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  • Comment démarrer une activité en SS4 ? Questions d’experts avec LES ZELLES

    Comment démarrer une activité en SS4 ? Questions d’experts avec LES ZELLES

    Florent Bova, chargé d’affaires, et Luc Sauvignet, commercial au sein de l’entreprise LES ZELLES répondent aux trois questions de la rédaction à l’occasion du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante.

    Retranscription de l’extrait :

    1. Comment démarrer une activité en SS4 ?

    Il impératif de bien se renseigner par rapport à la réglementation et de bien savoir distinguer la sous section 3 de la sous section 4. Comme nous sommes à la base spécialistes de pose de menuiseries – comme l’électricien qui fait de l’électricité ou autre -, le désamiantage n’est pas notre domaine. Donc si nous voulons vraiment désamianter, il faudrait être à la fois fabricant de menuiserie et désamianteur : ça n’existe pas ! Donc bien se renseigner vis-à-vis de la réglementation et surtout s’aider des partenaires en SS3, qui eux sont sachants et nous aident sur des opérations avec retrait.

    Aussi, sur des chantiers en rénovation, il y a quasiment systématiquement de l’amiante ; donc il va être demandé systématiquement aux intervenants d’être formés SS4.

    2. Comment établir un protocole de mesurage adapté aux interventions de courtes durées ?

    Nous essayons quand même de nous calquer sur la réglementation SS3, parce que demain si quelqu’un revient vers nous pour nous dire qu’il a un soucis au niveau de l’amiante, on pourra prouver que l’on n’a pas pollué l’environnement et que le salarié n’a pas été non plus contaminé. Soit on travaille avec un laboratoire pour mettre en place une stratégie de mesurage (car parfois nous avons quand même des stratégies à mettre en place en SS4 pour libérer le logement rapidement) et mettre en place un process pour l’ensemble du chantier, et tout simplement on met des Méta Opérateurs sur des ouvriers devant le poste de travail pour vérifier qu’on est bien en niveau 1 et que l’on n’émet aucune fibre d’amiante quand on travaille à côté du matériaux amianté.

    3. Doit-on dans tous les cas effectuer des mesures d’empoussièrement sur un chantier SS4 ?

    C’est le chantier test qui va prouver que l’on n’émet pas de fibre d’amiante. En général on reconduit en cours de chantier pour être sûr d’être sur le bon processus et de ne pas avoir de surprises. Donc on refait plusieurs mesures en cours de chantier pour vérifier et on valide le tout à la fin pour vérifier que l’on est bon.

    Cela nous est arrivé sur un chantier d’avoir un niveau de mesure supérieur à 5f/L. Nous étions protégés, donc il n’y a pas eu de soucis. Nous avons ensuite dû faire intervenir une entreprise en sous-section 3 pour prévenir le risque et avoir la qualification Amiante qui permet le retrait sur chantier des matériaux amiantés.

  • Diagnostic immobilier : des pistes de diversifications à explorer

    Diagnostic immobilier : des pistes de diversifications à explorer

    Qualité de l’air intérieur (QAI), tests d’infiltrométrie, thermographie, diagnostics avant travaux : autant de pistes de diversifications envisageables pour un diagnostiqueur immobilier. Sont-elles pour autant sans incidences sur l’activité ? Sont-elles compatibles avec toutes les structures d’exercice ? Peuvent-elles constituer la base d’une évolution vers d’autres métiers ? Le point avec Lionel Janot, Président de la FIDI.

    On parle beaucoup de la QAI comme piste de diversification pour les diagnostiqueurs immobiliers. Quelle est la réalité du marché ?

    La QAI et son contrôle sont des obligations réglementaires, issues notamment de la loi du 12 juillet 2010 « portant engagement national pour l’environnement » qui a rendu obligatoire la surveillance de la qualité de l’air intérieur par les exploitants de certains ERP recevant un public « sensible » : enfants de moins de six ans, accueils de loisirs, établissements d’enseignement du premier et du second degré (au 1er janvier 2020). Dès 2023, tous les ERP seront soumis à cette obligation.

    Cette surveillance a lieu tous les sept ans et impose de mesurer 4 polluants : formaldéhyde, benzène, dioxyde de carbone et, dans des cas particuliers, perchloréthylène. En cas de dépassement des seuils, l’exploitant doit réaliser une nouvelle campagne de mesures dans les deux ans.

    Le seul bémol que l’on peut opposer à cette activité, c’est que la réglementation permet à l’exploitant de l’ERP de réaliser lui-même le contrôle de la qualité de l’air. Il n’est donc pas formellement tenu de passer par un diagnostiqueur accrédité. Le diagnostiqueur immobilier, pour procéder à ce type de contrôle, devra pour sa part établir une stratégie d’échantillonnage, réaliser des prélèvements ou des mesures en continu, remettre des conclusions de conformité aux seuils et confier les prélèvements pour analyse exclusivement à un organisme accrédité.

    En conclusion, si l’on peut considérer le contrôle de la QAI comme un réel marché pour les diagnostiqueurs, ce contrôle ne suit pas le cadre des activités « classiques » de la profession. En effet, il n’est pas déclenché par une vente ou une mise en location, et sa réalisation fait souvent l’objet d’appels d’offres, qui nécessitent d’être dimensionnés et capables techniquement d’y répondre.

    D’autre part, le contrôle de la QAI fait appel à des compétences différentes de celles exigées du diagnostiqueur, et devront faire l’objet de formations complémentaires. Enfin, ce ne sont pas les mêmes clients, et il sera nécessaire, pour ceux qui souhaitent intégrer le marché, de se structurer en intégrant, notamment, de nouvelles méthodes de prospection commerciales.

    L’infiltrométrie est le seul contrôle actuellement obligatoire en fin de chantier sur des constructions neuves. Constitue-t-elle pour autant un marché porteur ?

    On retrouve pour l’infiltrométrie les mêmes constats que pour la QAI. Le contrôle de l’infiltrométrie répond effectivement à une obligation réglementaire. C’est l’arrêté du 26 octobre 2010 « relatif aux caractéristiques thermiques et aux exigences de performance énergétique des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments » qui est venu fixer les objectifs obligatoires de perméabilité à l’air de ces constructions.

    Comme pour le contrôle de la QAI, les tests d’infiltrométrie nécessitent un matériel particulier, dont le premier est une porte soufflante. Il est également spécifique à certains marchés, celui de la construction en premier lieu, et va donc nécessiter des formations supplémentaires et l’adoption de nouvelles méthodes de prospection.

    Ainsi, le rapport devra être rédigé selon les prescriptions de la norme NF EN 13829 et du guide d’application GA-P50-784. De plus, les tests et le rapport ne peuvent être réalisés que par un opérateur certifié par le Ministère en charge de la construction et la Commission d’autorisation de la perméabilité à l’air. Le diagnostiqueur devra donc obtenir une certification supplémentaire.

    Ce que nous constatons en tant que fédération, c’est que les acteurs de ce marché sont aussi bien des diagnostiqueurs immobiliers qui se sont diversifiés, que des bureaux d’études dont c’est le cœur de métier.

    La thermographie peut-elle apporter une réelle valeur ajoutée aux diagnostiqueurs ?

    La technologie de la thermographie peut être utilisée dans les tests d’infiltromérie et dans le cadre du DPE pour détecter des fuites et mettre en évidence des déperditions énergétiques de manière « améliorée » mais, rappelons-le, non obligatoire. En ce sens, la thermographie peut être considérée comme une prestation complémentaire dans le cadre d’un DPE pour un client qui en fait la demande. Et cette demande existe dans le tertiaire et dans le collectif. Car elle permet d’obtenir une « radiographie » du logement, et une visibilité claire sur les performances thermiques d’un immeuble.

    Pour se lancer dans cette activité, le diagnostiqueur doit avoir les compétences de base pour réaliser un audit énergétique. Il sera donc nécessaire d’envisager des formations complémentaires, pour aller vers une spécialisation qui dépasse le cadre du diagnostic immobilier. Il s’agit donc d’un vrai investissement pour ceux qui voudraient évoluer et, éventuellement, changer de métier pour évoluer vers des prestations de bureau d’études thermiques.

    Au final, si on n’est pas face à un marché énorme, la thermographie peut être vue comme un axe de développement pour certains diagnostiqueurs, mais ne se révèlera pas forcément un axe stratégique pour le développement commercial.

    Les arrêtés d’application du diagnostic avant travaux sont attendus pour le début de l’année 2020. Comment envisagez-vous les perspectives de ce nouveau marché ?

    Pour rappel, il ne s’agit pas d’un nouveau marché, puisque l’obligation de réaliser un repérage amiante avant travaux a été introduite par le décret du 9 mai 2017 « relatif au repérage de l’amiante avant certaines opérations ». Ce décret prévoit expressément que le donneur d’ordre, le maître d’ouvrage ou le propriétaire d’immeubles qui décide d’une opération comportant des risques d’exposition des travailleurs à l’amiante doit faire réaliser une recherche d’amiante « assurée par un repérage préalable à l’opération, adapté à sa nature, à son périmètre et au niveau de risque qu’elle présente ».
    Les arrêtés qui sont attendus pour l’application de ce décret concerneront essentiellement les compétences des diagnostiqueurs qui pourront réaliser ces repérages.

    Tous les types de travaux dans l’habitat sont concernés et nécessitent un repérage pour les immeubles construits avant 1997. Tous les corps de métiers amenés à y intervenir doivent déjà, par ailleurs, être formés en intervention SS4, sensibilisés aux risques et avoir acquis les bons réflexes face à des matériaux contenant de l’amiante.

    A notre niveau, nous constatons que les formations commencent à vraiment se développer. De plus en plus, les entreprises intervenants sur des chantiers prennent l’habitude de demander le rapport de repérage avant travaux. Nous constatons également que le volume de diagnostics avant travaux est en très nette augmentation depuis 3 ou 4 ans.

    Pour les diagnostiqueurs qui veulent profiter du marché, ils doivent être certifiés avec mention. Sur un plan opérationnel, le diagnostic avant travaux constitue un travail assez différent puisqu’il va nécessiter une cartographie plus précise du bâtiment, moins d’automatismes dans le repérage et surtout, implique de rendre un rapport de repérage exploitable et bien lisible par le client et l’entrepreneur. Sur place, les investigations et les prélèvements font appel à une réelle expérience de technicien du bâtiment.

    Le diagnostic avant travaux, qui comporte des sondages obligatoires, fait appel à des laboratoires d’analyses, puisqu’il est impossible, dans ce cadre, de déclarer l’absence d’amiante par une simple analyse visuelle. Donc, si le diagnostic avant travaux constitue une réelle opportunité en termes d’activité, il va imposer aux diagnostiqueurs d’envisager le diagnostic différemment, et d’adopter une approche de technicien du bâtiment.

    A cela s’ajoute une plus grande interactivité avec le maître d’ouvrage et l’entreprise de travaux ou les désamianteurs, certains volets de repérage ne pouvant être réalisés qu’au fil de l’avancement des travaux. C’est donc une opportunité pour les diagnostiqueurs de se positionner en partenaires, pour autant que les descriptifs de missions et les contrats sont réfléchis et élaborés de cette manière. En tant que fédération, nous sommes prêts à travailler sur cette question. Je suis d’ailleurs membre du comité de vérification et de suivi des règles techniques SS3 élaborées par le Syrta et le Seddre, en particulier pour travailler sur le volet RAT de retrait.

  • Certification des organismes de formation : réactivité et maîtrise au coeur du processus

    Certification des organismes de formation : réactivité et maîtrise au coeur du processus

    Déjà acteur de la certification des entreprises de traitement de l’amiante, GLOBAL Certification® s’est positionnée sur la nouvelle certification des organismes de formation des diagnostiqueurs techniques immobiliers (OF-DTI). Une évolution naturelle pour la société qui a investi depuis plusieurs années le domaine de la certification des organismes de formation du bâtiment. Le point sur les dernières obligations avec Emilie LE COZ, responsable qualité chez GLOBAL Certification®.

    Avec les dernières réglementations, de quelles certifications doivent disposer les OF-DTI pour exercer ?

    L’arrêté du 2 juillet 2018, qui pose l’obligation de certification des organismes de formation des diagnostiqueurs techniques immobiliers a en effet généré beaucoup d’interrogations de la part des organismes de formations et des associations représentatives. Dans les faits, tout organisme de formation qui souhaite certifier des diagnostiqueurs immobiliers devra lui-même être certifié sur la base d’un référentiel technique spécifique à cette activité et sur la base d’un référentiel national plus général qui devrait paraître à la fin du premier semestre 2019.

    Il y a donc deux certifications : la certification technique OF-DTI, obligatoire pour tout organisme de formation qui souhaite former des diagnostiqueurs, et la certification liée au référentiel national, indispensable pour percevoir les financements publics dans le cadre de la formation professionnelle.

    Ces deux certifications ne recouvrent pas tout à fait les mêmes points d’audit. La certification OF-DTI va ainsi porter essentiellement sur des critères techniques relatifs à la capacité de l’organisme de formation à délivrer des formations conformes aux exigences réglementaires sur le sujet.

    L’audit sur la conformité de l’OF aux exigences du référentiel national va quant à lui porter sur des aspects plus généraux, comme par exemple la prise en compte des salariés en situation de handicap, les relations avec les partenaires sociaux, l’information des candidats sur les prestations et leur tarification ou encore, et c’est une nouveauté, l’intégration de l’entreprise dans le tissu économique local. En tout, ce sont une trentaine de critères, issus du décret qualité amendé, qui devront faire l’objet de l’audit « référentiel national ». Ce référentiel national constitue désormais le référentiel unique qui viendra se substituer aux référentiels particuliers propres à chaque organisme de certification.

    Comment GLOBAL Certification® aide-t-elle à optimiser les processus de certification ?

    Notre référentiel actuel, CLIQ® Formation, intègre déjà la quasi-totalité des critères du futur référentiel national. Nous sommes ainsi prêts à intégrer, dès sa parution officielle, l’ensemble de ses critères. Ceci nous permettra de préparer nos clients à ce nouveau référentiel et d’évoluer rapidement vers celui-ci. En attendant l’entrée en vigueur du référentiel national, à savoir le 1er janvier 2021, la version actuelle de CLIQ® Formation demeure conforme aux exigences du décret qualité et reste en application.

    Le savoir-faire de nos auditeurs est le second grand atout dont dispose GLOBAL Certification® pour optimiser le processus de certification. Ces derniers ont les compétences pour auditer les OF aussi bien sur le référentiel national que sur le référentiel technique. Nous pouvons ainsi nous adapter à l’organisation de nos clients pour préparer en amont l’audit le plus fluide et logique possible, en couplant ces deux processus sur une seule visite, avec le même auditeur, tout en respectant les durées minimales d’audit.

    La Certification des OF-DTI était-elle une évolution naturelle pour GLOBAL Certification® ?

    GLOBAL Certification® certifie des organismes de formations depuis plus de 10 ans dans le domaine du bâtiment. Nous certifions également depuis des années les organismes de formation du secteur du bâtiment, ainsi que les entreprises de désamiantage et les opérateurs de repérage.

    Pour garantir la qualité du processus de certification des organismes de formation, dédiés aux diagnostiqueurs immobiliers comme aux autres corps de métiers, nous nous sommes entourés d’une équipe d’experts techniques indépendants avec une forte capacité d’adaptation. Nous exigeons de leur part, outre les indispensables compétences techniques et l’expérience du métier, une impartialité et une indépendance vis-à-vis des organismes qu’ils iront auditer.

  • Contrôle d’infiltrométrie en fin de chantier : la garantie d’un bâtiment étanche

    Contrôle d’infiltrométrie en fin de chantier : la garantie d’un bâtiment étanche

    Rendu obligatoire par la RT 2012, le contrôle d’infiltrométrie en fin de chantier permet de s’assurer que le bâtiment n’affiche pas des déperditions d’air parasites, c’est-à-dire non contrôlées par les dispositifs de ventilation, et qui viendraient nuire à sa performance thermique en induisant une surconsommation énergétique. Le point avec Jean-Michel Catherin, président de Testoon.

    En quoi consiste un contrôle d’infiltrométrie ?

    Un contrôle d’infiltrométrie est un test d’étanchéité à l’air d’un bâtiment ou d’une partie d’un bâtiment. Techniquement, le contrôle d’infiltrométrie consiste à mettre sous pression un volume de bâtiment dans lequel l’air circule de manière continue. Il peut s’agir d’un appartement, d’une maison ou de tout un immeuble.

    Concrètement, le contrôle est réalisé en installant une « porte soufflante » sur l’un des châssis de porte, et en fermant l’ensemble des autres menuiseries. La mise en dépression de l’intérieur du bâtiment va permettre, en utilisant différents dispositifs – notamment des fumigènes -, de détecter les fuites de l’enveloppe. Le contrôle d’infiltrométrie va donc mesurer les « fuites » d’air résultant de défauts d’étanchéité de l’enveloppe du bâtiment et donc, sa perméabilité à l’air, exprimé par un indicateur : le « Q4 PaSurf ».

    Quelles sont les exigences en matière de perméabilité du bâti ?

    Le contrôle d’infiltrométrie doit être réalisé à la réception des travaux, et il est obligatoire, depuis le 1er janvier 2015, pour tout bâtiment neuf d’habitation individuel ou collectif. Dans le cadre de la RT 2012, ce contrôle doit être réalisé par un opérateur qualifié par QUALIBAT.

    L’indicateur Q4 PaSurf caractérise le débit mesuré de fuite d’air par m² de surface déperditive du bâtiment, ce qu’on appelle communément les « parois froides ». Il est calculé en mettant le bâtiment en dépression de 4Pa, et s’exprime en m3/ par heure et par mètre carré de surface déperditive.

    A l’issue du contrôle, la perméabilité à l’air (Q4 PaSurf) doit être égale ou inférieure aux seuils fixés par la réglementation (RT2012), à savoir : 0,6 m3 par heure et par mètre carré de surface pour les maisons individuelles, 1 m3 par heure et par mètre carré de surface pour les logements collectifs.

    Quelles sont les obligations si l’indicateur n’est pas conformes aux seuils réglementaires ?

    Si le bâtiment atteint la valeur Q4 PaSurf exigée par la réglementation thermique, le certificat de fin de chantier est remis au maître d’ouvrage. Par contre, si le contrôle fait apparaître des valeurs supérieures aux plafonds prévus, le certificat ne pourra être remis qu’à l’issue de mesures correctives.

    Dans le déroulé d’un contrôle d’infiltrométrie, le mesureur remet son rapport à l’entrepreneur qui doit rechercher les fuites et procéder aux corrections. Généralement, ce sont les menuiseries qui sont le plus souvent à l’origine des fuites. Dans la mesure où le constructeur maîtrise ses techniques constructives, il est en mesure de corriger rapidement les désordres.

    Y a-t-il d’autres contrôles à réaliser ?

    Mais, au-delà de ce contrôle d’infiltrométrie, qui est le seul contrôle obligatoire en fin de chantier, il est nécessaire d’en imposer d’autres, comme le contrôle du bon fonctionnement des systèmes de ventilation, ou le contrôle de la résistance thermique de l’enveloppe du bâtiment pour vérifier l’efficacité de son isolation.

    Ce que l’on constate également en matière de construction, c’est une évolution profonde des réglementations. Historiquement, ces dernières étaient avant tout liées aux matériaux, qui devaient être agréés. Mais le législateur s’est aperçu que ce n’était pas suffisant, et qu’il fallait déterminer des paramètres mesurables en fin de chantier. La philosophie de certaines évolutions réglementaires consiste désormais à ne plus réglementer une manière de faire, un mode constructif, mais à mettre en place une obligation de résultats, sans définir de moyens précis. On regarde désormais moins les caractéristiques de matériaux mis en œuvre que le résultat final.

    Conséquence : on laisse les entreprises construire comme elles le souhaitent, et on les contrôle en fin de chantier. Cela induit un problème de confiance, qui peut amener un changement des mentalités et des méthodes, avec la tentation d’importer des modes constructifs nouveaux qui seront mal connus en France, ce qui sera peut-être source d’innovation.

  • À Nice, un groupement pour booster le marché de l’efficacité énergétique

    À Nice, un groupement pour booster le marché de l’efficacité énergétique

    Pour accompagner les entreprises du département des alpes maritimes, la CCI NICE COTE d’Azur a lancé au deuxième trimestre 2018 le Groupement Efficacité énergétique et Énergies renouvelables. Une initiative impulsée et soutenue par la FFIE. Explications avec Patrick Moulard, délégué régional de la FFIE pour la région Sud.

    Comment est né ce nouveau groupement ?

    En 2011, la CCI Nice-Côte d’Azur (CCINCA) avait lancé un premier groupement sur le photovoltaïque. Laissé en sommeil à la suite du moratoire le projet est ressorti des cartons avec la volonté de développer l’autoconsommation. Dès lors, pourquoi ne pas raisonner plus large et inclure dans un nouveau groupement les acteurs économiques du secteur de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables ? C’est cette proposition – appuyée par la FFIE – qui a été retenue pour former en juin 2018 le Groupement Efficacité énergétique et Énergies renouvelables. On y retrouve ainsi des électriciens ,des entreprises du génie électrique, mais aussi des bureaux d’études spécialisés, des fabricants de solutions EnR ou de pilotage, et des distributeurs .Une ouverture auprès des financeurs est prévu en 2019. Un an après son lancement, le groupement compte plus d’une soixantaine d’entreprises membres.

    Comment fonctionne-t-il ?

    Le but est de proposer aux acteurs économiques du territoire (hôtels, centres commerciaux, bureaux, industries…) un accompagnement neutre sur les opportunités d’économies d’énergie de leurs bâtiments, via par exemple du pilotage énergétique, du relamping, des énergies renouvelables ou encore de la production de chaleur et de froid.

    Concrètement, la CCINCA identifie des projets et les communique aux membres du groupement en fonction des services que ces derniers proposent. La typologie des travaux envisageables est déterminée suite à un pré-diagnostic, peu détaillé pour ne pas entraver le travail de l’installateur et du bureau d’étude. La CCINCA a pour cela mis en place un site internet, le Portail de l’Énergie pour l’entreprise (portail-energie.fr), sur lequel le maître d’ouvrage répond en cinq minutes à une série de questions visant à situer son niveau de maîtrise énergétique. Aucune donnée de consommation énergétique précise n’est requise. À la fin de cet autodiagnostic, un niveau de 1 à 4 est attribué en fonction des pratiques renseignées. Les membres du groupement prennent alors le relais en apportant des solutions de travaux et un accompagnement – notamment financier – pour aboutir au passage à l’acte.

    La FFIE travaille également avec Enedis sur le sujet du raccordement et des colonnes montantes.

    En effet, nous avons rassemblé les maîtres d’ouvrages privés, les bureaux d’études concepteurs et les entreprises d’électricité pour initier une réflexion sur l’amélioration des procédures de raccordement dans la construction collective neuve. Cette réunion de travail a permis de remonter des incohérences et d’identifier des pistes d’amélioration sur le parcours de raccordement à partir de la conception des bâtiments. En vrai partenaire de la filière, ENEDIS tient à apporter des améliorations concrètes dans la qualité de sa relation avec les acteurs de l’acte de construire et réduire les délais sur les chantiers.

  • Diagnostics amiante dans le métro : trois heures top chrono

    Diagnostics amiante dans le métro : trois heures top chrono

    De nombreuses contraintes entourent les opérations de repérage amiante dans le métro. Responsable d’activité Bâtiment à Lyon au sein d’AC Environnement, Julien Tholance revient sur les missions effectuées par les diagnostiqueurs dans le métro lyonnais et les particularités de ces interventions.

    AC Environnement est l’opérateur de diagnostic amiante du métro de Lyon. Quels types d’interventions effectuez-vous ?

    AC Environnement a en effet remporté un important marché public auprès du Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise (Sytral). Depuis 2016 et jusqu’en 2024, nous réalisons pour leur compte l’ensemble des diagnostics amiante, que ce soit dans le métro, sur les rames, sur la voirie, dans les dépôts de bus et dans leurs ateliers de réparation. Ce marché public intègre notamment le projet de modernisation de la ligne B, avec des rames et des lignes de nouvelle génération, entièrement automatisées (Avenir Métro).

    De nombreux réseaux parcourent les métros, l’amiante peut donc se trouver dans des éléments très divers comme les lignes d’aiguillage ou sur les plaques de fibro-ciment qui recouvrent les gaines techniques de chemin de câble. Le milieu étant soumis aux appels d’air, nous effectuons également des états visuels de conservation et des contrôles annuels de l’air afin de vérifier les émissions de fibre d’amiante dans les tunnels.

    Quelles sont les contraintes du repérage amiante dans ce milieu ?

    Il faut savoir qu’un métro ne s’arrête quasiment jamais. Nos équipes ne peuvent intervenir qu’entre une heure et quatre heures du matin, ou encore le 1er mai. La planification des interventions doit donc être parfaitement maîtrisée, avec une vision sur le long terme. Chaque nuit, les techniciens interviennent sur deux inter-stations en moyenne, soient près de deux kilomètres de tunnel. Ce qui prend du temps, c’est d’effectuer un prélèvement sur un matériau suspect, le suivre et tirer toute la zone homogène pour vérifier qu’il s’agit du même tout le long du cheminement de l’inter-station. Une vingtaine de prélèvements sont ainsi effectués par nuit. L’absence de lumière ralentit le travail des opérateurs, qui se déplacent à pied d’une station à l’autre.

    La sécurité des équipes est également très importante. Nos quatre techniciens en mission dans le métro lyonnais ont reçu des formations spécifiques – notamment la TCL2 et la CAT2 dispensées par le Sytral – pour apprendre les consignations des lignes de métro et les particularités de cet environnement. Pour alimenter les rames, 750 volts en courant continu circulent dans les rails : nous sommes donc munis de très gros coupe-circuits pour assurer une deuxième sécurité, en complément de la consignation. Nous sommes aussi équipés de panneaux et feux de signalisation pour indiquer notre présence aux métros de chantier utilisés pour l’entretien.

    Les interventions que nous menons à l’air libre pour le Sytral ont aussi leurs spécificités ! Pour l’extension du tramway, nous avons effectué des carottages au niveau des enrobés HAP pour vérifier la présence d’amiante avant la réalisation des saignées et l’installation des rails. Pour ces opérations, nous avons à notre disposition un camion totalement équipé pour les carottages, avec un groupe électrogène à l’intérieur, des réserves d’eau pour effectuer les percements, des panneaux de signalisation ou encore des quilles pour faire les arrêts sur la voirie. Avant de commencer l’intervention, les chargés de projets font une demande de DICT (Déclaration de travaux à proximité de réseaux), qui nous indique tous les réseaux enterrés : les conduites de gaz, d’eaux usées et d’eaux potables, ou encore les conduits électriques et la fibre optique. Cette cartographie précise leur profondeur pour savoir jusqu’où nous pouvons carotter.

    Quels ont été les atouts d’AC Environnement pour répondre à l’appel d’offres ?

    Via notre agence de Paris et les missions effectuées pour le compte de la RATP, nous avons une bonne expérience des réseaux ferroviaires enterrés. Nous étions ainsi très bien renseignés sur nos mémoires techniques et nous avions déjà des techniciens habilités pour les interventions sur les TGBT (tableaux électriques basse tension). AC Environnement dispose par ailleurs d’importants effectifs : douze techniciens à Lyon, dont quatre pouvant être mobilisés de nuit pour les interventions dans le métro, sans impacter nos autres interventions.

    Autre atout important, AC Environnement dispose de son propre laboratoire en interne. Un avantage qui permet de fournir des résultats d’analyse très rapidement – en moins de 24 heures -, notamment lors d’interventions d’urgence pour le Sytral.

  • Les prélèvements sur opérateurs : une stratégie de sécurité sur les chantiers amiante

    Les prélèvements sur opérateurs : une stratégie de sécurité sur les chantiers amiante

    Les prélèvements sur opérateurs lors de chantiers-test font partie intégrante de la prévention des risques d’exposition aux fibres d’amiante lors d’un chantier de désamiantage. Encadrés par le Code du Travail, des normes strictes d’application et des pratiques professionnelles de plus en plus partagées, les stratégies d’échantillonnage et le prélèvement d’air sur opérateur sont l’une des spécialités d’AC-Environnement. Le point sur la question avec Brice BESSIERES, Responsable grands comptes chez AC Environnement.

    Pouvez-vous nous présenter l’activité « stratégie de prélèvement » chez AC-Environnement ?

    Créée il y a 17 ans, AC-Environnement est un acteur historique du diagnostic immobilier. Son expertise analytique, attestée par les 75 000 analyses de MCA et les 2000 analyses d’air réalisées chaque mois par ses 3 laboratoires accrédités de Gentilly, Riorges, et Limonest, donnent une idée assez juste de l’ampleur de la problématique « amiante ».

    Avec 670 collaborateurs et une spécialisation sur l’ensemble des diagnostics immobiliers, AC-Environnement intervient sur l’ensemble du territoire, en diagnostics avant-vente, avant location, avant travaux ou avant démolition.

    L’une de nos missions régulières consiste à établir des stratégies de prélèvements sur opérateur, qui constituent en quelque sorte la phase de validation des processus de travail qui vont être appliqués sur un chantier de désamiantage. Nous nous situons donc en position intermédiaire entre le plan de retrait et le démarrage effectif du chantier.

    Cette activité est essentiellement régie par 2 textes : le décret du 4 mai 2012 relatif aux risques d’exposition amiante, et l’arrêté du 14 août 2012 relatif aux conditions de mesurage des niveaux d’empoussièrement, au contrôle du respect de la VLEP et aux conditions d’accréditation, modifié par l’arrêté du 30 mai 2018.

    Comment se traduit opérationnellement une stratégie d’échantillonnage sur opérateur ?

    La stratégie d’échantillonnage a pour objectif de déterminer le nombre, le type et les conditions des prélèvements à effectuer sur un processus pour garantir des mesures fiables et utilisables.

    Concrètement, il s’agit de prélever l’air ambiant sur un poste de travail, pour déterminer le niveau d’empoussièrement généré, lequel permet de s’assurer du respect de la VLEP.
    Le prélèvement intervient dans le cadre d’un chantier-test, sur chacun des processus qui seront appliqués dans le cadre du chantier global de désamiantage.

    Un processus correspond à un Groupe d’Exposition Similaire, et chacun de ces groupes doit faire l’objet d’un prélèvement. L’empoussièrement d’un GES est la résultante d’une combinaison entre une technique de travail (ponçage, grattage, rabotage), un MCA devant être retiré (dalle de sol, colle, revêtement de mur…), et des dispositifs de protection collectifs mis en place pour abattre les poussières (mouillage, aspiration).

    C’est au désamianteur d’évaluer le niveau l’empoussièrement de chacun des processus de son chantier, cette évaluation pouvant s’appuyer sur sa propre expérience du processus ou sur la base de données Scola de l’INRS, qui regroupe l’ensemble des prélèvements réalisés pour un processus donné. Ce travail préparatoire, théorique, aboutit à un niveau d’empoussièrement sur chaque processus à partir duquel sont définis les EPI à utiliser et les durées de vacation de chaque poste, pour respecter la VLEP.

    Dès lors, il est indispensable, avant de démarrer le chantier, de s’assurer de la fiabilité des évaluations d’empoussièrement. C’est ici que nous intervenons avec le prélèvement sur opérateur dans le cadre d’un chantier-test, et qui viendra valider ou invalider l’estimation théorique par un mesurage réel. Techniquement, le prélèvement est réalisé en fixant une petite pompe étanche sur l’opérateur, équipée d’un filtre de 37mm, au niveau des épaules des opérateurs à hauteur du dispositif de ventilation de l’EPI.

    Si nos prélèvements ne permettent pas de valider les niveaux d’empoussièrement estimés, le processus doit être revu, en modifiant les deux paramètres sur lesquels il est possible d’agir, à savoir la technique utilisée et les mesures de protection collectives.
    Ces mesures d’empoussièrement doivent être réalisées par un laboratoire accrédité en stratégie de prélèvements et d’analyses des prélèvements (LAB REF 28).

    Au cours du chantier, il est recommandé de procéder de manière régulière à des prélèvements sur opérateur pour vérifier la stabilité des résultats obtenus lors du chantier-test. Aujourd’hui, certaines techniques permettent de ne quasiment plus émettre de fibres. Les fabricants ont beaucoup œuvré dans ce sens, quelquefois en travaillant en collaboration avec des laboratoires comme AC-Environnement.

    Une fois les prélèvements effectués et analysés, nous remettons au client le rapport final de stratégie d’échantillonnage.

    Quelles mentions comporte ce rapport final, et comment doit-il être utilisé ?

    Lors de la rédaction, le laboratoire rédige une synthèse du chantier et de la métrologie. L’objectif est de déterminer si les méthodes préconisées pour les mesures ont bien été mises en œuvre, si les pompes ont été posées conformément, et si les niveaux d’empoussièrement évalués correspondent bien aux niveaux réellement mesurés.

    Le rapport final statue sur l’ensemble des prélèvement effectués et déterminent si les résultats obtenus sont conformes à la norme Cofrac, en 4 points.

    D’abord, le rapport détermine si la stratégie de prélèvement exigée a bien été respectée. En d’autres termes, le désamianteur a-t-il bien commandé les mesures indispensables ? Le rapport conclut sur les conformités ou les non-conformités de la mise en œuvre des prélèvements. En ce sens, la stratégie constitue une obligation de conseil fournie par le laboratoire au désamianteur.

    Puis il détaille les modalités des prélèvements et leur conformité aux exigences de la norme (durée, nombre…). Le rapport livre ensuite les différents rapports d’essais et les procès-verbaux d’analyses.

    Enfin, et depuis l’arrêté du 30 mai 2018, le rapport expose les photographies des grilles d’analyses passées sous microscope, pour vérifier leurs niveaux d’obscurcissement. L’objectif est ici d’assurer la traçabilité des analyses, suite à des problématiques de non représentativité des échantillons à cause de niveaux d’empoussièrement trop importants. Quand les poussières obscurcissent plus de 10% des grilles, ils doivent en effet être considérés comme non représentatifs, et ne peuvent donc pas être utiliser pour valider ou invalider un processus.

    Le désamianteur doit donc refaire un chantier test incluant d’autres techniques pour réduire l’empoussièrement. Si le rapport final ne comporte pas de conseils opérationnels, AC-Environnement est néanmoins reconnu pour l’assistance et le conseil que ses opérateurs de prélèvements assurent sur les chantiers-test pour permettre de diminuer les niveaux d’empoussièrement et obtenir des prélèvements analysables.

  • Une approche frugale avec l’autoconsommation

    Une approche frugale avec l’autoconsommation

    « Énergiser le bâtiment », c’est la vocation de Promotelec depuis sa création, en 1962. La doyenne des associations sur la problématique de l’électricité demeure en pointe des préoccupations les plus actuelles autour des nouvelles technologies et des grandes tendances de l’énergie et du bâtiment. Tour d’horizon avec Dominique Cottineau, directeur en charge des Territoires chez Promotelec.

    Pouvez-vous nous présenter Promotelec et son champ d’action ?

    Promotelec est une association qui a été créée en 1962 autour des problématiques de sécurité des installations électriques. La période de l’après-guerre, avec la démocratisation des équipements électriques, a vu croître les puissances nécessaires pour répondre aux besoins croissants des équipements disponibles au sein de chaque foyer. Mais aussi une plus grande sinistralité électrique. Promotelec est donc née de la nécessité de promouvoir les bonnes pratiques liées aux installations électriques auprès des particuliers et des professionnels. Promotelec a ensuite travaillé sur des règles de qualité et d’isolation de l’habitat, ce qui a abouti, en 1971 à une première approche de ce que l’on nommerait aujourd’hui la « performance énergétique » dans le neuf.

    Promotelec œuvre désormais autour des trois enjeux fondamentaux : la sécurité et la qualité des installations électriques (notamment sur le parc existant) ; le parcours résidentiel de vie, en intégrant le sujet du maintien de l’autonomie, etc ; la performance énergétique et environnementale des constructions neuves et des bâtiments rénovés. Dans ces domaines, notre rôle consiste à valoriser ces enjeux auprès des filières et du grand public. Nous avons également un rôle de certificateur, au travers de Promotelec Services, avec nos propres labels, permettant de certifier des niveaux comme HPE et BBC en rénovation. Nous travaillons pour ce faire en concertation avec nos 25 membres, acteurs de l’électricité (fournisseurs, fabricants, distributeurs, installateurs), du logement, des institutionnels et des représentants des usagers.

    Aujourd’hui, Promotelec traite du sujet « bas carbone », et cette approche influe sur notre vision des nouvelles problématiques actuelles, notamment autour de la production locale d’énergie, dans le contexte d’un bâtiment responsable.

    Comment envisager la production solaire photovoltaïque ? Faut-il penser « autoconsommation » ou se tourner vers la revente ?

    Dans le contexte réglementaire actuel et celui à venir prévisible (notamment en ce qui concerne la future réglementation environnementale à horizon 2020), il est indispensable de rentrer dans des logiques de production d’énergie renouvelable et de production locale dans les Bâtiments dits « à Energie Positive », c’est-à-dire des bâtiments considérés comme produisant plus d’énergie qu’ils n’en consomment, sur des critères à définir. Dans un cadre urbain, il est également nécessaire de penser le bâtiment, dans ses composantes de consommation et de production, sur une échelle plus vaste, comme par exemple le quartier.

    Si l’autoconsommation ne pose pas de problèmes particuliers pour les maisons individuelles, la question demeure plus délicate pour la considérer à l’échelle du logement au sein des bâtiments collectifs, pour lesquels la répartition de l’énergie produite doit faire l’objet de règles. Cette question n’est pas encore parfaitement résolue, mais les choses avancent.

    Promotelec, du fait de sa philosophie originelle de « justes exigences », est très favorable à l’autoconsommation, dans la mesure où elle seule permet une approche « frugale » qui va amener à dimensionner au plus juste les installations, en fonction des besoins (qui vont nécessairement se réduire du fait des exigences croissantes des normes), et non des exigences de rentabilité des installations (qui sont subjectives et viseront un horizon temporel le plus proche possible de l’investissement initial). Dans cette logique, l’autoconsommation permet une approche du « ni trop, ni trop peu de travaux », en phase avec la recherche d’un optimum entre consommation et production.

    De la même manière, l’autoconsommation va pousser les occupants à rechercher des solutions de stockage « induit » de l’énergie produite, comme par exemple au travers des ballons d’eau chaude thermodynamique.

    Comment envisagez-vous le développement des bornes de recharge pour véhicules électriques ?

    Les IRVE constituent un marché d’avenir et une évolution nécessaire en tant que prolongement du logement bas carbone. La problématique de la mobilité rejoint celle des occupants des logements, car ce sont eux qui se déplacent : un habitant est une personne mobile et le véhicule électrique permet de penser la personne dans une globalité plus vaste, dans ses différentes « fonctions », comme l’occupation d’un logement ou les déplacements.

    Les véhicules électriques sont un sujet qui est arrivé très rapidement dans le débat. De ce fait, les filières ont encore, semble-t-il, peu de visibilité sur ses potentiels, ce qui réduit son périmètre, en termes d’énergie, à une problématique de dimensionnement. Autrement dit, comment penser le réseau électrique public et privé dans une vision à long terme où chacun est équipé d’un véhicule à propulsion électrique ? Nous ne sommes même pas certains des solutions technologiques qui seront démocratisées demain : tout électrique ? hybride ? Dans l’un ou l’autre cas, les contraintes qui pèseront sur les réseaux et sur les comportements individuels ne seront nécessairement pas les mêmes. Aujourd’hui, une voiture peut être utilisée à volonté. Quand il faudra la mettre en charge, ce ne sera plus forcément le cas et cela nécessitera des adaptations profondes de notre rapport à la mobilité. D’un autre côté, le choix d’un véhicule hybride rechargeable permettra de l’utiliser comme un moyen de stockage induit de l’électricité solaire surproduite. Les scénarios sont donc multiples et restent à écrire.

    Dans ce cadre, nos préconisations sont assez simples : Penser « pré-équipement IRVE » en cas de rénovation ou en construction neuve ; suivre les évolutions du secteur au plus près ; être vigilant sur la sécurité des installations IRVE.

    Pilotage et optimisation de l’énergie : comment consommer mieux, moins et plus intelligemment ?

    Avec les constructions neuves conformes à la Réglementation Thermique 2012 ou rénovées en BBC, on a à faire à des bâtiments performants sur le plan énergétique. Leur isolation, les matériaux utilisés et les éléments de chauffage sont désormais très performants. Il devient donc difficile de travailler sur le bâtiment en lui-même si l’on souhaite encore améliorer ces performances : le pilotage devient le moyen le plus approprié pour obtenir une plus grande finesse dans l’utilisation des équipements. C’est ici que la domotique et les éléments du logement connecté trouvent toute leur utilité, et que l’on va commencer à pouvoir parler d’optimisation énergétique au sens propre du terme.

    Le pilotage du logement permet en effet de gérer énormément de paramètres, et de « corriger » ce qui pourrait apparaître comme des contradictions. Par exemple, la réglementation impose des surfaces vitrées importantes pour garantir des apports de chaleur solaire en hiver. Mais, en été, ces vitrages deviennent des facteurs de surchauffe. Le pilotage permet d’automatiser la gestion des occultants et des ouvrants, et ainsi corriger ces « effets de bord » de manière automatique, sans intervention humaine. Le bâtiment devient en quelque sorte capable de corriger lui-même ses propres défauts.

    Si la domotique nécessite un temps d’adaptation pour les occupants, les industriels ont consacré une part importante de leurs efforts à faciliter l’appropriation de la domotique

    La prochaine « vague » de l’optimisation sera sans aucun doute l’intégration de la production locale d’énergie, qui permettra d’utiliser la bonne énergie (celle disponible) au bon moment. Il faut donc penser le bâtiment dans son environnement. L’échelle du quartier nous semble, à ce titre, constituer la granularité la plus adéquate.

  • Qualité de l’air intérieur : l’autodiagnostic à portée de kit

    Qualité de l’air intérieur : l’autodiagnostic à portée de kit

    Eurofins analyse tous les types d’échantillons d’air. Qu’il s’agisse d’émissions, d’air ambiant, d’air au poste de travail ou de qualité de l’air intérieur (QAI), nous fournissons les consommables requis pour le prélèvement et nous analysons les échantillons conformément aux exigences normatives en vigueur. Rencontre avec Florence Chevrier, Chargée d’Affaires Eurofins Analyses pour l’Environnement France.

    Quel est l’intérêt des mesures d’air intérieur ?

    Nous vivons principalement dans des espaces clos, qu’il s’agisse de lieux accueillant du public, de bâtiments professionnels ou d’espaces privés et de ce fait nous sommes exposés aux polluants présents dans l’atmosphère des environnements clos. Les problèmes de santé dus à cette pollution sont multiples et recouvrent des manifestations cliniques très diverses, qui, pour la plupart, ne sont pas spécifiques des polluants détectés : maux de tête, de la fatigue, des manifestations allergiques ou encore de l’asthme.

    Quels sont vos domaines d’activité en qualité de l’air intérieur?

    Nous avons aujourd’hui 2 principaux secteurs d’activités. Le 1er concerne le contrôle de la QAI dans les établissements recevant du public. Les contrôles sont prévus en fonction du type d’établissement entre 2018 et 2023. Plusieurs dizaines de milliers d’établissements sont concernés. Le second domaine d’activité s’inscrit dans une démarche de certification environnementale du fonctionnement d’un bâtiment. Initiée dans le domaine du tertiaire, cette démarche s’élargit aujourd’hui aux programmes de construction de toute nature. Divers référentiels sont utilisés : la certification française HQE, qui signifie Haute Qualité Environnementale, la certification anglaise Breeam, ou encore l’américaine Leed. Ces certifications prévoient des mesures de la QAI dans leur programme. A titre d’exemple, la certification HQE prévoit des mesures de NO2, Benzène, Formaldéhyde, COVs, CO, CO2, particules fines

    Comment mesurer la qualité de son air intérieur lorsque l’on est un ERP ?

    Il existe deux possibilités :

    • Faire appel à un organisme accrédité pour la mise en œuvre des campagnes de mesures de la QAI ;
    • Mettre en œuvre un programme d’action de prévention de la QAI, autodiagnostic conduit à l’aide du « guide pratique pour une meilleure qualité de l’air dans les lieux accueillant les enfants ». Il s’agit d’un questionnaire permettant d’évaluer les pratiques de l’établissement et d’identifier les situations à risque. En fonction du résultat obtenu, l’équipe de gestion peut être amenée à décider de réaliser des mesures.

    Eurofins a développé le Kit Pollu’AIR® ERP pour répondre aux besoins du marché. Il s’agit du 1er kit de mesure de la QAI référencé par l’INERIS pour le compte du Ministère. Il est possible de le commander sur Internet via le Web Shop d’Eurofins.

    Pourriez-vous nous parler du kit Pollu’Air ?

    Le kit Pollu’Air® a pour objectif le dosage par prélèvement passif du Benzène et du Formaldéhyde en vue d’une analyse différée en laboratoire.
    Ce kit, permet l’autodiagnostic de ces 2 polluants dans le cadre de la surveillance de la qualité de l’air intérieur.

    Il est constitué de 2 dispositifs de prélèvement. Un dispositif pour la mesure du Benzène et un autre pour celle du Formaldéhyde. Chaque dispositif se compose d’une cartouche d’Adsorbant (RAD145 pour le Benzène et RAD165 pour le formaldéhyde), d’un corps diffusif dans lequel l’opérateur glisse la cartouche Radiello et d’un support triangulaire sur lequel il va ensuite visser l’ensemble. Une fois montés, les éléments sont placés dans la pièce à étudier en évitant les zones de courants d’air. La durée de l’exposition est de 4,5 jours du Lundi au Vendredi durant une période d’occupation de la pièce.

    Il est très simple d’interpréter les résultats communiqués grâce un code couleur défini selon les valeurs de référence en vigueur. Notre catalogue d’analyses ne s’arrête pas à la qualité de l’air intérieur, nous sommes en mesure de répondre à toutes vos demandes analytiques quelle que soit la matrice grâce à notre réseau de laboratoires. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à vous rapprocher de l’un de vos interlocuteurs de proximité sur eurofins.fr !

  • Certification NF des EPI de la tête pour les chantiers et l’industrie : un gage de sécurité pour les opérateurs

    Certification NF des EPI de la tête pour les chantiers et l’industrie : un gage de sécurité pour les opérateurs

    Sigle bien connu des professionnels, « NF » est la marque collective de certification délivrée par Afnor Certification qui atteste de la conformité du produit à des exigences spécifiques de sécurité et de qualité. Ces exigences sont définies dans un référentiel élaboré collectivement sous l’égide d’Afnor Certification. Les équipements de protection individuelle de la tête – notamment les casques de chantier et les casquettes anti-heurts -, font naturellement l’objet d’une certification NF qui va bien au-delà des exigences de sécurité imposées par les normes européennes. Le point avec Nicolas Demarest, Ingénieur certification pôle Incendie & Sécurité au sein d’Afnor Certification.

    Qu’est-ce-que la certification NF des équipements de protection de la tête et quels sont ses avantages ?

    La certification NF porte sur les équipements de protection de la tête : casques de chantier, casquettes anti-heurts, casques de protection haute performance. Il s’agit de trois niveaux de certifications différents. Ces certifications regroupent des exigences retenues par les acteurs d’un secteur donné comme caractérisant un produit de qualité. Il est donc évident que ces critères de qualité vont beaucoup plus loin que les réglementations ou les normes existantes.

    Il n’y a en effet pas d’obligation dans le code du Travail de recourir à des équipements de protection certifiés NF. Cependant, les exigences de sécurité des travailleurs inscrites dans le référentiel de certification sont beaucoup plus élevées, par exemple, que celles posées par le marquage CE. Rappelons que ce marquage n’est qu’un « passeport » qui permet à un produit d’être vendu sur le marché européen, avec des exigences de sécurité, moins importantes que celle la certification NF portant sur les mêmes équipements.

    En ce sens, le marquage CE s’adresse avant tout aux autorités de surveillance du marché, notamment aux douanes et à la DGCCRF, comme preuve que le produit peut librement circuler dans l’UE. La marque NF, quant à elle, s’adresse à l’acheteur et à l’utilisateur comme garantie de la conformité du produit aux exigences de sécurité et de performance, garantie par un contrôle systématique d’un organisme indépendant du fabricant du produit.

    De la même manière, le marquage CE est accordé sur la base d’un essai-type (AET) sur le produit, qui ne garantit pas un contrôle indépendant du fabricant, lequel peut décider lui-même des modalités de contrôle. La certification NF est pour sa part la preuve que le produit est conçu selon un cahier des charges strict élaboré par des professionnels du secteur et qu’il est contrôlé de manière continue, même après l’obtention de certification pendant une durée de trois ans, renouvelable.

    Concernant les exigences de la certification NF, prenons l’exemple des casques de chantier : là où la réglementation CE exige une force transmise inférieure à 5kN en termes d’absorption des chocs, la certification NF impose une force transmise inférieure à 4kN. De même, là où la réglementation CE n’exprime aucune exigence de résistance à la déformation latérale, la NF impose que celle-ci ne dépasse pas 30mm pour une charge de 250N et 10mm après retour à la charge initiale. Concernant l’ancrage jugulaire, la norme CE n’impose pas au fabricant de faire tester une des jugulaires vendues avec le casque, alors que la certification NF l’oblige à faire tester toutes les jugulaires vendues avec son produit.

    Enfin, à l’inverse de ce qui est prévu par la réglementation, la certification NF impose au vendeur de faire figurer le poids du produit, et de prendre en compte son recyclage en fin de vie.

    Comment se conçoit une certification NF ?

    Formellement, le point de départ d’une norme est une expression de besoin émanant des professionnels du secteur, concernant un produit ou un service, dans l’objectif d’en déterminer les caractéristiques, notamment techniques, qui vont en faire un produit de qualité.

    Les professionnels prennent ensuite contact avec Afnor Certification, généralement par le biais de leur fédération ou de fabricants qui ont déjà travaillé avec nous, afin de développer une certification en rapport avec la norme établie. Nous réalisons une étude en interne sur le produit ou le service dont la certification est demandée.

    Une fois cette étude réalisée, la certification est élaborée avec la participation de 3 collèges : fabricants et distributeurs / Utilisateurs et prescripteurs, (exemples : assurances, INRS, OPPBTP) / Organismes techniques et administrations.

    L’élaboration du référentiel de certification se fait en plusieurs phases d’échanges dans et entre les collèges, et est le résultat d’un consensus entre les exigences de ses membres. La certification peut également décider d’aller plus loin que les prérequis de la norme. C’est le cas de la marque NF pour les équipements de protection de la tête. Ce référentiel n’est bien évidemment pas figé et peut être modifié en fonction des besoins et des nécessités du marché ou de la réglementation.

    Comment se déroule le processus de certification NF chez Afnor Certification ? Quelles en sont les étapes ?

    Tout commence par une étude de recevabilité. Un fabricant qui souhaite faire certifier NF l’un de ses produits doit commencer par nous contacter et monter un dossier qui va reprendre différents éléments, comme l’attestation d’essai-type AET, les éléments techniques obligatoires du produit, la liste des références des jugulaires (pour les casques), son plan de contrôle interne, etc. C’est-à-dire tout un ensemble d’éléments qui vont nous permettre de constater que son produit et ses process sont déjà conformes à la réglementation de base.

    Une fois ce dossier validé, Afnor Certification procède à un audit du site de fabrication, au cours duquel nous allons vérifier sur place le respect des exigences qualité définies dans le référentiel vis-à-vis du processus de fabrication, incluant également son système qualité selon les prérequis de l’ISO 9001 ainsi que sa capacité à fabriquer le produit en quantité et à qualité constante, par exemple.

    Ensuite, le produit est prélevé et transmis au laboratoire d’essais qui procède aux tests du produit en fonction du référentiel qui lui est applicable. Cette phase d’essais et de tests est réalisée par un laboratoire indépendant partenaire, le CRITT.

    Si le produit passe les tests (audit et essais), nous lui délivrons un certificat NF valable pendant 3 ans.

    Au cours de cette période, nous allons réaliser chaque année un audit de surveillance ainsi que des essais sur le produit, à la différence du marquage CE, afin de vérifier la conformité du produit et le maintien du niveau de qualité exigé par le référentiel vis-à-vis du fabricant. Les tests indépendants sont réalisés par le CRITT suivant un programme d’essais de suivi, défini dans le référentiel de certification et portant sur les caractéristiques essentielles du produit. Pour un casque de chantier par exemple, il s’agira de la résistance à la pénétration, à la flamme, aux chocs et à la déformation latérale.

    Au final, une certification NF demeure un investissement pour le fabricant, mais constitue un argument de vente efficace. Elle permet aux utilisateurs de différencier les produits sur un marché où l’offre est importante et les niveaux de qualité hétérogènes.