Catégorie : Audit, conseil

La rénovation d’une copropriété commence par un audit rigoureux et un accompagnement sur mesure pour identifier les priorités techniques, économiques et environnementales. Pour les présidents de conseil syndical, syndics, gestionnaires de patrimoine et copropriétaires, cette étape est cruciale : elle permet de cartographier les besoins (isolation, chauffage, accessibilité, sécurité), d’évaluer la faisabilité des travaux et de définir une feuille de route réaliste, en phase avec les contraintes budgétaires et les attentes des occupants.

  • Performance énergétique et état de la copropriété : la vision globale devient la règle

    Performance énergétique et état de la copropriété : la vision globale devient la règle

    La connaissance du bien immobilier est la première étape avant de se lancer dans un programme de travaux de rénovation. C’est aussi un impondérable de plus en plus encadré par la réglementation pour s’assurer de la bonne évaluation et de l’amélioration de la performance énergétique et du bon état des copropriétés. Le point sur ces obligations et sur les solutions pour capitaliser sur la donnée avec Matthieu du Roscoat, directeur technique chez AC Environnement, et Jérôme Bonnet, directeur développement BIM.

    Quelles sont les obligations relatives à la donnée énergétique en copropriété ?

    M.R. Les obligations dépendent de la taille des copropriétés. Celles de plus de 50 lots ont l’obligation de réaliser un audit énergétique, tandis que celles en dessous de ce seuil pourront se contenter d’un diagnostic de performance énergétique (DPE) au niveau de l’immeuble. Si ces deux démarches consistent à relever les caractéristiques thermiques de l’immeuble et à calculer sa performance énergétique, l’audit va plus loin en proposant un véritable accompagnement des copropriétaires, avec une phase de retour d’étude pour leur présenter les solutions.

    Audit et diagnostic servent donc tous deux de base de réflexion sur les travaux à réaliser pour améliorer la performance énergétique de la copropriété. Cependant, je pense qu’il faut avoir une vision plus globale, qui ne se focalise pas uniquement sur la partie énergétique mais qui intègre également le suivi de l’état du bâtiment et de la copropriété. L’actualité nous a ramené à ce constat fin 2018, suite à l’effondrement des immeubles rue d’Aubagne, à Marseille, où des copropriétés défaillantes n’ont pas assuré le bon entretien de leur patrimoine. Or tout est lié : s’il y a un problème d’humidité, il y a forcément aussi un problème thermique sous-jacent.

    C’est pourquoi la loi Alur impose depuis 2014 la réalisation d’un diagnostic technique global (DTG) pour les immeubles de plus de 10 ans passant sous le statut de la copropriété et pour ceux faisant l’objet d’une procédure pour insalubrité. Il n’est pas obligatoire pour les copropriétés existantes, mais sa réalisation doit être soumise au vote de l’assemblée générale des copropriétaires. Ce DTG comporte un volet énergétique, une réflexion sur l’état de la copropriété et sur les travaux qui devront être réalisés en urgence ou à plus long terme. L’audit et le DPE s’intègrent dans ce document.

    À quelles évolutions réglementaires s’attendre ?

    M.R. Le Parlement débat actuellement sur un nouveau projet de loi pour l’amélioration de la lutte contre l’habitat insalubre ou dangereux. Si celle-ci est mise en application, elle viendra modifier le cadre juridique du DTG en le rendant obligatoire pour toutes les copropriétés de plus de 15 ans. La mesure est assez logique puisque les immeubles construits pour la copropriété depuis 15 ans sont déjà entrés dans une démarche globale, notamment en intégrant les caractéristiques thermiques. Tandis que les plus anciennes subissent l’état de la réglementation thermique de leur époque, c’est-à-dire aucune pour les bâtiments d’avant 1973. Avec cette loi, la réflexion globale deviendrait donc la règle.

    Quel est le lien entre audit/DPE et BIM ?

    J.B. Le BIM est avant tout une base de données multi-métiers du BTP, qui intègre l’ensemble des informations relatives au bâtiment, ses équipements et ses matériaux. Si vous avez une fenêtre de 1m2 plein nord, la maquette est en mesure de calculer automatiquement les ponts thermiques, les parois déperditives et d’appliquer les règles de calcul du DPE conformes au mode de chauffage, individuel ou collectif. Contrairement à un rapport DPE classique, qui est un livrable pdf, le BIM permet de capitaliser sur la donnée recueillie. Si demain, le mode de calcul du DPE évolue – ce sur quoi le législateur travaille actuellement – la totalité ou la quasi-totalité des informations nécessaires pour calculer le nouveau rapport sera déjà à la disposition des copropriétaires. Avec la plateforme CN BIM d’AC Environnement, pour “cahier numérique BIM”, les copropriétaires conservent la propriété d’une donnée consultable à volonté, traçable et modifiable.

  • Rénovation globale : à la quête de la valeur verte

    Rénovation globale : à la quête de la valeur verte

    Si les projets de rénovation peuvent être en premier lieu motivés par des travaux de nécessité (ravalement de façade, changement de chaudière…), ils offrent également l’occasion d’améliorer la performance énergétique et ainsi la valeur du bien. Raphaël Claustre, directeur général d’Île-de-France Énergies, présente les atouts d’une rénovation globale, accompagnée par un interlocuteur unique.

    Île-de-France Énergies associe un accompagnement technique et financier. Quel en est l’avantage ?

    En effet, nous ne séparons pas le technique du financier. Un accompagnement sur ces deux plans favorise et optimise les projets de rénovations globales, c’est-à-dire la remise en l’état des bâtiments tout en apportant des solutions architecturales et énergétiques, mais aussi financières car la plupart des subventions dépendent d’un objectif de performance énergétique. Nous sommes par exemple habilités à prendre en charge les certificats d’économie d’énergie (CEE) et nous parvenons en la matière à négocier des contrats très avantageux auprès des fournisseurs d’énergie. Lorsque ces contrats sont réalisés, cela fait déjà un an ou deux que l’on travaille à la conception du projet avec nos architectes et ingénieurs. Nous connaissons donc exactement le programme de travaux, puisque nous l’avons conçu avec les copropriétaires, et sommes à même d’optimiser les montants des CEE.

    Depuis l’été dernier, nous proposons aux copropriétés que nous accompagnons des prêts à bas taux sur une durée longue. Il permet à tout le monde de financer son projet de rénovation car il n’exige aucune condition d’âge. Et, jusqu’à 21 000 euros, il n’y a pas non plus de critères de capacité de remboursement. En 2020, nous allons également proposer l’éco-prêt à taux zéro collectif. Cela permet d’apporter des solutions adaptées à chaque copropriétaire.

    Nous nous occupons donc à la fois de la maîtrise d’oeuvre, de l’assistance à maîtrise d’ouvrage et de l’ingénierie financière. Avoir un interlocuteur unique comme Île-de-France Énergies fait ainsi gagner beaucoup de temps sur les délais. Et en termes de performance, les projets sur lesquels nous travaillons obtiennent en moyenne 50 % d’économie d’énergie. Mais surtout, après travaux, les bâtiments sont entièrement requalifiés.

    Peut-on connaître à l’avance l’impact d’une rénovation sur la valeur du bien ?

    Il y a deux notions pour comprendre l’impact d’un projet de rénovation sur la valeur du bien. La première est la valeur verte, qui représente la prise de valeur d’un bien du fait de ses atouts environnementaux. La seconde est son opposé, la décote grise, c’est à dire la perte de valeur du fait de ses défauts de performance énergétique. Ces notions sont quantifiables grâce aux données récoltées depuis 2005 par les notaires dans le cadre du diagnostic de performance énergétique (DPE). Ainsi, les études de corrélation indiquent que – toutes choses étant égales par ailleurs – un bien dans les meilleures classes énergétiques en petite couronne francilienne vaut 12 % de plus qu’un bien dans les moins bonnes classes énergétiques. Cette différence est énorme ! Sur 300 000 euros par exemple, cela représente 36 000 euros. En grande couronne l’écart se creuse encore plus et atteint jusqu’à 15 %.

    La logique de rénovation globale devrait-elle idéalement s’appliquer à l’échelle des grands ensembles, autrement dit à tous les immeubles les constituant ?

    Ce qui est dommage, c’est que souvent les grands ensembles ont une gouvernance distincte entre les différents bâtiments qui les composent. Sur un grand ensemble de 1 000 logements, il y en a parfois 200 qui nous confient une mission, alors qu’il serait préférable de réaliser tous les travaux en même temps pour faire baisser les coûts. De toute façon, tous les immeubles de l’ensemble seront amenés à être rénovés en vieillissant.

    D’autre part, on revient une nouvelle fois sur une problématique liée à la décote grise : si l’un des immeubles est rénové, cela va générer une différence de valeur avec les autres biens de l’ensemble, qui sont de qualités constructives initiales similaires. Cet écart va se creuser si la même zone accueille des programmes neufs ou beaucoup de rénovations du parc ancien. Les immeubles non rénovés devront suivre rapidement pour éviter une dégradation progressive de leur valeur.

  • Démarche BIM en copropriété : définition et intérêt

    Démarche BIM en copropriété : définition et intérêt

    Julien Piechowski, directeur des régions Ile-de-France et Normandie chez AC Environnement, présente l’intérêt d’une démarche BIM (building information modeling) pour la maîtrise d’ouvrage.

    Retranscription

    Quel est l’intérêt d’une démarche BIM dans le cadre d’une copropriété ?

    Déjà qu’est-ce que le BIM ? Le BIM (building information modeling) sous-entend une maquette numérique comportant un certain nombre de données. Vous avez trois étapes essentielles et majeures. La première, c’est le fait de numériser le bâtiment. Vous scannez l’ouvrage, donc vous disposez d’un certain nombre de données numériques que vous intégrez dans un logiciel. Et cette deuxième étape c’est la modélisation. La troisième étape est sans doute la plus cruciale : c’est l’intégration de la Data dans la maquette numérique. Dès lors que vous êtes en interopérabilité avec tous les acteurs, vous pouvez disposer de toutes les données de l’ouvrage dans cette maquette BIM.

    L’intérêt pour chacun des maîtres d’ouvrage, c’est de disposer d’une version digitale et numérique de l’ensemble des données du bâtiment. Ensuite, dans le cadre de travaux de réhabilitation, lors de l’exploitation de l’ouvrage, on pourra utiliser cette maquette numérique avec la Data pour connaître les caractéristiques de chaque élément de la construction. Si par exemple l’on veut faire de la réfection de baies vitrées, on connaîtra les caractéristiques initiales et on pourra définir les caractéristiques que l’on souhaite atteindre, et les intégrer de façon optimale dans la maquette numérique.

    Quel retour sur investissement ?

    C’est difficilement de répondre brutalement à cette question. Ce qui est certain, c’est que le coût d’investissement pour la prestation de BIM (donc le fait de créer la maquette numérique et d’intégrer progressivement la Data dedans) sera beaucoup moins important que de partir en aveugle sur des réfections ou réhabilitations lourdes. L’investissement initial sera forcément sur un délai qui est très variable en fonction de la nature des travaux. Ça sera beaucoup plus intéressant d’avoir travaillé en amont sur la maquette numérique et sur l’intégration des données, que de partir en aveugle sur de la réhabilitation lourde durant la vie de l’ouvrage.

    Quel avenir pour le BIM ?

    Le BIM est voué à se développer pour une raison très simple : de plus en plus, on va avoir beaucoup d’acteurs (fabricants, entreprises de pose, bureaux de contrôle, CSPS…) qui vont devoir disposer de la Data de l’ouvrage pour pouvoir le contrôler ou optimiser ses performances. Son développement est donc certain, non pas sur la partie modélisation, mais bien plus sur la partie intégration de la Data dans la maquette.

    Le BIM deviendra-t-il une norme ?

    Norme je ne sais pas. Ce qui est certain, c’est que les textes de loi qui sont en cours et qui vont encore évoluer font que l’on va avoir recours au cahier d’entretien numérique du bâtiment. Si on le vulgarise, il s’agit ni plus ni moins du BIM.

  • Accompagnement des copropriétés : les 12 travaux de l’APC

    Accompagnement des copropriétés : les 12 travaux de l’APC

    Annuaires, évènements, retours d’expériences, plateforme numérique, observatoire… L’Agence Parisienne du Climat (APC) développe de nombreux outils pour accompagner les copropriétaires dans leurs projets de rénovation énergétique. Jessica Jacoby-Koaly, en charge du réseau professionnel de la plateforme CoachCopro, présente les douze chantiers sur lesquels l’agence travaillera jusqu’en 2021.

    Comment l’APC anime la rénovation énergétique des copropriétés en 2020 ?

    Notre principale mission consiste à généraliser l‘éco-rénovation des copropriétés afin de répondre à l’un des objectifs du Plan Climat de Paris. Pour cela, nous avons lancé dès 2018 douze chantiers, que nous poursuivons cette année et jusqu’en 2021 :

    • Le premier chantier vise à segmenter le parc de copropriétés afin d’y proposer des solutions différenciées. Le parc parisien, et même plus largement métropolitain, est constitué
      de différents types et tailles de bâtiments. Les problématiques ne sont donc pas les mêmes en fonction des copropriétés. Ce premier chantier est en lien avec la mission d’accompagnement des conseillers de l’APC, qui identifient les particularités de chaque copropriété afin de répondre au mieux à leurs besoins.
    • De la même manière, nous documentons des références. Notre objectif : être capable de raconter des histoires de rénovations réussies partout et pour tout type de copropriété. L’APC publiera notamment une note sur les bâtiments des 30 glorieuses au cours de l’année.
    • En parallèle, nous travaillons à faciliter l’exploitation des équipements et du bâtiment. Il s’agit ici d’évaluer les performances réelles des copropriétés rénovées et de mettre en avant les exploitations réussies. L’APC a notamment restitué les résultats d’une instrumentation menée sur huit projets de rénovation globale et travaille à présent à exploiter ces données afin d’étudier les pistes d’amélioration, ce qui fonctionne ou non. C’est aussi accompagner la montée en compétences de l’ensemble des acteurs.
    • Le troisième chantier vise à concilier la qualité de l’architecture urbaine et la performance environnementale des rénovations, afin d’anticiper les points bloquants dès les prémisses du projet. Pour ce faire, nous veillons à faciliter le dialogue entre les agences, les services d’urbanisme, les Architectes des Bâtiments de France (ABF) et les porteurs de projet.
    • CoachCopro, notre plateforme web, est la pierre angulaire de notre dispositif d’accompagnement des copropriétés dédié à l’éco-rénovation. Nous veillons continuellement à animer le réseau de professionnels qui y sont référencés, ainsi qu’à guider l’évolution de leurs métiers. Cela passe par la formation et par les évènements que l’on organise entre professionnels ou entre ces derniers et les copropriétaires.
    • Aussi, nous souhaitons rendre incontournable le service CoachCopro auprès des copropriétés, des professionnels et des collectivités.
    • La notion d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) est également centrale dans le parcours de la rénovation. Or, il n’y a pas une mais des AMO, selon que l’on soit en face d’un architecte, d’un thermicien ou encore d’un ingénieur financier. En décembre 2019, l’APC a donc publié une note visant à mieux comprendre les missions d’AMO et à encourager les copropriétés à bien s’encadrer.
    • En ce qui concerne notre évènement phare, le Forum de l’Éco-Rénovation, nous souhaitons pérenniser le rendez-vous. En 2020, il prend une dimension métropolitaine et change de nom pour devenir le Forum Habiter Durable. Il se tiendra le 29 avril à l’Hôtel de Ville de Paris.
    • Nous continuons également à communiquer positivement sur la copropriété : l’idée est de montrer que les projets aboutissent, même si les prises de décisions peuvent parfois être longues.
    • D’autre part, nous souhaitons harmoniser et mettre en commun les services que l’on propose à l’échelle de la métropole, afin que les copropriétés puissent avoir le même accompagnement que l’on peut retrouver à Paris.
    • En créant des indicateurs de suivi des consommations énergétiques, nous construisons un véritable service public de la donnée énergétique. Nous obtenons notamment de plus en plus de données grâce à notre Observatoire de la rénovation énergétique, qui nous permettront d’exploiter et de soulever des points d’avancement.
    • Et le dernier de ces 12 chantiers consiste à suivre les évolutions du marché de la copropriété. Cela passe également par l’Observatoire de la rénovation.
  • Gestion des copropriétés : quel avenir réglementaire ?

    Gestion des copropriétés : quel avenir réglementaire ?

    L’Association des Responsables de Copropriétés (ARC) milite auprès des pouvoirs publics pour assurer un cadre réglementaire favorable à une gestion intelligente et performante des copropriétés et à la réalisation de travaux de rénovation. Claude Pouey, directeur de la coopérative technique de l’ARC, présente les positions de l’association.

    Le législateur s’est penché dernièrement sur les règles encadrant la copropriété. Quelles sont les mesures que vous appuyez ?

    Le grand sujet actuellement, ce sont les mesures édictées par l’ordonnance “copropriété”, sortie en novembre pour une application à partir du 1er juin 2020, et par les décrets qui font suite à la loi Elan. L’ARC reproche principalement aux pouvoirs publics d’avoir retiré de la loi la prise en compte du plan pluriannuel de travaux. La mesure pourrait toutefois être réintégrée dans un amendement ultérieur. Le Plan pluriannuel serait très bénéfique pour les copropriétés, car il conditionnerait le fonds travaux, favorisant ainsi le financement et la réalisation des travaux. Le manque de fonds lors du vote en assemblée générale est en effet l’une des principales causes d’abandon d’un projet de rénovation.

    L’ARC s’oppose également à une mesure offrant aux syndics la possibilité de proposer des contrats pour de nouveaux services. Cette mesure ouvre la porte à d’éventuelles manipulations de la part de syndics peu scrupuleux, qui pourraient facturer – en sus du contrat de base – des prestations qui relèvent de la gestion courante des copropriétés.

    Nous défendons par ailleurs auprès des ministères l’idée que les CEE puissent servir à financer l’assistance à maîtrise d’ouvrage. Ils ont commencé à le prendre en compte pour les copropriétés en difficulté, mais pas encore pour celles dont la situation financière est saine mais qui ont du mal à engager des travaux.

    L’ARC a également déposé un recours contre l’arrêté sur l’individualisation des frais de chauffage. Quelle position tenez-vous ?

    Avec l’Union Sociale de l’Habitat (USH), nous avons en effet déposé ce recours en novembre 2019 car nous estimons que les répartiteurs de frais de chaleur ne sont pas fiables et que leur installation ne sera globalement pas économique dans la durée. L’ARC est toutefois favorable à l’installation de compteurs thermiques si l’appartement est desservi par une boucle horizontale de chauffage. Ce recours vise donc à modifier l’arrêté et à écarter sous certaines conditions l’obligation d’installer des répartiteurs de frais de chauffage.

    Quelles sont les priorités de l’ARC pour la décennie 2020 ?

    Notre vocation demeure de faire en sorte qu’un maximum de copropriétés se lancent dans la rénovation énergétique ou dans la rénovation globale. Il y a un axe très fort à développer autour des syndics bénévoles, qui représentent un tiers de nos adhérents. L’ARC va prochainement mettre à leur disposition toute une série de nouveaux outils visant à moderniser la gestion des copropriétés.

    Nous développons notamment un extranet qui donnera accès à des documents essentiels à la gestion des parties communes, qui embarquera une solution de visioconférence et qui permettra de communiquer entre copropriétaires ou entre copropriétés voisines.

    La rénovation des grands ensembles sera abordée sur le Grand Circuit. Quels sont les clés de la réussite de ce type de chantier ?

    Les responsables de copropriété doivent tout d’abord bien identifier les besoins de la copropriété et voir ce qu’ils peuvent réaliser. Ils ont pour cela indiscutablement besoin d’une assistance à maîtrise d’ouvrage. L’ARC peut les accompagner dans cette réflexion, jusqu’au choix du maître d’oeuvre. La communication auprès des copropriétaires est un autre élément essentiel à la réussite du projet de rénovation. En résumé, les responsables de copropriété doivent faire sauter en amont tous les points de blocage jusqu’au vote en assemblée générale.

  • Un MOOC pour se former sur la rénovation des copropriétés depuis chez vous !

    Un MOOC pour se former sur la rénovation des copropriétés depuis chez vous !

    Devenez acteur de la rénovation de votre copropriété ! Formez-vous grâce au MOOC Réno Copro*, une formation gratuite en ligne conçue par l’ASDER, l’ALEC Lyon et Ile-de-France Energies.

    [Mise à jour de l’article – jeudi 2 avril : le MOOC Réno Copro est prolongé jusqu’au 30 avril]

    Qu’est-ce que le MOOC Réno Copro ?

    Le MOOC Réno Copro c’est une formation d’envergure nationale conçue par des professionnels du secteur pour faciliter la dynamique de rénovation dans les copropriétés.

    Formation gratuite en ligne, elle a été méticuleusement conçue pour répondre et s’adapter aux besoins des copropriétaires et syndics sans être redondante avec d’autres formations existantes. Riche d’informations indispensables, elle vous donne toutes les clés pour une rénovation énergétique réussie.

    Témoignages d’experts, interviews de copros qui ont réussi, vidéos de cours, quiz (…) vous aurez également à votre disposition des outils de communication qui simplifieront le dialogue au sein de votre copropriété.

    Plusieurs parcours seront possibles en fonction du niveau de connaissance et d’implication de l’apprenant au sein de sa propre copropriété.

    L’objectif : que cette formation impulse un projet, et vous accompagne durant les différentes étapes de la rénovation !

    En bonus ?

    Un certificat de réussite vous sera délivré à la fin de la formation pour attester de vos connaissances dans le domaine.

    * Ce MOOC est une action du programme RECIF, financé par le dispositif des certificats d’économies d’énergie

  • Management de projet : amener le BIM à son plus haut potentiel

    Management de projet : amener le BIM à son plus haut potentiel

    Souvent résumé à la maquette numérique, le BIM (Building Information Modeling) est avant tout une méthode de travail collaborative. Pour apprécier ses bénéfices, sa mise en œuvre dans le cadre d’un projet de conception ou de construction nécessite une formation au Management de projet BIM. Présentation de la formation avec Anis Naroura, formateur pour AFNOR Compétences.

    A qui s’adresse la formation Management de projet BIM, Conception et Construction ?

    Si elle peut s’étendre à tous les acteurs de la construction, la formation s’adresse avant tout aux maîtres d’œuvre et à toutes les personnes qui participent à un projet en intégrant le BIM ou qui souhaitent l’implémenter. Certains aspects peuvent toutefois intéresser les maîtres d’ouvrage, comme la partie juridique, la partie contractuelle ou encore la définition de la charte BIM. Au final, la formation réunit des profils variés et reflète la philosophie BIM, qui peut se définir comme une démarche collaborative de travail, où tous les acteurs apprennent à mieux travailler ensemble. La maquette numérique arrive après et n’est qu’un outil.

    Quel est son objectif ?

    La formation a pour but de donner les clés à ces différents acteurs afin qu’ils puissent apprécier pleinement les bénéfices que la méthode BIM peut avoir sur leur travail au quotidien. Elle répond à des questions comme : Quels sont les impacts sur les plans contractuels et responsabilité ? Comment s’organiser en termes de compétences, d’équipe et de méthodologie de travail ?

    Il s’agit aussi de montrer comment s’inscrire dans un projet en BIM, ou comment le conduire en tant que BIM Manager, pour orchestrer ce travail collaboratif et faire l’interface avec la maîtrise d’ouvrage.

    Quel est le contenu de la formation ?

    La formation alterne théorie et pratique. Les notions centrales au programme trouvent ainsi une déclinaison à travers de mises en situations concrètes, des questionnaires et des jeux de rôle.

    Au-delà de ces méthodes pédagogiques, c’est avant tout les retours d’expérience du formateur qui offrent une véritable valeur ajoutée à la formation. Ils permettent de témoigner des bonnes pratiques, des pièges à éviter et des éléments sur lesquels rester vigilant. Personnellement, je travaille en tant que BIM Manager depuis 8 ans. Je partage ainsi avec les stagiaires de nombreux exemples réels et pratiqués, parfois documentés par des supports visuels.

    Il faut garder à l’esprit qu’il ne s’agit pas d’une formation à l’outil. Nous travaillons plutôt sur l’aspect démarche et organisation et tout ce qui en découle. Même si parfois, on observe des logiciels.

    Parmi les notions centrales de la formation, on peut citer la convention BIM. Elle est la réponse au cahier des charges du projet et c’est elle qui va régir le travail collaboratif de toute l’équipe de maîtrise d’œuvre durant toute la durée du projet. Pour simplifier, elle répond à la question qui fait quoi, et quand. Le BIM Manager veille à sa rédaction avec l’équipe de maîtrise d’œuvre.

    Que se passe-t-il à l’issue de la formation ?

    La formation se déroule sur 6 jours (42 heures) : 5 journées dédiées au contenu et 1 journée à l’examen, avec un battement de 2 semaines au minimum entre la cinquième et la sixième journée. Lors de l’examen, les stagiaires disposent d’une heure pour répondre à un QCM, avant de présenter, devant le groupe, un mémoire sur un de sujets choisi et validé, lors de la formation. La réussite des deux épreuves est nécessaire à l’obtention de la certification de formation.

    Je découvre la formation « Management de projet BIM Conception, Construction » d’AFNOR compétences.

    Découvrir les formations AFNOR COMPÉTENCES

  • Portrait du logement collectif à Vincennes

    Portrait du logement collectif à Vincennes

    Bertrand Pitavy, conseiller municipal et chargé de l’Éco-citoyenneté à la Ville de Vincennes, présente en chiffres les particularités du logement collectif dans la ville de Vincennes.

    Retranscription

    Quelques chiffres sur la Ville de Vincennes. Vincennes c’est un peu plus de 26 000 habitants au kilomètre carré. Pour donner un ordre de grandeur, les trois villes les plus densément peuplées en France sont Levallois-Perret, Vincennes, et Le Pré-Saint-Gervais. Ces trois villes ont toutes les trois plus de 25 000 habitants au km2.

    La densité forte est en effet une problématique car la ville manque de foncier. La seule parcelle actuellement libre de tout habitation fait 50 m2. Mais ça a aussi un avantage : moins de transports, donc moins d’émissions de gaz à effet de serre. Et la plupart des bâtiments sont mitoyens, avec une déperdition d’énergie moindre.

    Concernant l’âge du patrimoine immobilier, plus des 2/3 des bâtiments à Vincennes ont été construits avant 1968, c’est à dire avant la première réglementation thermique. On considère qu’il y a un effort à faire sur ce sujet là.

    On a aussi une très large majorité de logement collectif : 95 % des logements à Vincennes sont collectifs.

    À cela s’ajoute un certain nombre de contraintes environnementales et patrimoniales.

    Tout cela s’intègre dans un Agenda 21, mis en place avec un levier majeur qui est le développement d’un habitat économe en énergie. Pour cela on a mis en place des actions. La première est la sensibilisation des Vincennois à la maitrise de l’énergie, qui se réalise notamment au travers du défi des familles à énergie positive (ça permet de s’assurer que l’on pense aux bons gestes du quotidien, qu’on les ancre dans nos habitudes pour avoir un premier niveau d’économie d’énergie). Le deuxième, c’est l’accompagnement des copropriétés dans leur projet de rénovation, avec par exemple le Grand Circuit Rénovation des Copropriétés. Et le troisième, c’est la lutte contre la précarité énergétique.

  • Réforme du droit de la copropriété : la mise en place obligatoire d’un plan pluriannuel de travaux annulée

    Réforme du droit de la copropriété : la mise en place obligatoire d’un plan pluriannuel de travaux annulée

    Communiqué de la FNAIM

    Attendu depuis plusieurs mois avec la promesse de réformer en profondeur un secteur dont le cadre juridique n’avait que très peu évolué depuis la loi du 10 juillet 1965, le projet d’ordonnance portant réforme du droit de la copropriété, prévue par la loi ELAN, a été adoptée hier, mercredi 30 octobre, en Conseil des ministres. La Fédération Nationale de l’Immobilier constate que les débats autour de ce projet ont permis d’aboutir à une réforme relativement équilibrée. Elle regrette cependant la disparition de la mesure phare de cette ordonnance, pourtant approuvée à l’unanimité par l’ensemble des acteurs de la profession et des associations de consommateurs, la mise en place obligatoire d’un plan pluriannuel de travaux (PPT).

    Une occasion manquée sur la rénovation des bâtiments mais des avancées pour les propriétaires et la gestion des syndics

    La Fédération des professionnels de l’immobilier, dont la mobilisation a permis de faire avancer plusieurs points, se satisfait d’avoir été entendue sur des questions essentielles, mais regrette profondément le recul au dernier moment du Gouvernement sur le plan pluriannuel de travaux, disposition consensuelle issue des débats du CNTGI :

    Une occasion ratée d’améliorer l’entretien des immeubles : La mise en place obligatoire d’un plan pluriannuel de travaux (PPT) pour les copropriétés de plus de 15 ans, présente jusqu’au dernier moment dans le projet de réforme, a disparu du texte final. La FNAIM regrette le retrait par le Gouvernement de cette mesure qu’elle estimait impérative et qui aurait permis d’assurer une rénovation du bâti, qui ne peut s’envisager que dans la durée. « Le plan pluriannuel de travaux que nous appelions de nos vœux, aurait permis une plus grande anticipation pour les copropriétaires, notamment grâce à l’obligation d’abonder les fonds travaux à hauteur de 2,5% minimum du PPT. Concrètement, cette mesure aurait permis de mieux prévenir la dégradation des immeubles et d’éviter des drames comme ceux de la rue d’Aubagne à Marseille. » souligne Jean-Marc Torrollion. « C’est pour les professionnels de la copropriété une réelle déception. Nous attendons les explications du Gouvernement sur les moyens qu’il compte mettre en place pour lutter contre le délabrement de nombreux bâtiments. ».

    Petites ou grandes copropriétés gardent les mêmes prestations : Le maintien d’un régime unique de gestion de la copropriété est une mesure positive, qui garantit une égalité des copropriétaires face au droit, quelle que soit la taille de la copropriété, même si les petites copropriétés bénéficient d’aménagements particuliers. « Le risque était de créer un régime de copropriété à deux vitesses, qui aurait pu engendrer une rupture en matière de services proposés aux copropriétés de 5 lots au plus (ou bien 15 000€ de budget pendant 3 années consécutives) en les faisant sortir de la gestion professionnelle », ajoute Jean-Marc Torrollion.

    Plus de services pour les copropriétaires : Combat de longue date de la FNAIM également, la réforme donne la possibilité aux syndics de proposer un contrat socle, marquant une avancée concrète pour les services proposés par le syndic, au-delà du contrat type qui limitait jusqu’alors cette possibilité. « Cela permettra au syndic de proposer aux copropriétaires toute une gamme de prestations répondant aux attentes et besoins des copropriétaires (conciergerie, gardiennage, babysitting, dogsitting, etc.) qui pourront-être autant d’éléments apportés au bien vivre au sein de la copropriété. » précise Jean-Marc Torrollion.

    Mise en concurrence du syndic, plus de simplicité pour le copropriétaire, plus de sécurité pour le syndic : Le projet maintient la mise en concurrence obligatoire du syndic à chaque échéance, malgré les interrogations de la profession quant au bien-fondé de cette mesure. Cependant, la FNAIM a obtenu que la mise en concurrence soit sous la responsabilité unique du conseil syndical et que le non-respect du processus – par le conseil syndical – n’ait aucune incidence sur la validité du contrat. « Cela permet au syndic de travailler avec sérénité et que sa mission ne puisse être remise en cause dans le cas où la mise en concurrence ne serait pas appliquée dans les délais » précise Jean-Marc Torrollion.

    Le renforcement du rôle et des pouvoirs du conseil syndical : vers plus d’efficacité

    Le renforcement du rôle et des pouvoirs du conseil syndical sera un levier d’amélioration de la gestion des immeubles en copropriété. On peut citer notamment le renforcement des pouvoirs du président du conseil syndical et l’encadrement de la délégation des pouvoirs accordée au conseil syndical pour l’exécution de certaines décisions. Pour Jean-Marc Torrollion « Le conseil syndical reste dans son rôle et il n’a pas été donné suite à l’idée, évoquée pendant un certain temps, d’un conseil d’administration dans les grandes copropriétés qui ne correspondait pas à notre vision de la gestion des immeubles collectifs en France, et aurait remis en cause l’esprit de la loi de 1965, basé sur un fonctionnement « démocratique » de la copropriété ».

    Une série de mesures au service d’une plus grande fluidité dans la gestion

    De nombreuses dispositions présentes dans ce texte vont permettre de faire primer la gestion collective sur les intérêts particuliers et assurer un fonctionnement plus fluide et plus efficace de la copropriété. On peut citer par exemple :

    • l’interdiction à la copropriété de faire obstacle à des travaux de mise aux normes handicapées sur les parties communes,
    • la facilitation du vote par correspondance,
    • la portabilité des documents dématérialisés lors de changement de syndic,
    • l’obligation pour toutes les copropriétés gérées par un syndic professionnel d’ouverture d’un compte bancaire séparé,
    • la mise en place de mesures facilitées pour le recouvrement des charges,
    • ou encore, l’abaissement des majorités afin de faciliter les prises de décisions.

    « Bien que le pragmatisme l’ait emporté dans beaucoup des mesures et que cette réforme préserve les équilibres indispensables au bon fonctionnement de la copropriété, la FNAIM regrette le manque d’ambition dans certaines mesures pourtant essentielles, à l’image du plan pluriannuel de travaux. » déclare Jean-Marc Torrollion, Président de la FNAIM.

  • Retour sur cet été 2019 : l’impact des canicules à Paris et les solutions mises en œuvre pour y faire face

    Retour sur cet été 2019 : l’impact des canicules à Paris et les solutions mises en œuvre pour y faire face

    L’Agence Parisienne du Climat (APC) présentait ce mercredi 16 octobre le bilan des épisodes de chaleur de l’été 2019 avec son partenaire et membre fondateur Météo-France.

    Après avoir dressé un panorama détaillé des données climatiques de l’été et des projections du climat futur, l’agence a présenté les solutions de mise en œuvre sur le territoire de Paris : dispositifs d’information et de sensibilisation, transformation et aménagement de l’espace public, et travail d’adaptation des bâtiments pour favoriser le confort d’été.

    Enfin, dans le cadre de ses missions de veille et d’identification des bonnes pratiques et des projets à fort potentiel d’impact positif sur le territoire, l’Agence Parisienne du Climat a identifié 2 dispositifs innovants présentés par leurs porteurs de projet pour rafraichir les logements et optimiser la ressource en eau en période de chaleur. Karine Bidart, nouvelle Directrice Générale de l’APC, a ouvert cette séquence en rappelant les missions fondamentales de l’agence, accélérateur de la transition écologique à Paris.

    Un été exceptionnellement chaud

    Marqué par deux canicules exceptionnelles, cet été parisien a été particulièrement chaud et vient se classer en 3e position pour la température moyenne depuis 1872 (début des mesures), avec 21,7°C (derrière 2003 et 2018).

    Cet été a été marqué par deux canicules. La première, du 24 au 30 juin, est particulièrement précoce : c’est la conséquence de l’arrivée d’une masse d’air très chaud en provenance du Sahara et gagnant une grande partie de l’Europe. La seconde canicule se produit entre le 22 et le 26 juillet, particulièrement intense. En effet le 25 juillet est la journée la plus chaude depuis 1872 pour la température maximale (42,6°C).

    D’une durée de 5 jours, cette vague de chaleur a été plus intense qu’en 2003 mais nettement plus courte.

    Des épisodes caniculaires renforcés à Paris par le phénomène d’îlot de chaleur urbain (ICU), lié à la présence importante de surfaces minéralisées et qui créé une sorte de « bulle de chaleur » sur la ville. L’écart constaté entre Paris et certaines zones des départements 77 et 91 est monté jusqu’à 10°C le 25 juillet 2019. Cet été fut également très sec, en particulier le mois de juillet, durant lequel les précipitations n’ont atteint que 32 % de leur valeur normale.

    Des canicules directement liées à l’activité humaine

    Un travail d’attribution mené par différents chercheurs européens dont Météo-France et l’IPSL (Institut Pierre-Simon-Laplace) au sein du groupe de recherche World Weather Attribution permet de prouver que le changement climatique d’origine humaine augmente significativement la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur comme celle que la France a connue en juin 2019.

    Ces canicules sont bien liées au changement climatique : dans un climat non modifié par l’homme, une canicule comme celle de juillet 2019 aurait été quasiment improbable, avec 1 chance sur 1 000 de se produire.

    Les mesures mises en place pour adapter la ville à ces épisodes

    L’Agence Parisienne du Climat collabore avec la Ville de Paris dans le cadre d’un groupe de travail sur le rafraîchissement urbain en période de forte chaleur. Dans le cadre de ces travaux, plusieurs typologies d’actions ont été mises en place pour lutter contre ces épisodes de chaleur :

    La sensibilisation, la formation et l’accompagnement, avec une communication sur les gestes à adopter lors des canicules et la diffusion d’informations sur les lieux où se rafraîchir, les « îlots de fraicheur », à travers une carte sur Paris.fr et l’application Extrema.

    Ainsi, ce sont 922 îlots de fraîcheur par jour et 218 par nuit qui ont été identifiés pour l’été 2019. La carte a enregistré plus de 40 000 vues pour l’épisode de juin et plus 26 000 vues pour l’épisode de juillet, ce qui témoigne d’une très forte demande d’information des Parisiens sur ce sujet. En parallèle, le dispositif Chalex a été activé afin de repérer les personnes vulnérables et les accompagner si besoin vers des salles rafraîchies. Sur l’été 2019, 8 000 personnes y sont inscrites, elles ont été contactées et certaines ont été accompagnées vers l’une des 41 salles rafraîchies (mairies d’arrondissements, EHPAD, clubs et restaurants sociaux).

    L’adaptation des infrastructures, de l’espace public et des bâtiments

    L’objectif visé pour 2020 est que chaque Parisien se trouve à moins de 7 minutes de marche d’un îlot de fraicheur. Pour ce faire, un travail d’identification a été réalisé par le groupe de travail piloté par la Ville, avec pour résultat la carte sus-mentionnée. Aujourd’hui ce sont 94 % des Parisiens qui se trouvent à moins de 7 minutes de marche d’un îlot de fraicheur.

    De nombreuses solutions d’adaptation ont été déployées sur l’espace public cet été :

    • L’ouverture de 13 parcs et jardins la nuit pour toute la période estivale et de 18 parcs en période de canicule.
    • L’installation de dispositifs de rafraîchissement par l’eau : en plus des 1 200 fontaines à boire, ce sont 48 brumisateurs et 36 prototypes de fontaines 2 en 1 qui ont été testés cet été. Le bilan est positif puisqu’on recense une large utilisation de ces dispositifs expérimentaux avec très peu de dégradations.
    • Le développement des baignades urbaines avec l’ouverture des piscines et bains douches plus tardives en période de canicule, la baignade dans le bassin de la Villette dont la capacité maximale de 1 000 personnes a été atteinte tous les jours cet été, et l’ouverture de 3 bassins éphémères dans les équipements sportifs.
    • La mise en place de cours d’école Oasis (transformation de cours d’école en vue de leur rafraîchissement avec végétalisation, porosité des surfaces, ombre, présence d’eau). Trois écoles ont été transformées en 2018 et une trentaine livrée en 2019. L’objectif est que la totalité des 760 cours d’écoles et collèges parisiens soient transformées d’ici en 2040.
    • Enfin, un travail de recherche sur des matériaux de voirie innovants est mené afin de permettre de faire baisser la température de 2°C

    Pistes d’approfondissement : les projets à mener pour se préparer aux prochaines canicules

    Dans le cadre du groupe de travail sur le rafraîchissement opéré par la Ville de Paris et auquel l’Agence Parisienne du Climat participe, de nombreuses mesures sont envisagées, parmi celles-ci :

    • La multiplication des îlots de fraîcheur : le concept des cours oasis pourrait être répliqué dans d’autres équipements gérés par la ville ou ses partenaires (SNCF, Etat, Région, APHP, bailleurs, congrégations, diocèse).
    • Le Plan Ombre : dès 2020 des études vont être lancées par la Ville de Paris pour effectuer un diagnostic des « ressources en ombre » sur le territoire et sur le recours à des ombrières artificielles.

    L’Agence Parisienne du Climat a également appuyé la Ville pour entamer la concertation autour d’une évolution future de son PLU, qui intégrerait un volet énergie-climat sous forme d’Orientation d’Aménagement et de Programmation (OAP).

    Enfin, la Ville de Paris s’est fixée des objectifs de renforcement de la végétalisation, des zones humides et d’amélioration de la couverture du réseau de froid dans le cadre de son plan climat :

    • Le développement du réseau de froid parisien (qui recouvre actuellement 43 % du territoire) pour éviter le recours à des systèmes de climatisation individuels peu performants et énergivores.
    • Davantage de végétalisation, avec 20 000 arbres de plus en 2020 par rapport à 2014, 30 ha d’espaces verts supplémentaires et 4 forêts urbaines, ainsi que 50 % du territoire en surfaces perméables végétalisées en 2030 (contre 29,6% en 2014).
    • La création de 50 nouvelles zones humides sont prévues d’ici 2030 (aujourd’hui, on recense 209 mares et zones humides dont 21 créées depuis 2014).

    Accompagnement de la rénovation des bâtiments parisiens

    Le confort d’été est désormais un critère indispensable à intégrer dans la rénovation de l’habitat à Paris, cette prise en compte intervient à plusieurs niveaux :

    1. Isoler : agir sur l’enveloppe du bâtiment en utilisant notamment des matériaux biosourcés et en optimisant les systèmes de ventilation ;
    2. Mettre en place des solutions passives pour éviter le rayonnement solaire direct (comme les volets ou les persiennes) ;
    3. Végétaliser les toitures et débitumer les cours d’immeubles ;
    4. Adopter des éco-gestes au quotidien.

    L’Agence Parisienne du Climat accompagne les professionnels au quotidien sur ces thématiques, avec la mise en place de formations et de groupes de travail dédiés. Elle conseille également les copropriétaires qui se lancent dans une démarche d’amélioration de leur habitat. Plusieurs copropriétés ont déjà été suivies sur ce type de projets comme la copropriété de la rue du Couedic, celle de la rue des Artistes dans le 14e arrondissement, ou encore celle de Madame Borsatto, située dans le 18e arrondissement.

    Focus sur la copropriété du 2 rue Ernestine, à Paris 18e

    Madame Borsatto réside au 2 rue Ernestine à Paris dans le 18e arrondissement. Sa copropriété s’est lancée dans un projet de rénovation suite à une injonction reçue pour réaliser le ravalement de la façade. L’obtention de subventions pour ce projet était soumise à l’amélioration de la performance énergétique. La copropriété a donc fait réaliser des travaux d’isolation thermique avec un enduit à base de chaux et de liège (matériaux biosourcés), dont les propriétés permettent de renforcer l’inertie du bâtiment et participent à ce titre à une amélioration significative du confort d’été. Avec seulement 6 cm d’épaisseur, celui-ci a le même pouvoir isolant qu’une Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE) traditionnelle tout en étant beaucoup moins inflammable.

    Depuis la fin des travaux en juin dernier, Madame Borsatto et les copropriétaires de son immeuble ont observé une nette amélioration de leur confort cet été et elle n’a pas du tout utilisé son ventilateur par rapport aux années précédentes.

    Des innovations pour rafraîchir la ville durablement

    Dans le cadre de son travail de veille et de partage des bonnes pratiques, l’Agence Parisienne du Climat identifie, diffuse et accompagne les innovations sur le territoire parisien. Parmi les solutions d’avenir à fort impact de rafraîchissement urbain, l’APC a présenté 2 projets :

    Ylé architecture a développé le projet AIR, lauréat du concours FAIRE 2019 du Pavillon de l’Arsenal, qui permet un rafraîchissement du bâti ancien via un système de végétalisation des cours d’immeubles et de raccordement des conduits de cheminées à ces cours plantées. Ainsi l’air dépollué et rafraîchi est distribué dans les appartements.

    Bocage Urbain, un système d’aménagement paysager modulaire qui propose une gestion alternative des eaux de pluie en créant une synergie entre l’eau et le végétal au cœur de l’espace public. Il contribue au bien-être des citoyens et à l’embellissement de la ville. Ce projet porté par Elodie Stephan et ICADE est en cours de test en grandeur nature pour la première fois sur le Parc des Portes de Paris à Aubervilliers, avec huit modules qui ont été installés et collectent les eaux de toiture d’un bâtiment de 70 m2.

    Les intervenants de l’événement :

    • Karine Bidart : Directrice Générale de l’Agence Parisienne du Climat
    • Cécile Gruber : Directrice des Transitions à L’Agence Parisienne du Climat
    • Frédéric Delhommeau : Directeur Habitat et Rénovation à l’Agence Parisienne du Climat
    • Jérémie Jaeger : Chargé d’étude à l’Agence Parisienne du Climat
    • Raphaëlle Kounkou-Arnaud : Adjointe au responsable Datascience et Consultance, Secrétaire de la commission « Santé-Environnement » du CSM de Météo-France
    • Aubin Gergaud : Chargé de mission Environnement à la Fédération Française du Bâtiment
    • Jean-Paul Clément : représente le syndicat Actibaie (professionnels du store et de la protection solaire)
    • Grégory Lavoué : Chef de projet chez Urbanis
    • Julia Borsatto : copropriétaire du 2 rue Ernestine 75018 Paris
    • Baptiste Laurent : Responsable Open Innovation chez Icade (projet Bocage Urbain)
    • Romain Brochard : Architecte Associé chez Ylé Architectes (projet AIR)