».

    Retranscription

    Quels sont les délais entre la commande et la restitution des rapports ?

    Tout va dépendre des laboratoires, mais il faut compter 24 heures pour avoir un résultat d’analyses suite à la réception de l’échantillon. En règle générale, pour le maître d’ouvrage, ce délai est plutôt de 5 jours. Mais une fois que l’échantillon est rentré dans le processus d’analyse, il faut compter environs 24 heures.

    Comment choisir un laboratoire d’analyse ?

    Les laboratoires d’analyses doivent être accrédités. Au niveau des enrobés, les laboratoires doivent avoir une accréditation spécifique pour les analyses du liant (du bitume à l’intérieur de l’enrobé) et du granulat. Ce sont des techniques analytiques, un cheminement et des process qui sont différents. Donc les laboratoires peuvent être accrédités sur des matériaux, mais c’est une seconde accréditation pour l’enrobé, pour le granulat et – le troisième – pour le bitume. Tous les laboratoires ne sont pas forcément accrédités pour les enrobés.

    Existe-t-il une démarche BIM pour la voirie ?

    Le BIM (Building information modelisation) peut aller au delà du bâtiment. Pour rappel, l »idée est de scanner un bâtiment pour créer un avatar numérique. Tous les éléments inclus à l’intérieur de cette maquette numérique peuvent porter une donnée. Il est tout à fait possible de monter une démarche BIM sur les enrobés. Nous travaillons actuellement avec une commune pour numériser l’ensemble des voiries et apporter les différentes problématiques « polluants » : l’amiante ou les HAP.

  • Certification des diagnostiqueurs : une démarche plus que jamais indispensable

    Certification des diagnostiqueurs : une démarche plus que jamais indispensable

    La certification des diagnostiqueurs immobiliers évolue pour répondre aux nouvelles attentes et exigences du marché. Décryptage de ces évolutions avec Philippe Durand, responsable du secteur Construction au sein de Bureau Veritas Certification.

    Comment développer l’image de marque d’une entreprise de diagnostic immobilier ?

    Une démarche de certification volontaire peut être un levier puissant pour développer son image et son business. Dans le B2B, des marques de valorisation peuvent être utiles à condition que les entreprises clientes y trouvent une nécessité dans l’usage et un bénéfice immédiat. Ce n’est hélas pas vraiment le cas en France. La certification volontaire est cependant une véritable opportunité en B2C, où le consommateur est souvent perdu au milieu de nombreuses marques de qualité : produits NF, marquage CE, Made In France, Origine France Garantie, Fabriqué en France, etc.

    Un consommateur a plutôt tendance à se tourner vers une entreprise qui bénéficie d’une certification qui a un nom

    Ce que souhaite le consommateur, c’est faire appel à l’entreprise la moins chère et la plus fiable possible. Malheureusement, il a du mal à y trouver son compte. Et la certification des professionnels dans le diagnostic immobilier a peu amélioré la situation. Ce que l’on sait, c’est qu’un consommateur a plutôt tendance à se tourner vers une entreprise qui bénéficie d’une notoriété ou qui est certifiée par des opérateurs de renom. Dans les plaintes de consommateurs, nous avons ainsi des clients qui affirment avoir choisi un diagnostiqueur parce qu’il portait notre marque. Ils ont confiance en nous pour être écoutés en cas de problème avec la prestation. Par l’absence d’intérêts partisans, la certification peut donc être un moyen de filtrer la bonne ou la mauvaise foi des deux parties.

    Une certification BIM verra-t-elle le jour prochainement ?

    Bureau Veritas Certification a une expérience non négligeable sur la maquette numérique et le BIM (building information modeling) car c’est un procédé qui existe depuis de nombreuses années et qui est très pratiqué en Amérique du nord et en Asie, où nous sommes présents. Aujourd’hui, nous sommes en capacité de passer rapidement à des éléments concrets de production, dès que les corporations seront en demande d’un signe de qualité.

    Deux solutions se présentent : soit l’on prend le système normatif actuel, défini par ISO et très généraliste ; soit l’on se dit que c’est une bonne amorce et on va beaucoup plus loin ensemble en direction d’un label ou d’une certification BIM, afin de donner le niveau qui est attendu dans l’exploitation des maquettes numériques. La transformation numérique des entreprises étant une ambition forte de l’Etat, la mise en oeuvre d’une certification pourrait être très proche. Reste que le marché français est encore largement en manque de compétences pour répondre à des projets BIM.

  • Fibre optique : quel avenir pour les électriciens ? (questions d’experts avec Orange)

    Fibre optique : quel avenir pour les électriciens ? (questions d’experts avec Orange)

    Questions d’experts à Didier Cazes, responsable des relations externes de la Direction Fibre chez Orange, à l’occasion du Grand Circuit Énergiser le Bâtiment du 27 juin à Nice.

    Retranscription

    Y a-t-il un marché de récupération des câbles de cuivre qui s’opère  ?

    Le cuivre n’est pas mort ! Le réseau de cuivre tel que vous le connaissez, tel qu’il est déjà déployé, avant qu’on désinvestisse totalement toutes ces lignes de cuivre il va se passer du temps. On commence tout juste à démonter, mais ça va encore durer. Il faut entretenir le réseau, il faut le faire évoluer… Parce que tant qu’on n’est pas en statut de zone fibrée, ça veut dire qu’il y a encore de l’ADSL (mais il n’y aura plus de RTC).

    Après, le cuivre, c’est aussi le réseau intérieur du logement. Même si on est tous en mode wifi, malgré tout, le fait de distribuer est encore là. Donc il y a encore du job par rapport à ce côté là.

    Vous avez besoin de 21 000 personnes. Comment travailler avec Orange ?

    Avec Orange c’est un peu particulier parce qu’on ne vient pas frapper à notre porte en disant « je viens travailler pour vous ». Ça peut marcher, car on a une organisation qui gère ce côté là. Mais évidemment, les grands marchés ont d’abord été donnés à des majors, qui ont une résonance nationale, qui eux s’appuient sur de plus petites structures départementales. Ça nous arrive aussi de faire appel en direct. Mais attention quand même, il faut rentrer dans une procédure.

    De nouvelles réglementations dans les prochains mois ?

    Au niveau réglementation, nous avons été servis. Ça fait 12 ans que l’on déploie et on a eu une nouvelle réglementation tous les 6 mois. La toute dernière, ça a été la loi Elan en 2018, qui a conforté notre savoir (et qui a fixé le montant de l’amende), mais aussi qui a conforté l’obligation de résultat. Avec le statut de « zone fibrée », on est à peu près servis. Il y a aujourd’hui des gens qui réfléchissent sur d’éventuelles évolutions sur lesquels nous ne sommes pas très d’accord.

    La réussite du projet tient au fait que l’on sache tous ce que l’on a à faire. En matière de réglementation je pense que tout a été dit : obligation d’équiper tous les logements avec un réseau en fibre optique, dans le neuf et dans l’ancien. Ça a été étendu aux maisons de vacances et à tout le réseau d’entreprises. On devait faire à l’origine 25 millions de raccordements ; aujourd’hui nous devons en faire 34 millions. Et là je ne vous compte pas tous ces fameux services « généraux » : le raccordement des sanisettes, le raccordement des éoliennes, et de tous les points hauts… puisqu’avec la 4G et la 5G nous allons multiplier par 5 le nombre de pylones, qui vont tous être « opticalisés ». Donc le challenge est grand.

  • Cartographie de l’amiante et carottage – Réponses d’experts avec Geocoapa

    Cartographie de l’amiante et carottage – Réponses d’experts avec Geocoapa

    Thierry Ornaque, dirigeant de Geocapa, répond à trois questions à l’occasion du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante spécial « enrobés routiers et réseaux enterrés » du 11 juin 2019.

    Retranscription

    Quel est le niveau d’empoussièrement attendu pour la réalisation des carottages ? Comment gérer le respect de la VLEP réglementaire ?

    Au niveau de la base SCOLA, aujourd’hui, il y a très peu de personnes qui s’intéressent à ce sujet là. Normalement, tous les opérateurs de repérage pour valider leurs processus devraient réaliser leurs propres mesures sur opérateurs. Dans ses études, l’INRS a estimé – en fonction des méthodologies qui sont testées – que lors d’un carottage on pouvait être exposé entre 3 et 7 à 8 fibres au moment de la phase de prélèvement. Avec la solution qu’a développé Geocapa, je suis à 0 fibres parce que j’utilise tout ce qui est à disposition aujourd’hui pour les prélèvements : l’abattement des poussières avec brumisation, du gel hydrique pour plaquer les poussières au niveau de l’amorce du carottage… J’arrive donc à 0 fibres et à être dispensé du port d’EPI en mode « cosmonautes ».

    Quelle cartographie pour quel usage ? Cartographier seulement la surface ou en 3D ?

    Malheureusement, la cartographie à l’économie c’est faire une analyse de la carotte complète. Là on a un souci : les laboratoires sont responsables des résultats qu’ils donnent, mais sur la base des échantillons qui sont transmis par l’opérateur de repérage. Donc aujourd’hui si on fait une analyse d’une carotte entière, dont on a mélangé de façon non homogène toutes les couches, on ne va pas être capable de cartographier – sur la totalité de l’épaisseur de la chaussée – le résultat amiante ou HAP. La seule réponse par rapport à ça, c’est de prélever une carotte et de séparer toutes les couches. Et effectivement d’identifier chacune des couches. Mais ça a un coût induit, car une couche égale un échantillon, égale une analyse amiante et une analyse HAP.

    Quelles innovations pour une cartographie plus précise ?

    Les évolutions, c’est d’utiliser du matériel comme les drones par exemple, pour générer des cartographies sur la base des outils qui existent. Ça permet encore une fois d’éviter d’exposer les opérateurs vis à vis des risques routiers. Aussi, la solution que j’ai développé depuis 2012 au niveau des remorques a été copiée. Donc aujourd’hui je pense qu’il y a encore des solutions qui permettent d’embarquer du matériel pour ne pas exposer les opérateurs à différents risques. C’est la solution d’avenir et ça permettra d’écrémer un petit peu entre ceux qui font encore des carottages en mode artisanal.

  • L’installateur électricien, pivot essentiel de l’installation IRVE

    L’installateur électricien, pivot essentiel de l’installation IRVE

    Intervention de Bernard Gioan, animateur du groupe « mobilité douce » du club smartgrids de la CCI de Nice côte d’azur et représentant national FFIE, à l’occasion du Grand Circuit Énergiser le Bâtiment du 27 juin, à Nice.

    Retranscription

    Bernard Gioan. « Je partage avec Franck Ambrosino (Enedis) le constat selon lequel la problématique actuelle de l’IRVE se pose essentiellement dans le collectif existant. Il y a quand même un point important pour l’installateur, c’est que depuis le 15 juillet 2017 la qualification IRVE Qualifelec est obligatoire. C’est un point très positif pour nous.

    Ce que je pense, c’est que l’installateur électricien dans ce processus IRVE dans le collectif, il est la clé de voûte du projet. C’est lui qui maîtrise l’environnement à la fois législatif (et vous savez qu’en termes d’IRVE le législatif est très important avec tout ce qui est problématique de sécurité, et parfois même plus important que le normatif) et technique : il sait dimensionner les câbles et l’installation. Il sait aussi, en amont, voir l’état de la colonne montante existante (ou se rapprocher d’Enedis) et voir s’il faut ajouter des points de livraison (PDL) et pourquoi pas faire un mix entre des PDL supplémentaires et s’appuyer sur un PDL de services généraux en en augmentant la puissance et en développant derrière l’intelligence pour développer la charge.

    Ce qui est un peu compliqué pour nous, c’est de voir arriver ces nouvelles sociétés « disruptives » […]

    Sur le terrain, souvent, c’est nous qui sommes en prise direct avec le syndic, qui te dit « tu te débrouilles, tu t’occupes de tout ». Donc c’est souvent l’installateur électricien qui est sur le sujet et puis qui, parfois en conseil syndical, rencontre les copropriétaires pour leur expliquer le droit à la prise et les démarches. Et c’est vrai que ce qui est un peu compliqué pour nous, c’est de voir arriver ces nouvelles sociétés « disruptives » qui amènent des solutions packagées (avec abonnement mensuel). On est face à cette réalité d’acteurs qui ne sont pas des techniciens mais qui amènent de vraies solutions financières. C’est à nous de nous adapter, sachant qu’on a toujours un joker, qui est notre qualification. Nous sommes un pivot essentiel de l’installation électrique IRVE. »

  • Marquage CE des EPI : de la directive au règlement européen

    Marquage CE des EPI : de la directive au règlement européen

    Depuis avril 2019, la conformité des équipements de protection individuelle (EPI) est encadrée par un règlement européen. Afin de mettre sur le marché leurs produits, les fabricants ont dû repasser par la case certification. Explication avec Christophe Gaultier, ingénieur de certification senior chez AFNOR Certification.

    Quelle norme encadre la vente des équipements de protection individuelle ?

    En France et en Europe, la mise sur le marché des EPI n’est possible que lorsque ces produits bénéficient du marquage CE. Mais en avril 2019, la directive de la Commission européenne qui s’appliquait depuis 1989 a été remplacée par un règlement. C’est donc ce dernier qui s’applique actuellement.

    Quelles sont les conséquences de cette transition ?

    Désormais, les mêmes règles sont en vigueur dans toute l’Europe, avec les mêmes niveaux d’exigence. Lorsque la directive s’appliquait, chaque pays pouvait en effet avoir ses particularités ou quelques nuances. En France, la directive était transcrite dans le droit français et nous appliquions le Code du travail pour délivrer le marquage CE. Le règlement européen, lui, n’a pas de transcription en droit français et doit s’appliquer tel quel.

    Cette évolution entraîne quelques difficultés pour les fabricants. Ces derniers avaient tous des attestations d’examen CE de type (AET) conformes à la directive désormais abrogée. Ils ont donc dû repasser par le laboratoire pour valider de nouveau leurs produits selon le règlement. Un travail long qui n’est d’ailleurs pas tout à fait terminé : certains produits ne sont pas encore couverts par le règlement et ne peuvent en conséquence plus être mis sur le marché. D’autant que la directive s’est également accompagnée de changements de catégories pour certains équipements. Nous avons ainsi été très sollicités par les entreprises concernées afin de réaliser les audits.

    Comment est obtenu le marquage CE ?

    Le processus dépend de la catégorie de risque de l’EPI. Il y en a trois : la catégorie I concerne les risques superficiels ; la catégorie II concerne les risques intermédiaires ; et la catégorie III concerne les risques mortels ou les liaisons irréversibles. C’est dans cette dernière catégorie que se placent notamment les appareils respiratoires (masques et filtres) pour le travail en milieu amianté. Si une simple auto-déclaration est nécessaire en catégorie I pour obtenir une déclaration de conformité, les EPI de deuxième et troisième catégories doivent être préalablement testés par un laboratoire notifié et ainsi obtenir une attestation d’examen CE (AET). La catégorie III impose par ailleurs une surveillance annuelle du produit par un organisme notifié, soit par des essais, soit par des audits.

    C’est dans le cadre de ces audits de suivi des produits certifiés qu’intervient Afnor Certification. Après avoir réceptionné tous les AET, notre auditeur évalue le système qualité. Il vérifie notamment les matières premières, le contrôle en usine, l’étalonnage du matériel ou encore la formation des salariés. Il effectue également un prélèvement dans le stock et demande à l’entreprise de faire des essais pour s’assurer que les résultats sont conformes. Le rapport d’audit peut ainsi mentionner des écarts, que l’entreprise devra corriger – preuves à l’appui – avant d’effectuer un nouvel essai ou un nouvel audit. Lorsque tout est conforme, Afnor Certification prend une décision de certification et émet le certificat CE. À partir de ce moment-là, le fabricant peut faire une déclaration de conformité de son produit afin d’avoir le droit de le distribuer sur le marché européen.