Étiquette : paroles expert

  • Contrôle de la qualité de l’air intérieur : quels polluants ? Quelles méthodes ?

    Contrôle de la qualité de l’air intérieur : quels polluants ? Quelles méthodes ?

    Rediffusion de l’intervention d’AC Environnement lors de la web-conférence du Grand Circuit Contrôler le Bâtiment du 17 mars 2020.

    Avec :
    Jérémie Bonnet, directeur commercial Solutions « BIM & Transformation Numérique des diagnostics » chez AC Environnement.

    Le sujet :
    – Tour d’horizon des obligations par typologie de bâtiments et de polluants.
    – Cas particulier des ERP, avec notamment les méthodes pour contrôler une bonne QAI (prélèvement Cofrac ou autodiagnostic).

  • Intégration électrique : comment développer l’aspect marketing et commercial de son entreprise ?

    Intégration électrique : comment développer l’aspect marketing et commercial de son entreprise ?

    Eric Sfreddo, président de la FFIE Nord-Pas-de-Calais et du GRET 59, présente le nouveau classeur pour développer l’aspect marketing et commercial des entreprises du génie électrique. Une interview vidéo réalisée à l’occasion du Grand Circuit Energiser le Bâtiment.

    Retranscription

    Comment développer l’aspect marketing et commercial d’une entreprise du génie électrique ?

    La Fédération française des intégrateurs électriciens (FFIE) travaille sur le sujet depuis deux ans, pour sortir un classeur type qui va aider 80 % de nos PME. Puisqu’il faut savoir que 80 % des entreprises aujourd’hui ont un effectif inférieur à 10 personnes. Au delà de leur savoir-faire, elles ont besoin qu’on les aide à préparer les métiers de demain et le commercial de demain. Donc le marketing, c’est un grand mot dans lequel on peut mettre beaucoup de choses. Entre autre il faut savoir être, savoir proposer au client un paquet global d’offres pour pouvoir répondre à la demande.

    Aujourd’hui, si on nous demande de poser une prise de courant, il faut réfléchir, il faut poser la question : « est-ce que vous voulez une prise courant faible ? », « est-ce que vous voulez un système vidéo ou un contrôle d’accès ? » Ce sont des stéréotypes que le commun des artisans n’avait pas. Ils ont besoin pour cela d’un petit classeur didactique qui va les aider à se poser les bonnes questions : au delà du commercial, est-ce que m’on entreprise est prête ? Est-ce que j’ai bien formé mes collaborateurs ? Est-ce que je vais faire du partenariat ou du groupement d’entreprise ? Toutes ces questions trouvent leur réponse dans ce classeur. Il y a une dizaine de thèmes qui sont abordés.

    On parle d’IRVE, de photovoltaïque, d’objets connectés… tout ça sont de nouveaux métiers que l’on ne maîtrise pas forcément aujourd’hui mais qu’il faudra maîtriser demain pour répondre à l’offre globale d’un client.

    Le classeur a mis à peu près 2 ans pour aboutir, mais c’est une idée que l’on a vu arriver dans le cadre de nos échanges. Il y a quatre ans déjà, on percevait que le métier allait évoluer, mais il évolue depuis maintenant deux ans d’une manière exponentielle. C’est toute la difficulté de faire travailler des entreprises volontaires, pour élaborer ce guide et aider leurs confrères, à une vitesse suffisamment rapide pour sortir des documents qui seront toujours au goût du jour. C’est pour ça que ce document a mis un certain temps, mais il est à présent en accès libre sur le site de la FFIE.

    Son avantage est qu’il n’est pas fermé, il pose les questions. Chacun va pouvoir construire son entreprise de demain, avec ses propres réponses. Ce n’est pas un stéréotype en disant il faut faire ça, ou cela.

    Aujourd’hui la FFIE est passée « intégrateur » car nous avons justement senti que notre métier a évolué, ce n’est plus simplement « installateur ». On s’aperçoit que l’on a des problèmes de télécommunication, des problèmes de sécurité de réseau… et tout cela, ce n’est pas notre métier d’origine. Donc le coeur du métier est là, mais il faut que l’on apporte les compétences complémentaires pour pouvoir répondre à un marché global et satisfaire le client qui ne viendra pas nous voir en disant « vous m’avez installé la prise mais derrière vous ne m’avez pas sécurisé mon réseau ». C’est un travail au quotidien de chefs d’entreprises qui s’unissent ensemble pour que l’ensemble des partenaires et des adhérents de la FFIE puisse profiter de cette entre-aide.

  • Démarche BIM en copropriété : définition et intérêt

    Démarche BIM en copropriété : définition et intérêt

    Julien Piechowski, directeur des régions Ile-de-France et Normandie chez AC Environnement, présente l’intérêt d’une démarche BIM (building information modeling) pour la maîtrise d’ouvrage.

    Retranscription

    Quel est l’intérêt d’une démarche BIM dans le cadre d’une copropriété ?

    Déjà qu’est-ce que le BIM ? Le BIM (building information modeling) sous-entend une maquette numérique comportant un certain nombre de données. Vous avez trois étapes essentielles et majeures. La première, c’est le fait de numériser le bâtiment. Vous scannez l’ouvrage, donc vous disposez d’un certain nombre de données numériques que vous intégrez dans un logiciel. Et cette deuxième étape c’est la modélisation. La troisième étape est sans doute la plus cruciale : c’est l’intégration de la Data dans la maquette numérique. Dès lors que vous êtes en interopérabilité avec tous les acteurs, vous pouvez disposer de toutes les données de l’ouvrage dans cette maquette BIM.

    L’intérêt pour chacun des maîtres d’ouvrage, c’est de disposer d’une version digitale et numérique de l’ensemble des données du bâtiment. Ensuite, dans le cadre de travaux de réhabilitation, lors de l’exploitation de l’ouvrage, on pourra utiliser cette maquette numérique avec la Data pour connaître les caractéristiques de chaque élément de la construction. Si par exemple l’on veut faire de la réfection de baies vitrées, on connaîtra les caractéristiques initiales et on pourra définir les caractéristiques que l’on souhaite atteindre, et les intégrer de façon optimale dans la maquette numérique.

    Quel retour sur investissement ?

    C’est difficilement de répondre brutalement à cette question. Ce qui est certain, c’est que le coût d’investissement pour la prestation de BIM (donc le fait de créer la maquette numérique et d’intégrer progressivement la Data dedans) sera beaucoup moins important que de partir en aveugle sur des réfections ou réhabilitations lourdes. L’investissement initial sera forcément sur un délai qui est très variable en fonction de la nature des travaux. Ça sera beaucoup plus intéressant d’avoir travaillé en amont sur la maquette numérique et sur l’intégration des données, que de partir en aveugle sur de la réhabilitation lourde durant la vie de l’ouvrage.

    Quel avenir pour le BIM ?

    Le BIM est voué à se développer pour une raison très simple : de plus en plus, on va avoir beaucoup d’acteurs (fabricants, entreprises de pose, bureaux de contrôle, CSPS…) qui vont devoir disposer de la Data de l’ouvrage pour pouvoir le contrôler ou optimiser ses performances. Son développement est donc certain, non pas sur la partie modélisation, mais bien plus sur la partie intégration de la Data dans la maquette.

    Le BIM deviendra-t-il une norme ?

    Norme je ne sais pas. Ce qui est certain, c’est que les textes de loi qui sont en cours et qui vont encore évoluer font que l’on va avoir recours au cahier d’entretien numérique du bâtiment. Si on le vulgarise, il s’agit ni plus ni moins du BIM.

  • Analyse amiante : quel impact avec le nouvel arrêté du 1er oct. 2019 ?

    Analyse amiante : quel impact avec le nouvel arrêté du 1er oct. 2019 ?

    Sophie Claus, responsable Grands Comptes chez Eurofins Analyses pour le Bâtiment, répond aux questions du Grand Circuit Contrôler le Bâtiment sur le nouvel arrêté du 1er octobre 2019 portant sur les règles d’analyse de l’amiante.

    Retranscription

    Peut-on réutiliser les diagnostics effectués avant les nouvelles règles d’analyse introduites par l’arrêté du 1er octobre 2019 ?

    L’arrêté actuel ne dit pas que ce que l’on fait actuellement va être obsolète et qu’il va falloir tout refaire. Comme dans le repérage amiante avant travaux, les laboratoires ont 18 mois pour se mettre en route. À partir de ce moment où les laboratoires ont leur portée d’accréditation qui va bien, ils pourront continuer à faire les analyses, et les repérages avant travaux seront tout aussi valables avec ces analyses là.

    Quel impact sur la durée de l’analyse et le coût ?

    Aujourd’hui nous sommes tous en train de travailler pour minimiser les coûts de chacun. Le temps sera important aussi. On essaie aussi de minimiser les délais. Sur le matériau du bâti on va avoir un petit peu de modifications. Chez Eurofins ce n’est pas là que nous en aurons le plus parce qu’il y a déjà un certain nombre de choses qui sont déjà faites. Mais on en aura quand même, donc on est en train de calculer le temps qu’il nous faudra, comment on peut optimiser et comment appliquer les process industriels qui vont pouvoir nous faire gagner du temps.

    Par contre, sur tout ce qui va être amiante environnementale, il y a vraiment une grosse prise en compte.

    En tout cas, nous savons très bien – à la fois pour les maitres d’ouvrage et les diagnostiqueurs – que les temps sont durs. Tous les laboratoires ont un consensus pour essayer de faire le mieux possible, mais je ne vois pas le prix baisser tout de suite.

    Avec ces évolutions réglementaires, que devient le critère central dans le choix d’un laboratoire ?

    De façon neutre et objective, je dirais que le critère minimal c’est l’accréditation Cofrac. Il faudra vérifier la portée d’accréditation parce que dans les 18 mois qui vont arriver l’ensemble des laboratoires vont passer leurs audits Cofrac. L’arrêté du 1er octobre 2019 sera mentionné sur les rapports.

    Parmi les autres critères on retrouve le prix, les délais, la compétence ou encore le côté sympathique du commercial.

  • Nouvel arrêté RAT : impact pour la maîtrise d’ouvrage et rôle de la maîtrise d’œuvre

    Nouvel arrêté RAT : impact pour la maîtrise d’ouvrage et rôle de la maîtrise d’œuvre

    Thomas Lesser, président directeur général de BET2C, répond aux questions sur l’impact pour la maitrise d’ouvrage de l’arrêté du 19 juillet 2019 sur les repérages amiante avant travaux dans le Bâtiment. Une vidéo réalisée à l’occasion du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante.

    Retranscription

    Quel est l’impact du nouvel arrêté sur les repérages amiante avant travaux dans le Bâtiment pour le maître d’ouvrage ?

    D’une manière générale, les diagnostiqueurs sont beaucoup décriés. Mais à leur décharge, avec l’expérience, je me rends compte que des fois les conditions dans lesquels on leur demande d’intervenir ne sont pas optimales. Certains maîtres d’ouvrage passent commande d’un RAT pour répondre à leurs obligations, choisissent leur diagnostiqueur et donnent les clés de leur bâtiment en demandant à ce dernier de se débrouiller seul et rapidement. L’arrêté fixe à présent les obligations des deux parties, c’est à dire le diagnostiqueur et le maître d’ouvrage qui passe la commande. L’article 5, partie 1, fixe clairement les obligations du maître d’ouvrage : accompagner le diagnostiqueur, fournir des plans valables…

    Peut-on encore se passer de maîtrise d’oeuvre ?

    Dans les obligations, il y a « fourniture d’un programme détaillé des travaux ». Un maître d’ouvrage, quand il a un projet, il dit « j’ai un bâtiment existant, je vais faire 500 m2 de bureaux ». C’est son programme général. Après, avec le programme détaillé, le maître d’ouvrage ne va pas se poser la question – parce que ce n’est pas son rôle – de savoir comment il veut que le bâtiment soit ventilé ou climatisé, et par où il va faire passer les gaines, etc. Il n’a pas les compétences pour faire un programme détaillé des travaux. En plus, dans le cadre d’un RAT, il faut un programme détaillé des travaux orienté par rapport au travail du diagnostiqueur.

    Aussi, l’analyse des risques du chantier, ce n’est pas uniquement à l’entreprise de la faire. C’est d’abord la maîtrise d’ouvrage. Ce qui veut dire qu’elle doit faire une première analyse du risque, et – notamment pour les systèmes de confinement – avoir une idée de ce qui devrait être mis en place pour le chantier. Ça va lui permettre de fixer un budget avant de consulter les entreprises. Pour faire son analyse des risques, il vaut peut être mieux prendre quelqu’un qui a l’habitude de l’analyse des risques amiante, de l’analyse du contexte de l’opération, pour savoir à peu près s’il faut faire un cloisonnement avec une simple peau de polyane tirée, ou s’il faut prévoir une cloison semi-rigide. Plus que jamais, dans des opérations de traitement de l’amiante, un maître d’oeuvre est un atout pour le maître d’ouvrage.

    La robotique peut-elle renforcer la sécurité des travailleurs ?

    Oui, évidemment, la robotisation va être une avancée. Hors problématique amiante en premier lieu, parce ce certaines tâches sont très fastidieuses et usantes. La robotique va pouvoir répondre à une obligation de prévention des risques professionnels et notamment des troubles musculo-squelletiques (TMS). La robotique va aussi permettre à l’opérateur de retrait de s’éloigner de la source émissive. On va donc pouvoir mieux le protéger. Dans l’absolu on ne va pas forcément réduire l’empoussièrement à la source, mais on va éloigner l’opérateur de la source émissive.

    Cependant, la robotique n’est pas la solution à tout. Pour commencer, nous n’en sommes qu’aux balbutiements. Pour l’instant les robots n’interviennent que sur les surfaces courantes. Il restera toujours à l’homme de traiter les points singuliers, qui sont potentiellement émissifs.

    Ensuite, il y a une problématique que l’on invoque à chaque fois que le Plan de recherche et développement amiante (PRDA) étudie des dossiers de robots : quid de l’entretien courant, des réparations en zones et de la maintenance de ces robots ? Comment fait-on quand un robot tombe en panne ? Ce qui veut dire que derrière la conception des robots, il faut qu’il se mette en place toute une chaine logistique au sens large. Des logisticiens pour approvisionner la machine, des techniciens de maintenance qui sont habilités au minimum SS4 afin d’entrer en zone pour réparer. De même, lorsque le robot est rapatrié dans un atelier, on ne va pas pouvoir faire l’entretien du robot au milieu de l’atelier comme on peut le faire pour l’entretien de sa voiture.

    Donc la robotique est une avancée, mais il faut rester vigilant et ce n’est pas la solution à tous les problèmes des chantiers de désamiantage.