Étiquette : paroles de pros

  • Diagnostics sur enrobés : un concept tout en efficacité

    Diagnostics sur enrobés : un concept tout en efficacité

    De part son expérience de préventeur et d’opérateur de repérage avant travaux, Thierry Ornaque a développé un concept original pour effectuer les diagnostics sur les enrobés de manière efficace et conforme aux dernières réglementations. Il nous présente les spécificités du service Geocapa.

    Pouvez-vous nous présenter le concept que vous avez développé ?

    Lorsque j’ai démarré mon activité sur le marché des enrobés, j’ai réfléchi à une solution qui me permettrait de faire face à une capacité de traitement de plusieurs carottages par jour dans le respect de la réglementation. Il était aussi question de limiter la manipulation répétée des outils, relativement lourds pour l’activité : comptez 20 à 30 kilos pour la carotteuse, 25 kilos pour le seau d’enrobé pour rebouchage, 100 kilos pour la réserve d’eau, ou encore 80 à 100 kilos pour le groupe électrogène !

    La solution la plus évidente à mes yeux était d’embarquer tous ces éléments dans une remorque, de manière à ce que tout ce qui est lourd soit un poste fixe (optimisation de l’ergonomie du poste de travail dans l’optique du Document Unique d’Evaluation des Risques – DUER). C’est donc ce concept mobile que j’ai développé dès 2012 : je n’ai plus qu’à positionner la remorque à l’endroit où je procède au carottage et – pour schématiser – appuyer sur le bouton. La carotteuse s’actionne, je récupère le prélèvement et je rebouche le trou, sans aucune manipulation de charges lourdes ou contraintes de mise en place. Une fois arrivé sur place, il me faut ainsi une dizaine de minutes pour procéder à l’opération complète. La remorque embarque toute la signalisation routière nécessaire à la protection de l’opérateur. En optimisant la durée de l’opération en mode chantier mobile et sa mise en oeuvre, cette solution évite par ailleurs d’immobiliser le trafic pendant des heures.

    Autre gain de productivité, la remorque permet aujourd’hui de traiter des chantiers en linéaire, beaucoup plus efficacement et rapidement. Avec par exemple une route ou une tranchée à diagnostiquer sur plusieurs centaines de mètres, je vais pouvoir réaliser en sécurité entre 30 et 40 prélèvements par jour en moyenne. Le tout en ne mobilisant qu’un seul intervenant.

    Au-delà de ce concept, quelle est la force de Geocapa pour assurer un diagnostic pertinent ?

    Faire appel à Geocapa pour procéder à un diagnostic sur les enrobés, c’est avant tout bénéficier d’une réelle évaluation des risques, qui prend en compte le risque amiante, mais aussi le risque HAP et le risque silice cristalline. Étant également préventeur et coordonateur SPS, je participe à l’élaboration de la norme NFx46-102 au niveau de la commission Afnor. De fait, nos modes opératoires ont été optimisés et validés bien en amont de la publication de la réglementation. Geocapa est donc à même de gérer tous les risques, d’interpréter les analyses et d’accompagner les maîtres d’ouvrage et la maîtrise d’oeuvre. À ce titre, je développe en 2020 des journées d’information sur toutes leurs obligations réglementaires liées à ces risques. Notre vocation est de permettre aux donneurs d’ordre (maître d’ouvrage, maître d’œuvre, entreprises de TP, etc.) de traiter en toute transparence et compétence ce genre de problématiques.

    Vous avez également développé une solution pour cartographier l’amiante et les HAP.

    En effet, j’ai conçu un logiciel (CARTO-HAP, développé en partenariat avec Sogexpert-Arobiz) qui, tout en me facilitant la réalisation et l’optimisation des tournées, va servir de SIG (système d’information graphique) à mes donneurs d’ordre. Cette réflexion découle de la publication de la circulaire de 2013, qui a été la première à imposer aux donneurs d’ordre des réseaux non concédés d’établir une cartographie en France. Aujourd’hui, tous les points de carottage que j’enregistre me permettent de cartographier la présence d’amiante et d’HAP dans les enrobés sur lesquels je suis intervenu. J’ai également conçu des passerelles avec nos laboratoires COFRAC partenaires afin de permettre aux donneurs d’ordres disposant de leur propre système d’exporter ces données, d’alimenter leur base et d’assurer le transfert des données vers la base DIAMATYS de PROTYS.

    Geocapa met ce matériel à disposition de sous-traitants dans la France entière. Sur quels critères les sélectionnez-vous ?

    Je suis très exigeant envers moi et tout autant avec mes prestataires. À minima, ils doivent être certifiés amiante avec mention et habilités SS4 cumul de fonction, AIPR (Autorisation d’Intervention à Proximité des Réseaux) et, éventuellement, CATEC (Certificat d’aptitude à travailler en espaces confinés dans le domaine de l’eau potable et de l’assainissement). Les diagnostiqueurs qui disposent de l’ensemble de ces certificats sont vraiment ceux qui ont ciblé leurs compétences sur le domaine des enrobés et qui sont en contact avec la réglementation. Mais ils demeurent encore très rares.

  • Qualité de l’air intérieur et radon : quelles analyses ?

    Qualité de l’air intérieur et radon : quelles analyses ?

    Eurofins analyse tous les types d’échantillons d’air. Qu’il s’agisse d’émissions, d’air ambiant, d’air au poste de travail ou de qualité de l’air intérieur (QAI), Eurofins fournit les consommables requis pour le prélèvement et analyse les échantillons conformément aux exigences normatives en vigueur. Entretien avec Florence Chevrier, Chargée d’affaires Eurofins Environnement France.

    Comment analyser la qualité de l’air intérieur dans les ERP ?

    Depuis 2010, la surveillance de la QAI dans certains établissements recevant du public est obligatoire (notamment ceux qui reçoivent des enfants). Aujourd’hui il existe 2 moyens de mesurer sa QAI :

    • Faire appel à un organisme accrédité pour la mise en œuvre des campagnes de mesures de la Qualité de l’Air Intérieur (QAI)
    • Mettre en œuvre un programme d’action de prévention de la QAI, autodiagnostic conduit à l’aide du « guide pratique pour une meilleure qualité de l’air dans les lieux accueillant les enfants ». Il s’agit d’un questionnaire permettant d’évaluer les pratiques de l’établissement et d’identifier les situations à risque. En fonction du résultat obtenu, l’équipe de gestion peut être amenée à décider de réaliser des mesures.

    Eurofins a développé le Kit Pollu’AIR® ERP pour répondre aux besoins du marché. Il s’agit du 1er kit de mesure de la QAI référencé par l’INERIS pour le compte du Ministère. Il est possible de le commander sur Internet via le Web Shop d’Eurofins.

    Quelle est la progression du marché en France ?

    En France, la surveillance de l’air intérieur est obligatoire dans les établissements qui accueillent des enfants. Le décret du 17 août 2015 impose les échéances suivantes : 1er janvier 2018 pour les écoles maternelles, élémentaires et crèches ; 1er janvier 2020 pour les accueils de loisirs et les établissements d’enseignement du second degré ; et 1er janvier 2023 pour les autres établissements. La France compte 50 490 écoles, 7200 collèges et 4170 lycées. Il reste donc de nombreux établissements à surveiller dans les prochaines années.

    Quelles sont les particularités pour l’analyse du radon ?

    Le radon est un gaz radioactif classé cancérigène selon l’OMS, il serait à l’origine de 5 à 10% des cancers du poumon et est le deuxième facteur de risque de cancer du poumon dans le monde. Pour connaître avec précision l’exposition au radon chez soi, il est indispensable de faire une mesure grâce à un dosimètre. La réglementation française est très stricte à ce sujet :

    • Le niveau de référence en France est de 300 Bq/m3. En cas de dépassement, des mesures de remédiation doivent impérativement être mises en place. L’arrêté ministériel du 27 juin 2018 liste le potentiel radon des communes Françaises (3 niveaux différents)
    • Le propriétaire ou l’exploitant des établissements recevant du public (ERP) doit faire procéder au mesurage de l’activité volumique en radon dans les zones à potentiel 3 ainsi que dans les zones 1 et 2, lorsque les résultats de mesurages existants dans ces établissements dépassent 300 Bq/m3 (cette mesure doit être renouvelée tous les 10 ans ou lors de travaux significatifs).
    • L’acquéreur ou le locataire doit être informé du risque radon par le vendeur ou bailleur dans les zones à potentiel radon de niveau 3.
    • Dans les zones à potentiel radon de niveau 3, l’évaluation des risques d’exposition des travailleurs est obligatoire pour tous les lieux de travail situés en sous-sol ou rez-de-chaussée, et doit être annexée au Document Unique (DUER).

    Pour les mesures imposées par la législation l’organisme qui les réalise doit posséder un agrément délivré par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). Aucun agrément n’est nécessaire pour les mesures réalisées à titre informatif. Concernant les sociétés se situant en zone 3, les dosimètres peuvent être directement posés par l’employeur.

    Si vous souhaitez connaître notre offre en mesure de la concentration de polluants dans l’air intérieur nous vous donnons rendez-vous sur www.eurofins.fr.

  • Décret Tertiaire : faisabilité et solutions

    Décret Tertiaire : faisabilité et solutions

    Avec le décret Tertiaire, les pouvoirs publics posent pour objectif de réduire de 40 % la consommation énergétique des bâtiments tertiaires d’ici 2030 par rapport à leur niveau en 2010. Pierre Blanchet, responsable Innovations Building Solutions chez Vinci Énergies, éclaire sur la faisabilité de la réglementation et sur les moyens d’y parvenir.

    Les objectifs du décret Tertiaire sont-ils atteignables ?

    Vinci Énergies a réalisé une estimation de la faisabilité du décret sur sa première échéance (2030). Pour cela, nous sommes parti d’un parc tertiaire moyen se situant autour de 250 KWh d’énergie finale par m2 et par an. Sur cette base, nous avons imaginé et pondéré quatre groupes d’actions de performance énergétique :

    • Les actions sur l’utilisation des bâtiments, c’est-à-dire visant à améliorer les pratiques des occupants et à leur donner des points de repère sur des actions simples permettant de diminuer les consommations d’énergie, le plus souvent sur le chauffage et la climatisation.
    • Les actions de pilotage du bâtiment. On rentre ici dans les actions plus techniques touchant aux systèmes de régulation thermique et aux systèmes de GTB (gestion technique du bâtiment). Il s’agit le plus souvent de remplacer ces systèmes ou de les mettre en place quand ils sont inexistants.
    • La rénovation des équipements techniques dans leur ensemble (équipements de CVC, éclairages, et autres éléments sous plafonds).
    • Et la rénovation lourde, telle que l’isolation thermique par l’extérieur ou par l’intérieur.

    En mettant en perspective plusieurs hypothèses, nous avons conclu qu’un effort très important sur ces deux premiers postes – qui sont les investissements les moins importants – permettrait de se rapprocher de l’objectif de 40 %. Ce n’est donc pas forcément en plaçant tous les efforts dans la rénovation lourde que cet objectif sera atteint, mais en mixant ces quatre types d’actions.

    Avez-vous des exemples de solutions offrant d’importants résultats ?

    Il y a tout d’abord le relamping, qui est à l’heure actuelle déjà très déployé. Il s’agit de remplacer les éclairages anciens par des LED, qui consomment moins et qui ont une durée de vie plus longue. De plus, le temps de retour est très court.

    On peut aussi agir sur la mise à niveau des régulateurs de climatisation et chauffage. Ceux installés il y a une vingtaine d’années sont des systèmes électroniques, tandis que les nouveaux sont numériques, beaucoup plus performants et faciles à piloter à distance. Ces systèmes doivent fournir la régulation la plus fine possible : une bonne installation fera ainsi osciller la température entre 19,5 et 20,5°C, quand un équipement plus ancien s’accompagnera d’un écart compris entre 17 et 23°C, une situation qui n’est pas confortable et qui consomme plus d’énergie.

    Je peux également citer le pilotage des installations au travers des systèmes de GTB, qui permet d’agir sur l’exploitation du bâtiment : enclencher l’éclairage, la climatisation ou le chauffage à distance, créer des calendriers, lancer des scénarios anticipatifs à partir de données extérieures… Ces systèmes sont d’autant plus intéressants que leur coût a beaucoup diminué ces dernières années.

    Comment assurer la performance de ces systèmes dans le temps ?

    Le suivi est absolument indispensable ! On distingue l’entretien, qui consiste à s’assurer que le bâtiment reste en bon état ; la maintenance, qui permet d’optimiser, d’améliorer et de renforcer les rendements des systèmes ; et la conduite, où l’on s’assure que les systèmes de production sont en adéquation avec la demande.

    Aussi, les actions de performance énergétique s’accompagnent souvent d’un “effet rebond”, qui intervient lorsque les usagers relâchent leurs efforts sur leur consommation quand les systèmes sont moins énergivores. Vinci Énergies propose donc de coacher les utilisateurs et le personnel d’entretien afin de maintenir dans le temps les économies obtenues. Les contrats de performance énergétique offrent un cadre idéal pour insuffler les bons réflexes et parvenir aux objectifs.

  • L’auto-gouvernance selon EuropAmiante : libérer les énergies, au service du client

    L’auto-gouvernance selon EuropAmiante : libérer les énergies, au service du client

    Dans un mouvement de remise au centre de l’humain, EuropAmiante a initié en 2018 une démarche d’auto-gouvernance. La société s’organise désormais en équipes autonomes qui prennent en charge le client de A à Z et sont autant d’entreprises dans l’entreprise. Retour sur cette expérience avec Carine Rouvier, PDG d’EuropAmiante.

    EuropAmiante s’est engagée sur la voie de l’entreprise libérée. Quels sont les premiers résultats de cette politique de management ?

    Les résultats sont arrivés très rapidement, puisqu’en un an et demi la société est passée de deux à quatre agences. Une cinquième est également en gestation. EuropAmiante compte à présent huit équipes autonomes de 3 à 18 personnes. Ce développement, c’est l’auto-gouvernance qui l’a permis en libérant les énergies des collaborateurs. L’entreprise les accompagne au quotidien dans ce qu’ils font et les compétences qu’ils souhaitent développer. Si bien qu’ils en viennent à se demander s’ils ne pourraient pas ouvrir leur propre agence, ce que nous leur permettons en les assistant dans la démarche.

    Ce modèle est un véritable état d’esprit qui permet à de petites communautés à l’intérieur de l’entreprise de voler de leurs propres ailes et d’être responsables de leurs choix. Aussi, 100 % de nos énergies sont tournées vers nos clients. L’auto-gouvernance a même des effets en dehors de l’entreprise, car les salariés s’engagent également de leur propre initiative auprès d’associations locales.

    Quelle suite prendra cette expérience en 2020 ?

    Nous allons pour les cinq prochaines années travailler sur cinq grands thèmes que nous avons déterminés collectivement :

    1°) Entreprise engagée

    Que ce soit au niveau sociétal ou environnemental, nous nous engageons dans de nombreux projets. Nos équipes se sont par exemple intéressées à l’impact environnemental de leurs interventions, notamment leur consommation quotidienne de bouteilles d’eau en plastique, et ont imaginé un moyen de faire de l’économie circulaire.

    2°) Transparence

    Nous sommes très transparents sur nos chantiers, ce que je considère être un prérequis dans notre métier, mais nous souhaitons aller encore plus loin. Notre équipe de cinq informaticiens travaille ainsi sur deux outils. Tout d’abord une plateforme client numérique, sur laquelle le client pourra consulter la vie de ses chantiers en temps réel et les documents associés, qu’il pourra également déposer. Ce service sera connecté avec notre système informatique collaboratif. Pour le deuxième outil, EuropAmiante sera la première entreprise en France à offrir la possibilité de réaliser une estimation en ligne des tarifs de son chantier de désamiantage. N’importe qui pourra se connecter, enregistrer ses coordonnées et répondre aux nombreuses questions qu’exige l’algorithme pour procéder à l’analyse de risque et générer l’estimation.

    3°) Couverture géographique

    Nous poursuivons notre développement sur tout le territoire français, justement via les projets de création d’agences portés par nos salariés. J’ai par ailleurs délégué certaines responsabilités au sein de l’entreprise pour accompagner personnellement le développement de ces projets.

    4°) Indépendance des moyens

    L’entreprise est indépendante et ne fait partie d’aucun groupe. Une position que nous comptons bien conserver. Nous sommes propriétaire de 95% de notre matériel et la totalité de celui-ci est maintenu en interne.

    5°) Savoir-faire et expertise

    EuropAmiante continuera de s’entourer de collaborateurs polyvalents, qu’elle accompagnera dans le développement de leurs compétences. Il s’agit aussi de poursuivre nos activités spécifiques, comme les interventions sur sites hyper-sécurisés (l’Elysée, l’Assemblée Nationale, le Sénat, les commissariats…). Nous comptons également dans nos effectifs des auditeurs certifiés, qui ont réalisé 64 audits sur nos chantiers en 2019, des cordistes et une équipe de couvreurs.

  • Étanchéité et amiante : la double compétence chez Soprema

    Étanchéité et amiante : la double compétence chez Soprema

    Présent sur tous les continents avec plus de 8 000 collaborateurs, Soprema est depuis 1908 le spécialiste de l’étanchéité et de l’isolation. Pour la partie travaux, Soprema Entreprises est présent en métropole avec 60 agences et filiales spécialistes de l’enveloppe du bâtiment et de la charpente. À travers Sopramiante, le groupe allie ses compétences historiques avec le savoir-faire nécessaire aux interventions sur matériaux amiantés. Entretien avec Ronan Cadic, responsable national Sopramiante.

    Pourquoi le groupe a-t-il développé Sopramiante ?

    Sopramiante est le nom commercial de l’activité liée aux travaux sur matériaux amiantés chez Soprema Entreprises, société spécialisée dans les travaux d’étanchéité, de couverture, de bardage et de charpente. Nos équipes interviennent dans le cadre des travaux de remplacement de toiture et façades dès lors que ces travaux sont susceptibles de concerner des matériaux contenant de l’amiante (MCA). Nous intervenons également avec le Département Soprassistance, qui regroupe les activités de services, c’est-à-dire les recherches et réparations de fuites, les petits travaux d’étanchéité, la maintenance et les contrats d’entretien.

    Dans le cadre de ces opérations, nos équipes sont confrontées au quotidien à la problématique amiante. Il nous était donc indispensable de nous doter des moyens techniques et humains nécessaires à la réalisation de nos interventions dans le respect de la réglementation, que ce soit dans le cadre de travaux réalisés en sous-section 4 (SS4) ou en sous-section 3 (SS3).

    Les opérateurs sont ainsi formés, équipés et interviennent selon des modes opératoires spécifiques scrupuleusement tenus à jour. Si la grande majorité de nos interventions concerne la SS4, nous avons également des agences et filiales certifiées 1552 chez Qualibat, permettant d’intervenir dans le cadre de la SS3, et donc de procéder au retrait et remplacement de MCA.

    Quelles sont les principales problématiques rencontrées ?

    Dans nos métiers, nous rencontrons couramment trois familles de matériaux amiantés pour lesquels nous sommes susceptibles d’intervenir soit pour des travaux ponctuels (recherche et réparation de fuites, entretien), ou des travaux de plus grande ampleur comme une réfection complète de toiture :

    • le fibrociment amianté, qui se trouve le plus souvent dans des locaux de types industriel ou commercial. Le Maître d’Ouvrage est parfois confronté à la nécessité de devoir maintenir son activité pendant notre intervention. Or, ces toitures sont très fragiles. Nous sommes donc confrontés à la triple difficulté de sécurité vis-à-vis de nos salariés (risque de chute et problématique amiante) ; de la nécessité de protéger les utilisateurs du bâtiment contre tout risque d’exposition aux poussières d’amiante ; et d’obligation de maintenir ou rétablir le hors d’eau du bâtiment. Nos travaux sont menés de façon à faire face simultanément à toutes ces contraintes.
    • les toitures traditionnelles en tuiles et ardoises amiantées, pour lesquelles nous intervenons de même.
    • Les complexes étanches en bitume amiantés. Un sujet récemment pris en compte car, jusqu’à présent, le Diagnostic Amiante avant Travaux n’était pas exigé dans le cadre de contrats d’entretien et de recherche de fuite. Il n’était réalisé que lors de travaux de réfections conséquents. Aujourd’hui, la réglementation a évolué et rend explicitement obligatoire le Diagnostic Amiante Avant Travaux, y compris lors des opérations de maintenance réalisées par notre Département Soprassistance. A cette nouvelle contrainte réglementaire, nous devons savoir apporter le conseil et la solution à nos clients. Nous avons donc des partenaires diagnostiqueurs vers qui nous dirigeons nos clients. Lorsqu’un diagnostiqueur effectue un sondage dans un complexe d’étanchéité, le rebouchage implique un savoir-faire particulier avec des effectifs formés SS4 et équipés. En apportant une garantie à ce type d’intervention, nous offrons une solution clés en main pour nos clients et partenaires.

    En quoi la double compétence étancheur et désamianteur est-il un atout ?

    La dépose/repose d’une toiture avec les mêmes équipes dans la même journée est un avantage certain par rapport à la concurrence, qui va se constituer d’un groupement d’entreprises. Aucune coordination particulière n’est à prévoir par le client entre la dépose et la repose de la toiture puisque tout est géré en interne par la même entreprise et la même équipe. Cette double compétence est d’autant plus intéressante lorsque l’on travaille en toiture. En effet, le maintien hors d’eau relève clairement de notre compétence. Nous renforçons également la charpente le cas échéant. Notre expertise de l’enveloppe du bâtiment associée à notre maîtrise qualifiée en amiante nous permet de répondre sereinement à nos clients avec une solution complète, que ce soit en SS3 ou SS4.

  • Décret Tertiaire : il faut rassurer sur la faisabilité des objectifs

    Décret Tertiaire : il faut rassurer sur la faisabilité des objectifs

    À travers un décret d’application, la loi Élan pose un objectif de réduction des consommations énergétiques des bâtiments tertiaires à horizon 2030. Les entreprises de la transition énergétique et numérique ont une place centrale dans la mise en œuvre de cette mutation. Explication avec Anne Valachs, Directrice générale du SERCE.

    Avec le nouveau décret Tertiaire, quel est le potentiel d’activité pour les entreprises du SERCE ?

    Le texte pose des objectifs clairs : la réduction de 40 % de la consommation d’énergie finale en 2030 par rapport à 2010, 50 % en 2040 et 60 % en 2050. Le potentiel d’activité pour les entreprises du SERCE est très important, puisque sur les 900 millions de m² concernés, seulement 1,5 % est rénové à l’heure actuelle. Nous avons calculé qu’avec 1 % de plus, on créerait 40 000 emplois supplémentaires.

    Nos adhérents travaillent depuis longtemps dans l’efficacité énergétique du bâtiment et sont particulièrement bien placés pour réaliser ces rénovations. D’autant plus que la part de l’électricité augmente continuellement au sein des bâtiments du tertiaire, avec notamment le développement de la bureautique, de la climatisation et des équipements spécifiques aux activités spécialisées (hôpitaux, hôtels, écoles, restaurants…), ainsi que la production d’énergie en autoconsommation, le pilotage de l’éclairage et de la température, ou la mise en place de l’IoT qui accompagne ces systèmes. Qu’elles soient petites, moyennes ou grandes, les entreprises du SERCE se retrouvent dans toutes ces activités.

    Comment accompagnez-vous les entreprises sur ce sujet ?

    Sur le plan des compétences, nos entreprises sont déjà prêtes. Pour attirer les jeunes vers ces métiers, nous avons mis en place des outils (comme le site www.metiers-electricite.com) et menons des actions de communication auprès des écoles.

    Le SERCE les accompagne également en mettant à leur disposition des outils pour sensibiliser les propriétaires concernés. Il s’agit de rassurer ces derniers quant aux objectifs fixés et de leur expliquer la faisabilité des projets. Nous avons pour cela réalisé et mis en ligne quatre vidéos : une première pour décrypter le décret Tertiaire, ses objectifs et les moyens pour y répondre ; une deuxième sur l’efficacité énergétique et les leviers d’action ; et deux autres vidéos, plus spécifiques, sur les Contrats de Performance Énergétique. Elles servent aussi bien aux clients des entreprises qu’à leurs équipes en interne, qui pourront s’approprier le raisonnement et la pédagogie du support.

    Nous avons aussi animé une conférence en novembre sur le Salon des Maires afin de toucher les maîtres d’ouvrage publics, qui ne sont pas forcément au courant de la réglementation. L’occasion pour des adhérents du SERCE de présenter des exemples concrets de réalisations et les conséquences sur les budgets de fonctionnement.

    En parallèle, le SERCE répond à des interviews sur différents supports et co-organise cette année le Grand Circuit Énergiser le Bâtiment, toujours dans le but d’expliquer le décret Tertiaire et le rôle que la profession peut jouer pour accompagner les maîtres d’ouvrage concernés.

    Que doivent développer les entreprises ?

    Quand on fait de la rénovation énergétique, il faut penser contrat de maintenance. Les économies ne tiennent pas sur la durée si les équipements ne sont pas maintenus. Les entreprises doivent veiller à rappeler aux maîtres d’ouvrage qu’il s’agit d’une prestation indispensable pour maintenir leurs performances et remplir leurs objectifs. Je pense que le mouvement est lancé avec le décret Tertiaire.

    Le SERCE a participé à la concertation sur la nouvelle réglementation.

    Nous avons en effet participé à la concertation et à tous les groupes de travail mis en place par le ministère. Chacun de ces groupes correspondait à une typologie de bâtiment. Nous avons invité des experts de nos entreprises pour enrichir la discussion par des exemples concrets de réalisations avec les pourcentages d’économie d’énergie réellement obtenus. Les parties prenantes ont ainsi mieux compris l’intérêt et la faisabilité de ces rénovations.

    À présent, le SERCE poursuit ses travaux de sensibilisation au sein des institutions publiques. Sur la question des solutions de financement de la rénovation par exemple, nous proposons d’intégrer de nouvelles fiches standardisées de Certificat d’Économie d’Énergie.

  • Retrait amiante : vers une certification à deux niveaux ?

    Retrait amiante : vers une certification à deux niveaux ?

    Dans le domaine du retrait amiante, l’année 2020 sera marquée par la révision du système de certification sous-section 3. L’occasion pour le SEDDRe de proposer une nouvelle vision basée sur une certification à deux niveaux, plus proche de la réalité des entreprises. Souhila Paré, chargée de mission santé et sécurité au travail, présente la réflexion du syndicat.

    Vous portez dans vos projets 2020 une réflexion pour une certification SS3 à deux niveaux. Quelle est cette vision ?

    La réglementation va entrer cette année dans un grand chantier de révision. Le SEDDRe souhaite en profiter pour revoir le système de certification, via la mise en place d’une certification sous-section 3 (SS3) à deux niveaux de technicité : une technicité courante et une technicité supérieure. Les critères de ces deux niveaux seraient discutés par l’ensemble des acteurs.

    À titre d’exemple, une entreprise qui met en œuvre peu de processus, nécessitant des techniques courantes et présentant un risque faible, ne devrait pas avoir autant de contraintes qu’une entreprise qui intervient sur des chantiers complexes et qui mettent en œuvre des processus très émissifs, exigeant une maitrise technique plus poussée. Nous préconisons que la mise en œuvre des processus les plus émissifs soit plus réglementée.

    Ces processus et l’intervention dans les milieux les plus complexes, relèvent d’une technicité supérieure. Nous souhaitons donc différencier le suivi technique des deux niveaux de certification.

    En l’état de la réflexion, la démarche serait volontaire pour les entreprises souhaitant justifier d’une technicité supérieure. Elles présenteraient un dossier plus élaboré que le premier niveau, avec des preuves de technicité : du personnel formé, des moyens techniques avancés, ou encore des processus qu’elles maîtrisent et mettent en oeuvre. Et donc une entreprise proposant la mise en œuvre de ces processus très émissifs ou l’intervention dans des milieux très sensibles devrait justifier d’une certification de technicité supérieure.

    Cette proposition sera discutée au cours du second semestre 2020 à l’occasion de l’ouverture du groupe de travail de normalisation de l’AFNOR pour la révision du système de certification.

    Et vos orientations pour la nouvelle décennie ?

    Le SEDDRe souhaiterait voir se développer de nouvelles techniques de gestion des déchets amiante, notamment celles qui permettent l’élimination finale du déchet. Au delà de la préoccupation environnementale, il s’agit d’étudier des solutions – viables d’un point de vue économique – permettant l’élimination de manière définitive du déchet.

    Car si l’inertage de l’amiante est actuellement la technique la plus définitive, elle demeure très coûteuse. Mais ces derniers temps nous voyons naître des solutions d’élimination des déchets par voie chimique, à l’instar de celles développées par les sociétés Valame et Neutramiante, dont les procédés sont en cours de pré-industrialisation. Nous sommes très attentifs à la faisabilité de ces projets, et suivons le sujet de près.

    Réalisée il y a près de deux ans, la fusion du Syndicat National des Entreprises de Démolition (SNED) et du Syndicat des Recycleurs du BTP (SR-BTP) a donné une impulsion importante au SEDDRe sur ces sujets là. La fusion a créé une véritable synergie de compétences, d’expertise et de représentativité, que le syndicat va mettre activement en oeuvre au cours de cette nouvelle décennie.

    Le SEDDRe travaille depuis quelques mois sur la rédaction de 14 règles techniques. Quand seront-elles publiées ?

    En effet, nous travaillons sur 14 règles règles techniques en partenariat avec le SYRTA, qui auront pour but d’uniformiser les pratiques dans le domaine de la SS3. La rédaction est en cours et l’intégralité de ces fiches seront restituées d’ici la fin de l’année.

  • Pourquoi et comment organiser un management de la qualité BIM ?

    Pourquoi et comment organiser un management de la qualité BIM ?

    Philippe Durand, directeur de programme chez Bureau Veritas Certification, explique pourquoi et comment organiser un management de la qualité BIM.

    Retranscription

    Pourquoi et comment organiser un management de la qualité BIM ?

    Le BIM est une nouveauté qui nécessite que tous les acteurs puissent avoir la même information ou la possibilité de se coordonner pour comprendre ce qu’on leur demande dans la démarche BIM, puisque le BIM est avant tout une démarche.

    Pour se faire, il y a plusieurs possibilités. Soit que tous les acteurs fassent l’objet d’une formation pour comprendre la démarche BIM, mais ça peut prendre un certain temps qui n’est peut-être pas compatible avec les données économiques actuelles et la rapidité d’exécution des chantiers. Donc l’une des solutions pourrait consister à organiser la coordination du chantier BIM au travers d’un plan de qualité, inventer un système de management de la qualité d’un projet BIM. Plusieurs intérêts : tous les acteurs pourraient avoir l’expérience d’une tierce partie indépendante qui apporterait un regard critique et qui permettrait peut-être au maitre d’ouvrage de mieux appréhender les besoins de l’exploitant futur, mais également de pouvoir valider et certifier l’ensemble des données du bâtiment et les données à exporter en imaginant que les Data puissent être utilisées dans la vie du bâtiment pour les entreprises de contrôle, d’inspection ou de maintenance.

    Faut-il certifier les intervenants ?

    On peut l’imaginer, mais il y a certainement d’autres données possibles. Parce qu’il ne faut pas perdre de vue que la démarche BIM existe depuis plusieurs années et qu’il y a des opérateurs qui sont aujourd’hui totalement compétents. Et ces gens là ne peuvent pas être pénalisés sous prétexte qu’une certification se met en place aujourd’hui. Donc il faut il tout de même tenir compte du panel des compétences existantes aujourd’hui et qui sont éprouvées.

    Le marché est-il dans l’attente de la création de signes de qualité ?

    On peut considérer un réel manque car nous sommes dans une période de transition sur l’usage, avec des documents qui sont remis à la fin d’une construction. On a tendance à dire qu’on a des plans tels que construits, ça clôture la fin d’un chantier et on signe le PV de réception. On ne se soucie pas de ce que l’on peut faire de ces plans ou des notices techniques qui sont associées au produit. Alors qu’aujourd’hui ces plans vont vivre avec le bâtiment, et les notices techniques vont être totalement dématérialisées pour un usage. C’est cette transition qui est à comprendre. Elle ne sera réussie que si les données que l’on va héberger et transmettre sont fiables et pertinentes, ce que l’on ne peut pas garantir aujourd’hui. Le temps que les gens prennent conscience de cet usage nécessite un accompagnement. Et les maîtres d’ouvrage ont besoin d’une validation forte parce qu’il y a un intérêt économique non négligeable pour l’avenir sur toute la chaine de vie d’exploitation d’un ouvrage.

    Quelle est l’expérience de Bureau Veritas Certification sur le sujet du BIM ?

    Bureau Veritas Certification a une expérience internationale sur les maquettes BIM de part les zones géographiques sur lesquelles il opère. Il est vrai qu’aujourd’hui l’ensemble des acteurs du groupe se sont focalisés sur ce qu’est un projet BIM et ce que l’on peut en faire, parce que c’est un sujet qui est très complexe et qui nécessite d’avoir des compétences sur les fondamentaux de la construction d’un ouvrage et des livrables qui sont donnés en fin de construction, mais également sur l’exploitation des Data en tant que données techniques du bâtiment, et la fiabilités des Data en tant que métadonnées puisque ces dernières peuvent être détournées pour faire un certain profit.

    Donc la philosophie BIM chez Bureau Veritas Certification, c’est d’allier les compétences tant sur l’aspect construction, sur ce que l’on veut faire des données techniques pour faire vivre le bâtiment, mais également sur la sécurité des données pour que le bâtiment ne puisse pas être « violé » avec des données introduites volontairement par malveillance. Toute la chaine de confiance doit exister sur tous ces aspects là. Bureau Veritas Certification a la chance de pouvoir réunir tous ces acteurs au sein de ses équipes.

  • Pilotage énergétique : impacts, nouveaux risques et gains

    Pilotage énergétique : impacts, nouveaux risques et gains

    Sébastien Meunier, directeur du développement chez ABB, répond aux questions sur le pilotage des solutions de stockage de l’électricité dans le Bâtiment à l’occasion du Grand Circuit Energiser le Bâtiment.

    Transcription

    Quel est l’impact des nouvelles solutions de stockage sur les réseaux électriques ?

    Je vais revenir un instant sur les systèmes de stockage. De quoi parle-t-on ? On a vu apparaitre des systèmes de stockage, par exemple dans le résidentiel (du 3 kW). Là, les systèmes de stockage d’énergie dont on parle, c’est de 30 à 1600 kW, pour chaque sous-système. Evidemment, on peut étendre les capacités par modules de la quantité de batteries dont on a besoin, au delà de la puissance. Nous sommes sur des capacités assez conséquentes. L’impact, ça va être de se mettre d’accord si l’on veut autoconsommer ou réinjecter. Il y a donc un impact contractuel qui est important. On a vu les conventions d’autoconsommation apparaitre à ce sujet là.

    Et puis il y a un impact sur le dimensionnement du réseau, c’est à dire sur la conception même de l’architecture électrique d’un site ; le fait même d’introduire des systèmes de stockage va modifier l’architecture électrique du réseau. Donc il y a un impact sur la conception et l’exploitation.

    Est-ce que les nouveaux systèmes amènent de nouveaux risques ?

    Je vais en citer deux. Ces nouveaux systèmes énergétiques fonctionnent, ils sont disponibles. On a des sites d’expérimentation. Par rapport au challenge que je citais tout à l’heure, le premier risque c’est de savoir si collectivement on saura saisir les opportunités de ces nouveaux systèmes énergétiques ? La PPE a donné un certain nombre d’objectifs à atteindre. Maintenant la question c’est « comment on va les atteindre ? » On sait que l’on ne pourra pas tout faire avec des décrets et des obligations. Le vrai risque que l’on a, et en même temps l’opportunité, c’est de mettre en oeuvre ces nouveaux systèmes énergétiques. On a notamment un contrat stratégique de filière qui a été signé sur les nouveaux systèmes énergétiques. Maintenant, il faut que l’on se mette tous ensemble autour de la table pour savoir comment on va atteindre ces objectifs. C’est facile de mettre dans un décret « moins 50 % », mais comment on fait ? C’est à nous collectivement de le faire.

    Après, on a une deuxième risque qui est plus lié à la profession d’intégrateur électricien : même si les conditions de marché deviennent favorables, on a de la formation à mettre en place. On a une vision système qui est un peu différente de celle que l’on a aujourd’hui du lot technique courant fort. Donc il faut intégrer des dimensions supplémentaires. Le risque, c’est que si on n’arrive pas à produire suffisamment de formation de qualité, si les entrepreneurs ne se saisissent pas de ce sujet, on va passer à côté.

    Comment le big data peut-il contribuer aux économies d’énergie ? Des exemples concrets ?

    La caractéristique des objets connectés, c’est que ça génère beaucoup de données. Mais qu’est-ce que l’on peut en faire ? Il y a deux grandes applications.

    Des applications sur la régulation des usages. Les automatismes c’est très bien, mais avec le big data et l’intelligence artificielle on va avoir des fonctionnalités supplémentaires. Par exemple de prévision des scénarios d’occupation. Non pas conventionnels mais basés sur des données réelles ; basés sur l’auto-adaptation du bâtiment. Donc sur des éléments qui ne relèvent pas forcément d’automatismes ou de plages horaires fixées, mais plutôt d’une adaptation temps réel par rapport à l’usage réel du bâtiment, par rapport aux contraintes financières et confort fixées par les occupants ou les exploitants. On sait que l’on peut avoir des économies réelles qui vont de 20 à 60 %, mais si on ajoute du big data et des algorithmes on peut aller encore beaucoup plus loin sur ces économies d’énergie.

    Il y a un deuxième gain supplémentaire, c’est celui lié à la flexibilité. Ce n’est pas directement une économie d’énergie, mais ça peut être une économie financière parce que je vais pouvoir générer des revenus grâce à mes scénarios de flexibilité. Je vais avoir un agrégateur ou un fournisseur, par exemple, qui va me rémunérer parce que je vais rentrer en scénario d’autoconsommation, ou au contraire parce que je vais sous-tirer sur le réseau. On va me payer pour que je consomme parce que je vais contribuer à l’équilibre du réseau. Ce n’est pas une économie d’énergie mais une économie financière.

  • Marché de l’amiante : vers le diagnostic 4.0

    Marché de l’amiante : vers le diagnostic 4.0

    Comment évolue le marché de l’amiante ? Le point de vue de Julien Piechowski, directeur des régions Ile-de-France et Normandie au sein d’AC Environnement.

    Retranscription

    Comment AC Environnement voit le marché de l’amiante dans les 5 prochaines années ?

    C’est un marché qui va continuer à se professionnaliser, avec des spécificités comme les navires ou le matériel roulant. On va faire appel à des spécialistes du métier, que l’on va former à l’amiante. On aura donc une connotation métier très forte complétée par le métier de l’amiante.

    Le BIM va-t-il transformer totalement la profession du diagnostic et les rapports entre acteurs du bâtiment ?

    Le BIM ne va pas transformer la profession de diagnostic mais le compléter. On va continuer à faire des diagnostics, à faire des prélèvements, à disposer de la data. En revanche, le BIM va nous permettre d’exploiter encore d’avantage cette donnée. Les diagnostiqueurs vont passer dans une ère nouvelle qui s’appellera les diagnostiqueurs 4.0, où l’on passera d’un statut de préleveur à un statut d’expert de la data.

    Est-ce indispensable de se mettre au BIM ?

    Oui, pour une raison très simple : dans la vie d’un ouvrage, 75 % du coût inhérent au bâtiment se joue sur la partie exploitation de l’ouvrage. Par la collecte des données, le BIM va nous permettre d’être en phase d’exploitation, sur la seconde vie du bâtiment. C’est indispensable notamment quant à l’évaluation du coût sur la vie globale du bâtiment.

    Quels sont les autres marchés sur lesquels vous pariez dans les prochaines années ?

    Le pari que l’on fait aujourd’hui, c’est justement celui du BIM. Car nous sommes persuadés que passer de l’expert du prélèvement à l’expert de la data, c’est l’avenir.

    Ce n’est pas que de la technologie. On envisage aussi d’être force de proposition et force d’écoute quant à la formation sur la thématique amiante. Je pense notamment à la sous-section 4, qui est une obligation pour tous les opérateurs qui vont travailler dans le milieu du bâtiment, qui seront confrontés à la thématique amiante. Et nous sommes convaincus qu’il y a une nécessité d’accélérer encore la formation SS4, et donc de former encore d’avantage les acteurs du bâtiment.