Catégorie : Retrait amiante

  • Innover et recruter : le développement selon DI Environnement

    Innover et recruter : le développement selon DI Environnement

    Bâtiment, industrie, navires, réseaux, voirie… La problématique amiante concerne de plus en plus de domaines et exige un savoir-faire toujours plus pointu. En tant qu’acteur majeur du désamiantage, DI Environnement s’est structuré pour répondre à tous les marchés. Quitte à innover soi-même et à rechercher des profils rares. Entretien avec Elsa Monnereau, responsable des Ressources Humaines chez DI Environnement.

    Comment et sur quels marchés DI Environnement poursuit son développement ?

    En métropole, nous renforçons actuellement le développement dans chaque région pour répondre aux nombreux chantiers que l’on nous demande de traiter. Nous recherchons notamment un chargé d’affaires à Rennes pour couvrir tout le périmètre Nord-Ouest en complément de notre agence de Cholet. Plus globalement, ce sont toutes nos antennes qui sont concernées : Bordeaux, Paris, Strasbourg, Lyon, Marseille, ou encore Toulouse. En termes de recrutement, nous augmentons ainsi nos effectifs de 30 à 40 personnes par an.

    DI Environnement intervient aussi bien sur de petits que sur de grands chantiers techniques : dans le bâtiment, l’industrie ou encore les ouvrages d’art et les navires. Cette diversité et ce savoir-faire nous pousse à rechercher des profils toujours plus experts dans des domaines précis, ouvrant la voie aux autres métiers de la dépollution. Pour cela, nous avons autant besoin d’ouvriers que d’ingénieurs et de cadres (conducteurs de travaux, chargés d’affaires).

    Nous avons également développé une grosse partie de nos affaires dans le ferroviaire. Le groupe a investi en conséquence et ouvrira une usine à Chalandray dès le deuxième trimestre 2020 pour procéder au démantèlement de voitures voyageurs. Pour diriger cette usine, nous avons recruté un directeur spécialisé dans le secteur industriel. Le groupe s’adapte donc à chaque marché, avec en interne des référents pour chaque domaine. Cette capacité à développer notre savoir-faire et à s’adapter techniquement nous permet de toujours répondre aux diverses problématiques de nos clients.

    Quel investissement matériel exige ce champ d’expertise ?

    C’est une autre de nos nombreuses particularités : nous fabriquons nous-même notre matériel, que l’on adapte en permanence. Les nombreux cas sur lesquels le groupe intervient et les remontées des opérateurs sur le terrain nous permettent d’identifier la meilleure technique à utiliser. Et pour la mettre en œuvre, nous n’hésitons pas à développer des techniques sur mesure en fonction des problématiques rencontrées. Notre cellule R&D a notamment développé des extracteurs d’air avec filtrations absolues dont la capacité est de 2 000 à 50 000 m3 par heure, dans le but de limiter l’empoussièrement et d’alléger les processus.

    Nos innovations visent aussi à limiter la pénibilité. Nous avons par exemple été les premiers à développer un robot permettant de décaper des surfaces en plafonds et d’éviter ainsi une action humaine pouvant engendrer des troubles musculo-squelettiques (TMS).

    Le groupe renforce-t-il son déploiement à l’étranger ?

    Tout à fait. Plus la réglementation extérieure se rapproche de la réglementation française – à l’instar des états canadiens -, plus notre savoir-faire devient pertinent et exportable. Aussi, de grands groupes français implantés à l’étranger s’adressent à nous. Ils ont besoin de faire appel à une société disposant d’une certification française, et donc d’un gage de qualité, de respect de référentiel et de sécurité. C’est pourquoi nous recherchons un nouveau chargé d’affaires à l’international, pour renforcer notre capacité à répondre aux appels d’offres provenant de pays étrangers.

    Ce sont nos propres équipes qui interviennent ensuite sur ces chantiers hors France. Cette mobilité est d’ailleurs l’une des conditions énoncées dès l’entretien d’embauche pour intégrer DI Environnement.

  • Que faire de l’eau utilisée pour rabattre les fibres d’amiante ? – Réponses d’experts avec BET2C

    Que faire de l’eau utilisée pour rabattre les fibres d’amiante ? – Réponses d’experts avec BET2C

    Thomas Lesser, dirigeant de BET2C, répond aux questions techniques sur le sujet amiante à l’occasion du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante.

    Retranscription

    Que faire de l’eau utilisée pour rabattre les fibres d’amiante ?

    Il ne faut pas se leurrer, on est dans un environnement – en exagérant un peu – qui « baigne dans l’amiante ». Si on fait des prélèvements d’air, le fond de concentration de l’amiante dans l’air n’est pas à 0. Aujourd’hui, la limite est fixée à 5 fibres par litre, mais à ma connaissance la dernière fois que le fond de l’air parisien avait été mesuré, on était à 0,8 fibres par litre. Il y a encore en France des milliers, si ce n’est des millions de m2 de toitures en amiante ciment, qui lors de coups de vent sont sollicités et quand il pleut l’eau ruisselle sur les toitures en arrachant forcément un peu de fibres d’amiante et ça se retrouve dans les réseaux, les stations d’épuration et les rivières…

    Il ne faut donc pas partir du principe qu’il faut capter toute l’eau que l’on va utiliser. Il faut mettre en oeuvre tous les moyens pour capter un maximum de l’eau que l’on va utiliser. Pour les engins de chantier, il faut une aire de lavage où l’on puisse collecter les eaux.

    Un exemple avec une photo où l’on voit des opérateurs qui sont en train de découper un tuyaux en amiante ciment. Ce qui est bleu, c’est du surfactant qu’ils ont appliqué et on voit un peu d’eau qui brille au fond de la tranchée. Une action toute simple aurait pu être de mettre un bout de géotextile au fond de la tranchée de façon à ce que l’eau qui ruisselle au moment où ils ont coupé tombe dans le géotextile. Après on ramasse le géotextile, on considère que l’on a capté un maximum de l’amiante dans l’eau. Ne pas partir dans le dogmatisme de dire « je vais capter toutes les eaux », mais en capter le maximum, les traiter, et puis le reste ce sera comme le reste de l’eau qui ruisselle sur les toitures.

    Faut-il pressuriser toutes les cabines d’engins de chantier ?

    Il y a souvent des exigences par rapport aux engins de chantier : il faut pressuriser les cabines de chantier. Pourquoi ? L’INRS, en 2012, a publié un livre qui concernait un retour d’expérience sur les travaux réalisés sur la mine de Canari en Corse. Il y a eu de grands travaux menés pour sécuriser le site : c’est à dire recouvrir toute l’amiante affleurante au niveau du terrain (donc là on était vraiment à la source) de façon à sécuriser tout le site pour éviter que l’amiante s’envole avec le vent. Là, c’est sur que les opérateurs travaillaient dans une atmosphère avec des seuils importants d’amiante. Donc il y avait des moyens très lourds mis en oeuvre : tous les engins avaient des cabines pressurisées, et même les véhicules de chantier qui amenaient les opérateurs de la base vie à l’intérieur. Depuis, les organismes de prévention on tendance à imposer systématiquement des cabines pressurisées.

    Je ne vais pas dire qu’il ne faut pas en utiliser, mais pour moi c’est nécessaire dans des cas bien particuliers. Ça dépend de l’organisation du chantier : si dans un chantier on arrive à s’organiser de façon à ce que la cabine ne soit jamais dans la zone de travail que j’avais figuré auparavant, si il n’est pas dans la zone dite « de travail », ça veut dire que dans cette zone là il évolue dans une atmosphère à moins de 5f/l, il n’y a pas besoin de mesures de protection particulières pour le conducteur de la pelle.

    Ce que je vous ai illustré ici. On a une dépose de conduite en amiante ciment. Là, avec la rubalise, ils ont délimité la zone de travail (ils l’ont délimité au minimum et puis ils sortent des tronçons les plus compatibles possible avec la filière de traitement). Donc on voit que les opérateurs sont dans la zone de travail, ils sont susceptibles d’approcher de la canalisation, ils ont procédé à la découpe préalable… ils sont protégés. Par contre la cabine de la pelle qui sert essentiellement à manutentionner les tuyaux est en dehors de la zone de travail. On voit très bien que la cabine n’est pas pressurisée, sinon on verrait un petit bloc de clim au dessus de la cabine. Tout ça, pressurisation ou pas de la cabine, ça fait partie de l’organisation d’un chantier.

    Quelles sont les innovations ?

    Le secteur de l’amiante n’a pas été très innovant jusqu’à ces dernières années. Ça avait été notamment l’un des constats fait par les bailleurs sociaux à l’époque, qui trouvaient que la réglementation se durcissait mais que d’un autre côté les entreprises ne proposaient pas de solutions innovantes pour au moins maîtriser l’augmentation des coûts générés par ces renforcements réglementaires. C’est pour ça qu’en 2015 le ministère du Logement a libéré une enveloppe de 20 millions d’euros pour favoriser l’émergence de solutions innovantes. En a résulté la commission publique CEVALIA, qui vise à évaluer et à promouvoir des solutions innovantes dans la détection et le traitement de l’amiante. J’y suis représentant au titre de l’ingénierie. On étudie, on voit l’aspect amiante prévention dans ces cas là, mais on regarde aussi l’impact économique, les risques TMS…

    Je vais vous montrer notamment un projet concernant les enrobés sur lequel la CEVALIA a émis un avis favorable. Quand on a beaucoup de fraisats ou des terres polluées, jusqu’à présent pour les envoyer en centre d’enfouissement les entreprises bricolaient ce que l’on appel des « body bennes », qui sont de grands sacs similaires au big bag mais adaptés à la taille des bennes. Il y avait plusieurs problème sur ce qui existait avant : c’était toujours compliqué à fermer, parfois ça résistait mal au déchargement. Donc il y a une société qui a développé un body benne avec une double sache intérieure résistante, qui se ferme par fermeture éclair, facilitant grandement la gestion des déchets, des fraisats, des déblais pollués par de l’amiante et en grande quantité.

    À la CEVALIA, nous avons regardé l’application directe sur les métiers des travaux publics, mais il y aussi des instructeurs qui ont vérifié les tests de solidité qui avaient été faits sur la sache intérieure, la validé des essais de déchargement et puis l’étanchéité de la fermeture éclair.

    Donc aujourd’hui, depuis le lancement du plan de recherche et développement Amiante et la CEVALIA, on voit des innovations arriver sur le marché.

  • Quelles évolutions dans les techniques de désamiantage ? Réponses d’expert avec EPC Démolition

    Quelles évolutions dans les techniques de désamiantage ? Réponses d’expert avec EPC Démolition

    Sylvain Dussort, responsable d’agence chez EPC Démolition, répond à trois questions sur les évolutions techniques en matière de désamiantage à l’occasion du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante du 4 juin 2019.

    Retranscription de la vidéo

    Quelles évolutions dans les techniques de désamiantage ?

    Aujourd’hui, on ne désamiante pas comme on désamiantait il y a 10 ans. Les techniques sont très accès sur la maîtrise de l’empoussièrement, le rabattement des poussières par brumisation ou nébulisation. Et surtout, le désamiantage étant une opération manuelle, on travaille beaucoup sur la réduction des troubles musculo-squelettiques (TMS). Certains de mes confrères ont développé des robots de ponçage. On essaie de vivre avec notre temps, d’adapter la technologie que l’on a aujourd’hui sur des prises de mesures numériques et sur des interventions de robots (téléguidés ou autonomes) pour arriver à réduire au maximum l’intervention de l’homme, mais on aura toujours une part prépondérante de l’homme sur la dépose des matériaux amiantés, car tout ne pourra pas être mécanique.

    La robotique fait-elle partie des évolutions de rupture?

    C’est une stratégie aujourd’hui pour les entreprises de vivre avec leur temps et d’être avant-gardistes sur des technologies de désamiantage, pour continuer à perdurer. La concurrence étant très rude, être sur le marché et arriver à développer ça nous permet de moins exposer le personnel, et donc d’avoir moins de risques de maladies et de réduire les coûts. Ce sont des choses qui se font à très long terme. Il faut donc y réfléchir aujourd’hui pour arriver à trouver des solutions de désamiantage dans le futur, mais c’est un travail de très longue haleine.

    De nouvelles solutions pour détruire l’amiante ?

    La meilleur solution technico-économique reste l’enfouissement. Pour des raisons très simples : le maillage national, les coûts, les délais… toutes ces choses là font que l’enfouissement reste et restera la meilleur des solutions à l’heure actuelle. Des solutions sont étudiées sur des attaques acides sur des plaques de fibro-ciment, pour arriver à désagréger les plaques. Mais on ne travaille que sur ces plaques. Aujourd’hui, quand on les dépose elles sont conditionnées avec du film polyane, sur une palette, avec un cerclage, avec plein de matériaux de compositions différents, qui font qu’aujourd’hui arriver à tout traiter est complexe.

  • Amiante SS3/SS4 : quelles responsabilités ? Réponses d’expert avec le SEDDRE

    Amiante SS3/SS4 : quelles responsabilités ? Réponses d’expert avec le SEDDRE

    Souhila Paré, chargée de mission du SEDDRE, répond à trois questions sur la typologie de travaux SS3/SS4 et sur la vision du syndicat à l’occasion du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante du 4 juin 2019.

    Retranscription de la vidéo

    Quels sont les risques pour une entreprise qui identifie mal la typologie de travaux (SS3, SS4) ?

    Ce n’est pas l’entreprise qui identifie. L’entreprise est missionnée pour un type de travaux. Elle prend le risque de mal conseiller, auquel cas elle se fera déclasser du type de travaux ; mais c’est la maîtrise d’ouvrage qui classifie dès le départ le type de travaux qu’elle peut faire. L’entreprise sera menée à réévaluer son mode d’intervention, mais ça retombera sur la maîtrise d’ouvrage.

    Quelles sont les évolutions souhaitables en matière de réglementation ?

    Nos attentes sont sur la sous-section 3. Nous militons pour qu’il y ait deux niveaux de certification. Le retrait de l’amiante, dit comme ça c’est assez simple mais ça ne l’est pas. Aujourd’hui, le système de certification c’est un peu comme le permis de conduire : ce n’est pas la même chose entre celui qui conduit une voiture ou celui qui conduit un poids lourd. Celui qui fait un seul processus tout le temps ne peut pas être classé au même niveau qu’une entreprise qui a une multitude de processus sur des chantiers complexes, à durée importantes, avec des niveaux de technicité très pointus… Nous militons donc pour qu’il y ait deux niveaux de certification : les techniques courantes et les technicités supérieures, qui mettent par exemple en oeuvre de l’adduction d’air, des milieux contraints, les TEV, etc.

    Comment améliorer la collaboration entre les acteurs de la filière ?

    Le projet « règles techniques sous-section 3 » est un début de réponse. Nous croyons à la sensibilisation, à la formalisation des bonnes pratiques et que ce soit utilisé par tous ces acteurs là de manière à ce que cela devienne une référence. Et cette référence vient faire en sorte d’assainir, on verra de suite les entreprises qui font mal.

  • EuropAmiante – Retour sur le Congrès HLM

    EuropAmiante – Retour sur le Congrès HLM

    EuropAmiante était présent sur le 80ème Congrès HLM qui a eu lieu du 24 au 26 octobre à la Porte de Versailles. Le Congrès HLM est un événement incontournable pour faire le point et envisager l’avenir de la politique du logement et de l’habitat social.
 Un évènement important afin de montrer notre professionnalisme et notre expertise dans notre secteur d’activité.

    L’expert des interventions en milieux occupés et à risques

    Spécialisée dans le désamiantage, la dépollution, la déconstruction et le déplombage, EuropAmiante est surtout connue pour ses interventions en milieux occupés et à risques.

    Grâce à nos équipes hautement qualifiées et à d’importants moyens matériels, nous assurons la maîtrise de l’ensemble de la chaîne amiante sans aucune sous-traitance.

    Une expertise très appréciée par nos nombreux clients parmi lesquels figurent notamment la Préfecture d’Ile-de-France, le Ministère de l’Intérieur (gendarmeries et commissariats), le Palais de l’Elysée…

    Une équipe commerciale performante

    L’équipe de chargés d’affaires d’EuropAmiante était présente sur ces 3 jours de salon afin de renseigner nos visiteurs, mais également suivre les projets en cours. Notre expertise, nos nombreuses références , notre professionalisme ont permis de rencontrer de très bons contacts pour le futur.

    Une bonne expérience pour EuropAmiante

    Ce salon fût un véritable tremplin vers de nouveaux projets grâce aux nombreux échanges qui ont alimenté ces 3 jours. De futurs partenariats en perspective

  • Interventions sur façades : les spécificités d’un confinement amiante à l’extérieur

    Interventions sur façades : les spécificités d’un confinement amiante à l’extérieur

    Socateb a créé il y a cinq ans un département chargé d’intervenir sur des problématiques amiante liées à la façade et à l’étanchéité des toitures-terrasses. Gérard N’Diaye, directeur du département Amiante, présente les spécificités du confinement sur ce type d’interventions.

    Comment confiner un site extérieur et difficile d’accès comme une façade ?

    Qui dit confinement dit présence de quatre murs. Or, pour nos chantiers en extérieur, il est difficile de créer le confinement d’une zone. La réglementation apporte ainsi une nuance entre un niveau d’empoussièrement de niveau 2 en intérieur et en extérieur : la notion de confinement est validée en créant une “cloche”. Ainsi, pour les niveaux d’empoussièrement élevés liés par exemple à un ponçage, l’échafaudage est complètement bâché avec des bâches thermo-soudées et la zone est mise en dépression, comme lors d’une intervention en intérieur. L’installation de rampes de brumisation permet d’abattre les fibres en alourdissant l’atmosphère. De plus, nous vaporisons un surfactant sur le support avant de piocher ou de gratter. Pour des processus moins émissifs, le chantier peut être ouvert. Les planchers de l’échafaudage – en bois donc impossibles à décontaminer – sont alors protégés. Nous utilisons régulièrement un polyane liquide pour la protection des supports non décontaminables.

    Au-delà de l’échafaudage, les fenêtres du bâtiment sont bien entendu toutes calfeutrées par des bâches, que l’on va rendre hermétiques avec la pose de scotch aux pourtours des menuiseries. En fonction de la configuration, des plaques de polycarbonate peuvent être utilisées pour empêcher l’ouverture des fenêtres tout en permettant à la lumière de pénétrer à l’intérieur. Une option plébiscitée par les bailleurs, par souci d’apporter du confort à leurs locataires.

    Quels sont les équipements des opérateurs sur un chantier ?

    Que l’on soit en sous-section 3 ou en sous-section 4, les équipements de protection individuelle (EPI) et les protections à mettre en oeuvre sont exactement les mêmes. En ce qui concerne les opérateurs, tous sont équipés d’une combinaison et de sous-vêtements jetables, de gants étanches, de bottes décontaminables et de sur-bottes, ainsi que d’un masque à ventilation assistée. Pour de petites interventions ponctuelles, des demi-masques équipés de cartouches du même ordre que celles utilisées pour les masques à ventilation assistée peuvent être utilisés. Le tout scotché au niveau des poignets, des chevilles et du masque. Pour les phases de décontamination, nous employons une unité mobile de décontamination à 5 sas ou des sas fixes amovibles qui peuvent être disposés de différentes manières en fonction de la configuration du site.

    Quels sont les principaux éléments amiantés sur les façades ?

    Environ 80 % de la problématique amiante que nous rencontrons dans notre activité de ravalement concerne les enduits de surfaçage, appliqués partiellement avant 1997 pour reboucher certaines aspérités après débanchage. On en trouve également sur les joints de calfeutrement des fenêtres, les joints de dilatation et dans une moindre mesure sur les joints de mastic vitrier. Les habillages de façade peuvent en contenir, à l’instar de plaques de glasal en allège de menuiserie, ainsi que les éléments rapportés sur la façade comme les conduites de descente pluviale en fibro-ciment. Avec la multiplication de projets de réhabilitation de grande ampleur, la problématique amiante se rencontre de plus en plus au niveau des conduits de vide-ordures.

    En ce qui concerne les étanchéités en toiture-terrasse, le pare-vapeur a souvent une trame en fibre de verre mélangée avec de l’amiante. Et sur les balcons nous en trouvons assez régulièrement dans les colles de carrelage, ce qui exige de réaliser un confinement dynamique du fait de l’empoussièrement généré par le piochage de ces éléments. On retrouve également les enduits amiantés sur les sous-faces de balcons.

  • L’expertise et l’indépendance d’une maîtrise d’oeuvre au service du MOA et des opérateurs

    L’expertise et l’indépendance d’une maîtrise d’oeuvre au service du MOA et des opérateurs

    Bien qu’aucune réglementation ne le rende obligatoire, le recours à une Maîtrise d’œuvre dans le cadre d’un chantier de désamiantage est l’assurance pour le maître d’ouvrage d’une gestion exemplaire du risque et d’un suivi serein du projet et des relations avec les opérateurs. Précisions avec Jean-Philippe Carpentier, président du groupe IRAM et PDG du bureau d’études LMPR.

    Comment amenez-vous les Maîtres d’Ouvrage à prendre les bonnes décisions pour la protection des travailleurs ?

    En tant que bureau d’études, nous accompagnons le maître d’ouvrage de A à Z. Notre première action consiste à sensibiliser les protagonistes du projet sur la nécessité de gérer et d’explorer tous les aspects de la problématique amiante en amont du dossier de consultation. Cette démarche apparaîtra toujours moins dispendieuse qu’un arrêt de chantier en cours d’exécution du projet.

    La phase de diagnostic doit ainsi être menée avec la plus grande précision afin de bien identifier le risque amiante. Hélas, de nombreux diagnostiqueurs qui interviennent sur un RAT n’ont pas les compétences suffisantes dans leur recherche des matériaux et pour assurer la fiabilité de la cartographie.

    Ce manque de connaissances se constate notamment dans la recherche sur les enduits sur béton, qui sont très localisés, ou sur les colles amiantées, qui forment un véritable mille-feuille et pour lesquelles certains opérateurs de repérage s’arrêtent à la dalle et à la colle. C’est donc notre travail d’aller plus loin pour éviter les mauvaises surprises, en accompagnant les diagnostiqueurs pour leur exprimer nos doutes, quitte à leur faire reprendre leur cartographie, leurs analyses et leurs conclusions.

    Et après le diagnostic ?

    Une fois la cartographie validée, nous faisons un point zéro avec le client et une étude de faisabilité. Notre expertise nous permet de l’alerter sur des points spécifiques mais cruciaux pour la protection de l’environnement et des travailleurs, à l’instar des risques de pollution croisée suite à des interventions d’entretien classique. Nous sommes également en mesure de dimensionner les installations de chantier, d’identifier les modes opératoires à mettre en œuvre pour le désamiantage ou encore d’effectuer les bilans aérauliques, afin de fournir au client toutes les possibilités techniques à mettre en œuvre pour réussir un chantier amiante dans le respect des règles.

    Nous réalisons ensuite les études APS (avant-projet sommaire), APD (avant-projet définitif) et le dossier de consultation des entreprises. Suite au choix du maître d’ouvrage, nous suivons les travaux jusqu’à réception et récupération des DOE (dossier des ouvrages exécutés), en passant par la mise en place des systèmes de mesure d’air environnemental, la mesure au point zéro et les contrôles de deuxième restitution le cas échéant.

    Dans ce cadre, nous nous assurons que le maître d’ouvrage suive nos recommandations en termes de coûts et de délais, qu’il aura naturellement tendance à vouloir réduire. Or, une entreprise qui accepte des délais trop serrés s’expose à de mauvaises pratiques et met en danger ses opérateurs. C’est pourquoi nous nous retirons systématiquement des chantiers pour lesquels la maîtrise d’ouvrage décide de faire appel à une entreprise non compétente ou insuffisamment qualifiée. Notre position d’acteur indépendant garantit que notre décision n’est motivée que par la réussite du chantier.

    Quelle nouvelle problématique voyez-vous arriver dans les années à venir ?

    L’un des sujets de demain pour prévenir les risques sur les chantiers concerne l’actinolite présente dans les enrobés. Lors des travaux, il y a un risque de création de fragments de clivages asbestiformes. Je pars ainsi personnellement du principe qu’il faut passer en procédure amiante lorsque que l’on procède à des travaux sur les enrobés concernés par cette espèce minérale. Mais nombreux sont les laboratoires qui estimeront qu’il n’y a pas d’amiante. La plupart de laboratoires sont d’ailleurs accrédités Cofrac pour l’enrobé en lui-même, et non pour le granulat. L’absence réglementaire à ce sujet pose un problème aujourd’hui, et en posera un très gros demain.

  • Offre d’emploi : responsable service amiante

    Offre d’emploi : responsable service amiante

    La société SPEBI, entreprise du Bâtiment spécialisée en ravalement et isolation thermique par l’extérieur (ITE), recherche un(e) responsable pour developper son service amiante.

    Sous la responsabilité du PDG, vous piloterez une équipe spécialisée amiante, mettrez en place les modes opératoires, et développerez l’activité désamiantage SS3.

    Profil

    • Autonome
    • Manager d’équipe avec sens de l’initiative et du développement
    • BAC + 4 avec la qualification amiante sous-section 3 (SS3) requise

    Informations

    • Contrat à durée indéterminée
    • Poste basé à Ivry-sur-Seine (94)

    > Veuillez adresser cv et lettre de motivation à l’adresse suivante : eric.balech@spebi.fr

  • EuropAmiante vous attend au 80ème congrès HLM

    EuropAmiante vous attend au 80ème congrès HLM

    Le Congrès HLM est un événement incontournable pour faire le point et envisager l’avenir de la politique du logement et de l’habitat social. Pour sa 80ème édition, qui se déroulera du 24 au 26 septembre 2019 à Paris (Porte de Versailles), les organismes HLM, les banques, les assureurs, les architectes, les entreprises privées du bâtiment, les instances territoriales et les associations régionales vont se réunir pour confronter leurs expériences, partager leurs points de vue, et valoriser les solutions qui vont améliorer l’habitat social de demain.

    EuropAmiante sera présent pour mettre en avant son expertise des interventions en milieux occupés et à risques, et répondre à toutes vos questions.
    > Venez nous rendre visite Hall 7.3 – Allée S – Stand S08
    > Participez au tirage au sort afin d’obtenir votre invitation gratuite

  • Les mesures d’empoussièrement : un incontournable pour la sécurité des chantiers

    Les mesures d’empoussièrement : un incontournable pour la sécurité des chantiers

    La pulvérulence de l’amiante et sa très forte émissivité en font un matériau extrêmement dangereux pour la santé humaine. Le contrôle des émissions de fibres constitue donc une préoccupation permanente pour les professionnels du désamiantage, tant pour la sécurité des opérateurs que pour celle des occupants des locaux. Pour ce faire, l’évaluation et le contrôle des niveaux d’empoussièrement et les mesures de réduction d’émission de fibres font l’objet d’une réglementation stricte et de pratiques très encadrées. Le point avec Gérard N’Diaye, directeur du département Amiante chez SOCATEB.

    Quelle est l’activité de SOCATEB ?

    SOCATEB est une entreprise familiale fondée en 1981 et basée à Orly. Notre activité est donc centrée sur la grande région parisienne. SOCATEB regroupe 5 pôles d’expertises complémentaires : l’enveloppe du bâtiment, avec une spécialité dans le ravalement technique ; l’isolation thermique par bardage ; l’étanchéité des toitures et des terrasses, l’amiante, et la serrurerie (garde-corps, portes…).

    SOCATEB réalise près de 70% de son chiffre d’affaires sur des chantiers de copropriétés, mais également avec des bailleurs sociaux, des institutions financières et des groupes d’assurance. Pour anticiper l’obligation du repérage amiante avant travaux, SOCATEB a mis en place en 2015 un département consacré à l’amiante. Dans la mesure où nous retrouvons de l’amiante dans près de 20% de nos interventions en façades, nous devions naturellement nous mettre en capacité d’intervenir efficacement et de manière autonome.

    Les mesures d’empoussièrement sont donc une préoccupation quotidienne dans le cadre de vos chantiers ?

    Oui, et ce à double titre puisque le Code du Travail nous impose de veiller à la sécurité des opérateurs de désamiantage, et le Code de la Santé Publique à celle des occupants des locaux. C’est pourquoi il faut distinguer les mesures selon la réglementation à laquelle elles correspondent.

    D’une part, le Code de la Santé Publique prévoit des mesures d’empoussièrement consécutives aux contrôles périodiques de l’état de conservation de matériaux contenant de l’amiante et qui ont été laissés en place. Si ces matériaux laissent apparaître des dégradations ou que leur environnement est propice à leur dégradation, il est obligatoire de faire réaliser des mesures d’empoussièrement. En fonction des résultats, le maître d’ouvrage devra soit faire procéder à un retrait ou à un confinement (score 3) ou faire évaluer périodiquement l’état du matériau concerné (score 1).
    Les mesures environnementales réalisées dans ce cadre ne doivent pas mettre en évidence une concentration supérieure à 5 fibres/litre d’air. Au-delà de ce seuil, des travaux de retrait ou de confinement sont obligatoires.

    D’autre part, les dispositions du Code du Travail imposent une surveillance particulière des opérateurs sur les chantiers de désamiantage. C’est ici que l’on va retrouver l’ensemble des obligations liées au respect de la VLEP et des différentes mesures à prendre pour réduire l’émission de fibres. Dans le cadre d’un chantier de désamiantage, les mesures d’empoussièrement seront non seulement environnementales mais également individuelles, et devront permettre de contrôler le niveau d’empoussièrement du chantier, de ses abords et de chaque processus de travail.

    On distingue en effet 3 zones dans un chantier de désamiantage :

    • La zone dite « verte », à l’extérieur de la zone confinée, où la concentration ne doit pas dépasser 5 fibres/litre d’air ;
    • La zone dite « rouge » qui correspond à la zone de chantier confinée, et au sein de laquelle la concentration ne doit pas dépasser 10 fibres/litre d’air ;
    • La zone de travail, avec une mesure individuelle d’empoussièrement à l’aide d’une pompe placée sur l’opérateur.

    Cette dernière mesure est fondamentale, car elle va permettre d’assurer le respect de la VLEP de l’opérateur, ainsi que la validité des empoussièrements estimés au cours des chantiers-tests, qui ne doivent pas être dépassés sans donner lieu à des mesures correctives. C’est en effet cette estimation du niveau d’empoussièrement, corrélée aux EPI utilisés et à la durée des vacations qui va assurer le respect de la VLEP.

    Ainsi, on distingue 3 niveaux d’empoussièrement : le niveau 1 (de 1 à 100 fibres/litre d’air), le niveau 2 (de 100 à 6000 fibres/litre d’air) et le niveau 3 (de 6000 à 25 000 fibres/litre d’air), qui nécessiteront la mise en place de systèmes de protection différents : confinement dynamique avec extracteurs, masque à ventilation assistée ou à adduction d’air, par exemple.

    Les mesures d’empoussièrement, à toutes les étapes d’un chantier de désamiantage, garantissent donc la sécurité des opérateurs et des occupants.

    En matière de maîtrise de l’empoussièrement, quelle est l’importance des processus ?

    Un processus résulte de la combinaison d’un MCA, d’une technique de traitement de ce MCA et des méthodes mises en œuvre pour réduire les émissions de fibres. Lors de l’établissement du plan de retrait, les processus sont mis en place via les chantiers-tests, c’est-à-dire des « processus de référence » sur lesquels nous avons un retour d’expérience fiable quant à leur niveau d’empoussièrement.

    Si nous ne disposons pas en interne d’un tel retour d’expérience sur un processus, nous devons trouver, auprès d’une source fiable, des éléments nous permettant de déterminer son niveau d’empoussièrement. Cette source fiable est la base Scolamiante de l’Inrs, qui permet de trouver les niveaux d’empoussièrement d’un processus, mais dont les informations ne sont quelquefois pas assez précises concernant la méthode utilisée ou les matériaux traités. Dans ce cas, nous devons adapter le processus, par une adjonction de protections ou de méthodes de réduction des émissions de poussières.

    Ce faisant, nous obtenons sur ce processus un niveau d’empoussièrement qui sera forcément différent de celui intégré dans la base Scolamiante. Avant que ce nouveau processus puisse acquérir le statut de « retour d’expérience », qui sera donc validé pour de futurs chantiers, il lui faudra passer par un cycle de validation de 3 chantiers sur 12 mois avec les mêmes matériaux et méthodes et, surtout, les mêmes mesures d’empoussièrement que celles trouvées dans le chantier test. Mesures d’empoussièrement qui pourront être inférieures à celles intégrées dans Scolamiante.

    Les mesures d’empoussièrement permettent donc de valider des processus moins émissifs, et il faut bien garder à l’esprit que, précisément, le niveau d’empoussièrement influe fortement sur le coût final du chantier.