Étiquette : Vidéo

  • Risque amiante et évolution de la réglementation : quelles perspectives en 2020 ?

    Risque amiante et évolution de la réglementation : quelles perspectives en 2020 ?

    Alexandre Neuraz, responsable marketing et commercial Secteur Public chez Protys, présente les principaux enseignements de l’étude Protys sur la perception des enjeux de la réglementation amiante par les professionnels.

    Retranscription

    Pourquoi avoir réalisé cette étude sur le risque amiante ?

    Depuis la loi El Khomri de 2016, on note un renforcement de la réglementation amiante. Avec l’obligation du repérage amiante avant travaux, il nous a semblé important de comprendre quels étaient les nouveaux enjeux pour l’ensemble des professionnels. C’est pourquoi nous avons réalisé un baromètre dont l’objectif est de comprendre la perception de ces professionnels autour du risque amiante et de suivre son évolution à travers les années. Comprendre finalement la compréhension qu’ils ont du risque amiante et quelle est leur appropriation des nouvelles obligations qui leur incombent, et quels sont les process métier qu’ils mettent en avant.

    Quels sont les enseignements de ce baromètre ?

    On dégage trois principaux enseignements de ce baromètre. Le premier élément clairement positif : on voit que l’ensemble des professionnels soutiennent la réglementation. La problématique du risque amiante est au coeur de l’actualité et des débats. Finalement, 88 % des répondants jugent que ces actions de renforcement réglementaire sont quelque chose de positif pour l’ensemble de la profession.

    Deuxième enseignement, on voit qu’il y a une appropriation de cette réglementation à deux vitesses. En effet, si 50 % des professionnels la connaissent et près de 39 % sont conscients des risques pénaux de leur structure en cas de non respect de la réglementation, il n’en demeure pas moins que plus de 50 % de ces mêmes professionnels – pour l’instant – ne connaissent pas cette réglementation et les impacts juridiques.

    Enfin, dernier élément : le principe de réalité. On voit que les 3/4 des professionnels jugent le risque amiante comme un risque fort. Pour autant, ils ne sont que 16 % opérationnellement à estimer respecter à 100 % leurs obligations lors de travaux autour du risque amiante. Il y a donc une opposition entre cette volonté de réglementation et une sorte d’aveux de faiblesse dans la mise en musique opérationnelle de cette réglementation.

    Quelles en sont vos conclusions ?

    Il y a une première partie des professionnels qui ont été sensibilisés aux enjeux et qui mettent en place des processus métier. Et une deuxième partie qui semble attentiste aujourd’hui. On peut supposer qu’ils sont dans l’attente des futures normes (notamment de la norme voirie). On peut imaginer que les dernières décisions de justice autour notamment du préjudice d’anxiété seront de nature à accélérer cette appropriation de la réglementation.

    Les choses sont donc positives et vont de l’avant en 2019. Et on peut imaginer qu’en 2020, avec la sortie de l’ensemble des textes réglementaires, les professionnels devront encore mieux respecter ces enjeux ; néanmoins, il y a un véritable besoin d’accompagnement, qui peut se faire par des prestataires externes qui seront de nature à simplifier leurs process.

  • Dans quels cas faut-il définir une stratégie d’échantillonnage ?

    Dans quels cas faut-il définir une stratégie d’échantillonnage ?

    Dans quels cas définir une stratégie d’échantillonnage ? Quel accompagnement pour les maîtres d’ouvrage ? Réponses avec Frédéric Lancien, responsable technique chez CITAE.

    Retranscription

    Dans quels cas faut-il définir une stratégie d’échantillonnage ?

    La stratégie d’échantillonnage est établie par le diagnostiqueur en fonction du périmètre et du programme des travaux qui lui sera fourni par le maître d’ouvrage. Il va faire d’abord une pré-visite où il va établir les zones présentants des similitudes d’ouvrage (ZPSO). Il va par la suite procéder au sondage pour s’assurer que ces ZPSO sont bien conformes. Les prélèvements sont envoyés pour analyse aux laboratoires.

    Quelle plus-value apporte CITAE pour les maîtres d’ouvrage ?

    CITAE apporte en premier lieu ses compétences, puisque l’on a des professionnels qui sont certifiés amiante avec mention et qui font donc leur travail dans les règles de l’art. On est en train d’homogénéiser toutes nos pratiques pour que tout le monde travaille de la même façon. Et nous mettons tout en oeuvre pour que le maître d’ouvrage puisse se baser sur les rapports que l’on va lui fournir.

  • Nouvel arrêté RAT : impact pour la maîtrise d’ouvrage et rôle de la maîtrise d’œuvre

    Nouvel arrêté RAT : impact pour la maîtrise d’ouvrage et rôle de la maîtrise d’œuvre

    Thomas Lesser, président directeur général de BET2C, répond aux questions sur l’impact pour la maitrise d’ouvrage de l’arrêté du 19 juillet 2019 sur les repérages amiante avant travaux dans le Bâtiment. Une vidéo réalisée à l’occasion du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante.

    Retranscription

    Quel est l’impact du nouvel arrêté sur les repérages amiante avant travaux dans le Bâtiment pour le maître d’ouvrage ?

    D’une manière générale, les diagnostiqueurs sont beaucoup décriés. Mais à leur décharge, avec l’expérience, je me rends compte que des fois les conditions dans lesquels on leur demande d’intervenir ne sont pas optimales. Certains maîtres d’ouvrage passent commande d’un RAT pour répondre à leurs obligations, choisissent leur diagnostiqueur et donnent les clés de leur bâtiment en demandant à ce dernier de se débrouiller seul et rapidement. L’arrêté fixe à présent les obligations des deux parties, c’est à dire le diagnostiqueur et le maître d’ouvrage qui passe la commande. L’article 5, partie 1, fixe clairement les obligations du maître d’ouvrage : accompagner le diagnostiqueur, fournir des plans valables…

    Peut-on encore se passer de maîtrise d’oeuvre ?

    Dans les obligations, il y a « fourniture d’un programme détaillé des travaux ». Un maître d’ouvrage, quand il a un projet, il dit « j’ai un bâtiment existant, je vais faire 500 m2 de bureaux ». C’est son programme général. Après, avec le programme détaillé, le maître d’ouvrage ne va pas se poser la question – parce que ce n’est pas son rôle – de savoir comment il veut que le bâtiment soit ventilé ou climatisé, et par où il va faire passer les gaines, etc. Il n’a pas les compétences pour faire un programme détaillé des travaux. En plus, dans le cadre d’un RAT, il faut un programme détaillé des travaux orienté par rapport au travail du diagnostiqueur.

    Aussi, l’analyse des risques du chantier, ce n’est pas uniquement à l’entreprise de la faire. C’est d’abord la maîtrise d’ouvrage. Ce qui veut dire qu’elle doit faire une première analyse du risque, et – notamment pour les systèmes de confinement – avoir une idée de ce qui devrait être mis en place pour le chantier. Ça va lui permettre de fixer un budget avant de consulter les entreprises. Pour faire son analyse des risques, il vaut peut être mieux prendre quelqu’un qui a l’habitude de l’analyse des risques amiante, de l’analyse du contexte de l’opération, pour savoir à peu près s’il faut faire un cloisonnement avec une simple peau de polyane tirée, ou s’il faut prévoir une cloison semi-rigide. Plus que jamais, dans des opérations de traitement de l’amiante, un maître d’oeuvre est un atout pour le maître d’ouvrage.

    La robotique peut-elle renforcer la sécurité des travailleurs ?

    Oui, évidemment, la robotisation va être une avancée. Hors problématique amiante en premier lieu, parce ce certaines tâches sont très fastidieuses et usantes. La robotique va pouvoir répondre à une obligation de prévention des risques professionnels et notamment des troubles musculo-squelletiques (TMS). La robotique va aussi permettre à l’opérateur de retrait de s’éloigner de la source émissive. On va donc pouvoir mieux le protéger. Dans l’absolu on ne va pas forcément réduire l’empoussièrement à la source, mais on va éloigner l’opérateur de la source émissive.

    Cependant, la robotique n’est pas la solution à tout. Pour commencer, nous n’en sommes qu’aux balbutiements. Pour l’instant les robots n’interviennent que sur les surfaces courantes. Il restera toujours à l’homme de traiter les points singuliers, qui sont potentiellement émissifs.

    Ensuite, il y a une problématique que l’on invoque à chaque fois que le Plan de recherche et développement amiante (PRDA) étudie des dossiers de robots : quid de l’entretien courant, des réparations en zones et de la maintenance de ces robots ? Comment fait-on quand un robot tombe en panne ? Ce qui veut dire que derrière la conception des robots, il faut qu’il se mette en place toute une chaine logistique au sens large. Des logisticiens pour approvisionner la machine, des techniciens de maintenance qui sont habilités au minimum SS4 afin d’entrer en zone pour réparer. De même, lorsque le robot est rapatrié dans un atelier, on ne va pas pouvoir faire l’entretien du robot au milieu de l’atelier comme on peut le faire pour l’entretien de sa voiture.

    Donc la robotique est une avancée, mais il faut rester vigilant et ce n’est pas la solution à tous les problèmes des chantiers de désamiantage.