Catégorie : AMIANTE

  • Cartographie de l’amiante et carottage – Réponses d’experts avec Geocoapa

    Cartographie de l’amiante et carottage – Réponses d’experts avec Geocoapa

    Thierry Ornaque, dirigeant de Geocapa, répond à trois questions à l’occasion du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante spécial « enrobés routiers et réseaux enterrés » du 11 juin 2019.

    Retranscription

    Quel est le niveau d’empoussièrement attendu pour la réalisation des carottages ? Comment gérer le respect de la VLEP réglementaire ?

    Au niveau de la base SCOLA, aujourd’hui, il y a très peu de personnes qui s’intéressent à ce sujet là. Normalement, tous les opérateurs de repérage pour valider leurs processus devraient réaliser leurs propres mesures sur opérateurs. Dans ses études, l’INRS a estimé – en fonction des méthodologies qui sont testées – que lors d’un carottage on pouvait être exposé entre 3 et 7 à 8 fibres au moment de la phase de prélèvement. Avec la solution qu’a développé Geocapa, je suis à 0 fibres parce que j’utilise tout ce qui est à disposition aujourd’hui pour les prélèvements : l’abattement des poussières avec brumisation, du gel hydrique pour plaquer les poussières au niveau de l’amorce du carottage… J’arrive donc à 0 fibres et à être dispensé du port d’EPI en mode « cosmonautes ».

    Quelle cartographie pour quel usage ? Cartographier seulement la surface ou en 3D ?

    Malheureusement, la cartographie à l’économie c’est faire une analyse de la carotte complète. Là on a un souci : les laboratoires sont responsables des résultats qu’ils donnent, mais sur la base des échantillons qui sont transmis par l’opérateur de repérage. Donc aujourd’hui si on fait une analyse d’une carotte entière, dont on a mélangé de façon non homogène toutes les couches, on ne va pas être capable de cartographier – sur la totalité de l’épaisseur de la chaussée – le résultat amiante ou HAP. La seule réponse par rapport à ça, c’est de prélever une carotte et de séparer toutes les couches. Et effectivement d’identifier chacune des couches. Mais ça a un coût induit, car une couche égale un échantillon, égale une analyse amiante et une analyse HAP.

    Quelles innovations pour une cartographie plus précise ?

    Les évolutions, c’est d’utiliser du matériel comme les drones par exemple, pour générer des cartographies sur la base des outils qui existent. Ça permet encore une fois d’éviter d’exposer les opérateurs vis à vis des risques routiers. Aussi, la solution que j’ai développé depuis 2012 au niveau des remorques a été copiée. Donc aujourd’hui je pense qu’il y a encore des solutions qui permettent d’embarquer du matériel pour ne pas exposer les opérateurs à différents risques. C’est la solution d’avenir et ça permettra d’écrémer un petit peu entre ceux qui font encore des carottages en mode artisanal.

  • Marquage CE des EPI : de la directive au règlement européen

    Marquage CE des EPI : de la directive au règlement européen

    Depuis avril 2019, la conformité des équipements de protection individuelle (EPI) est encadrée par un règlement européen. Afin de mettre sur le marché leurs produits, les fabricants ont dû repasser par la case certification. Explication avec Christophe Gaultier, ingénieur de certification senior chez AFNOR Certification.

    Quelle norme encadre la vente des équipements de protection individuelle ?

    En France et en Europe, la mise sur le marché des EPI n’est possible que lorsque ces produits bénéficient du marquage CE. Mais en avril 2019, la directive de la Commission européenne qui s’appliquait depuis 1989 a été remplacée par un règlement. C’est donc ce dernier qui s’applique actuellement.

    Quelles sont les conséquences de cette transition ?

    Désormais, les mêmes règles sont en vigueur dans toute l’Europe, avec les mêmes niveaux d’exigence. Lorsque la directive s’appliquait, chaque pays pouvait en effet avoir ses particularités ou quelques nuances. En France, la directive était transcrite dans le droit français et nous appliquions le Code du travail pour délivrer le marquage CE. Le règlement européen, lui, n’a pas de transcription en droit français et doit s’appliquer tel quel.

    Cette évolution entraîne quelques difficultés pour les fabricants. Ces derniers avaient tous des attestations d’examen CE de type (AET) conformes à la directive désormais abrogée. Ils ont donc dû repasser par le laboratoire pour valider de nouveau leurs produits selon le règlement. Un travail long qui n’est d’ailleurs pas tout à fait terminé : certains produits ne sont pas encore couverts par le règlement et ne peuvent en conséquence plus être mis sur le marché. D’autant que la directive s’est également accompagnée de changements de catégories pour certains équipements. Nous avons ainsi été très sollicités par les entreprises concernées afin de réaliser les audits.

    Comment est obtenu le marquage CE ?

    Le processus dépend de la catégorie de risque de l’EPI. Il y en a trois : la catégorie I concerne les risques superficiels ; la catégorie II concerne les risques intermédiaires ; et la catégorie III concerne les risques mortels ou les liaisons irréversibles. C’est dans cette dernière catégorie que se placent notamment les appareils respiratoires (masques et filtres) pour le travail en milieu amianté. Si une simple auto-déclaration est nécessaire en catégorie I pour obtenir une déclaration de conformité, les EPI de deuxième et troisième catégories doivent être préalablement testés par un laboratoire notifié et ainsi obtenir une attestation d’examen CE (AET). La catégorie III impose par ailleurs une surveillance annuelle du produit par un organisme notifié, soit par des essais, soit par des audits.

    C’est dans le cadre de ces audits de suivi des produits certifiés qu’intervient Afnor Certification. Après avoir réceptionné tous les AET, notre auditeur évalue le système qualité. Il vérifie notamment les matières premières, le contrôle en usine, l’étalonnage du matériel ou encore la formation des salariés. Il effectue également un prélèvement dans le stock et demande à l’entreprise de faire des essais pour s’assurer que les résultats sont conformes. Le rapport d’audit peut ainsi mentionner des écarts, que l’entreprise devra corriger – preuves à l’appui – avant d’effectuer un nouvel essai ou un nouvel audit. Lorsque tout est conforme, Afnor Certification prend une décision de certification et émet le certificat CE. À partir de ce moment-là, le fabricant peut faire une déclaration de conformité de son produit afin d’avoir le droit de le distribuer sur le marché européen.

  • Annulation du Conseil d’Etat : pour AC Environnement, cette décision permettra à la profession de faire face à la réforme du RAAT

    Annulation du Conseil d’Etat : pour AC Environnement, cette décision permettra à la profession de faire face à la réforme du RAAT

    Le groupe a obtenu gain de cause auprès du Conseil d’État, plus haute juridiction administrative française qui, par l’ordonnance n° 433284 du 27/08/2019, a suspendu exclusivement les articles 4 et 13 de l’arrêté du 16/07/2019. Ces deux articles imposaient du jour au lendemain, le recours obligatoire à un opérateur de repérage certifié amiante avec mention pour réaliser un Repérage Amiante Avant Travaux, ce qui était matériellement irréalisable pour les entreprises du secteur et économiquement difficilement supportable.

    Cette décision dissipe un flou juridique né cet été et elle assure à la profession dans son ensemble une croissance économique maitrisée et partagée, se traduisant dans les mois à venir par des créations d’emplois.

    Rappel des faits : le 24 juillet 2019, le Conseil d’État annulait l’arrêté du 25 juillet 2016 qui définissait la certification amiante avec et sans mention, que doit détenir un diagnostiqueur amiante ; mention exigée notamment pour la réalisation de Repérage Amiante Avant Travaux. Cette décision a créé une situation totalement inédite où un texte imposant des critères de compétences nouveaux pour les opérateurs de repérage amiante avant travaux s’appuyait sur un autre texte de 2016 définissant ces critères de compétence, mais texte annulé ! De facto, cette annulation a créé une paralysie totale des organismes de certification, obligés par leur accréditation COFRAC de certifier les opérateurs uniquement selon les dispositions de l’arrêté du 25/07/2016 précisément annulé. Paralysie se produisant à l’instant même où les sociétés réalisant des repérages amiante avant travaux allaient avoir le plus besoin de certifier des opérateurs avec mention.

    AC Environnement salue cette décision en référé du Conseil d’État qui permet à l’ensemble des acteurs du secteur du diagnostic immobilier d’accompagner sereinement l’élargissement du marché du Repérage Amiante Avant Travaux, considérant que les nouvelles obligations vont obliger à recruter, à former et à certifier de nombreux nouveaux opérateurs. C’est sans aucun doute ce que souhaite accompagner la DHUP en allégeant les critères de pré-requis au 1er janvier 2020.

    AC Environnement se félicite que cette décision maintienne en l’état les autres articles de l’arrêté du 16 juillet 2019 auxquelles elle souscrit pleinement dans la mesure où la vocation du diagnostic immobilier reste la préservation de la santé des occupants d’un bâti et des travailleurs sur un chantier en matière d’amiante.

    Au final, cette décision permet de sortir par le haut d’un imbroglio juridique dommageable et permet à une profession d’y voir plus clair, pour qui sait lire le droit et en comprendre les enjeux et conséquences pratiques.

    « Nous nous félicitons que le Conseil d’Etat nous ait entendus. Cette modification va permettre à toutes les entreprises du secteur, y compris les plus petites, de s’adapter dans les meilleures conditions, et aussi aux ministères concernés de travailler rapidement à la publication d’un arrêté remplaçant l’arrêté « certification » annulé en juillet dernier.

    AC Environnement soutient les objectifs de santé et de sécurité mis en avant par le Ministère du travail dans son action de montée en exigence de la réglementation amiante. C’est pour cette raison qu’il nous a semblé dangereux de ne pas prévoir de délai d’application pour pouvoir former et faire certifier sereinement tous nos opérateurs de repérage qui n’avaient pas la certification amiante avec mention.

    Tout le reste de l’arrêté du 16/07/2019 « relatif au repérage de l’amiante avant certaines opérations dans les immeubles bâtis » reste applicable, et tant mieux, car la structuration apportée par cet arrêté très technique était attendue avec impatience par toute la profession depuis 2017. », explique Julien Nidrecourt, Directeur technique du groupe AC Environnement.

  • « Les patrons responsables font le choix de la certification avec mention » – Communiqué de la FIDI

    « Les patrons responsables font le choix de la certification avec mention » – Communiqué de la FIDI

    L’arrêté « Immeubles Bâtis » du 16 juillet en vigueur le 19 juillet 2019 a pour intérêt majeur d’éclaircir un certain nombre de points relatif au Repérage Avant Travaux, notamment de préciser l’obligation de la certification avec mention. Cette exigence est pour la Fidi indispensable et essentielle pour la bonne exécution de ce type de repérage car elle permet de garantir l’intervention de techniciens formés et expérimentés pour permettre la livraison de repérages exploitables auprès du maitre d’ouvrage ou de tout autre professionnel de l’amiante. Elle assure également la cohérence avec la norme de repérage 46-020 et précise les responsabilités de chacun.

    Il est regrettable qu’un confrère (non adhérent) ait déposé un recours sur ce texte que nous jugeons être bon et utile pour la profession. Depuis presque 2 ans, la DGT indique qu’elle exigera une mention dans son arrêté bâtiment, la Fidi a régulièrement souligné les exigences élevées et les impératifs pour l’avant-travaux. La très grande majorité de nos adhérents et non adhérents ont anticipé pour répondre à ces obligations. Ils sont aujourd’hui prêts !

    Ce texte était très attendu car il comblait le vide juridique selon lequel tout professionnel même non certifié pour le diagnostic amiante pouvait réaliser des RAT ; par cette action en référé qui annule l’application immédiate du texte, cette possibilité est donc toujours ouverte.

    Nous attendons des pouvoirs publics un arrêté permettant de rétablir en urgence la situation de la prévention liée au risque amiante.

    Un entrepreneur « responsable » est un Grand patron .

  • Repérage amiante, analyse, AMO, BIM… une solution globale d’accompagnement avec AC Environnement

    Repérage amiante, analyse, AMO, BIM… une solution globale d’accompagnement avec AC Environnement

    Brice Bessières, responsable grands comptes chez AC ENVIRONNEMENT, explique les particularités et atouts d’AC Environnement dans l’accompagnement des maîtres d’ouvrage pour la réalisation du repérage amiante.

    Retranscription de la vidéo

    Brice Bessières > AC Environnement propose une solution globale d’accompagnement des maîtres d’ouvrage quant à la problématique amiante, du part de ses différentes activités autours de la problématique amiante. La première activité étant le diagnostic. Aujourd’hui, AC Environnement est spécialisé dans le repérage des matériaux contenant de l’amiante (dans le BTP et les voiries avec les enrobés). C’est la première étape de la chaîne de valeur de l’entreprise. Nous avons également en nom propre trois laboratoires amiante accrédités Cofrac permettant l’analyse des différents matériaux amiante.

    AC Environnement accompagne les maîtres d’ouvrages par de la maîtrise d’ouvrage amiante : nous accompagnons les propriétaires dans la gestion de la problématique, aussi bien d’un point de vue repérage qu’analytique, avec les campagnes et les stratégies de repérage amiante ; afin de définir le bon nombre et les bonnes localisation des repérages. Nous les accompagnons également dans les problématiques liées au retrait de matériaux amiantés, dans la définition des modalités d’intervention en SS4 et en SS3. Car pour rappel, il revient au maître d’ouvrage de définir ces modalités d’intervention, en fonction de la typologie de travaux qui doivent être effectués et des différents polluants que l’on peut retrouver dans les matériaux issus du BTP ou des enrobés.

    AC Environnement se positionne également dans le « diagnostic 4.0 », avec l’arrivée du BIM (building information modeling). C’est la faculté de créer un avatar numérique, une maquette numérique du bâtiment ou des enrobés des voiries, permettant une cartographie 3D des matériaux pollués, aussi bien à l’amiante, au plomb ou aux HAP. Cet outil BIM permet de mieux gérer et de mieux prévenir le risque amiante – en cas d’entretien-maintenance des bâtiments – afin de planifier sur le long terme les différents coûts liés à cet entretien et cette maintenance du bâtiment.

  • EuropAmiante vous attend au 80ème congrès HLM

    EuropAmiante vous attend au 80ème congrès HLM

    Le Congrès HLM est un événement incontournable pour faire le point et envisager l’avenir de la politique du logement et de l’habitat social. Pour sa 80ème édition, qui se déroulera du 24 au 26 septembre 2019 à Paris (Porte de Versailles), les organismes HLM, les banques, les assureurs, les architectes, les entreprises privées du bâtiment, les instances territoriales et les associations régionales vont se réunir pour confronter leurs expériences, partager leurs points de vue, et valoriser les solutions qui vont améliorer l’habitat social de demain.

    EuropAmiante sera présent pour mettre en avant son expertise des interventions en milieux occupés et à risques, et répondre à toutes vos questions.
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  • Quelles évolutions techniques dans les analyses amiante ? – Avec Eurofins Analyses pour le Bâtiment

    Quelles évolutions techniques dans les analyses amiante ? – Avec Eurofins Analyses pour le Bâtiment

    3 questions à Matthieu Gatel, business unit manager chez Eurofins Analyses pour le Bâtiment, à l’occasion du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante.

    Retranscription :

    – Quelles évolutions techniques dans l’analyse amiante ?

    Aujourd’hui, on peut considérer que sur le référentiel mondial, les techniques qui sont utilisées sont de bon niveau : on utilise le MOLP et le MET, qui sont des techniques qui permettent une bonne identification. En cumulant les deux, cela fonctionne très bien. C’est au niveau des laboratoires que chacun va travailler sur son amélioration continue pour fiabiliser ses analyses et faire en sorte d’être encore plus fin dans la détection. Mais dans la vision que l’on a aujourd’hui, on n’a pas un saut technologique majeur qui devrait arriver.

    – La VLEP sera t-elle renforcée ?

    En 2015, elle a déjà été divisée par dix. On est passé de 100 fibres par litre à 10 fibres par litre. Les évolutions sur la sensibilité analytique doivent permettre d’être fin. Donc on n’a pas de vision aujourd’hui sur cette évolution.

    – Comment assurer la traçabilité des échantillons ?

    La traçabilité, c’est toujours quelque chose de compliqué. Dans nos laboratoires en interne, on assure la traçabilité via un système de code barre : chaque échantillon a son code barre, l’unicité en termes de numérotation est suivie tout au long du process d’analyse. C’est quelque chose que l’on maitrise bien. La vision que j’ai aujourd’hui est que si il doit y avoir des évolutions en la matière, il s’agit de pouvoir tracer les échantillons avec une unicité d’identifiant depuis le point de prélèvement jusqu’à la sortie du laboratoire. On commence à voir apparaitre ça, à voir des échantillons qui nous arrivent avec un code barre. On essaie de pouvoir exploiter ce code barre afin de toujours assurer la traçabilité. Lié à un système d’échanges de données informatisées qui fait que l’organisme de prélèvement entre les données dans son système et transfère les données en direct au laboratoire, le laboratoire assure la traçabilité via son système interne. Et on ne perd la traçabilité depuis le point de prélèvement.

  • Les mesures d’empoussièrement : un incontournable pour la sécurité des chantiers

    Les mesures d’empoussièrement : un incontournable pour la sécurité des chantiers

    La pulvérulence de l’amiante et sa très forte émissivité en font un matériau extrêmement dangereux pour la santé humaine. Le contrôle des émissions de fibres constitue donc une préoccupation permanente pour les professionnels du désamiantage, tant pour la sécurité des opérateurs que pour celle des occupants des locaux. Pour ce faire, l’évaluation et le contrôle des niveaux d’empoussièrement et les mesures de réduction d’émission de fibres font l’objet d’une réglementation stricte et de pratiques très encadrées. Le point avec Gérard N’Diaye, directeur du département Amiante chez SOCATEB.

    Quelle est l’activité de SOCATEB ?

    SOCATEB est une entreprise familiale fondée en 1981 et basée à Orly. Notre activité est donc centrée sur la grande région parisienne. SOCATEB regroupe 5 pôles d’expertises complémentaires : l’enveloppe du bâtiment, avec une spécialité dans le ravalement technique ; l’isolation thermique par bardage ; l’étanchéité des toitures et des terrasses, l’amiante, et la serrurerie (garde-corps, portes…).

    SOCATEB réalise près de 70% de son chiffre d’affaires sur des chantiers de copropriétés, mais également avec des bailleurs sociaux, des institutions financières et des groupes d’assurance. Pour anticiper l’obligation du repérage amiante avant travaux, SOCATEB a mis en place en 2015 un département consacré à l’amiante. Dans la mesure où nous retrouvons de l’amiante dans près de 20% de nos interventions en façades, nous devions naturellement nous mettre en capacité d’intervenir efficacement et de manière autonome.

    Les mesures d’empoussièrement sont donc une préoccupation quotidienne dans le cadre de vos chantiers ?

    Oui, et ce à double titre puisque le Code du Travail nous impose de veiller à la sécurité des opérateurs de désamiantage, et le Code de la Santé Publique à celle des occupants des locaux. C’est pourquoi il faut distinguer les mesures selon la réglementation à laquelle elles correspondent.

    D’une part, le Code de la Santé Publique prévoit des mesures d’empoussièrement consécutives aux contrôles périodiques de l’état de conservation de matériaux contenant de l’amiante et qui ont été laissés en place. Si ces matériaux laissent apparaître des dégradations ou que leur environnement est propice à leur dégradation, il est obligatoire de faire réaliser des mesures d’empoussièrement. En fonction des résultats, le maître d’ouvrage devra soit faire procéder à un retrait ou à un confinement (score 3) ou faire évaluer périodiquement l’état du matériau concerné (score 1).
    Les mesures environnementales réalisées dans ce cadre ne doivent pas mettre en évidence une concentration supérieure à 5 fibres/litre d’air. Au-delà de ce seuil, des travaux de retrait ou de confinement sont obligatoires.

    D’autre part, les dispositions du Code du Travail imposent une surveillance particulière des opérateurs sur les chantiers de désamiantage. C’est ici que l’on va retrouver l’ensemble des obligations liées au respect de la VLEP et des différentes mesures à prendre pour réduire l’émission de fibres. Dans le cadre d’un chantier de désamiantage, les mesures d’empoussièrement seront non seulement environnementales mais également individuelles, et devront permettre de contrôler le niveau d’empoussièrement du chantier, de ses abords et de chaque processus de travail.

    On distingue en effet 3 zones dans un chantier de désamiantage :

    • La zone dite « verte », à l’extérieur de la zone confinée, où la concentration ne doit pas dépasser 5 fibres/litre d’air ;
    • La zone dite « rouge » qui correspond à la zone de chantier confinée, et au sein de laquelle la concentration ne doit pas dépasser 10 fibres/litre d’air ;
    • La zone de travail, avec une mesure individuelle d’empoussièrement à l’aide d’une pompe placée sur l’opérateur.

    Cette dernière mesure est fondamentale, car elle va permettre d’assurer le respect de la VLEP de l’opérateur, ainsi que la validité des empoussièrements estimés au cours des chantiers-tests, qui ne doivent pas être dépassés sans donner lieu à des mesures correctives. C’est en effet cette estimation du niveau d’empoussièrement, corrélée aux EPI utilisés et à la durée des vacations qui va assurer le respect de la VLEP.

    Ainsi, on distingue 3 niveaux d’empoussièrement : le niveau 1 (de 1 à 100 fibres/litre d’air), le niveau 2 (de 100 à 6000 fibres/litre d’air) et le niveau 3 (de 6000 à 25 000 fibres/litre d’air), qui nécessiteront la mise en place de systèmes de protection différents : confinement dynamique avec extracteurs, masque à ventilation assistée ou à adduction d’air, par exemple.

    Les mesures d’empoussièrement, à toutes les étapes d’un chantier de désamiantage, garantissent donc la sécurité des opérateurs et des occupants.

    En matière de maîtrise de l’empoussièrement, quelle est l’importance des processus ?

    Un processus résulte de la combinaison d’un MCA, d’une technique de traitement de ce MCA et des méthodes mises en œuvre pour réduire les émissions de fibres. Lors de l’établissement du plan de retrait, les processus sont mis en place via les chantiers-tests, c’est-à-dire des « processus de référence » sur lesquels nous avons un retour d’expérience fiable quant à leur niveau d’empoussièrement.

    Si nous ne disposons pas en interne d’un tel retour d’expérience sur un processus, nous devons trouver, auprès d’une source fiable, des éléments nous permettant de déterminer son niveau d’empoussièrement. Cette source fiable est la base Scolamiante de l’Inrs, qui permet de trouver les niveaux d’empoussièrement d’un processus, mais dont les informations ne sont quelquefois pas assez précises concernant la méthode utilisée ou les matériaux traités. Dans ce cas, nous devons adapter le processus, par une adjonction de protections ou de méthodes de réduction des émissions de poussières.

    Ce faisant, nous obtenons sur ce processus un niveau d’empoussièrement qui sera forcément différent de celui intégré dans la base Scolamiante. Avant que ce nouveau processus puisse acquérir le statut de « retour d’expérience », qui sera donc validé pour de futurs chantiers, il lui faudra passer par un cycle de validation de 3 chantiers sur 12 mois avec les mêmes matériaux et méthodes et, surtout, les mêmes mesures d’empoussièrement que celles trouvées dans le chantier test. Mesures d’empoussièrement qui pourront être inférieures à celles intégrées dans Scolamiante.

    Les mesures d’empoussièrement permettent donc de valider des processus moins émissifs, et il faut bien garder à l’esprit que, précisément, le niveau d’empoussièrement influe fortement sur le coût final du chantier.

  • Comment mesurer le risque amiante sur chantier SS3/SS4 ? (Avec AC Environnement)

    Comment mesurer le risque amiante sur chantier SS3/SS4 ? (Avec AC Environnement)

    Brice Bessières, responsable Grands Comptes chez AC Environnement, fait le point sur la mesure du risque amiante des chantiers en sous-section 3 (SS3) et sous-section 4 (SS4). Une vidéo réalisée dans le cadre du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante.

    Retranscription de l’extrait :

    Brice Bessières : « Les enjeux des mesures d’empoussièrement sur opérateur – que l’on peut également appeler mesures d’empoussièrement au poste de travail – sont liés au respect du code du travail. Chaque employeur doit faire une évaluation du risque pour ses employés, et les mesures d’empoussièrement sur opérateur sont le seul moyen de mesurer le risque amiante pendant les phases opérationnelles (que ce soit en sous-section 3 ou en sous-section 4). Le seul moyen de venir contrôler l’atmosphère ambiante dans lequel va évoluer un opérateur.

    Ces mesures doivent être au préalable accompagnées d’une stratégie d’échantillonnage. Cette stratégie d’échantillonnage est une étude documentaire basée sur les plans de retrait amiante fournis par l’entreprise de désamiantage, ou les modes opératoires lorsqu’il s’agit de sous-section 4. Cette étude du document, liée à la nature des travaux et à la géographie du chantier, va permettre de définir un nombre, un type et la localisation précise des mesures d’empoussièrement qui doivent être effectuées.

    Le matériau sur lequel l’intervenant va interagir, les modalités d’intervention et les équipements de protection collectifs : ces trois données doivent être prises en compte et forment ce que l’on appelle un processus. Toute entreprise doit mesurer le risque des employés pour chacun de ces processus.

    Les laboratoires doivent remettre un rapport final. Ce rapport final doit contenir la stratégie d’échantillonnage (préalablement définie), les différents processus et leur descriptif, les résultats de ces mesures et donc l’interprétation générale. Ce rapport final est le seul et unique document que les entreprises de désamiantage doivent avoir entre les mains afin de prendre en compte les résultats de ces mesures. Et bien sûr, l’ensemble de ces mesures doit être effectué sous accréditation Cofrac, qui vient valider les différentes étapes de ces chantiers tests ou des chantiers de validation.

    Aujourd’hui, AC Environnement est en mesure d’accompagner les entreprises de travaux de désamiantage ou les entreprises intervenant en SS4. Aussi bien dans la formation que dans la rédaction des modes opératoires et dans l’établissement de ces chantiers tests. »

  • Comment démarrer une activité en SS4 ? Questions d’experts avec LES ZELLES

    Comment démarrer une activité en SS4 ? Questions d’experts avec LES ZELLES

    Florent Bova, chargé d’affaires, et Luc Sauvignet, commercial au sein de l’entreprise LES ZELLES répondent aux trois questions de la rédaction à l’occasion du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante.

    Retranscription de l’extrait :

    1. Comment démarrer une activité en SS4 ?

    Il impératif de bien se renseigner par rapport à la réglementation et de bien savoir distinguer la sous section 3 de la sous section 4. Comme nous sommes à la base spécialistes de pose de menuiseries – comme l’électricien qui fait de l’électricité ou autre -, le désamiantage n’est pas notre domaine. Donc si nous voulons vraiment désamianter, il faudrait être à la fois fabricant de menuiserie et désamianteur : ça n’existe pas ! Donc bien se renseigner vis-à-vis de la réglementation et surtout s’aider des partenaires en SS3, qui eux sont sachants et nous aident sur des opérations avec retrait.

    Aussi, sur des chantiers en rénovation, il y a quasiment systématiquement de l’amiante ; donc il va être demandé systématiquement aux intervenants d’être formés SS4.

    2. Comment établir un protocole de mesurage adapté aux interventions de courtes durées ?

    Nous essayons quand même de nous calquer sur la réglementation SS3, parce que demain si quelqu’un revient vers nous pour nous dire qu’il a un soucis au niveau de l’amiante, on pourra prouver que l’on n’a pas pollué l’environnement et que le salarié n’a pas été non plus contaminé. Soit on travaille avec un laboratoire pour mettre en place une stratégie de mesurage (car parfois nous avons quand même des stratégies à mettre en place en SS4 pour libérer le logement rapidement) et mettre en place un process pour l’ensemble du chantier, et tout simplement on met des Méta Opérateurs sur des ouvriers devant le poste de travail pour vérifier qu’on est bien en niveau 1 et que l’on n’émet aucune fibre d’amiante quand on travaille à côté du matériaux amianté.

    3. Doit-on dans tous les cas effectuer des mesures d’empoussièrement sur un chantier SS4 ?

    C’est le chantier test qui va prouver que l’on n’émet pas de fibre d’amiante. En général on reconduit en cours de chantier pour être sûr d’être sur le bon processus et de ne pas avoir de surprises. Donc on refait plusieurs mesures en cours de chantier pour vérifier et on valide le tout à la fin pour vérifier que l’on est bon.

    Cela nous est arrivé sur un chantier d’avoir un niveau de mesure supérieur à 5f/L. Nous étions protégés, donc il n’y a pas eu de soucis. Nous avons ensuite dû faire intervenir une entreprise en sous-section 3 pour prévenir le risque et avoir la qualification Amiante qui permet le retrait sur chantier des matériaux amiantés.