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  • Cécile JOLIVET, ADIM Occitanie : « Les coûts réels de désamiantage dépassent souvent les prévisions »

    ENTRETIEN AVEC
    Cécile Jolivet est directrice technique d’ADIM Occitanie, promoteur immobilier intégré au groupe VINCI Construction France, où elle gère les projets de l’élaboration des dossiers PRO jusqu’à la livraison, en passant par le suivi des travaux et la gestion des intervenants sur le chantier. L’entreprise compte deux agences régionales à Toulouse (31) et à Montpellier (34).

    Comment gérez-vous les coûts de désamiantage dans vos projets immobiliers ?

    L’amiante est un sujet difficile à appréhender pour nous. Dans la phase de développement de l’opération nous confions des diagnostics amiante avant travaux aux bureaux d’études spécialisés. Quand des matériaux dangereux sont identifiés, nous estimons le coût de désamiantage et nous l’inscrivons dans le bilan de l’opération. Mais force est de constater que le coût réel dépasse souvent ces estimations, et cela pour deux raisons.

    La première raison est la difficulté à connaître avec précision la quantité d’amiante présente dans un bâtiment. Les diagnostiqueurs ne parviennent pas toujours à identifier les éléments plus ou moins cachés, comme des canalisations sous un faux plafond. Nous avons également connu des opérations d’étanchéité de toiture où plusieurs épaisseurs amiantées n’avaient pas été diagnostiquées avant travaux. Sur de grandes surfaces l’écart de quantité peut-être très important. Une mauvaise estimation des quantités a aussi un impact sur les délais de l’opération.

    Le changement de réglementation, notamment les dernières actualisations, est la deuxième cause d’inflation des coûts. Nos opérations prennent deux à trois ans à développer avant de débuter les travaux : si les obligations changent en cours de route nous ne sommes pas toujours préparés.

    Nous établissons un montant d’aléas global pour toute l’opération, mais l’amiante représente le risque le plus important dans la réhabilitation. Les trois derniers chantiers ont eu des problèmes de surcoûts. Ils peuvent représenter une enveloppe supplémentaire de 20 000, 50 000 ou même un million d’euros, uniquement pour le diagnostic et le traitement de l’amiante.

    Qu’attendez-vous de l’étape Toulousaine du Grand Circuit de l’Amiante ?

    Je me suis inscrite pour bénéficier d’une petite mise à jour de mes connaissances sur les réglementations en vigueur dans le domaine de l’amiante. C’est un sujet qui est très pointu : quand nous ne sommes pas confrontés à un chantier de désamiantage pendant un an ou deux, nous pouvons très vite être débordés par les nouvelles réglementations. ADIM Occitanie est une structure optimisée qui a peu de personnel pour suivre ses dossiers et nous nous appuyons beaucoup sur les organismes spécialisés dont c’est le métier de nous assister.

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  • Interview – Patrick ESPOSITO, Municipalité de Pau – Toulouse 15 juin : « Nous avons resserré les conditions d’appels d’offres »

    ENTRETIEN AVEC
    Patrick Esposito est chargé d’élaborer et de suivre les marchés publics de la ville de Pau et de la communauté d’agglomération de Pau-Béarn-Pyrénées, notamment sur la maintenance, les contrôles réglementaires et les diagnostics immobiliers.

    Comment se déroule les opérations au sein de l’agglomération ?

    Il y a actuellement 74 chantiers qui font l’objet d’un diagnostic amiante dans la communauté d’agglomération. Nous avons la volonté de rénover énormément de biens car le parc est assez ancien et l’entretien des bâtiments inutilisés coûte cher à la collectivité. La rénovation de la rue Guynemer est l’un des plus gros chantiers, dans le cadre duquel plusieurs démolitions sont envisagées. Mais un problème se pose : les DTA sont un peu anciens et nous devons lancer une campagne pour les remettre à jour. Du retard a été pris car ce document n’exonère pas de faire un diagnostic.

    Comment élaborez-vous les appels d’offres ?

    Nous sommes très vigilants sur les prestations des diagnostiqueurs. Nous essayons de pouvoir trier les bons et mauvais mais nous n’avons pas eu de chance concernant l’élaboration des DTA (Dossier Technique Amiante), pour lesquels nous avons eu affaire à deux prestataires qui ont fait preuve de mauvaise volonté. C’est différent au niveau des travaux, où un véritable climat de confiance s’est installé.

    Pour notre prochain marché nous envisageons un prestataire unique pour faire à la fois les DTA et les Diagnostics Avant Travaux (DAT). Une solution qui arrangerait en premier lieu les professionnels puisqu’elle leur apporterait une activité plus lucrative. Elle permettrait également un suivi plus réactif et efficace sur nos dossiers amiante, chaque DAT devant être porté sur le DTA.
    Au fur et à mesure qu’un écueil est rencontré nous faisons évoluer le marché suivant. Nous avons ainsi davantage resserré les conditions des appels d’offres, notamment sur la disponibilité du personnel ou encore sur les qualifications.

    Quelles initiatives pourraient aider les collectivités ?

    Il y a beaucoup d’informations à emmagasiner au sujet de l’amiante. Je pense que la création d’une autorité qui maîtriserait les textes de loi liés à l’amiante pourrait être utile aux collectivités afin de superviser les diagnostiqueurs. Un autre plus pour les collectivités pourrait être la création d’une instance qui classerait et nous recommanderait des diagnostiqueurs sur lesquels ont pourrait faire un appel d’offre. Il y a bien une liste des laboratoires ou des professionnels agrémentés COFRAC, mais pas de classement. Une telle initiative permettrait de justifier d’un prix et d’une qualité.

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  • Interview – Jérôme PERRIN JPL ELECTRICITE une entreprise lyonnaise entre tradition et innovation (Lyon 2017)

    Interview – Jérôme PERRIN JPL ELECTRICITE une entreprise lyonnaise entre tradition et innovation (Lyon 2017)

    JLP Électricité : une entreprise lyonnaise entre tradition et innovation

    Jérôme Perrin, 31 ans et fils d’électricien exerçant depuis 40 ans, avait suivi une formation d’ingénieur. Il décide rapidement de se reconvertir et de s’installer dans le 5ème arrondissement de Lyon. Entre les compétences traditionnelles et expérimentées de son papa et ses compétences d’ingénieries, ils décident il y a deux ans de créer JLP Electricité avec une offre pour le moins innovante. Il en prend la Direction Générale.

    « L’électricité générale est le socle de base de notre entreprise, explique Jérôme Perrin. Mais grâce aux nouvelles compétences que j’y ai amenées, nous proposons également une offre autour des énergies renouvelables avec l’installation de panneaux photovoltaïques et de pompes à chaleur. Ceci nous permet de répondre à une demande croissante. Nous développons également l’installation de bornes de recharges pour les véhicules électriques dont les ventes ne cessent de progresser.
    Peu d’électriciens se positionnent sur ces nouveaux marchés. Nous souhaitons aujourd’hui bien maîtriser notre offre avant de développer de nouveaux services. »

    Au final JLP Electricité est le profil-type de l’entreprise d’électricité de demain. « Nous avons pris à la fois le virage de l’énergie et du numérique puisque pour l’ensemble des installations, nous devons gérer et superviser les données de consommation et de production pour les optimiser en permanence.

    De ce mariage entre électricité traditionnelle et nouvelles technologies, nous sommes plutôt satisfaits. Les deux fonctionnent bien ensemble et les clients adhèrent à 100%. Grâce au bouche-à-oreille et aux réseaux d’entrepreneurs dont nous faisons partie, pour nous les sensibilisons aux énergies vertes ce qui booste notre développement.

    Ces nouvelles activités se mettent bien en place chez nous, et elles représentent 40% de notre chiffre d’affaire. Si, au début de l’aventure, nous étions deux, nous sommes aujourd’hui quatre et nous envisageons d’embaucher un salarié d’ici la fin de l’année ».

  • Se former pour répondre aux enjeux de demain – Hervé JACQUES (FORMAPELEC)

    Se former pour répondre aux enjeux de demain – Hervé JACQUES (FORMAPELEC)

    Entretien avec Hervé JACQUES, Directeur du développement et de la communication Formapelec

    Pouvez-vous nous présenter votre structure (historique, activité, principaux clients…) ?

    Hervé JACQUES : « Formapelec est une association créée il y a 43 ans par les professionnels du Génie électrique afin de répondre à leurs besoins de formation. Depuis nous avons intégré deux nouvelles structures. L’association Aforélec en 2015 et le groupe Preztance qui représentent deux départements distincts chez nous.

    Plus concrètement, nous proposons un large catalogue de formations dans les différents domaines du Génie électrique et du BTP autour de grands axes que sont la sécurité (habilitation électrique, travaux sous tension, etc.), la fibre optique, le bâtiment intelligent les infrastructures de distribution (« courant fort »), les réseaux de distribution publics sans oublier l’éclairage extérieur et le management et l’organisation. Notre métier : construire une offre sur-mesure dédiée aux professionnels du génie électrique et du BTP autour de modules techniques.

    Côté implantation, nous rayonnons sur tout le territoire. Notre siège est situé à Cachan près de Lyon et nous disposons également d’antennes sur Clermont-Ferrand, Mallemort en PACA, Dijon, Courcelles-les-Lens dans le Pas-de-Calais et nous réfléchissons à d’autres déploiements. Nous proposons également des solutions « clés en main » pour la mise en œuvre de formations sur mesure dans les entreprises grâce à nos unités mobiles partout en France. Nos clients sont aussi bien des grands comptes (Engie, Eiffage Energie, Manpower, Inédis) que des TPE –PME qui se forment chez nous ».

    Comment définir l’électricien de demain ?

    Hervé JACQUES : « Comme nous l’avons dit, l’électricien de demain sera un des acteurs du développement des nouvelles infrastructures (énergie et du numérique). Il devra adapter son offre aux nouveaux besoins et être force de proposition dans les nouvelles technologies (numérisation des habitations, IRVE, etc.) tout en restant en proche de ses clients, comme il l’est déjà. Dans ces nouveaux domaines, les électriciens devraient se spécialiser et constituer des groupements de compétences pour répondre à des marchés multi-compétences. Quant aux groupes industriels, ils répondront aux demandes des entreprises, mais lorsqu’il faudra toucher les particuliers, les électriciens et leurs services de proximité auront une carte importante à jouer (comme par exemple, l’installation de systèmes numériques pour les personnes âgées, etc.) ».

    Vous êtes partenaire du Grand Circuit de l’électricien de demain. Quelles en sont les raisons ?

    Hervé JACQUES : « Formapelec a toujours souhaité, c’est une de ses devises, se positionner aux côtés des entreprises et les accompagner efficacement dans le développement de leur activité. La nécessité de trouver des solutions adaptées à l’expression du besoin fait qu’à chaque demande, nous répondons de manière adaptée. Nous participons donc à cet événement pour à la fois écouter les besoins et y répondre ».

  • Les grandes évolutions de demain – David PRUVOT (SCHNEIDER ELECTRIC GRENOBLE )

    Les grandes évolutions de demain – David PRUVOT (SCHNEIDER ELECTRIC GRENOBLE )

    Entretien avec DAVID PRUVOT, responsable de marché chez Schneider Electric

    Schneider Electric, basé à Grenoble anticipe les grandes évolutions de demain.

    Schneider Electric est le spécialiste mondial de la gestion de l’énergie et des automatismes. « Nos 144 000 collaborateurs répondent aux besoins de clients dans plus de 100 pays en les aidant à gérer leur énergie et leurs processus de manière sûre, fiable, efficace et durable, explique David Pruvot, responsable de marché. Des interrupteurs les plus simples aux systèmes d’exploitation les plus complexes, nos technologies, logiciels et services permettent à nos clients d’optimiser la gestion et l’automatisation de leurs activités. Nos technologies connectées contribuent à repenser les industries, à transformer les villes et à enrichir les vies de leurs habitants. »

    Selon vous, quels sont les grands enjeux du marché de l’électricité de demain ?

    Le maître mot reste l’anticipation. Il faut en effet, préparer notre monde à :

    – la demande de l’énergie. D’ici 25 ans la demande en électricité va augmenter de 80%, avec un réseau électrique qui n’évoluera pas, ce qui exigera la mise en oeuvre de moyens pour y parvenir.
    – à l’explosion des objets connectés 2020 : 50 milliards d’objets connectés investiront nos logements, qu’il faudra intégrer dans la gestion électrique.
    – à l’explosion de l’énergie renouvelable : la production et le stockage de l’énergie solaire représenteront 50 % des capacités supplémentaires d’ici 2030.
    – à l’efficacité énergétique pour consommer moins et consommer mieux. Aujourd’hui 2/3 du potentiel énergétique reste inexploité ».

    Comment vous y préparez-vous ?

    « Schneider Electric se prépare avec une stratégie d’innovation avec des produits et services, qui repoussent les limites de l’efficacité énergétique active. Ces produits communiquent entre eux pour rendre nos lieux de vie toujours plus confortables et intelligents. Nous accompagnerons la filière électrique dans cette révolution digitale avec nos programmes de formation, et notamment pour les nouveaux métiers de l’énergie tels que les Facility Managers ».

    Comment les électriciens peuvent anticiper ces changements ?

    « Le métier d’électricien va nécessiter de plus en plus de connaissances techniques et réglementaires, en particulier dans la gestion énergétique des équipements et des données de communication. Cette évolution nécessitera une montée en puissance obligatoire dans le domaine du courant faible. Les électriciens devront anticiper ces changements par des programmes de formation adaptés : d’ores et déjà, nous anticipons ce changement en mettant à leur disposition les « Universités Schneider », un dispositif itinérant de formations certifiantes dans le domaine du bâtiment connecté pour leur donner une longueur d’avance dans ce contexte de reprise et d’évolutions technologiques ».

     

  • Auvergne-Rhône-Alpes : un secteur dynamique – Philippe BONI (FFIE)

    Auvergne-Rhône-Alpes : un secteur dynamique – Philippe BONI (FFIE)

    La FFIE est la fédération des électriciens, adhérente de la FFB. Elle fédère environ 4500 entreprises sur le territoire national. Cela représente une moyenne de 100 000 actifs et 14 milliards de chiffre d’affaires. La région Rhône-Alpes Auvergne pèse pour environ 15% au sein de la FFIE.

    Ses missions sont multiples : représenter, conseiller, former, organiser une veille et participer à la vie des organismes présidant aux ‘’destinées de nos métiers et spécialités’’ (CONSUEL, QUALIFELEC, PROMOTELEC, AFNOR, commissions sociales, SVDI…).

    Chaque département dispose d’une section locale relayant l’action nationale auprès des entreprises sous la houlette d’un Président départemental. Un Délégué régional a pour mission d’animer les départements tout en faisant le lien avec Paris.

    Quant à la région Auvergne Rhône-Alpes, elle est dynamique et innovatrice L’activité y est globalement bonne, même si très irrégulière ces dernières années et disparate selon les départements. Tous les profils d’entreprises sont représentés : de nombreux artisans, des TPE et PME, et tous les grands groupes au travers d’agences ou de filiales, ce qui génère une très forte concurrence quelle que soit la taille des projets. Autre particularité, l’écart constaté entre les entreprises dans une région immense, avec des différences évidentes entre le Massif Central et le Pays de Gex par exemple. Mais chaque année, on constate l’adhésion de nouvelles entreprises, jeunes, innovantes, dirigées par des entrepreneurs pleins d’optimisme.
    Nombre de nos adhérents réfléchissent à orienter leur business vers les nouveaux marchés : les ENR, l’autoconsommation, les bâtiments à énergie positive, la GTB, les technologies de la sécurité, de la sûreté, le bâtiment connecté. Ils regardent aussi vers de nouveaux modes de dévolutions de marchés, en Groupements, en Macrolots, dans le cadre de CREM (conception, réalisation, exploitation, maintenance) ou de CPE (contrat de performance énergétique) en se posant en experts des composantes du Génie électrique et énergétique, ou encore par des offres RGE.

    Face aux enjeux de demain, il ne faut rien s’interdire. Il faut oser, partager, se rapprocher des confrères afin d’échanger sur toutes ces techniques et ces évolutions de nos métiers. Il faut par exemple miser sur les jeunes, donner échos à la formation par alternance, qui permet de former les futurs collaborateurs. Ou encore participer à la vie locale des fédérations car c’est une manière de faire évoluer les métiers, de défendre nos droits et nos intérêts, de faire valoir notre place dans l’acte de construire.

    La FFIE Auvergne Rhône Alpes, un secteur dynamique / Philippe Boni

    La FFIE est la fédération des Electriciens, adhérente de la FFB. Elle fédère environ 4500 entreprises sur le territoire national, cela représente environ 100 000 actifs et 14 Milliards de Chiffre d’Affaires. Sans entrer trop dans les détails de chiffres, la région Rhône-Alpes Auvergne pèse pour environ 15% au sein de la FFIE. Ses missions sont multiples :

    • représenter le secteur de la construction au niveau des instances politiques, sociales, ou techniques, en France (à tous les échelons administratifs) et européens ;
    • conseiller les adhérents dans les domaines techniques, business et organisationnels ;
    • former, en participant au plus niveau à l’élaboration des programmes quel qu’en soit le niveau ou l’objet ;
    • organiser une veille technologique de tous les instants ;
    • participer activement, au travers des mandats portés par ses administrateurs, à la vie des organismes présidant aux ‘’destinées de nos métiers et spécialités’’, CONSUEL, QUALIFELEC, PROMOTELEC, AFNOR, commissions sociales, SVDI, …

    Chaque département dispose d’une section locale relayant l’action nationale auprès des entreprises sous la houlette d’un Président départemental, et un Délégué Régional a pour mission d’animer les départements tout en se posant en trait d’union entre Paris et ces départements, explique, Philippe Boni Délégué Régionale de la FFIE.

    Quant à la région Auvergne Rhône-Alpes, « elle est dynamique et innovatrice L’activité y est globalement bonne, même si très irrégulière ces dernières années et de façon assez disparate en fonction des départements. Tous les profils d’entreprises sont très représentés, de nombreux artisans, des TPE et PME, et tous les grands groupes au travers d’agences ou de filiales, ce qui génère une très forte concurrence quel que soit la taille des projets. Autre particularité, l’écart constaté entre les entreprises dans une région immense, avec des différences évidentes entre le Massif Central et le Pays de Gex par exemple. Mais chaque année, on constate l’adhésion de nouvelles entreprises, jeunes, innovantes, dirigées par des entrepreneurs pleins d’optimisme ».

    Des adhérents qui regardent vers demain

    « Nombre de nos adhérents réfléchissent à orienter leur business et leur entreprise vers les nouveaux marchés, les ENR, l’autoconsommation, les bâtiments à énergie positive, la GTB, les technologies de la sécurité, de la sûreté, la vidéo-surveillance, le bâtiment connecté au travers des objets connectés. Ils regardent aussi vers de nouveaux modes de dévolutions de marchés, en Groupements, en Macrolots, dans le cadre de CREM (conception réalisation exploitation maintenance) ou de CPE (contrat de performance énergétique) en se posant en experts des composantes du Génie électrique et énergétique, ou encore par des offres RGE ».

    Alors face aux enjeux de demain, Philippe Boni « conseille de ne rien s’interdire, d’oser, de partager et d’être très ouvert aux autres entreprises, de ne pas hésiter à se rapprocher de confrères afin de pouvoir échanger sur toutes ces techniques, et ces évolutions de nos métiers. De miser sur les jeunes, de donner échos à la formation par alternance, meilleur moyen de former les futurs collaborateurs et de les intégrer dans une équipe, de participer à la vie locale de nos fédérations car c’est aussi une manière de faire vivre et évoluer nos métiers, de défendre nos droits et nos intérêts, de faire valoir notre place dans l’acte de construire ».

  • Interview – Hugo ROSATI, DI Environnement

    Interview – Hugo ROSATI, DI Environnement

    Pouvez-vous nous présenter votre entreprise (historique, activité, principaux clients…) ?

    Hugo ROSATI : Dauphiné Isolation est une PME familiale créée en 1987 à Montélimar par Frédéric ROSATI. Spécialisée à l’origine dans la projection d’isolant, la société se diversifie en 1995 dans le désamiantage.

    Hugo RosatiA cette époque, en tant que précurseur dans le retrait de l’amiante nous avons développé nos propres process et matériels pour répondre aux exigences de ce nouveau métier. En 2000, le groupe Dauphiné Isolation créé deux unités distinctes : DI Projection, leader français de l’isolation avec la pose et fabrication de produits coupe-feu notamment et DI Environnement, leader du retrait de l’amiante en France et acteur notable dans la dépollution, le démantèlement et la déconstruction.

    DI Environnement effectue ces prestations dans le secteur du bâtiment, de l’industrie (avec le développement du nucléaire notamment), du démantèlement et, d’une manière générale, tout autre secteur où une intervention en milieu à risques est nécessaire.
    Nos références comprennent aussi bien des interventions ponctuelles que des chantiers de de plusieurs années avec des dizaines d’opérateurs et différents corps d’état à gérer.

    Avec les agences de Paris, Lyon, Marseille et Montélimar pour le siège, ainsi que les filiales EAS à Bordeaux et HEO à Nantes, nous pouvons proposer une offre locale sur le tout le territoire Français. Nous sommes également présents dans territoires d’outre-mer, avec une filiale à Tahiti notamment, ainsi qu’à l’international sur des missions spécifiques (chantiers d’envergure, fourniture de matériel, assistance à maîtrise d’ouvrage, formation, etc.) et avec des implantations comme les sociétés DI Côte d’Ivoire, DI Algérie et DI Gabon».

    Quels sont les principaux enjeux de l’amiante aujourd’hui ?

    Hugo ROSATI : Le désamiantage est un métier jeune, en France comme dans la plupart des pays développés, avec des contraintes spécifiques, voire uniques, évoluant de concert avec le cadre réglementaire (tant au niveau du législateur que des normes et référentiels).
    Si l’on devait définir brièvement le métier aujourd’hui le désamiantage c’est le retrait d’amiante en zone confinée, ou tout du moins dans un périmètre défini et contrôlé, avec utilisation d’EPI, d’EPC et d’outils spécifiques, par un personnel suivi et formé.

    Aussi, la récente et profonde modification du cadre réglementaire découlant notamment du décret 2012-639 du 4 mai 2012 et des arrêtés correspondants, soit ceux du 8 avril et du 7 mars 2013, relatifs au choix des EPI et EPC incite l’entrepreneur à évaluer lui-même des niveaux d’empoussièrement (caractérisés par un couple matériaux/outil appelés processus), lesquels sont déterminants des protections des salariés et de l’environnement à mettre en place, en coordination avec le remarquable travail des organismes de certification et des organismes de prévention.

    Autrement dit, aujourd’hui, il est de notre responsabilité en tant qu’entreprise certifiée, de par notre technicité, nos moyens et notre compétence, d’étudier, vérifier et confirmer des processus qui sont indispensable à l’appréciation du risque amiante.
    Aussi, parallèlement, et au-delà de ces éléments, le métier comprend une étude et une administration de chantier spécifique, avec notamment de manière non exhaustive le PRAM, le suivi des déchets, un suivi métrologique (analyses) initial, final et permanent, et nombres de procédures de contrôles, internes comme externes.

    Comment le secteur devrait/pourrait évoluer dans les prochaines années ?

    Hugo ROSATI : D’un point de vue général le marché du désamiantage est sur une tendance fortement positive grâce à un volume important de rénovation et de démolition qui s’opèrent avec des donneurs d’ordres de plus en plus sensibilisés au risque amiante et aux moyens à mettre en œuvre. Aussi, c’est toute la filière qui se professionnalise, notamment par le biais du travail mené entre notre syndicat et les organismes de prévention de manière à relever le niveau d’exigence et les contrôles s’y afférents.

    Ce fut le cas plus particulièrement pour les laboratoires d’analyses et ce le sera vraisemblablement pour les diagnostiqueurs avec des qualifications à plusieurs niveaux. Dans ce contexte, nous continuons à investir dans l’humain et dans les moyens pour nous aussi continuer d’évoluer et proposer de nouveaux modes opératoires, de nouvelles techniques plus sures et plus efficientes. Cela passe notamment par la mécanisation du retrait que nous opérons systématiquement sur les chantiers d’ampleurs, avec notre matériel d’aérégommage notamment mais aussi avec des outils robotisés qui se déploient sur de plus en plus d’opérations.

    Vous êtes partenaire du Grand Circuit de l’Amiante. Quelles en sont les raisons ?

    Hugo ROSATI : Nous pensons que le Grand Circuit de l’Amiante est un événement qui a du sens dans la mesure où il rassemble tous les acteurs de la filière amiante, y compris les donneurs d’ordres dans un cadre intéressant notamment avec les présentations et les tours de tables qui s’y déroulent. Aussi DI Environnement était déjà présent l’année passée, sur le thème du retrait de l’amiante dans le monde et le savoir-faire de notre société en la matière, et nous avons à cœur de perpétuer notre présence sur le Tour avec cette année la présentation d’un chantier se déroulant sur un site pétrochimique en activité.

    Quelles sont vos dernières et prochaines actualités ?

    Hugo ROSATI : 2017 est pour nous une année qui sera marquée par la réalisation de nombreux chantiers en zone radiologique et par des opérations d’envergure où DI Environnement sera mandataire de déconstruction et de démantèlement. En ce sens, nous cherchons actuellement 40 collaborateurs pour continuer notre développement.

    Sur le plan international nous étions dernièrement à POLLUTEC Alger, sur un territoire où nous sommes déjà implantés, et au salon AMERICANA à Montréal, cette fois ci pour développer le désamiantage au Canada et proposer notre savoir-faire à ce marché en devenir.

  • Interview – Sébastien PAQUET, DIRECCTE Auvergne-Rhône-Alpes – Lyon 12 avril

    Interview – Sébastien PAQUET, DIRECCTE Auvergne-Rhône-Alpes – Lyon 12 avril

    Créées en 2010, les directions des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi regroupent, en une administration régionale unique, des services issus des ministères économiques et financiers et l’ensemble des services du ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.

    La DIRECCTE est un service déconcentré placé auprès du préfet de région. Elle assure le pilotage coordonné des politiques de l’État en matière de développement économique, d’emploi, de travail, de la concurrence et de protection des consommateurs en veillant notamment  aux conditions de travail et au respect de la réglementation du travail, à la loyauté des marchés et la sécurité des consommateurs.

    La DIRECCTE, par ses missions transversales et complémentaires, garantit ainsi une meilleure lisibilité de l’action publique et permet une approche plus globale et intégrée de la mise en œuvre des politiques publiques à destination des entreprises

    Sébastien Paquet est ingénieur de prévention, en charge notamment de l’amiante et intervient en appui des agents de contrôle de l’inspection du travail sur le volet technique et scientifique. « Nous gérons également toute la partie « appui collectif » pour laquelle nous réalisons des formations pour les agents de contrôles, nous créons des outils d’aides au développement des pratiques professionnelles comme par exemple, une aide à la lecture d’un plan de retrait amiante, etc.

    Dans le cadre de nos missions, nous sommes amenés à intervenir auprès de groupements ou de syndicats professionnels afin de présenter la réglementation. Nous pouvons engager des travaux en partenariat avec ces structures afin de diffuser des messages de prévention communs à travers des plaquettes, des colloques… »

    Enfin nous contribuons à l’exercice de missions de contrôle nationales ciblées notamment  sur les organismes de formation de sous-section 4. Nous contrôlons les contenus des formations dispensées, le bon fonctionnement des plateformes pédagogiques. Dans la plupart des cas, nous pouvons constater grâce à notre action une amélioration de la qualité de la formation et des pratiques Le travail a démarré mais n’est pas encore achevé.

    Le GRIA, une initiative collective régionale

    En Région Auvergne-Rhône-Alpes, les acteurs institutionnels ont décidé, pour porter un message de prévention langage commun auprès des entreprises, des maîtres d’œuvre, etc. de créer le GRIA (Groupement Régional Interinstitutionnel Amiante) constitué de la Carsat, de l’OPPBTP, de l’Agence Régionale de Santé, des services de santé au travail et de la Direccte. Cette instance pilote des actions de prévention du risque amiante. « Dans ce cadre, nous pouvons participer à des salons comme Préventica ou Pollutec, organiser des réunions d’échanges avec les professionnels ou encore créer des supports d’information. C’est ce que nous avons fait avec l’ARA HLM pour tout ce qui concerne les interventions en maintenance sur les bâtiments des Offices HLM, poursuit ce dernier.

  • Interview – Cyrille SROCZYNSKI, SNCF Réseau – Lyon 12 avril

    Interview – Cyrille SROCZYNSKI, SNCF Réseau – Lyon 12 avril

    Le désamiantage bien engagé sur les Réseaux du Grand Sud-Ouest

    Pouvez-vous brièvement nous présenter votre structure ?

    Cyrille Sroczynski : « SNCF Réseau est devenu en janvier 2015 le gestionnaire du réseau ferroviaire français. Né de la fusion de Réseau Ferré de France (RFF), de SNCF Infra et de la Direction de la Circulation Ferroviaire (DCF), il remplit ses missions avec l’ambition d’atteindre un niveau de performance encore plus élevé et d’équilibrer ses finances d’ici 2020. Je travaille au sein de la Direction de la Maintenance Technique Sud-Est en tant que Directeur Opérationnel Projet. Mon rôle consiste à faire passer des marchés en vue de réaliser des actions de désamiantage sur nos infrastructures aussi bien en tant que MOA (Maîtrise d’ouvrage) qu’en qualité de MOE (Maîtrise d’œuvre)».

    Comment avez-vous appréhendé la problématique amiante dans votre secteur ?

    Cyrille Sroczynski : « Dans un premier temps la SNCF s’est chargée de désamianter les lieux accueillant du public. Une fois cette problématique bien avancée, nous nous sommes intéressés aux infrastructures qui contiennent de l’amiante. Dans les années 50 à 70, on en mettait un peu partout. Pour chaque chantier, nous faisons d’abord intervenir un diagnostiqueur qui nous remet un DAAT (Diagnostic Amiante avant Travaux) en plus du DTA (Dossier Technique Amiante) déjà en notre possession. Une fois ce document à notre disposition, nous réalisons un appel d’offres auprès d’entreprises d’électricité qui sous-traiteront alors le désamiantage. Pourquoi les électriciens ? Car nos installations amiantées concernent des installations électriques de notre réseau et après remontage, il y a une obligation de résultat. Ces travaux sont en sous-section 3, niveau I ou II, complexe à obtenir, et dont seuls disposent les désamianteurs. Sur la zone du Grand Sud-Ouest (de Dijon à Menton, à Perpignan en passant par Lyon), nous réalisons en moyenne 30 chantiers de désamiantage par an. Nous avons démarré en 2014 et avons environ 300 installations concernées ».

    Quelles ont été les principales difficultés rencontrées et levées ?

    Cyrille Sroczynski : « La difficulté n°1 est la maîtrise de la sécurité, vis-à-vis des risques ferroviaires et des risques électriques. Ensuite une de nos principales difficultés consiste à faire passer un électricien avant l’opération de désamiantage pour s’assurer que le remontage de l’installation se réalise sans anicroche. Nous ne disposons en moyenne que de 4 semaines par chantier ce qui ne laisse pas le droit à l’erreur. Quant aux choix des désamianteurs par les électriciens, tout s’est bien passé, sachant que pour travailler sur nos infrastructures, une habilitation est nécessaire ».

    Selon vous quelle solution ou service aurait pu améliorer votre chantier ?

    Cyrille Sroczynski : « Dans l’ensemble, période de rodage comprise, tout se déroule très bien.
    Pour rendre nos chantiers encore plus efficients, les électriciens auraient pu être habilités en sous-sections 3 sur les deux niveaux, mais cela n’existe pas. Après, nous devons gérer les contraintes de gestion de projet, car nos projets doivent impérativement être intégrés au programme de maintenance déjà prévu et bien sûr ne pas gêner la circulation des trains, ni nos clients ».

  • Interview – Vincent Mehu, diagnostiqueur à l’Isle d’Abeau (38) – Lyon 12 avril

    Interview – Vincent Mehu, diagnostiqueur à l’Isle d’Abeau (38) – Lyon 12 avril

    Se spécialiser en amiante est devenu un gage de qualité

    Vincent Mehu est diagnostiqueur à l’Isle d’Abeau (38) depuis 2007 et propose des missions de diagnostics immobiliers, de mise en copropriété, et d’accessibilité. Parmi ses prestations, il réalise des diagnostics amiante avant travaux et avant démolition depuis toujours.

    « Avec l’évolution de la réglementation et des compétences associées, il devient indispensable d’investir et de se spécialiser dans ce domaine, explique-t-il. Ainsi, il travaille de plus en plus avec des marchands de bien, des grands groupes immobiliers et promoteurs sur toute la Grande Région ».

    Une prise de conscience autour de l’amiante

    « Je pense que depuis quelques mois, il y a une réelle prise de conscience du risque amiante, bien plus importante qu’avant, analyse Vincent Mehu. Le besoin est grandissant, tant au niveau des avant travaux que de la démolition. Les demandes poussent même à demander un diagnostic Plomb en même temps ». Mais il ne faut pas mêler vitesse et précipitation.

    « Souvent on nous contacte pour la réalisation d’un diagnostic amiante immédiatement. Or, je réalise systématiquement une première visite pour constater l’état du chantier et surtout estimer le nombre d’analyse. Car nos clients ne sont pas encore conscients que le coût d’un diagnostic amiante peut passer du simple au triple ou quadruple du fait des analyses. Rien que pour cette année, je suis à plus de 15 000 euros de dépenses dans ce domaine ! »

    Investir pour une prestation de qualité

    Vincent Mehu se forme pour obtenir l’amiante avec mention, obligatoire à partir du 1er Juillet. Et il a déjà beaucoup investi dans le matériel indispensable à la réalisation des prestations amiante : aspirateur à particules, epi, etc. Finalement quel que soit mon lieu d’intervention, je fais de la protection des travailleurs et habitants une priorité. Ainsi, le matériel déployé est fonction des chantiers et aujourd’hui, le simple bouche-à-oreille me permet d’obtenir de nouveaux clients et marché.

    Ce qui devrait évoluer pour simplifier le métier

    « Ce qui manque dans notre métier et plus spécifiquement par rapport à l’amiante, c’est une véritable reconnaissance, confie Vincent Mehu qui, suite à des statistiques réalisées depuis 10 ans sur ses chantiers montrent que la VLEP n’est pas adaptée à notre métier ». Sur ce sujet, le seuil a été mesuré sur des activités de désamiantage et non de diagnostic amiante. « 100% de mes faux-plafonds sont revenus négatifs », lance ce dernier qui attend aussi avec impatience la refonte de la réglementation.