Le décret tertiaire, issu de la loi Énergie-Climat, impose aux bâtiments tertiaires (bureaux, commerces, enseignement, santé, etc.) une réduction progressive de leur consommation énergétique : -40 % d’ici 2030, -50 % d’ici 2040 et -60 % d’ici 2050. Pour les maîtres d’ouvrage, les gestionnaires de patrimoine, les bureaux d’études et les entreprises du bâtiment, ce texte représente à la fois un défi réglementaire et une opportunité pour repenser la performance énergétique des bâtiments.
Comment évaluer la consommation de référence et définir un plan d’action efficace ? Quelles sont les solutions techniques prioritaires (isolation, gestion des fluides, éclairage LED, énergies renouvelables) ? Et comment financer ces travaux grâce aux dispositifs d’aides (CEE, subventions ADEME, fonds européens) et aux économies réalisées ?
Rediffusion de la table-ronde animée lors de la web-conférence du Grand Circuit Énergiser le Bâtiment du 16 juin 2020, spécial « RÉNOVATION ÉNERGÉTIQUE DES BÂTIMENTS TERTIAIRES : ÉNERGIE ET RÉSEAUX (IRVE, FIBRE OPTIQUE, AUTOCONSOMMATION, STOCKAGE…) ».
Avec :
Antoine Vallet, Chargé de mission en efficacité énergétique – SERCE
RÉNOVATION ÉNERGÉTIQUE DES BÂTIMENTS TERTIAIRES : SOLUTIONS, ACTIONS (ENVELOPPE, CVC)
Public
S’adresse aux maitres d’ouvrage publics et privés, collectivités locales, industries, entreprises, bureaux d’études et architectes.
Replay
9h10
Table ronde – Plan de relance : quels objectifs dans le tertiaire ?
Avec ses 8 milliards d’euros de financement alloués au BTP, le plan de relance “France Relance” se base sur une feuille de route richement documentée pour relancer la rénovation énergétique des bâtiments. Dans le cadre du tertiaire, discussion sur les objectifs de travaux fixés en termes de volume et sur les postes clés.
Avec SBA, SERCE, CDC-BANQUE DES TERRITOIRES, MINISTERE
Obligation d’audit, valorisation financière et traitement de l’air
Le bureau d’études ACCEO revient sur l’obligation d’audit énergétique pour les bâtiments tertiaires et sur les échéances de la réglementation. Une présentation suivie d’un focus sur les atouts architecturaux de la rénovation (étanchéité, revalorisation financière, diminution des vacances, relocation rapide et image de l’entreprise) et sur le traitement de l’air dans les locaux (cas d’étude de la pompe à chaleur).
Chauffage : gérer l’intermittence et les zones occupées
Retours sur les atouts du pilotage des équipements terminaux et de la mise en place d’un système de gestion central (GTB), illustrés par des retours d’expérience (collèges). L’occasion de faire un rappel sur les différents types de contrats d’exploitation et sur le rôle de l’exploitant.
Enveloppe du bâtiment : revalorisation du patrimoine et point de vigilance sur l’amiante
Présentation en images de projets de rénovation de l’enveloppe de bâtiments tertiaires et retour sur les gains obtenus (revalorisation architecturale, gains énergétiques…). Focus également sur la problématique amiante : procédures, qualifications professionnelles, délais, coûts…
Responsable Pôle Efficacité énergétique des bâtiments BANQUE DES TERRITOIRES
Éric BALECH
Directeur commercial SPEBI
Jérôme Layer
Directeur marketing WIHA
Anne-Lise DELORON ROCARD
Coordination interministérielle – rénovation énergétique des bâtiments MINISTÈRE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE
Marie SOUPLET
Directeur Général PROCHALOR
Stéphanie CROIZER
Responsable Technique Génie Energétique ACCEO
Bruno DE OLIVEIRA
Architecte Maitre d’Oeuvre ACCEO
Les autres dates du Grand Circuit
Le Grand Circuit Énergiser le Bâtiment en bref
Le Grand Circuit Énergiser le Bâtiment est le rendez-vous de l’ensemble de la filière électrique. L’évènement réunit de nombreux experts, qui décryptent lors des conférences les nombreux sujets complexes que rencontrent la profession et les maîtres d’ouvrage. Grâce à ces échanges de qualité, le Grand Circuit apporte les clés aux différentes parties pour améliorer leur activité et mieux “énergiser” le bâtiment.
Béatrice Poirier, chef de projet Environnement et Energie chez AFNOR CERTIFICATION, précise l’adéquation entre les exigences du décret Tertiaire et l’ISO 50001 et comment mobiliser les acteurs. Présentation du protocole IPMVP, qui permet de calculer l’économie d’énergie par une ou plusieurs actions et les incertitudes de mesure. Le point également sur comment bénéficier des différentes aides financières pour la mise en place de la norme ISO 50001.
Rediffusion de l’intervention d’Afnor Certification lors de la web-conférence du Grand Circuit Énergiser le Bâtiment du 18 mars 2020 “Rénovation énergétique des bâtiments tertiaires : réglementation, audit et financement”.
Avec :
Béatrice Poirier, chef de projet Environnement et Energie chez AFNOR CERTIFICATION
La norme ISO 50001 est reconnue comme un outil opérationnel et structurant pour s’engager dans une transition énergétique et la mettre en œuvre. Explications avec Béatrice Poirier, chef de projet Environnement et Énergie chez Afnor Certification.
La démarche ISO 50001 est-elle une réponse aux exigences du décret tertiaire ?
L’ISO 50001 est avant tout une norme portant sur l’amélioration de l’efficacité énergétique, que ce soit dans le secteur du tertiaire ou dans celui de l’industrie. Cette méthode peut tout à fait s’appliquer pour répondre de manière efficace aux exigences du décret tertiaire. La certification porte cependant sur une organisation, et non sur un ouvrage comme dans le cas des certifications HQE, BREAM ou LEED. Notons par ailleurs que, pour les entreprises de plus de 250 salariés, la norme permet d’être exempté de l’audit énergétique à réaliser tous les quatre ans.
En quoi consiste la démarche ?
L’ISO 50001 est un outil de management. La norme ne spécifie pas un niveau par défaut d’amélioration de la performance, c’est ainsi à chaque entreprise de définir son objectif en fonction d’un état des lieux.
Cela passe tout d’abord par l’analyse du contexte de l’entreprise par rapport à sa situation énergétique. Elle peut prendre la forme d’une réflexion stratégique sur le mix énergétique, sur une nouvelle réglementation telle que le décret tertiaire, sur des données marchés, ou encore sur l’opportunité de profiter d’un réseau de chaleur installé à proximité des locaux. L’entreprise doit également identifier les exigences légales en matière d’énergie et réfléchir à comment les mettre en application.
Étape cruciale, la revue énergétique qui s’en suit s’apparente à un audit énergétique que l’organisme se serait approprié. Ici, l’entreprise doit se poser un ensemble de questions : quelle quantité d’énergie est consommée ? À quels postes ? Pour quelles raisons ? Quels sont les paramètres qui font varier cette consommation ? L’objectif de cette analyse est d’examiner les usages énergétiques les plus importants et ceux sur lesquels existe un potentiel d’amélioration.
L’entreprise doit également identifier et intégrer dans la démarche les acteurs clés de son organisation, c’est à dire ceux qui ont un impact sur les éléments pouvant jouer sur la consommation énergétique. Elle définit également une équipe “énergie”, pluridisciplinaire, dont le but sera de s’assurer de la mise en oeuvre de l’organisation.
Une fois ces étapes franchies, l’entreprise peut définir une consommation de référence, fixer des objectifs et définir un plan d’action : sensibilisation du personnel, rénovation de la chaufferie, changement d’énergie, installation de capteurs…
Ce plan d’action doit faire l’objet d’un suivi avancé : réaliser des mesures pour s’assurer que les actions ont bien les effets escomptés, ce qui implique notamment un comptage et un sous-comptage de l’énergie ; s’assurer que les personnes aux postes clés sont correctement formées à la performance énergétique ; réaliser des audits internes ; définir les bonnes pratiques à chaque poste ; réaliser une revue de management, réunion pendant laquelle l’équipe “énergie” présente tous les résultats du système de management de l’énergie et définit de nouveaux objectifs avec la direction. La norme demande également à ce qu’il y ait une réflexion sur les achats d’équipements, d’énergie ou de services pour sélectionner les offres les plus compétitives sur le plan énergétique, tout en prenant en compte le cycle de vie de l’équipement. Aussi, dès lors que l’entreprise rénovera des parties d’un bâtiment, elle devra en profiter pour penser efficacité énergétique.
Quelles sont les étapes de la certification ?
Chez Afnor Certification, nous allons certifier la capacité d’une organisation à mettre en oeuvre un plan d’action et à en mesurer les résultats, en vue d’améliorer la performance énergétique. La certification ISO 50001 fonctionne de la même manière que l’ISO 9001 ou 14001, avec un audit initial de certification puis des audits de certification annuels. Le certificat est émis pour une durée de 3 ans.
En cas de non-conformités majeures, l’entreprise dispose de 6 mois pour retravailler les points faibles indiqués lors de l’audit. Un second audit est ensuite réalisé. Pour accompagner ses clients en amont, Afnor Certification propose une solution de “visite d’évaluation”, où un auditeur se déplace pour réaliser un audit à blanc avant l’audit de certification.
De quelle aide financière peut-on bénéficier ?
Dans le cadre des CEE, le programme PRO-SMEn verse une prime aux entreprises et collectivités qui mettent en place un système de management de l’énergie certifié ISO 50001. Gérée par l’Association technique énergie environnement (ATEE), cette aide permet de débloquer une enveloppe pouvant atteindre 40 000 euros.
Les installateurs électriciens ont une position idéale pour accompagner les entreprises dans la réalisation de leurs objectifs de performance énergétique des bâtiments tertiaires. Hervé Jacques, directeur du développement de Formapelec, présente une nouvelle formation dédié aux dirigeants et chargés d’affaires des entreprises d’installation électrique.
Comment accompagnez-vous les entreprises d’électricité vis-à-vis des conséquences du nouveau décret Tertiaire ?
Formapelec a lancé en mai 2020 une nouvelle formation en classe virtuelle dédiée à la compréhension de l’impact du nouveau décret du bâtiment relatif aux obligations d’action de réduction de la consommation d’énergie. Il s‘agit d’une formation à distance, d’une durée de 7h00 (2 séquences de 3h30 réparties sur 2 jours), qui s’adresse aux dirigeants d’entreprises d’installation électrique et aux chargés d’affaires. Son but est de leur fournir tous les arguments pour conseiller leurs clients et leur proposer les solutions et les plans d’actions qui s’imposent pour atteindre les objectifs définis dans le décret Tertiaire.
Quel est le contenu de cette formation ?
Elle aborde en premier lieu le volet réglementaire, avec un panorama des divers labels du bâtiment tertiaire et la définition du cadre normatif et de ses objectifs. Nous abordons également le volet financier, avec notamment les aides publiques et privées, ainsi que les certificats d’économie d’énergie (CEE) et leur valorisation.
Une part importante de la formation est dédiée à la rentabilité des actions d’entreprises. Il s’agit d’étudier l’impact concret de la réglementation sur les bâtiments en termes d’énergie, de puissance, de coûts énergétiques ou encore de mesures énergétiques. La notion de suivi dans le temps du bâtiment étant primordiale, la formation s’attarde également sur la bonne observation de la performance énergétique à travers notamment des données récoltées.
Pendant le volet pratique, nous abordons la plateforme Opérat (Observatoire de la Performance Énergétique, de la Rénovation et des Actions du Tertiaire) et son principe, avec ses échéances pour le recueil des données de consommations énergétiques annuelles du bâtiment. Développée par l’Ademe afin de recueillir les données des audits de consommation énergétiques, cette plateforme doit permettre un meilleur accompagnement des acteurs du tertiaire dans la transition énergétique.
Sont également abordés des exemples d’architectures de mesures pour assurer le suivi énergétique des bâtiments et leurs R.O.I, ainsi que la définition des besoins :
que veut on mesurer, surveiller et comment l’exploiter ?
Quelle organisation à mettre en place ?
Quels indicateurs de performance ?
Quelle Communication ?
Quel plan d’actions ?
Quel périmètre cible ?
Évolutive et interactive, la formation est actualisée régulièrement en fonction de la réglementation et des demandes des stagiaires. Si dans un groupe, ces derniers souhaitent collégialement traiter un point particulier, il sera traité par le formateur.
Quelles compétences seront renforcées chez les installateurs avec le décret tertiaire ?
La problématique de performance énergétique des bâtiments trouve des réponses dans les technologies émergentes, telles que le solaire photovoltaïque, les bornes de recharge de véhicules électriques et les automatismes du bâtiment (GTB et pilotage de l’énergie). Toutes nos formations sur ces sujets suivent systématiquement le contexte technique et réglementaire, le décret tertiaire y est donc évoqué.
Pour les entreprises électriques, toutes ces réglementations sont des opportunités exceptionnelles de développement qui offrent de véritables perspectives d’avenir.
Le monde de la formation aussi évolue.
Tout à fait, nous sommes en train de révolutionner notre système de formation avec de nouveaux formats en classes virtuelles ou en e-learning couplé avec du présentiel. Dans le cadre d’une classe virtuelle, les stagiaires et les formateurs se retrouvent en même temps sur une plateforme où ils peuvent échanger des documents, communiquer et interagir. Cette plateforme nous permet ainsi de diffuser des diapos, des films, des photos ou des schémas. Les formateurs sont également munis de tablettes graphiques pour écrire et réaliser des schémas à la main.
Rediffusion de la table ronde lors de la web-conférence du Grand Circuit Énergiser le Bâtiment du 18 mars 2020.
Le sujet
Décret Tertiaire : réglementation, audit et suivi de l’amélioration de la performance
> Quelles conséquences pour les maîtres d’ouvrage (bâtiments concernés, maîtres d’ouvrage concernés, calendrier, objectifs, sanctions, arrêtés à venir). > Comment sensibiliser les utilisateurs aux enjeux ? > Quelles stratégies mettre en oeuvre (BBC, bas carbone…) ? > Comment intégrer les certifications actuelles à cette nouvelle obligation ? > Retour d’expérience et sources de financement.
Intervenants
ANTOINE VALLET, chargé de mission en efficacité énergétique au SERCE
PIERRE-OLIVIER VIAC, chef de projet transition énergétique et développement durable à la CCI de France
JEAN-ERIC FOURNIER, directeur du développement durable de COVIVIO
MARC LEREAU, chef de projet « Maîtrise de l’Energie au sein de la DHUP
XAVIER FAURE, animateur du Grand Circuit
BENJAMIN TAÏS, chargé de contenu Améliorons la Ville
Avec le décret Tertiaire, les pouvoirs publics posent pour objectif de réduire de 40 % la consommation énergétique des bâtiments tertiaires d’ici 2030 par rapport à leur niveau en 2010. Pierre Blanchet, responsable Innovations Building Solutions chez Vinci Énergies, éclaire sur la faisabilité de la réglementation et sur les moyens d’y parvenir.
Les objectifs du décret Tertiaire sont-ils atteignables ?
Vinci Énergies a réalisé une estimation de la faisabilité du décret sur sa première échéance (2030). Pour cela, nous sommes parti d’un parc tertiaire moyen se situant autour de 250 KWh d’énergie finale par m2 et par an. Sur cette base, nous avons imaginé et pondéré quatre groupes d’actions de performance énergétique :
Les actions sur l’utilisation des bâtiments, c’est-à-dire visant à améliorer les pratiques des occupants et à leur donner des points de repère sur des actions simples permettant de diminuer les consommations d’énergie, le plus souvent sur le chauffage et la climatisation.
Les actions de pilotage du bâtiment. On rentre ici dans les actions plus techniques touchant aux systèmes de régulation thermique et aux systèmes de GTB (gestion technique du bâtiment). Il s’agit le plus souvent de remplacer ces systèmes ou de les mettre en place quand ils sont inexistants.
La rénovation des équipements techniques dans leur ensemble (équipements de CVC, éclairages, et autres éléments sous plafonds).
Et la rénovation lourde, telle que l’isolation thermique par l’extérieur ou par l’intérieur.
En mettant en perspective plusieurs hypothèses, nous avons conclu qu’un effort très important sur ces deux premiers postes – qui sont les investissements les moins importants – permettrait de se rapprocher de l’objectif de 40 %. Ce n’est donc pas forcément en plaçant tous les efforts dans la rénovation lourde que cet objectif sera atteint, mais en mixant ces quatre types d’actions.
Avez-vous des exemples de solutions offrant d’importants résultats ?
Il y a tout d’abord le relamping, qui est à l’heure actuelle déjà très déployé. Il s’agit de remplacer les éclairages anciens par des LED, qui consomment moins et qui ont une durée de vie plus longue. De plus, le temps de retour est très court.
On peut aussi agir sur la mise à niveau des régulateurs de climatisation et chauffage. Ceux installés il y a une vingtaine d’années sont des systèmes électroniques, tandis que les nouveaux sont numériques, beaucoup plus performants et faciles à piloter à distance. Ces systèmes doivent fournir la régulation la plus fine possible : une bonne installation fera ainsi osciller la température entre 19,5 et 20,5°C, quand un équipement plus ancien s’accompagnera d’un écart compris entre 17 et 23°C, une situation qui n’est pas confortable et qui consomme plus d’énergie.
Je peux également citer le pilotage des installations au travers des systèmes de GTB, qui permet d’agir sur l’exploitation du bâtiment : enclencher l’éclairage, la climatisation ou le chauffage à distance, créer des calendriers, lancer des scénarios anticipatifs à partir de données extérieures… Ces systèmes sont d’autant plus intéressants que leur coût a beaucoup diminué ces dernières années.
Comment assurer la performance de ces systèmes dans le temps ?
Le suivi est absolument indispensable ! On distingue l’entretien, qui consiste à s’assurer que le bâtiment reste en bon état ; la maintenance, qui permet d’optimiser, d’améliorer et de renforcer les rendements des systèmes ; et la conduite, où l’on s’assure que les systèmes de production sont en adéquation avec la demande.
Aussi, les actions de performance énergétique s’accompagnent souvent d’un “effet rebond”, qui intervient lorsque les usagers relâchent leurs efforts sur leur consommation quand les systèmes sont moins énergivores. Vinci Énergies propose donc de coacher les utilisateurs et le personnel d’entretien afin de maintenir dans le temps les économies obtenues. Les contrats de performance énergétique offrent un cadre idéal pour insuffler les bons réflexes et parvenir aux objectifs.
À travers un décret d’application, la loi Élan pose un objectif de réduction des consommations énergétiques des bâtiments tertiaires à horizon 2030. Les entreprises de la transition énergétique et numérique ont une place centrale dans la mise en œuvre de cette mutation. Explication avec Anne Valachs, Directrice générale du SERCE.
Avec le nouveau décret Tertiaire, quel est le potentiel d’activité pour les entreprises du SERCE ?
Le texte pose des objectifs clairs : la réduction de 40 % de la consommation d’énergie finale en 2030 par rapport à 2010, 50 % en 2040 et 60 % en 2050. Le potentiel d’activité pour les entreprises du SERCE est très important, puisque sur les 900 millions de m² concernés, seulement 1,5 % est rénové à l’heure actuelle. Nous avons calculé qu’avec 1 % de plus, on créerait 40 000 emplois supplémentaires.
Nos adhérents travaillent depuis longtemps dans l’efficacité énergétique du bâtiment et sont particulièrement bien placés pour réaliser ces rénovations. D’autant plus que la part de l’électricité augmente continuellement au sein des bâtiments du tertiaire, avec notamment le développement de la bureautique, de la climatisation et des équipements spécifiques aux activités spécialisées (hôpitaux, hôtels, écoles, restaurants…), ainsi que la production d’énergie en autoconsommation, le pilotage de l’éclairage et de la température, ou la mise en place de l’IoT qui accompagne ces systèmes. Qu’elles soient petites, moyennes ou grandes, les entreprises du SERCE se retrouvent dans toutes ces activités.
Comment accompagnez-vous les entreprises sur ce sujet ?
Sur le plan des compétences, nos entreprises sont déjà prêtes. Pour attirer les jeunes vers ces métiers, nous avons mis en place des outils (comme le site www.metiers-electricite.com) et menons des actions de communication auprès des écoles.
Le SERCE les accompagne également en mettant à leur disposition des outils pour sensibiliser les propriétaires concernés. Il s’agit de rassurer ces derniers quant aux objectifs fixés et de leur expliquer la faisabilité des projets. Nous avons pour cela réalisé et mis en ligne quatre vidéos : une première pour décrypter le décret Tertiaire, ses objectifs et les moyens pour y répondre ; une deuxième sur l’efficacité énergétique et les leviers d’action ; et deux autres vidéos, plus spécifiques, sur les Contrats de Performance Énergétique. Elles servent aussi bien aux clients des entreprises qu’à leurs équipes en interne, qui pourront s’approprier le raisonnement et la pédagogie du support.
Nous avons aussi animé une conférence en novembre sur le Salon des Maires afin de toucher les maîtres d’ouvrage publics, qui ne sont pas forcément au courant de la réglementation. L’occasion pour des adhérents du SERCE de présenter des exemples concrets de réalisations et les conséquences sur les budgets de fonctionnement.
En parallèle, le SERCE répond à des interviews sur différents supports et co-organise cette année le Grand Circuit Énergiser le Bâtiment, toujours dans le but d’expliquer le décret Tertiaire et le rôle que la profession peut jouer pour accompagner les maîtres d’ouvrage concernés.
Que doivent développer les entreprises ?
Quand on fait de la rénovation énergétique, il faut penser contrat de maintenance. Les économies ne tiennent pas sur la durée si les équipements ne sont pas maintenus. Les entreprises doivent veiller à rappeler aux maîtres d’ouvrage qu’il s’agit d’une prestation indispensable pour maintenir leurs performances et remplir leurs objectifs. Je pense que le mouvement est lancé avec le décret Tertiaire.
Le SERCE a participé à la concertation sur la nouvelle réglementation.
Nous avons en effet participé à la concertation et à tous les groupes de travail mis en place par le ministère. Chacun de ces groupes correspondait à une typologie de bâtiment. Nous avons invité des experts de nos entreprises pour enrichir la discussion par des exemples concrets de réalisations avec les pourcentages d’économie d’énergie réellement obtenus. Les parties prenantes ont ainsi mieux compris l’intérêt et la faisabilité de ces rénovations.
À présent, le SERCE poursuit ses travaux de sensibilisation au sein des institutions publiques. Sur la question des solutions de financement de la rénovation par exemple, nous proposons d’intégrer de nouvelles fiches standardisées de Certificat d’Économie d’Énergie.