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  • « Le choix du laboratoire d’analyses est plus que jamais déterminant »

    « Le choix du laboratoire d’analyses est plus que jamais déterminant »

    Sur un marché du diagnostic toujours plus rigoureux, s’associer à un laboratoire dont la fiabilité est reconnue et éprouvée est plus que jamais un facteur différenciant. Pascal Haller, Directeur Technique Europe pour le réseau Eurofins Analyses pour le Bâtiment revient sur les éléments qui distinguent Eurofins des autres laboratoires.

    Pascal, vous êtes depuis plus de vingt ans dans le milieu de l’analyse des matériaux du bâti. Sur quoi les laboratoires doivent-ils se baser afin de rendre des rapports fiables ?

    Les laboratoires d’analyses peuvent s’appuyer sur de multiples documents (LAB GTA 44, ISO VDI, HSG 248 par exemple, ou encore d’autres normes et publications scientifiques) pour connaître les bonnes pratiques à mettre en œuvre.

    L’analyse des fibres d’amiante dans les matériaux est basée depuis des dizaines d’années sur des méthodes de préparation et de dépôt pour la microscopie à transmission. Ces méthodes sont validées de manière exhaustive sur toutes les matrices qui entrent dans la composition des échantillons du bâti avec notamment une problématique de charge minérale naturelle importante. Cette validation a été décrite dans le LAB GTA 44, elle est également présente dans la norme ISO 17025. Au sein d’Eurofins, nous priorisons la pertinence de la méthode à travers une validation exigeante, même si cela représente un investissement élevé.

    Pourquoi adapter le mode de préparation en fonction de la nature de l’échantillon ?

    Chaque échantillon est différent et répond à des propriétés mécaniques et chimiques propres à sa composition. Il est alors nécessaire d’adapter le mode de préparation à chaque échantillon (à chaque couche de celui-ci) ou, comme le fait Eurofins, de définir un mode de préparation basé sur une suite de traitements qui peuvent s’appliquer pour l’ensemble des matrices que l’on retrouve dans les matériaux du bâti ou matériaux naturels.

    Les dispositions techniques des laboratoires Eurofins sont de décrire et de traiter l’échantillon par couche (sans mélange) lorsque cela est possible. Puis la « libération » et la concentration des fibres sont produites par une succession de traitements indépendants de la matrice. Ce processus est évidemment plus complexe et plus couteux pour les laboratoires qu’une préparation simpliste basée sur une méthode de préparation unitaire de l’échantillon (exemple broyage au mortier dans de l’eau/solvant), mais il permet une atteinte systématique de la Limite de Détection (LD) quelle que soit la matrice.

    Quelle concentration d’amiante une analyse doit-elle être en mesure de détecter ?

    En France, la Limite de Détection des fibres d’amiante n’existe malheureusement pas encore au niveau réglementaire. Toutefois certaines normes apportent des réponses comme le guide du COFRAC relatif à la recherche de l’amiante dans les matériaux du bâti (LAB GTA 44). La limite de détection est inférieure à 0,1 % en masse dans ce guide, c’est aussi le cas dans les normes ISO. L’atteinte de cette limite de détection exige cependant des prérequis : une quantité minimale de prise d’essai, une méthode capable de réduire le liant qui englobe les fibres et capable de concentrer les fibres d’amiante. La relation avec l’opérateur de repérage est alors essentielle pour définir un protocole de prise d’essai en intégrant ses contraintes. Afin de vous garantir la justesse des analyses, les laboratoires Eurofins affichent depuis plusieurs années cette limite de détection sur les rapports. Nos méthodes sont également en constante évolution grâce à nos équipes d’amélioration continue « Lean » et « Recherches et Développement » pour fiabiliser la reproductibilité de nos analyses.

    Vous mentionnez la séparation des différentes couches d’un échantillon, cette pratique est-elle obligatoire ?

    Lorsqu’un échantillon contient plusieurs couches et qu’il est possible de réaliser un essai sur chacune d’entre elles sans inter-contamination, cette séparation est obligatoire selon le LAB GTA 44 et la HSG 248 Annexe 2. La séparation permet de garantir les limites de détection en évitant la dilution des fibres. Elle apporte un maximum d’informations au Client puisqu’elle lui indique, lorsque de l’amiante est détecté, dans quel matériau il se situe précisément.

    Eurofins a fait le choix de pratiquer la séparation systématique des couches pour fournir à ses Clients des services analytiques de qualité.

  • Défaut de qualité de l’air intérieur : causes et solutions

    Défaut de qualité de l’air intérieur : causes et solutions

    De par les contraintes techniques et réglementaires qu’il impose, le contrôle de la qualité de l’air intérieur constitue un enjeu pour le marché de la construction et de la rénovation. Jean-Michel Catherin, président de Testoon, nous détaille les implications, les imbrications, et quelquefois les manques, des techniques et de la réglementation régissant le contrôle de la qualité de l’air intérieur.

    La qualité de l’air intérieur recouvre des enjeux fondamentaux. Comment s’articulent-ils ?

    Avant toute autre chose, la qualité de l’air intérieur est un enjeu de santé publique. Depuis quelques années, de nombreuses études ont été menées pour déterminer les raisons de l’émergence constatée de certaines pathologies liées à des typologies d’environnements précis. De nombreux travaux ont ainsi été menés sur la qualité de l’air extérieur, liée à la présence d’hydrocarbures, de pollutions industrielles, de benzènes, etc.

    En parallèle, des travaux ont été réalisés sur la qualité de l’air intérieur qui, elle, concerne les environnements fermés (ERP, bureaux) voire confinés (habitacles de voitures, de camions, de trains), dont font partie les habitations disposant d’un système d’échange d’air intérieur/extérieur contrôlé, c’est-à-dire d’une VMC double flux ou de systèmes d’échange d’air contrôlé permettant d’éliminer les échanges d’air parasites pour optimiser les risques sanitaires et garantir leur efficacité énergétique.

    Et c’est précisément cet équilibre entre l’enjeu sanitaire et les exigences énergétiques qui constitue une véritable quadrature du cercle. Sur le bâti ancien, cet équilibre était maintenu par l’absence d’une isolation efficace, qui garantissait une circulation d’air optimale, mais au prix d’une efficacité énergétique désastreuse…

    La qualité de l’air intérieur s’évalue au regard de plusieurs critères : la concentration en CO2 qui, correctement traitée, permet de déduire un indicateur de confinement, la température, et le taux d’hygrométrie, qui est essentiel à une bonne hygiène de vie et doit être compris entre 40% et 60%.

    L’étanchéité du bâti, la ventilation et la qualité de l’air constitue donc un triptyque à équilibrer pour garantir à la fois les enjeux sanitaires et énergétiques.

    Comment la réglementation fait-elle en sorte d’assurer cet équilibre ?

    En vue de concentrer les efforts sur la maîtrise des consommations énergétiques, la réglementation a surtout mis l’accent sur l’étanchéité à l’air. C’est logique : plus on améliore le confinement des habitations, moins vite elles se refroidissent et donc, moins elles consomment. Mais la réglementation n’a pas instauré de mesures aussi importantes quant à l’efficacité de la ventilation.

    Dès lors que le rapport entre étanchéité et ventilation est déséquilibré, des problèmes apparaissent inévitablement, qui s’expliquent par l’apport à la fois de polluants extérieurs (benzène) et intérieurs, notamment des gaz émis par des matériaux, les fameux COV, et d’autres issus de la décomposition des colles et des solvants, comme les formaldéhydes.

    Pour faire face à cela, la réglementation s’est surtout concentrée sur la lutte contre l’origine des pollutions. Essentiellement, le législateur a accentué la lutte contre la pollution extérieure, notamment issue de la circulation automobile, et, pour la pollution intérieure, à bannir les matériaux fortement émissifs en formaldéhydes (vernis, colles, et autres adjuvants chimiques), via des normes imposées aux fabricants.

    En ce qui concerne la ventilation, la réglementation affiche toutefois un retard plus que conséquent, puisque les dispositifs applicables datent des années 80, quand les VMC dans l’habitat ont été rendues obligatoires pour les bâtiments neufs.

    Quelles sont les conséquences de cette obsolescence sur le marché de la construction et de la rénovation ?

    On se retrouve avec des bâtiments « neufs », c’est-à-dire postérieurs à 1982, avec une VMC qui ne répond pas forcément aux normes d’isolation modernes ; des bâtiments anciens (construits avant 1982) rénovés aux normes modernes qui disposent d’une VMC ; et d’autres qui n’en ont pas. Par ailleurs, l’isolation aux normes actuelles des bâtiments anciens, si elle n’intègre pas une ventilation réellement efficiente, risque de générer des problèmes de qualité de l’air intérieur, en rompant l’équilibre hydrologique et aéraulique du bâti.

    De plus, les exigences de la ventilation ne prennent pas en considération les nouveaux systèmes constructifs : souvent mal installés, mal dimensionnés, et mal entretenus, les systèmes de ventilation ne sont pas ou peu opérants dans l’immense majorité (70%) du parc immobilier. Nous sommes face à un énorme déficit qui va devoir être pris en compte par les pouvoirs publics.

    Des labels se mettent actuellement en place sur le sujet, qui prennent en compte la qualité de la ventilation, via des contrôles de l’étanchéité à l’air du réseau aéraulique, sa fonctionnalité, la performance du système. Je pense notamment au protocole Promevent pour l’habitat, et celui pour le tertiaire qui est en cours de rédaction. Rédigé par les acteurs publics de l’amélioration de l’habitat et par des professionnels, il décrit le protocole de mise en place d’une ventilation efficace, et va servir de base à de future réglementation. A minima, ce protocole a vocation à devenir une norme.

    Entre contrôles, mesures des polluants et qualité de l’air effective, comment agir concrètement dans les bâtiments ?

    La qualité de l’air intérieur est parfaitement monitorée, mais la ventilation doit absolument être prise en compte. Initialement mis en place dans les maternelles et les crèches, les contrôles de qualité de l’air intérieur seront applicables à tous les ERP d’ici 2023. On a donc une montée en puissance progressive de ces dispositifs qui obligent les maîtres d’ouvrages à contrôler le CO2, les formaldéhydes, et le benzène.

    Mais souvent, c’est le mode d’occupation d’un bâtiment qui va déterminer la pertinence des contrôles à effectuer et les modes de ventilation à utiliser. Par exemple, dans une salle de classe occupée, le profil de CO2 va très vite grimper de 500 ppm à 2000 ppm, qui est un taux dangereux. S’il est mesuré par capteurs en continu, les données obtenues n’auront pas d’utilité car la concentration va dépendre des modes d’utilisation, dont il faut pouvoir apprécier l’impact. Il est préférable d’enregistrer ce taux en continu pendant 5 jours, chaque minute. Ces données, horodatées et croisées avec le planning d’utilisation des lieux, va permettre de définir les mesures à prendre, qui seront soit de simple hygiène (ouverture régulière des fenêtres), soit d’installation de dispositifs de ventilation.

    La réglementation devrait évoluer dans ce sens en passant d’une obligation de surveillance à une obligation de maîtrise. Cette disposition figurait d’ailleurs parmi les amendements déposés dans le cadre du projet de loi ELAN (Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique).

  • Accompagner la rénovation thermique au plus près – avec l’ALEC Grand Paris Seine Ouest Energie

    Accompagner la rénovation thermique au plus près – avec l’ALEC Grand Paris Seine Ouest Energie

    L’Agence Locale de l’Énergie et du Climat (ALEC) Grand Paris Seine Ouest Energie conseille les copropriétaires dans leurs projets de rénovation. Aspects techniques, dispositifs financiers mobilisables, conseils méthodologiques… son champ d’action est vaste et se veut pragmatique, avec un programme de conférences et de visites dédiées aux copropriétaires et la mise à disposition d’outils notamment par le biais du CoachCopro. Le point avec Sandrine CONRATE, chargée de mission Copropriétés.

    Pouvez-vous nous présenter l’ALE et ses missions ?

    L’Agence Locale de l’Énergie et du Climat a été créée en 2008 à l’initiative de Grand Paris Seine Ouest (GPSO) pour contribuer à la mise en œuvre opérationnelle de sa politique énergie-climat. La mission principale de l’ALEC est d’accompagner les maîtres d’ouvrage du territoire, tant professionnels que particuliers, dans la maîtrise de leurs consommations d’énergie et de promouvoir les énergies renouvelables.

    Nous sommes actuellement 5 personnes au sein de l’agence, dont 2 conseillères énergie FAIRE*, chargées de l’information et du conseil aux habitants du territoire, qu’ils résident en maison individuelle comme en copropriété, et une conseillère dédiée au pôle professionnel qui agit plus en direction des collectivités territoriales et des bailleurs sociaux. Le financement des actions de l’ALEC est assuré conjointement et à titre principal par GPSO, l’ADEME, et la Région Ile-de-France. Le bilan est encourageant, puisque depuis sa création, l’ALEC a enregistré plus de 4000 demandes d’information sur la maîtrise de l’énergie. A ce jour, nous suivons 210 copropriétés dans leurs projets de rénovation énergétique.

    * L’ALEC est membre du réseau FAIRE, service public qui guide les particuliers dans leurs travaux de rénovation énergétique.

    Vous avez mis en place et animez le « Club Copro ». En quoi consiste-t-il ?

    Le « Club Copro » est un outil développé depuis 2012 au sein de l’ALEC, qui a pour vocation d’accompagner des copropriétés ayant une ambition de rénovation performante. Nous proposons ainsi à une quinzaine de copropriétés à différents stades d’avancement dans leur projet un espace d’échange régulier sur leur avancement, leurs chantiers, les difficultés rencontrées et les solutions mises en œuvre.

    Ces partages d’expériences sur des projets en cours ou terminés permettent aux participants de découvrir des méthodes de travail efficaces, d’envisager des pistes de réflexion et d’identifier des clés de réussite. C’est aussi l’occasion d’aborder les nouveautés techniques et réglementaires ou encore les évolutions des aides financières.

    Comment assurer la réussite d’un projet de rénovation thermique ?

    La première étape est de convaincre l’ensemble du conseil syndical de l’intérêt de suivre et maîtriser les charges énergétiques. Un projet de rénovation ne peut pas être porté par une personne seule, il faut un consensus au sein du conseil syndical pour crédibiliser l’action et s’assurer de la confiance des copropriétaires.
    L’argument de la maîtrise des charges est cependant rarement suffisant pour déclencher le vote de travaux généralement onéreux. Il est indispensable de bien identifier l’ensemble des arguments pouvant favoriser l’adhésion des copropriétaires et envisager le projet de manière globale : confort, mise aux normes, valorisation esthétique, préservation patrimoniale, amélioration de la valeur immobilière, création d’espaces…

    Ensuite, Il faut avoir en tête la temporalité des travaux, qui est parfois sous-estimée par les copropriétaires. Un projet de rénovation prend en général entre 3 et 5 ans, quand tout se passe bien. La copropriété est un monde particulier, un habitat privé mais pour lequel les décisions sont prises collectivement, une fois par an en assemblée générale. La communication avec les copropriétaires est ainsi fondamentale. Il est indispensable de dissocier les temps d’information des temps de décision, afin que les copropriétaires puissent donner un avis éclairé. Sans préparation, il y a un vrai risque de non adhésion, et possiblement un blocage. Il faut donc préparer le terrain avant, via des réunions, de l’affichage, du porte-à-porte… Cela fait partie des conseils méthodologiques que nous délivrons aux copropriétés que nous accompagnons, qui nous semblent essentiels pour favoriser la concrétisation des projets.

    Un accompagnement extérieur est également un facteur-clé de succès. C’est entre autres choses notre rôle (sans pour autant jouer le rôle d’assistant à maîtrise d’ouvrage) que celui de tiers de confiance, en informant, en conseillant sur les aspects techniques, financiers, méthodologiques.

    Comment trouver les moyens de financement ?

    L’ALEC informe les copropriétaires de manière large sur les aides financières et fiscales mobilisables et sur les possibilités de financement du reste à charge. Nous insistons aussi sur les exigences à intégrer pour bénéficier de l’ensemble de ces dispositifs.

    Pour favoriser l’acceptabilité du projet, il est essentiel que les copropriétaires sachent précisément quel sera le montant de l’investissement leur revenant, de quelles aides ils pourront bénéficier et de quelle manière ils pourront financer le reste à charge sans que cela ne les mette en difficulté. Dans ce sens, nous conseillons vivement l’intervention d’un ingénieur financier pour optimiser les aides existantes et présenter les aspects financiers du projet de manière individualisée.

    GPSO porte également un dispositif appelé « Mieux chez Moi », qui permet d’accompagner les ménages éligibles à la mobilisation des aides de l’ANAH et/ou du département des Hauts-de-Seine. Des conseillers « Mieux chez Moi » peuvent accompagner les copropriétaires dès lors que les travaux ont été votés.

    Au-delà des aspects financiers, qui demeurent le nerf de la guerre, il faut bien comprendre les nombreux avantages à réaliser une rénovation énergétique : maîtrise des charges, amélioration du confort d’usage (thermique, acoustique, esthétique…), amélioration de la valeur patrimoniale… Certains bureaux d’études sont capables de chiffrer l’augmentation de la valeur patrimoniale, qui peut être un véritable argument pour convaincre les copropriétaires.

  • Des infrastructures électriques interopérables pour les usages d’aujourd’hui et de demain

    Des infrastructures électriques interopérables pour les usages d’aujourd’hui et de demain

    Legrand entend répondre aux enjeux de demain en tenant compte de l’ensemble de l’écosystème de son secteur, avec certes l’ambition d’être partout, mais sans avoir l’illusion de pouvoir toujours y dominer seul. En résulte la double exigence de l’intelligence collaborative et de l’interopérabilité. Le point avec Emmanuel Ballandras, directeur des partenariats France chez Legrand.

    Comment accompagnez-vous la démocratisation du bâtiment connecté ?

    Le marché est indéniablement porteur, et ce sont les installateurs électriciens qui sont nos meilleurs ambassadeurs auprès de leurs clients. Sur les marchés importants, nous ne voyons plus passer un seul appel d’offres de promotion immobilière qui n’intègre pas des caractéristiques de logement ou bâtiment connecté. A ce jour et pour les quelques mois à venir, plus de 10 000 logements neufs sont prescrits et seront équipés avec nos solutions connectées en France. Tous les jours, ce chiffre est alimenté par de nouveaux succès commerciaux, grâce à la pertinence de nos offres et au dynamisme de nos équipes de vente. Par ailleurs nous avons déjà enregistré plus de 8 000 téléchargements de Home + Control, notre Application de pilotage du logement connecté « by Legrand ».

    Legrand propose toute une large gamme de matériels connectés dont les API (Application Programming Interface) sont en accès libre sur notre portail développeurs « Works with Legrand » (developer.legrand.com). Pourquoi une telle volonté d’ouverture ? Simplement parce que Legrand est bien conscient que tout n’est pas « Legrand » dans une maison. Il nous paraît donc indispensable de faire en sorte que nos produits puissent être interopérables avec ceux d’autres fabricants.

    D’autant plus que nous n’avons pas vocation d’être un fournisseur de service. Nous nous voulons plutôt « générateurs de service tiers », et espérons que ces nouveaux services sublimeront nos solutions et en accélèreront la prescription. Grâce à un espace tel que « Works with Legrand », nous offrons un environnement favorable pour initier, encourager et faciliter le travail d’innovation, et ainsi amener les acteurs spécialisés dans les services à les mettre en place en s’appuyant sur nos produits et les données qu’ils génèrent.

    Legrand est également présent sur le marché de la recharge des véhicules électriques (IRVE).

    Comme pour le reste de nos produits, nous sommes toujours dans la logique d’être en capacité de fournir une solution complète pour les particuliers et les emplacements collectifs. A cette exception près que les installations collectives nécessiteront une gestion supplémentaire : réservation des bornes, gestion de la charge, gestion de la facturation des utilisateurs, etc.

    Nous proposons donc des solutions complètes adaptées à toutes les situations : la borne Green-up premium « nue », sera destinée à des logements individuels ; la même borne équipée d’un kit de communication permettra à l’utilisateur de communiquer à distance avec l’installation. L’ajout d’un équipement spécifique rendra possible l’utilisation de badges RFID pour les cas d’utilisateurs multiples. Enfin, dans l’esprit de « Legrand générateur de service tiers » évoqué plus haut, les API de nos bornes, bientôt disponibles sur Works with Legrand, donneront aux investisseurs l’opportunité de bénéficier, via des opérateurs comme Freshmile (freshmile.com) par exemple, d’une couche servicielle supplémentaire : la supervision d’un parc de bornes, sa gestion, la répartition des charges et la facturation individualisée. Retrouvez plus d’informations sur legrand.fr.

  • L’innovation structurelle au service du client et des collaborateurs – Avec Europamiante

    L’innovation structurelle au service du client et des collaborateurs – Avec Europamiante

    Réussir un chantier de désamiantage n’est pas qu’une question technique. Chaque site présente ses spécificités, ses difficultés et des règles drastiques d’intervention liées à des impératifs de sécurité. Le désamiantage des sites hyper-sécurisés est la spécialité d’Europamiante, qui a su adapter son mode de fonctionnement et son organisation aux exigences hors-normes de maîtres d’ouvrage soumis à des protocoles de sécurité extrêmement pointilleux. Une spécialisation qui reflète l’ADN d’une entreprise en quête permanente d’amélioration. Les détails avec Carine Rouvier, fondatrice et gérante d’Europamiante.

    Quelle est l’histoire d’Europamiante ?

    La société est spécialisée dans le désamiantage, la dépollution, la déconstruction et le déplombage. Elle a été créée en 2008 et intervient auprès des particuliers et des professionnels, en intérieur comme en extérieur, dans des secteurs variés. Nous avons connu une croissance rapide et sommes rapidement passés d’une quarantaine de chantiers annuels en 2009, à près de 800 en 2018. Nous comptons à présent 132 collaborateurs.

    La spécificité d’Europamiante est de réaliser ses chantiers sans recourir à aucune prestation externe, à l’exception des analyses en laboratoires et du stockage des MCA. Mais notre volume d’activité nous permet de travailler en partenariat privilégié avec deux laboratoires. Nous assurons donc l’ensemble de la chaîne, de notre bureau d’études pour les études de risques et l’élaboration du plan de retrait, au transport sécurisé des matériaux pollués par nos chauffeurs qualifiés ADR, en passant par la pose des infrastructures de confinement et les opérations de désamiantage.

    En maîtrisant l’ensemble de la chaîne, nous sommes en capacité de gérer le risque amiante de manière extrêmement fiable. Ceci nous permet d’intervenir sur tous types de travaux, en tous lieux (logements sociaux, hôpitaux, bureaux, usines, garages, terrains, parkings) et sur des chantiers dits « à hauts risques » : milieux occupés, bâtiments sinistrés, avant démolition…

    Europamiante est également spécialisée dans les interventions sur sites « hautement sensibles ». Comment avez-vous pu pénétrer ce marché de niche ?

    C’est précisément le fait que nous sommes complètement autonomes et que nous pouvons prendre en charge un chantier de l’étude à l’évacuation des déchets, sans faire intervenir de prestataires, qui nous a ouvert les portes de ces marchés.

    Les sites « hyper-sécurisés » peuvent ne pas être des sites dangereux sur un plan opérationnel, comme peut l’être, par exemple, une intervention dans une centrale nucléaire. Il peut s’agir de sites sensibles sur le plan de la sécurité nationale, comme des sites « Classés Défense », dans lesquels aucune fuite d’information n’est envisageable. Il peut également s’agir de sites dont la sécurité des occupants est particulièrement surveillée, comme l’Elysée ou le Sénat. On n’y entre donc pas facilement et il est indispensable d’adapter les processus de l’entreprise et nos collaborateurs à ces situations.

    Ces interventions sont complexes et nécessitent, pour chaque collaborateur qui va être amené à travailler sur ce site, de se plier à un « criblage diplomatique ». C’est-à-dire qu’il devra fournir ses documents d’identité et fera l’objet d’une enquête approfondie sur ses antécédents judiciaires, ses déplacements en France ou à l’étranger…

    Une fois sur site, notre personnel et notre matériel sont contrôlés par une brigade cynophile, puis escortés jusqu’à leur zone de travail. Les chantiers sont compartimentés et la circulation y est très restreinte. Il a donc fallu former nos équipes à ces contraintes très particulières et, surtout, être capables d’anticiper les exigences de la maîtrise d’ouvrage de ces sites. Ceci requiert évidemment d’avoir des équipes en lesquelles nous avons une confiance totale et au passé irréprochable, mais également d’intégrer l’allongement des délais induits par les procédures de vérification en amont et durant le chantier. Quelquefois, des chantiers relativement simples sur des sites « normaux » vont voir leur durée doubler sur des sites sensibles. Il faut donc l’intégrer dans nos plannings humains et matériels.

    D’autres sites protégés peuvent également induire des contraintes fortes, mais pour d’autres raisons : une intervention sur un monument historique, par exemple, peut nécessiter des précautions plus importantes et plus complexes pour préserver le lieu que pour le chantier de désamiantage en lui-même.

    Europamiante innove également sur le plan organisationnel. Pouvez-vous nous en parler ?

    Notre société s’est fixée trois valeurs-phares : Qualité, Satisfaction client et Bien-être. Or, nous avons rapidement compris que les deux premières ne peuvent fonctionner que si la dernière est une réalité pour les collaborateurs. Nous avons donc très vite intégré des équipements (salle zen, fauteuil de relaxation…) et des pratiques (cantine collective bio, engagements avec des producteurs locaux…) qui permettent à nos collaborateurs de se sentir bien chez nous.

    La dernière étape en date dans ce mouvement de « remise au centre » de l’humain, c’est la démarche d’auto gouvernance que nous avons initiée il y a un peu moins d’un an. Le changement est radical, puisque nous nous inscrivons dans la démarche dite « de l’entreprise libérée ». Europamiante est donc désormais organisée en équipes de 7 à 12 personnes qui prennent en charge le client de A à Z, qui sont autant « d’entreprises dans l’entreprise » et autant de pôles de spécialité : « Sous-Section 4 », « Bulle à risques » « Travaux en hauteur, « Appels d’offres »…

    Nous avons remarqué qu’en fonctionnant ainsi, le client était mieux pris en charge. Cette organisation autonome modifie radicalement l’état d’esprit des collaborateurs et des managers : on ne les perçoit plus uniquement à travers leur fonction, mais à travers leur personnalité, ce qui permet de valoriser les compétences en interne, donc d’accroître les compétences de back-up et, au final, de mieux servir le client. Au sein de ce système, pour « mettre de l’huile dans les rouages », les anciens managers sont devenus des « experts accompagnateurs » qui orchestrent le fonctionnement de l’ensemble.

    Cette organisation a nécessité la conception en interne d’un outil collaboratif connecté. Il s’agit d’une application en mode Cloud qui nous permet de gérer les dossiers en commun, entre les chefs de chantiers, le bureau d’études, les responsables techniques, etc. Toute l’activité de l’entreprise est progressivement intégrée dans cet outil, qui est également mis à disposition de nos clients afin de leur donner accès en temps réel aux informations sur leur chantier.

    Le cercle se veut donc vertueux : en libérant l’entreprise, les collaborateurs travaillent en autonomie, ce qui nous oblige à partager de l’information, que nous mettons à disposition du client. Et nos équipes font ainsi tout pour le satisfaire.

  • La sécurité des chantiers sans sacrifier le confort des opérateurs

    La sécurité des chantiers sans sacrifier le confort des opérateurs

    Un chantier de désamiantage réussi, au-delà de l’objectif opérationnel, c’est également un chantier au cours duquel les opérateurs ont pu travailler efficacement, de manière totalement sécurisée, et sans être gênés dans leurs tâches, déjà rendues épuisantes par le port d’EPI souvent lourds et contraignants. Le bien-être des opérateurs par les petits détails qui vont leur simplifier la vie, c’est l’une des ambitions de 3M™ Scott. Martial BOUVIN, Chef de marché milieu nucléaire, industrie lourde et chantier de désamiantage nous présente certaines de ces « petites choses » qui vont faciliter le travail des opérateurs.

    Quels sont les facteurs qui ont incité 3M à investir le secteur du désamiantage ?

    3M™ Scott est spécialisé dans les équipements de protection de la personne, en milieu professionnel, mais aussi en loisir, ou dans le milieu militaire. Nous étions déjà présents sur le secteur, mais essentiellement sur des protections respiratoires et grâce à toute la palette de nos équipements, notamment sur les rubans et les adhésifs dont les opérateurs de désamiantage font une consommation importante, ainsi que sur le reste de notre gamme d’équipements de protections, notamment auditives.

    3M™ a acquis en 2017 un acteur important de la protection respiratoire, Scott Safety, ce qui nous a permis d’élargir notre offre en proposant de nombreuses solutions très utilisées dans les chantiers de retrait d’amiante, comme le PPR2000 ou encore le RAS amiante. Nous proposons aujourd’hui l’ensemble des produits de la gamme amiante de 3M™ Scott : le masque ventilation assistée Phantom Vision, le masque-ventilation assistée 3M™ Powerflow, les systèmes d’adduction d’air RAS amiante, ainsi que l’unité filtrantes pour les environnements amiantés Proflow ASB. Ce faisant, 3M™ Scott a conforté sa position dans le marché des EPI dédiés à l’amiante.

    Comment facilitez-vous le travail des opérateurs ?

    Tout d’abord, 3M™ Scott a mis en place des systèmes d’identification individuelle des EPI, en apposant un numéro de série sur chaque équipement et partie d’équipement pour que chaque opérateur puisse retrouver facilement son matériel, que nous identifions avec un code-barres. Ce marquage est particulièrement intéressant pour certaines opérations de maintenance, quand les EPI se retrouvent mêlés à d’autres. En retour de maintenance, le marquage individuel permet à chaque salarié de retrouver son EPI.

    Ensuite, l’entretien et la maintenance des EPI sont essentiels. Pour ce faire, 3M™ Scott recommande de le faire réaliser par des entreprises externes spécialisées dans le domaine, et plus particulièrement sur l’amiante. C’est un vrai gain de temps et d’argent pour les utilisateurs de nos solutions : la maintenance est réalisée dans des locaux sécurisés puisque, même si les EPI doivent être livrés au prestataire décontaminés, nettoyés, lavés et séchés, les précautions pour les opérations de maintenance sont lourdes et suivent les mêmes règles que celles applicables à un chantier de désamiantage. Cette prise en charge simplifie la tâche des désamianteurs, car les EPI sont régulièrement vérifiés en préventif et/ou en curatif : corrosion des moteurs de ventilation, clapets d’ouvertures du masques, remplacement des joints de masque… La qualité des opérations de maintenance garantit de démarrer un chantier avec l’assurance que l’ensemble du matériel est fonctionnel.

    En tant que fournisseur d’EPI, quels conseils pourriez-vous donner aux opérateurs de désamiantage ?

    En tant que fournisseur d’EPI, nous ne pouvons évidemment pas fixer de règles impératives concernant leur utilisation, mais nous nous inspirons fortement des recommandations de l’INRS, ainsi que des remontées opérationnelles de terrain pour faire évoluer nos protections, et rendre effectives certaines « petites choses » qui vont faciliter le travail de l’opérateur. Nous poursuivons également les améliorations permanente de notre gamme d’EPI amiante pour les rendre encore plus robustes.

    En termes de protection générale sur le plan individuel, nous insistons particulièrement sur la protection respiratoire mais de plus en plus sur d’autres protections comme la protection auditive, qui est quelquefois négligée, alors que les chantiers de désamiantage, de par les appareils utilisés et les opérations de déconstruction, sont souvent très bruyants.

    La communication sur ces chantiers, entre les opérateurs ou avec l’extérieur, est souvent très complexe. Sans compter que le fait de pouvoir échanger avec ses collègues pendant le travail le rend plus agréable. 3M développe ainsi depuis des années des solutions de communication électroniques incluant des protections auditives qui avaient à l’origine été pensées pour le domaine militaire, la chasse et le tir de loisir, notamment le casque PROTAC.

    Le port d’un casque de protection auditive vient cependant s’ajouter au poids des autres EPI. C’est la raison pour laquelle 3M™ met en œuvre le développement de protections auditives électroniques hyper légères : les bruits dangereux sont filtrés, tout en permettant un échange entre les opérateurs. Nous travaillons également sur des bouchons d’oreilles électroniques qui se portent sous la combinaison de protection. Au final, le gain de poids est considérable et participera au bien-être des opérateurs sur les chantiers.

  • Isolation des copropriétés : une AMO dès le début de la réflexion

    Isolation des copropriétés : une AMO dès le début de la réflexion

    L’amélioration de la performances énergétique des copropriétés, surtout celles dont la construction remonte aux « 30 Glorieuses » (de 1945 à 1975), pose des problèmes à la fois techniques et financiers. Techniques, parce que les immeubles en question vieillissent ; et financières, parce que la rénovation comme l’absence de rénovation coûteront très chers aux résidents, en investissement dans le premier cas, en frais de fonctionnement dans le second. Claude Pouey, directeur de la coopérative technique de l’Association des Responsables de Copropriétés (ARC) nous livre les éléments pour mieux saisir la problématique. L’ARC est une association créée en 1987, qui œuvre à l’amélioration du fonctionnement général de la copropriété.

    En quoi l’amélioration énergétique de l’enveloppe des copropriétés constitue-t-elle un enjeu ?

    Rappelons d’abord ce que l’on entend par « enveloppe du bâtiment ». Cette notion recouvre toutes les composantes d’une façade, et non uniquement son revêtement, avec ou sans isolation. On y inclut donc les terrasses, les toitures, et l’ensemble des ouvrants (fenêtres et portes d’accès).

    L’ARC déplore bien évidemment que de nombreuses copropriétés refusent de s’engager dans des travaux d’amélioration énergétique de l’enveloppe, dans la majeure partie des cas, à cause des montants conséquents à y engager. Les résolutions visant à rénover les bâtiments et à améliorer leur performance énergétique sont donc le plus souvent tout simplement rejetées en AG. Les travaux d’isolation « embarqués » sont confrontés aux mêmes problèmes. Il est difficile d’arriver à un ROI sur 10 ans, en raison des montants devisés. On se contente donc de faire un ravalement, mais sans engager de dépenses pour l’isolation thermique.

    Le réseau FAIRE, qui regroupe notamment les Agences Locales de l’Énergie et l’APC sont une excellente initiative, qui permet de diffuser des informations, notamment sur le maquis des financements, mais il est regrettable que leur rôle se limite, précisément, à donner de l’information.

    Dans le cadre du plan de rénovation des bâtiments engagé officiellement en avril 2019, l’ARC a fait des propositions et mené des actions pour tenter de débloquer la situation. En ce sens, nous préconisons la mise en place d’une assistance à maîtrise d’ouvrage dès le début de la réflexion sur le sujet. Il est indispensable que les syndicats de copropriétaires, dès qu’émerge une réflexion sur la nécessité de travaux de rénovation thermique, soient conseillés et pilotés par des architectes ou des bureaux d’études spécialisés. Les conseils syndicaux et les syndics bénévoles ne sont pas des experts du bâtiment et ne sont pas capables de prioriser des travaux, ni de répondre à des questions techniques. Ces absences de réponses conduisent souvent à l’arrêt du projet.

    C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place, fin 2017, une assistance à maîtrise d’ouvrage dédiée à ce sujet, qui aide à définir les besoins, à la rédaction de l’appel d’offres et au choix du maître d’œuvre. En l’absence de maître d’œuvre, nous proposons d’assister les syndics, de la définition des besoins à la réception des travaux.

    L’amélioration du confort et les économies d’énergie ne sont-elles pas un argument efficace ?

    Bien sûr. Mais il faut tenir compte de l’ensemble des contraintes financières d’une copropriété, et plus spécialement de ses charges de fonctionnement. Le constat que nous faisons, c’est que les charges courantes se sont considérablement alourdies, de près de 38% en 10 ans. Si l’augmentation la plus importante est celle des assurances et des frais de gestion, leurs montants demeurent assez marginaux par rapport aux dépenses de chauffage qui représentent, elles, un tiers des charges d’une copropriété et qui ont augmenté de 40% en 10 ans…

    Sans conteste, donc, l’argument des économies d’énergie est tout à fait valable. A cette nuance près que l’investissement nécessaire pour ces travaux représentent en moyenne plus de 35% du budget prévisionnel des charges courantes… soit plus que les charges de chauffages elles-mêmes.

    De même, la question du ROI de ces travaux est devenue un handicap, quand on constate qu’en moyenne, les résidents ne restent que 7 ou 8 ans dans une copropriété. Un ROI plus long pousse les copropriétaires à refuser des travaux très chers dont ils ne verront pas les bénéfices sur la durée de leur occupation.

    L’amélioration du confort des résidents est fondamentale, même si la manière dont le sujet est traité (essentiellement par le biais d’une isolation renforcée) entraîne d’autres problématiques comme celles de la ventilation et de la climatisation, et qui nécessitent de trouver un équilibre global pour conserver un bâti sain et agréable à vivre.

    Au final, dans la mesure où le chauffage représente un tiers des charges et que certains résidents peinent à dépasser les 18°C, les économies d’énergies et l’amélioration du confort sont immédiatement perceptibles par les occupants… dès lors que le coût des travaux est ramené à un niveau raisonnable.

    Les subventions et les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) peuvent-ils être des leviers incitatifs ?

    Sans conteste, oui, puisque ce sont ces aides qui permettent de convaincre les AG de copropriétaires et d’obtenir des retours sur investissements à 10 ans -quelquefois moins- avec des restes à charge acceptables quelles que soient les ressources financières des copropriétaires.

    Les financements actuels et les CEE permettent très souvent de lever un blocage des travaux qui n’est que purement financier. Même si les copropriétaires sont, comme tout le monde, très conscients des enjeux environnementaux liés aux économies d’énergie, ils ne sont pas prêts à accepter la réalisation de travaux à n’importe quel prix.

    Le problème que nous rencontrons avec ces dispositifs d’aides, c’est leur très faible lisibilité : c’est un véritable maquis dans lequel on se repère très difficilement. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous militons pour le développement d’un corps de métier spécialisé dans l’assistance à maîtrise d’ouvrage qui, sur la phase amont du projet, exercerait une expertise notamment dans l’ingénierie financière. Ceci nous permettrait de présenter lors des AG, et bien en amont des travaux, des études claires sur le financement et une évaluation précise du « reste à charge » de chaque copropriétaire.

    Ajoutons à cela un Eco PTZ collectif très complexe à obtenir, un CITE (Crédit d’Impôt Transition énergétique) à géométrie variable, comme les autres prêts collectifs, la restructuration récente du Crédit Foncier et la reprise de ses activités par d’autres acteurs…tout cela n’aide pas à mettre de l’huile dans les rouages.

    Concernant les CEE, la problématique est un peu la même : la complexité de connaître les opérations éligibles, les taux, les délais et les intermédiaires…tout cela fait qu’ils ne sont pas vraiment intégrés par nos adhérents, qui ont des difficultés à maîtriser le dispositif. Notons que sur ce point, le réseau FAIRE a une véritable valeur ajoutée et nous aide souvent à « débroussailler » le sujet en amont.

  • Recharge électrique : adapter l’habitat aux exigences environnementales de l’automobile

    Recharge électrique : adapter l’habitat aux exigences environnementales de l’automobile

    “Énergiser” le bâtiment, c’est également faire en sorte qu’il puisse s’adapter au mieux aux nouveaux modes de vie et, désormais, de déplacement. Les véhicules électriques, pour s’intégrer dans notre quotidien d’automobilistes, doivent avant tout trouver leur place dans notre quotidien d’habitants. Sur Paris, la société ROGELEC a ainsi fait le choix de se spécialiser dans l’installation des infrastructures de recharge des véhicules électriques (IRVE). Rencontre avec son dirigeant, Etienne M’BARGA.

    Pouvez-vous nous présenter votre société ?

    ROGELEC est une entreprise unipersonnelle créée en 2010, implantée à Paris, dans le 19ème arrondissement. Je suis spécialisé dans la rénovation des installations électriques, avec une expérience conséquente dans la mise aux normes des installations électriques, de la mise en sécurité, et des économies d’énergie. Je suis certifié RGE QUALIFELEC. Ma clientèle est composée à la fois de particuliers et de professionnels et j’ai le statut d’installateur électrique qualifié « Logement-Commerce-Petit Tertiaire » auprès de QUALIFELEC.

    Comment envisagez-vous l’évolution des 5 grands marchés en développement que sont l’autoconsommation, le bâtiment connecté, les IRVE, la fibre optique, et les réseaux de communication ?

    Pour une petite structure comme la mienne, certains de ces marchés sont désormais inaccessibles sans une formation assez longue et très onéreuse. Par exemple, s’il est incontestable que la domotique et tout ce qui concerne les bâtiments connectés sont des marchés porteurs, le fait est qu’énormément de grands et moyens acteurs se sont déjà positionnés. Dans ces conditions, il est très compliqué pour une petite structure de s’y faire une place sans y consentir des investissements très conséquents.

    En ce qui concerne l’autoconsommation, on peut tirer les mêmes conclusions : les places ont été prises très rapidement par les « grands » du secteur, et la complexité des systèmes d’aides, par exemple, nécessite trop de travail en back-office pour une petite entreprise. La fibre optique est un secteur dont le déploiement sur Paris est déjà bien entamé, ce qui nécessiterait d’aller chercher des nouveaux marchés trop loin de Paris. Et là, c’est complexe quand on travaille seul. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de me spécialiser dans l’installation des infrastructures de recharge des véhicules électriques.

    Comment avez-vous abordé cette nouvelle activité ?

    A la fois par l’observation des changements de modes de déplacement à Paris, et aussi pour répondre à des demandes de clients. Pour l’essentiel, les demandes qui me sont faites viennent de syndics de copropriété que je compte parmi mes clients réguliers et qui, eux aussi, ont bien saisi les changements en cours dans la capitale en ce qui concerne les modes de déplacement. Entre la chasse aux véhicules diesel, aux véhicules anciens, et les incitations à se déplacer de manière « propre » ou collective, on comprend que la question des véhicules électriques va devenir centrale dans les années qui viennent. Et, inévitablement, la question de la recharge de ces véhicules va se poser dans la foulée : comment recharger un véhicule chez soi ?

    C’est un domaine qui m’a séduit car il ne nécessite pas un investissement trop important pour pénétrer le marché, et que, pour le moment, il reste un marché de niche. Tout en restant relativement simple sur le plan technique pour un installateur généraliste : une IRVE s’installe un peu comme une prise de courant, en tirant un câble à partir du tableau électrique vers un petit potelet qui est mis sous tension et qui contient la prise de courant. S’agissant de puissances pouvant aller jusqu’à 32 ampères, il y a bien sûr une réglementation particulière à respecter, notamment pour les protections des circuits. Sur le plan commercial, il y a assez peu d’informations sur le sujet pour les particuliers, et les copropriétés avec parkings privatifs sont idéales pour commencer un démarchage. Et le bouche-à-oreille aide beaucoup sur le sujet…

    Mais au vu des efforts qui sont demandés en termes d’écologie, la généralisation des véhicules électriques est inévitable. Sur Paris, nous en voyons de plus en plus pour les particuliers. Autant de « signaux » qui laissent à penser que l’on a vraiment affaire à un marché d’avenir, qui peut être exploité par les TPE et les PME.

  • AC Environnement : l’amiante au coeur de la stratégie – Entretien avec son président

    AC Environnement : l’amiante au coeur de la stratégie – Entretien avec son président

    Denis Mora, Président du groupe AC Environnement, précise sa stratégie pour les prochaines années

    En moins de 20 ans, l’entreprise a bousculé le marché du diagnostic immobilier. Elle est devenu le 1er opérateur de diagnostic immobilier auprès des bailleurs sociaux. Là où certains se satisfont d’une croissance d’une dizaine de pourcent par an, l’entreprise a connu un développement “indécent” et comprend maintenant 670 collaborateurs. La réglementation amiante SS4 (amiante sous-section 4) assurera les succès futurs.

    C’est une stratégie limpide que le “patron” de l’entreprise, Denis Mora, a détaillé lors de la conférence de presse qui a eu lieu à Paris le 6 février dernier. Nous pouvons résumer cette stratégie en 4 actes :

    • acte 1 : explosion des repérages Amiante avant travaux. L’intégration dans la SS4 du code du travail de nouvelle obligation de repérage amiante (Décret n° 2017-899 du 9 mai 2017 relatif au repérage de l’amiante avant certaines opérations) avant les travaux va amener les entreprises du bâtiment à généraliser ces recherches.
    • acte 2 : Mailler le territoire et répondre aux demandes des entreprises de travaux. Alors que les repérages étaient plutôt mis en oeuvre sur des chantiers importants ou par les maîtres d’ouvrages professionnels – tels que les bailleurs sociaux -, les repérages sur des travaux plus modestes, par exemple dans une maison individuelle d’un particulier, vont se généraliser. En faisant l’acquisition d’un réseau de franchise, AC Environnement compte ainsi pouvoir répondre toutes ces nouvelles demandes y compris en dehors des grandes agglomérations.
    • acte 3 : fournir une donnée structurée et facilement exploitable grâce au BIM et à la maquette numérique. Pour rendre facilement utilisable les repérages, il faut une structuration et une représentation facilement utilisable des données par les entreprises. Cela évite les ressaisis, les risques d’erreur et surtout de recommencer de multiple fois les mêmes repérages lorsque la donnée s’est perdue dans un classeur…une équipe de 15 personnes est ainsi mobilisée dans le groupe sur ces enjeux.
    • acte 4 : accompagner les entreprises de travaux. Ainsi le groupe a prévu un accompagnement sur l’ensemble des nouveaux enjeux “depuis l’audit en passant par la réalisation de chantiers tests, la préconisation d’appareils respiratoires et d’équipements de protection individuelle appropriés, la rédaction des procédures et la formation.”

    Le groupe a pris un belle avance grâce notamment à l’internalisation des expertises : repérage, analyse en laboratoire, formation, sans oublier la brique “numérique”. Il y a une vrai volonté de ne pas être dépendant de sous-traitants sur les sujets que l’entreprise considère comme stratégiques.

    Enfin, d’autres opportunités sont dans les tuyaux : “QAI (Qualité de l’Air Intérieur) et hygiène industrielle sont des marchés qui seront porteurs de croissance dans les 2 prochaines années” selon Denis Mora.

    Le diagnostic immobilier continue à se développer. Beaucoup en profiteront, certains plus que d’autres…

  • Désamiantage : 14 Règles Techniques pour uniformiser les pratiques en cours d’écriture

    Désamiantage : 14 Règles Techniques pour uniformiser les pratiques en cours d’écriture

    Le SEDDRe, en partenariat avec le SYRTA, a lancé un grand chantier de rédaction de Règles Techniques à destination des professionnels concernés par les travaux de désamiantage. L’idée : établir les règles de l’art de la profession. Le point sur le contenu du document final – en cours d’élaboration – avec Souhila Paré, chargée de mission santé et sécurité au travail au sein du SEDDRe.

    Pourquoi le SEDDRe a t-il initié cette démarche ?

    Malgré une réglementation des plus contraignantes, les désamianteurs ne disposent pas de Règles Professionnelles partagées par l’ensemble des intervenants de la filière. Jusqu’à présent, la réglementation prescrit des objectifs et des moyens à déployer et chaque entreprise applique ses propres procédures. Par ailleurs, on peut retrouver des documents, produits par plusieurs organismes traitant des sujets du désamiantage. Mais ces documents n’ont qu’un statut de recommandations. Parfois très pertinents et parfois moins applicables sur chantiers. La problématique vient alors du fait que ces recommandations, bien que n’ayant pas de statut juridique, peuvent être exigées aux entreprises.

    Ces fiches sont consultables individuellement par chaque intervenant

    Ce sont les raisons pour lesquelles le SEDDRe et le SYRTA se sont associés et ont mis l’ensemble des acteurs de la filière autour de la table pour rédiger et valider 14 Règles Techniques, recensant les meilleures pratiques pour mener à bien un chantier de sous-section 3.

    Quelles sont les thématiques de ces 14 fiches ?

    Il s’agit de fiches techniques qui abordent le chantier de désamiantage de manière chronologique, mais suffisamment indépendantes pour pouvoir être consultables et utilisable individuellement. Ces Règles s’adressent d’abord aux directeurs techniques, encadrants techniques et les divers acteurs de contrôles. Les contenus seront ensuite déclinés et adaptés aux divers intervenant sur chantiers (opérateurs, encadrants de chantiers etc…). La première Règle traite ainsi des opérations en amont du chantier de retrait, avec d’une part les informations et les conséquences techniques du repérage avant travaux, et ensuite le contenu technique indispensable au plan de retrait. Cette fiche est avant tout à destination des entreprises de désamiantage, des maîtres d’œuvre et des agents de contrôle. Les Règles suivantes sont beaucoup plus opérationnelles et détaillent l’ensemble des problématiques concrètes rencontrées sur les chantiers, en les croisant avec les obligations réglementaires.

    Peut-on comparer ces fiches à des DTU ?

    Les DTU ne peuvent faire référence à des exigences réglementaires, alors que la majeure partie des techniques à mettre en œuvre sur un chantier de désamiantage découle d’objectifs précisément imposés par la réglementation. Dans notre cas, on parlera plus d’un statut de « règles professionnelles ». Ces règles sont élaborées par les entreprises membres du SEDDRe et SYRTA, puis validées par un comité composé d’instances officielles. De la même manière, nous souhaitons intégrer dans la démarche des représentants des assurances afin que toute la chaîne des intervenants soit sur la même ligne et de se rapprocher au plus près de la valeur juridique des DTU.