Catégorie : Diagnostics immobiliers

Dans un marché immobilier de plus en plus encadré, les diagnostics immobiliers sont un pilier essentiel pour sécuriser les transactions et protéger les parties prenantes. DPE, état des risques et pollutions, diagnostic amiante, plomb, termites, électricité, gaz, assainissement

 

Chaque document doit être précis, à jour et conforme aux réglementations en vigueur. Comment répondre aux attentes des propriétaires, acquéreurs et professionnels de l’immobilier tout en respectant les délais et les normes ?

  • Diagnostic PEMD : gagner en efficacité avec la capture de la réalité

    Diagnostic PEMD : gagner en efficacité avec la capture de la réalité

    En 2023, le diagnostic Produits, Équipements, Matériaux, Déchets (PEMD) devient obligatoire pour les projets de “rénovations significatives” et de démolition des bâtiments. Jean-Michel Catherin, dirigeant de Testoon, présente les avantages d’une solution de visite virtuelle et de capture de la réalité pour réaliser ce diagnostic.

    Comment les technologies numériques peuvent-elles rendre plus efficace le diagnostic PEMD ?

    Le diagnostic PEMD consiste principalement, suite à l’analyse documentaire du bâtiment, à effectuer une visite in situ : l’auditeur ou le diagnostiqueur réalise des relevés avec des appareils de mesures, prend des notes et photographie le site. De retour au bureau, il emploie les données récoltées dans le but de calculer les volumes de déchets et d’émettre des propositions quant à la réutilisation des matériaux. Or, lors de cette étape, les professionnels s’aperçoivent très souvent que des informations nécessaires à la réalisation du diagnostic ont été oubliées, les obligeant à se déplacer de nouveau sur le site.

    Jean-Michel CATHERIN

    Dirigeant
    TESTOON

    C’est pour éviter ce contretemps que les technologies de capture de la réalité s’avèrent très utiles. Au lieu de réaliser de simples photos (à plat ou à 360°), le diagnostiqueur parcourt le bâtiment avec des systèmes de captation et récupère toutes les informations nécessaires à la réalisation d’une visite virtuelle. Une fois de retour au bureau, il pourra mesurer de nouveau tout ce qui a été oublié depuis le logiciel, revoir tout ce qui n’a pas été bien vu et zoomer aux endroits où il n’a pu aller.

    « un matériel dix fois moins cher que les équipements disponibles jusqu’à présent sur le marché »

    Testoon distribue notamment la solution de la société Matterport, qui est disponible avec un nombre très important d’outils de captation de cette réalité. C’est une solution tout en un, logicielle et matérielle, qui permet de réaliser en une seule opération un plan 3D compatible pour le BIM, un rapport interactif (avec ajout de tags et notes), une visite virtuelle 3D et en réalité virtuelle, un plan 2D schématique avec prise de mesures, ainsi que des photos et des vidéos 4K. Matterport propose pour cela un matériel dix fois moins cher que les équipements disponibles jusqu’à présent sur le marché. La contrepartie : une mesure légèrement moins précise, avec une marge d’erreur de +/- 20 mm, contre +/- 1mm pour des équipements plus avancés.

    Comment se déroule l’opération ?

    Avec la solution Matterport, on utilise un dispositif qui peut être un scanner, un appareil photo 360° ou encore un smartphone monté sur trépied, qui va faire tourner l’appareil en prenant une quantité importante d’images. Le logiciel réalise ensuite un traitement informatique afin de générer la visite virtuelle.

    La solution est conçue pour être très accessible. Tout est automatique : le diagnostiqueur déplace l’appareil de capture tous les 2 ou 3 mètres et récupère la donnée sur la tablette. Cette dernière indique si l’appareil a bien été placé au bon endroit. Lorsque la première phase de scan est terminée, il suffit d’appuyer sur un bouton pour que toutes les photos et données soient envoyées dans le Cloud. Le temps de retourner au bureau, la maquette virtuelle est disponible.

    Ce dispositif va beaucoup plus loin que la visite virtuelle traditionnelle – que l’on connaît surtout pour son usage dans le milieu de la visite immobilière – car le diagnostiqueur peut à tout instant “dégainer” son instrument de mesure afin de mesurer la largeur d’une paroi ou la hauteur d’une fenêtre… cela depuis la visite virtuelle. Il peut ainsi réévaluer ce qui n’a pas bien été saisi sur le terrain.

    On peut encore aller plus loin ! À partir de cette “réalité capturée”, les professionnels peuvent extraire des informations spécifiques comme des plans, des modèles 3D ou des maquettes qui vont être réintégrés dans des logiciels BIM. De la même capture, ils sont en mesure de réaliser l’évaluation des déchets et de fournir à leurs clients des outils utiles à la planification des travaux de rénovation ou de démolition.

    Conférence sur le sujet

    PEMD, qui est concerné ?

    Les décrets n° 2021-821 et n° 2021-821 du 25 juin 2021 étendent aux « rénovations significatives de bâtiments » l’obligation du diagnostic portant sur la gestion des produits, équipements, matériaux et déchets (PEMD) issus de la démolition ou de la rénovation significative de bâtiments.

    Cette disposition, qui devrait s’appliquer dès le 1er janvier 2023, concerne les opérations dont la surface cumulée de plancher de l’ensemble des bâtiments concernés est supérieure à 1 000 m², ainsi que celles concernant au moins un bâtiment ayant accueilli une activité agricole, industrielle ou commerciale et ayant été le siège d’une utilisation de stockage, d’une fabrication ou d’une distribution d’une ou plusieurs substances classées comme dangereuses.

    Des textes complémentaires sont attendus.

  • Audit énergétique : contenu et matériel

    Audit énergétique : contenu et matériel

    Audit énergétique : contenu et matériel

    14 septembre 2022

    3h

    Organisé par

    REPLAY

    Table ronde : les différents types d’audit énergétique ? qui peut les réaliser ? contenu des rapports et responsabilité ?

    Vincent VANEL

    Président d’Honneur
    CINOV ILE-DE-FRANCE

    Damien JOST

    AVOCAT

    Jérémie MELLA

    Responsable Projet – Efficacité Energétique et Energie Renouvelable
    AFNOR CERTIFICATION

    Christophe BRUYAT

    Gérant
    OBBC DEVELOPPEMENT

    Stéphane PROUZEAU

    Vice-Président
    FIDI

    • Échanges en table ronde sur la mise en oeuvre de l’audit énergétique obligatoire pour les immeubles en monopropriété concernés.
    • Discussion sur les moyens de réalisation, les acteurs concernés, le contenu des rapports et la responsabilité juridique.

    Avec

    Vincent VANEL
    Président d’Honneur CINOV Ile de France – Consultant Greenation – Stratégie RSE & Eco-Innovation CINOV

    Damien JOST
    AVOCAT

    Jérémie MELLA
    Responsable Projet – Efficacité Energétique et Energie Renouvelable AFNOR CERTIFICATION

    Christophe BRUYAT
    Gérant OBBC

    Stéphane Prouzeau
    Vice-président FIDI

    Xavier FAURE
    Animateur du GRAND CIRCUIT


    Quels instruments de mesure pour l’audit énergétique

    Jean-Michel CATHERIN

    Dirigeant
    TESTOON

    • Présentation du matériel utilisé pour la réalisation de l’audit énergétique obligatoire : caméra thermique, télémètre laser, vitromètre, débitmètre, anémomètre, manomètre, enregistreur d’énergie, pince multimètre, caméra endoscopique, analyseur de combustion…
    • Présentation du matériel utilisé pour la réalisation de l’audit énergétique obligatoire : caméra thermique, télémètre laser, vitromètre, débitmètre, anémomètre, manomètre, enregistreur d’énergie, pince multimètre, caméra endoscopique, analyseur de combustion…

    Avec

    Jean-Michel CATHERIN
    Dirigeant TESTOON


    Objectif

    • comprendre la nouvelle réglementation de mai 2022 rendant obligatoire l’audit énergétique pour certains types de bâtiments
    • connaître les bonnes pratiques en matière d’audit énergétique
    • obtenir un aperçu du matériel existant et des innovations

    Diagnostiqueurs, bureaux de contrôle, bureaux d’études, architectes, maitres d’ouvrage publics et privés…

    À partir de 2023, un audit énergétique devra être réalisé préalablement à la mise en vente de maisons ou d’immeubles classés F ou G au diagnostic de performance énergétique. Ce document proposera les travaux à réaliser pour améliorer le classement de l’habitation, en une seule fois ou par étapes. Sont concernés les propriétaires de maisons individuelles ou bâtiments en monopropriété proposés à la vente en France métropolitaine.

    Les premiers textes ont été publiés en mai 2022 : le Décret n° 2022-780 du 4 mai 2022 relatif à l’audit énergétique, ainsi que l’Arrêté du 4 mai 2022 définissant pour la France métropolitaine le contenu de l’audit énergétique réglementaire prévu par l’article L. 126-28-1 du code de la construction et de l’habitation.

    L’audit énergétique obligatoire est une nouvelle disposition dans la lignée du diagnostic de performance énergétique (DPE). L’objectif de l’audit énergétique est d’aller plus loin dans la préconisation et le chiffrage des travaux qui doivent être réalisés par les propriétaires (existant ou le nouveau propriétaire dans le cadre d’une transaction) et de donner des éléments spécifiques sur les travaux à mener et le coût associé à ces travaux.

    À l’heure actuelle, tous les textes ne sont pas encore publiés. Pourtant, l’objectif est que cet audit énergétique puisse être réalisé à partir du 1er septembre. Pour que cela soit possible, tout un dispositif doit être mis en place, avec un référentiel technique, des décrets et autres documents officiels, la mise en place de nouveaux logiciels, la mise en place d’un cursus de formation…

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    Prochainement sur le Grand Circuit

  • Audit énergétique obligatoire : matériel et impact sur les prestations

    Audit énergétique obligatoire : matériel et impact sur les prestations

    Reportée en avril 2023, l’entrée en vigueur de l’audit énergétique obligatoire pour les logements F et G en monopropriété s’inscrit dans la lignée du diagnostic de performance énergétique (DPE). Son objectif est d’aller plus loin dans la préconisation et le chiffrage des travaux devant être réalisés par les propriétaires. Le point sur le matériel nécessaire à ces prestations avec Jean-Michel Catherin, dirigeant de Testoon.

    Quel est l’impact de cette nouvelle obligation sur les prestations des auditeurs ?

    Alors que je vous réponds, les détails quant à la mise en œuvre de cet audit ne sont pas encore publiés. L’audit énergétique obligatoire devait entrer en vigueur le 1er septembre 2022, l’échéance est finalement repoussée au 1er avril 2023. Il reste encore du chemin à parcourir pour que le dispositif soit correctement encadré, avec notamment un référentiel technique, des décrets et autres documents officiels, la mise à jour des logiciels, ainsi que la mise en place d’un cursus de formation. Tout ceci est en train de se construire petit à petit.

    Le volet matériel n’est pas encore bien défini, contrairement à ce qu’on a pu connaître avec les autres diagnostics. Ces derniers disposaient de référentiels techniques, avec des listes d’équipements très précises. Pour l’audit, il n’y a pas de choix matériel imposé aux diagnostiqueurs (contrairement aux Bureaux d’études). Mais ceux-ci devront tout de même se référer aux points de contrôle définis dans les textes pour lesquels il est préférable de s’équiper d’appareils de mesure.

    Le dispositif réglementaire précise en effet que l’auditeur devra évaluer différents paramètres dans l’existant, notamment la qualité de l’isolation thermique, de l’étanchéité du bâti et des liaisons entre les différentes structures, l’analyse des ponts thermiques, ou encore le bon fonctionnement des systèmes de ventilation et des systèmes de chauffage. L’auditeur doit ainsi faire une analyse sur tous ces points et rechercher les points critiques, qui auront éventuellement un impact significatif sur les travaux. Ces points critiques pourront également être identifiés comme des pathologies (ex : une humidité importante dans les parois) ou des éléments générateurs d’une nouvelle pathologie si la rénovation thermique réalisée par la suite n’est pas extrêmement bien menée.

    Des appareils de mesure sont recommandés afin de mener à bien cet audit tel que demandé, et ainsi d’éviter des erreurs.

    De quel matériel auront besoin les auditeurs ?

    L’équipement est très proche de celui nécessaire pour réaliser les DPE. En attendant que les textes soient publiés, en voici une sélection :

    → Caméra thermique

    Un incontournable pour réaliser le contrôle non destructif du bâtiment et détecter les principales pathologies : ponts thermiques, défauts d’isolation, fuites d’air… Lorsque la mesure par caméra thermique est impossible (par exemple lors d’épisodes de forte chaleur), le contrôle de l’étanchéité pourra être effectué via l’association d’une porte soufflante, de fumigènes et d’un anémomètre. Testoon a développé sa propre gamme de caméra thermique, ThermoMalin TM1, à un prix très accessible (voir notre article).

    → Télémètre laser

    C’est, avec le vitromètre, l’outil de base pour le DPE et de la même façon pour l’audit énergétique. De nombreux modèles co-existent sur le marché, tel que le Leica Geosystems DISTO X310.

    → Vitromètre

    La jauge Merlin Lazer permet de mesurer facilement l’épaisseur du verre et les lames d’air dans n’importe quelle combinaison sur les unités transparentes à simple vitrage ou à plusieurs vitrages rapidement.

    → Débitmètre, anémomètre, manomètre

    Le bon fonctionnement des systèmes de ventilation se vérifie par la mesure du débit d’air aux bouches d’aération. On utilise principalement des anémomètres pour mesurer la vitesse du flux d’air, associés à un cône pour canaliser ce flux au niveau de la bouche. Il existe des anémomètres à hélice, qui nécessitent un minimum de débit pour fonctionner ou encore des anémomètres à fil chaud, permettant de mesurer des débits faibles. Le kit Testo conviendra à ces mesures.

    → Enregistreur de consommation d’énergie et pince multimètre

    Les consommations électriques peuvent être contrôlées avec un enregistreur de consommation d’énergie pour prise secteur, tel que le NZR SEM16+USB, muni d’un branchement USB pour transmettre la donnée récoltée. La pince multimètre wattmétrique énergimètre PCE instruments™ PCM 1 permettra également de déterminer la puissance absorbée ainsi que la consommation d’énergie. En plus de la mesure du courant alternatif et de la tension, ce wattmètre de mesure de puissance peut déterminer la puissance absorbée actuelle sur des réseaux monophasés, ainsi que la consommation d’énergie (kWh).

    → Caméra endoscopique

    Utilisée pour analyser les parois existantes, elle permet de vérifier l’existence, l’uniformité et l’état d’une isolation. L’auditeur pourra se tourner vers un modèle tel que la caméra endoscopique Wöhler VE400, idéal pour l’inspection de cavités inaccessibles à travers de petites ouvertures à partir de Ø 6 mm. 

    → L’analyseur de combustion

    Il est utilisé pour vérifier le rendement d’une chaudière. Testoon recommande par exemple le modèle Kimo Sauermann Si-CA 030. Cet analyseur de combustion profite des toutes dernières technologies numériques et métrologiques pour fiabiliser les mesures et accélérer les interventions sur site.

    On peut également évoquer des outils pour calculer la résistance thermique d’une paroi. Le kit de mesure du coefficient U proposé par Kimo Sauermann en est un bon exemple. Le principe : l’auditeur prend la température extérieure et intérieure, ainsi que celle de la paroi intérieure. Il pose ensuite les trois sondes sur le mur. L’appareil calcule alors le coefficient U permettant de caractériser la résistance thermique des matériaux.

    A découvrir en vidéo :

  • Diagnostic PEMD : améliorer la prestation avec les technologies de capture de la réalité

    Diagnostic PEMD : améliorer la prestation avec les technologies de capture de la réalité

    Échanges avec Jean-Michel Catherin, président et fondateur de Testoon, autour du sujet du diagnostic PEMD (Produit Équipement Matériaux Déchet) et des solutions pour réaliser au mieux la visite in situ du chantier. Présentation des outils et technologies pour assurer la prestation et gagner en efficacité, telle que la capture de la réalité.

    Les points abordés :

    • S’équiper pour réaliser un diagnostic PEMD
    • Présentation des technologies de capture de la réalité et leurs fonctionnalités
    • Réaliser rapidement des relevés photographique d’un site avant démolition
    • Faciliter la gestion de la donnée issue d’un diagnostic PEMD

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    Audit énergétique obligatoire : contenu et matériel de mesure

    Échanges avec Jean-Michel Catherin, président et fondateur de Testoon, sur la question de l’audit énergétique obligatoire et de ses conséquences. Retour sur les paramètres à évaluer et sur le matériel à la disposition des auditeurs pour réaliser ces études.

    Les points abordés :

    • L’apport de l’audit énergétique vis-à-vis du DPE
    • Les paramètres mesurés lors d’un audit énergétique
    • Le matériel et les outils de l’auditeur
    • L’incontournable caméra thermique
    • Choisir un analyseur d’énergie et de qualité du réseau

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    RE 2020 : évolutions dans les mesures et contrôles de fin de chantier

    Échanges avec Jean-Michel Catherin, président et fondateur de Testoon, sur les nouveautés introduites par la RE 2022 en termes de mesure et de contrôle de fin de chantier. Retour sur les trois volets qui affecteront les professionnels en charge de ces mesures : le contrôle des systèmes de ventilation ; la pénalité introduite avec la méthode d’échantillonnage ; l’obligation de mesure de l’étanchéité à l’air pour certains bâtiments à usage tertiaire.

    Les points abordés :

    • L’introduction par la RE 2020 de la pénalité dans le calcul de la perméabilité à l’air des logements lorsque la mesure est réalisée par échantillonnage
    • Le matériel à utiliser lorsque la méthode de mesure par échantillonnage est employée
    • Le matériel a utiliser pour la méthode de mesure grand volume

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  • Quiz Diagnostic – Nouveau DPE

    Quiz Diagnostic – Nouveau DPE

    Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) a évolué (contenu, méthode de calcul…) depuis le 1er juillet 2021. Répondez aux questions du quiz pour tester vos connaissances sur les dernières évolutions du DPE.

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  • Table ronde – Les conséquences du nouveau DPE

    Table ronde – Les conséquences du nouveau DPE

    Replay de la table ronde tenue lors du Grand Circuit #DIAGNOSTIC du 16 septembre 2021, spécial « La mesure de l’efficacité énergétique du bâtiment ».

    Décryptage des conséquences de l’évolution du DPE : opposabilité et responsabilité juridique, nouvelle méthode de calcul, nouveaux seuils d’étiquette énergie…

    Avec :

    Jean-Marc MOINARD

    Président adjoint
    CDI FNAIM

    Henry BUZY-CAZAUX

    Président fondateur de l’Institut du Management des Services Immobiliers IMSI et vice-président de FIABCI-France

    Frédéric OBLED

    Spécialiste DPE / Energie, administrateur
    FIDI

    Xavier FAURE

    Animateur
    GRAND CIRCUIT

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  • Suspension du DPE par le gouvernement : « un sage pragmatisme »

    Suspension du DPE par le gouvernement : « un sage pragmatisme »

    COMMUNIQUÉ – Prise de parole de Thierry Marchand, président de la Chambre des Diagnostiqueurs Immobiliers CDI-FNAIM

    Le vendredi 24 septembre dernier, pour tous les logements et bâtiments d’avant 1975, le Gouvernement a décidé de suspendre tous les diagnostics de performance énergétique (DPE) menés avec les nouvelles règles entrées en vigueur le 1er juillet dernier. Les résultats obtenus n’étaient pas assez fiables alors que ce DPE est désormais opposable. Une décision sage au vu des enjeux et qui permettra de corriger ce qui mérite de l’être.

    Rarement une simple réforme technique aura soulevé un tel tollé : le nouveau diagnostic de performances énergétique, indicateur de vertu des logements à la vente et à la location -privés et HLM- devenu populaire, a fait l’objet d’une refonte radicale. Sa version évoluée est entrée en vigueur au 1er juillet 2021. Pour fiabiliser cet outil et lui permettre de s’imposer comme « opposable », c’est-à-dire pouvant permettre d’engager la responsabilité du propriétaire, le ministère en charge du logement a travaillé depuis un an à un moteur de calcul intégrant plus de données, en vue de fournir aux acquéreurs et aux locataires des informations objectives. Ainsi, en lieu et place des factures de consommation d’énergie du précédent occupant, au demeurant parfois difficiles à obtenir et entraînant l’impossibilité de calculer la performance, ce diagnostic se fonde désormais sur des caractéristiques physiques du bien. Il associe aussi à la performance pure, classée sur une échelle de A à G, l’émission de gaz à effet de serre et des simulations de dépenses énergétiques. Enfin, il comporte des préconisations de travaux pour faire accéder à un degré de performance correct, dans les trois premiers barreaux de l’échelle, A, B ou C, les logements énergivores. En somme, le nouveau DPE avait vocation à gagner en exactitude et en complétude pour prendre, à ce titre, valeur contractuelle. Le ministère avait fourni une étude d’impact qui anticipait une situation équilibrée : de l’ordre de 800 000 logements allaient mécaniquement progresser dans le classement environnemental et autant seraient au contraire affectés d’une note dégradée.

    Quelles erreurs constatées avec le nouveau DPE ?

    À l’épreuve des faits, rien ne s’est passé comme les pouvoirs publics l’attendaient. Des anomalies en grand nombre ont été constatées, conduisant à une proportion élevée de logements disqualifiés, jugés passoires énergétiques par le nouveau crible, avec à la clé une dévalorisation considérable, voire une perte de liquidité. Pour les logements les plus anciens, de type hausmannien notamment, et de plus petite superficie, l’impossibilité de proposer des travaux entraînant un redressement de note à des niveaux satisfaisants a également été pointée. A aussi été minimisée la difficulté pour les diagnostiqueurs de collecter les informations techniques sur le bien nécessaires à l’établissement du DPE, le cas échéant avec le concours de l’agent immobilier ou de l’administrateur de biens mandataire. Le résultat a aussi consisté à faire figurer dans les documents des simulations de facture très nettement supérieures à la réalité constatée, jusqu’à des excès aberrants. Le bilan de cette situation a de quoi inquiéter : sur les quelques 300 000 DPE établis depuis juillet, la moitié a concerné des logements construits avant 1975, dont une fraction majeure a comporté d’évidentes anomalies. Dans ce contexte, Emmanuelle Wargon, ministre en charge du logement, vient de prendre la décision à la fois sage et courageuse de surseoir à l’obligation de réaliser le DPE pour les biens édifiés avant cette date de 1975 -sauf en cas de transaction urgente- tant que le moteur et les logiciels qui calculent les DPE de nouvelle génération ne seront pas nettoyés des scories qui les affectent. Les diagnostiqueurs œuvrent bien sûr avec les spécialistes du ministère du logement pour parvenir à ce résultat dans les meilleurs délais.

    Expérimenter pour mieux réformer

    Concrètement, les biens pour lesquels a été réalisé un DPE fautif bénéficieront d’un nouveau diagnostic, qui corrigera et annulera le précédent, sans frais. Une négociation va s’ouvrir avec le gouvernement pour que soit effectivement neutralisé le coût pour la communauté des diagnostiqueurs de cette vaste opération de rappel. On entend des critiques acerbes adressées au gouvernement, montrant d’un doigt accusateur son impéritie. Elles sont infondées. Il fallait la lumière de l’expérience pour identifier finement les dysfonctionnements qui pouvait compromettre la justesse du DPE. La plupart des défauts ne pouvaient être prévus a priori et il faut avoir la modestie de le dire. Les polémiques, que certains peuvent trouver avantage à alimenter, ne sont pas à la hauteur des enjeux. Oui, moderniser le DPE et lui donner plus de force pour conduire à la rénovation environnementale des logements était vital. Oui, il était indispensable que cet indicateur, qui constitue une aide à la décision de louer ou d’acheter, soit plus qu’indicatif et qu’il acquière une force juridique majorée. L’heure n’est plus à la légèreté en matière d’appréciation du besoin de mettre à niveau notre parc de logements -maisons individuelles comme immeubles collectifs, à destination locative comme pour occupation en propre. L’empreinte carbone liée à l’immobilier doit d’urgence être réduite. La loi Climat et résilience du 22 août 2021 a fixé un cap exigeant pour le parc locatif comme pour les copropriétés faisant suite à la loi Énergie climat du 8 novembre 2019.

    Tout au plus la séquence qui s’achève, marquée par le besoin d’ajuster un DPE conçu à marche forcée, doit-elle faire réfléchir sur la méthode d’adoption des réformes techniques. L’expérimentation devrait à l’avenir être préférée à la généralisation hâtive, fût-elle dictée par l’urgence climatique. Elle devrait en particulier inspirer la mise en place de l’audit énergétique, instrument de mesure plus précis et complet encore que le DPE. La loi « portant lutte contre le dérèglement climatique et le renforcement de la résilience contre ses effets » le rend obligatoire dès le 1er janvier 2022 pour les logements les plus énergivores. Il est appelé à s’imposer comme l’outil de référence d’évaluation et d’aide à l’amélioration de la performance environnementale. Il importe de se garder des faux pas, qui risquent de dissuader les ménages d’aller vers la vertu énergétique.

  • Nouveau DPE : la FIDI et l’UNIS demandent au Gouvernement une amélioration rapide

    Nouveau DPE : la FIDI et l’UNIS demandent au Gouvernement une amélioration rapide

    COMMUNIQUÉ

    Après avoir dénoncé, dès le mois de mai dernier, les risques inhérents à la publication au 1er juillet d’une version du nouveau DPE insuffisamment testée, la FIDI et L’UNIS souhaitent travailler avec les pouvoirs publics pour améliorer au plus vite le dispositif. A l’occasion d’une rencontre avec la DHUP le jeudi 16 septembre, la FIDI se félicite d’avoir été entendue sur les difficultés de mise en place du nouveau DPE et reste raisonnablement optimiste sur la prise en compte de ses propositions d’améliorations d’ici à quelques semaines.

    L’Union des Syndicats de l’Immobilier (UNIS), et la Fédération Interprofessionnelle du Diagnostic Immobilier (FIDI), entendent cumuler leurs compétences et leurs forces pour décrypter « LE NOUVEAU DPE », fiabilisé, opposable et visant à l’éradication des passoires énergétiques et à la limitation des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES).

    La version actuellement en vigueur (DPE version v.3) a révélé ses limites :

    En effet, forts des nombreuses remontées de leurs adhérents depuis le 1er juillet dernier, la FIDI et l’UNIS ont dressé un constat identique d’insatisfaction. La FIDI a pu dénombrer et expliquer concrètement les éléments conduisant aux écarts très importants des résultats du DPE V3 par rapport à la réalité terrain et à la V2 du DPE. Ces éléments ont fait l’objet d’un échange récent avec la Direction de l’Habitat, de l’urbanisme et des Paysages, ministère de la Transition écologique et solidaire (DHUP).

    Une première analyse retient deux causes probables :

    • Le calcul du coût des consommations, par tranches, ne correspond pas à la réalité. En électricité, pour un nombre de kWh donné, l’erreur est de plus de 30 % par rapport au coût réel du kWh !
    • Certains paramètres du moteur de calcul liés aux habitudes de vie des occupants ont été fortement modifiés par rapport à la version précédente. Ils ne correspondent peut-être pas à la réalité du terrain. Ces nouveaux paramètres dégradent substantiellement l’estimation des consommations mais aussi la note du DPE.

    En outre, des thermiciens ont relevé des problèmes concrets, qui dégradent significativement la note (pour rappel, de A à G, G étant la plus défavorable) :

    • En plus des changements sur la ventilation par ouverture de fenêtre, il semble qu’il y ait un problème sur le calcul des débits d’infiltration qui donne des déperditions quasi 10 fois plus importantes que la version précédente.
    • Le calcul des consommations des auxiliaires de bouclage pour un appartement en immeuble collectif semble incohérent (les pompes consomment quasi autant que le total ECS !).
    • En faisant un comparatif entre la V2 et la V3 avec les mêmes déperditions (enveloppe identique), on obtient beaucoup plus de consommation.

    Un autre point a été soulevé, qui ne joue pas sur la note :

    • Estimation du confort d’été : si la fenêtre des toilettes ne comporte pas de volet, l’estimation est dégradée quels que soient les autres paramètres.

    Si les pouvoirs publics ne souhaitent pas revenir sur certains choix, il est impératif qu’ils expliquent clairement aux professionnels de l’immobilier les paramètres retenus et les raisons de leurs choix.

    D’autres difficultés ont aussi été soulevées pendant cet échange et continuent d’être discutées lors des groupes de travail hebdomadaires auxquels la FIDI participe depuis près de deux années, et de façon intensive depuis début mai 2021.

    Les constats des diagnostiqueurs rejoignent ceux des professionnels de l’Unis qui soulignent ainsi :

    • L’incompréhension des clients qui voient leur bien déclassé sans avoir saisi en quoi leur bien immobilier nuit aux objectifs d’économie d’énergie et de réduction des GES ;
    • Les difficultés d’accès aux locaux techniques de l’immeuble dans le temps imparti ;
    • La difficulté de disposer des références techniques des isolants utilisés il y a plus de 10 ans ;
    • La classement comme chaudière « fuel » des chaudières « gaz » dont les caractéristiques (type, puissance etc.) n’ont pas été indiquées, entrainant automatiquement un déclassement pénalisant.
    • Des écarts entre les ratios de surfaces habitables des appartements et les tantièmes de copropriété ;
    • L’allongement des délais de commercialisation (mise en location) en attente des DPE.

    Pour Danielle Dubrac, la présidente de l’Unis : « L’Unis avait conseillé aux copropriétés et aux bailleurs d’établir un nouveau DPE ; pour chacun, l’atterrissage est donc très rude. Dans ce contexte, la question de l’opposabilité pèse trop lourdement. Les pouvoirs publics sont allés trop vite. L’impact sur le parc est significatif. Comment envisager sereinement le calendrier de la loi Climat (interdiction de louer des DPE-G dès 2023) ? Nous espérons un remède rapide, étant résolument engagés dans la rénovation énergétique et dans l’accompagnement de nos clients ».

    Pour Lionel Janot, président de la FIDI et Stéphane Prouzeau, vice président, les échanges avec la DHUP ont été très productifs et efficaces. A ce jour, ils ne doutent pas que des ajustements seront pris en compte
    rapidement pour améliorer la fiabilité des DPE V3 et les rendre réellement efficients.

    En attendant la rencontre avec la Ministre Chargée du Logement, Mme Emmanuelle WARGON, le 4 octobre prochain, où seront bien certainement évoqués les différentes problématiques concernant le DPE, mais aussi l’Audit énergétique, dans le cadre de la fluidité du marché de l’immobilier, les diagnostiqueurs poursuivent bien entendu la réalisation des DPE.

    Stéphane Prouzeau précise : « Pour l’instant, il faut laisser le temps aux responsables de la DHUP de bien prendre en compte les réalités du terrain énoncées par nos soins. Nous restons très attentifs et ouverts, mais nous ne manquerons pas de nous manifester avec plus d’insistance, si le DPE n’évolue pas rapidement. »

    Pour Danielle Dubrac, Présidente de l’UNIS : « L’UNIS a travaillé avec les diagnostiqueurs de la FIDI pour mieux maîtriser ce nouvel outil, afin que les professionnels remplissent parfaitement leur devoir de conseil auprès de leurs clients. Travailler en filière est un atout pour tous dans l’objectif de la rénovation. »

    Et Lionel Janot, Président de la FIDI, de conclure : « L’UNIS et la FIDI travaillent ensemble pour accompagner, informer et expliquer à l’ensemble des acteurs de l’immobilier le nouveau DPE et son impact sur le quotidien de demain. Les métiers de la FIDI et de l’UNIS sont indispensables dans le cycle de vie d’un bien immobilier, c’est pourquoi il est essentiel que nos professions poursuivent ces échanges et cette collaboration pour construire des relations etroites afin d’apporter un maximum de service et d’information. »