Catégorie : Diagnostiqueur

Le rôle du diagnostiqueur est plus que jamais stratégique dans un contexte marqué par la réglementation environnementale, la performance énergétique et la sécurité des bâtiments.

 

Avec l’arrivée de nouveaux diagnostics obligatoires (DPE, audit énergétique, état des risques…), l’évolution des attentes des maîtres d’ouvrage et le déploiement de nouvelles technologies (capture de la réalité, dématérialisation, thermographie…), l’expertise des diagnostiqueurs doit sans cesse s’adapter.

  • Concilier étanchéité à l’air et qualité de l’air intérieur

    Concilier étanchéité à l’air et qualité de l’air intérieur

    Si la performance énergétique demeure le principal enjeu des réglementations actuelles et futures, le défi de la santé dans les bâtiments fait l’objet d’une attention croissante. Dès lors se pose la question : comment assurer un air sain dans des bâtiments de plus en plus étanches ?

    La nouvelle réglementation thermique et environnementale (RE 2020) qui se profile devrait se pencher sur la problématique de la qualité de l’air intérieur (QAI). Ses objectifs se dessinent avec la loi Elan promulguée le 24 novembre 2018 : « Les performances énergétiques, environnementales et sanitaires des bâtiments et parties de bâtiments neufs s’inscrivent dans une exigence de lutte contre le changement climatique, de sobriété de la consommation des ressources et de préservation de la qualité de l’air intérieur », dixit l’article L111-9. Un décret précisera les exigences de QAI et le niveau d’empreinte carbone à respecter pour différentes catégories de bâtiments.

    Vers un contrôle obligatoire de la ventilation à la livraison du chantier ?

    Dans des bâtiments toujours plus étanches à l’air, l’efficacité de la ventilation est l’élément clé pour assurer un bon renouvellement de l’air et limiter la présence des polluants : radon, composés organiques volatils (COV), benzène, formaldéhyde ou encore le dioxyde de carbone (CO2) et le monoxyde de carbone (CO). Pour parvenir à ses objectifs, la réglementation pourrait envisager la mise en place d’un contrôle de l’équipement de ventilation et du réseau aéraulique.

    Si l’ajout d’une telle obligation n’est pas encore d’actualité, cette solution est préconisée par l’Alliance HQE-GBC. Dans un guide pratique, l’association recommande notamment à la maîtrise d’ouvrage d’intégrer dans le planning du chantier des vérifications et mesures de réception des systèmes de ventilation par rapport aux calculs de dimensionnement des installations : débits d’air, pressions, vitesse d’air, puissance électrique, étanchéité du réseau, vérification des réglages des bouches d’extraction, contrôle des paramètres de régulation (sondes CO2) et de programmation.

    Elle conseille par ailleurs d’effectuer les mesures de QAI « avant tous travaux du preneur, afin de bien distinguer la qualité intrinsèque du bâtiment et de dissocier les responsabilités de chacun dans la chaîne d’acteurs (propriétaire et occupant) ». En effet, dans la pratique, la frontière est souvent floue et ces travaux interviennent couramment pendant la phase chantier, avant réception par le preneur. « Tous travaux réalisés après les mesures étant de nature à entraîner une modification des résultats et la modification des niveaux de la qualité de l’air intérieur, ils relèvent exclusivement de la responsabilité du maître d’ouvrage de ces travaux », note l’association.

    Le diagnostic complet des performances des installations de ventilation apparaît ainsi un préalable indispensable aux mesures de qualité de l’air intérieur. En faire l’impasse rendrait difficile l’interprétation des résultats des analyses et ne permettrait que des conclusions approximatives.

    Ventilation sur bâti étanche

    Autre solution pour concilier performance énergétique et bonne qualité de l’air : corriger les erreurs de la RT2012 en obligeant à inclure une ventilation avec récupération de chaleur sur l’air vicié. L’obligation d’assurer un renouvellement de l’air intérieur dans tous les logements neufs date de 1969 sans restriction dans le choix des solutions. C’est ainsi que la plupart ont été conçus avec une ventilation naturelle ou hybride (peu onéreuses à l’achat, sans consommation d’énergie mais dispendieuses en calories et assez peu efficaces) ou une VMC simple flux. Si la VMC double flux à récupération de chaleur sur l’air vicié est la plus aboutie aussi bien en termes d’efficacité que d’économies d’énergie, celle-ci ne peut être installée que sur un bâti étanche à l’air extérieur tel qu’énoncé déjà dans la RT2012. Ainsi, le test d’infiltrométrie devrait avoir de beaux jours avec l’arrivée de la RT2020.

  • Contrôle d’infiltrométrie en fin de chantier : la garantie d’un bâtiment étanche

    Contrôle d’infiltrométrie en fin de chantier : la garantie d’un bâtiment étanche

    Rendu obligatoire par la RT 2012, le contrôle d’infiltrométrie en fin de chantier permet de s’assurer que le bâtiment n’affiche pas des déperditions d’air parasites, c’est-à-dire non contrôlées par les dispositifs de ventilation, et qui viendraient nuire à sa performance thermique en induisant une surconsommation énergétique. Le point avec Jean-Michel Catherin, président de Testoon.

    En quoi consiste un contrôle d’infiltrométrie ?

    Un contrôle d’infiltrométrie est un test d’étanchéité à l’air d’un bâtiment ou d’une partie d’un bâtiment. Techniquement, le contrôle d’infiltrométrie consiste à mettre sous pression un volume de bâtiment dans lequel l’air circule de manière continue. Il peut s’agir d’un appartement, d’une maison ou de tout un immeuble.

    Concrètement, le contrôle est réalisé en installant une « porte soufflante » sur l’un des châssis de porte, et en fermant l’ensemble des autres menuiseries. La mise en dépression de l’intérieur du bâtiment va permettre, en utilisant différents dispositifs – notamment des fumigènes -, de détecter les fuites de l’enveloppe. Le contrôle d’infiltrométrie va donc mesurer les « fuites » d’air résultant de défauts d’étanchéité de l’enveloppe du bâtiment et donc, sa perméabilité à l’air, exprimé par un indicateur : le « Q4 PaSurf ».

    Quelles sont les exigences en matière de perméabilité du bâti ?

    Le contrôle d’infiltrométrie doit être réalisé à la réception des travaux, et il est obligatoire, depuis le 1er janvier 2015, pour tout bâtiment neuf d’habitation individuel ou collectif. Dans le cadre de la RT 2012, ce contrôle doit être réalisé par un opérateur qualifié par QUALIBAT.

    L’indicateur Q4 PaSurf caractérise le débit mesuré de fuite d’air par m² de surface déperditive du bâtiment, ce qu’on appelle communément les « parois froides ». Il est calculé en mettant le bâtiment en dépression de 4Pa, et s’exprime en m3/ par heure et par mètre carré de surface déperditive.

    A l’issue du contrôle, la perméabilité à l’air (Q4 PaSurf) doit être égale ou inférieure aux seuils fixés par la réglementation (RT2012), à savoir : 0,6 m3 par heure et par mètre carré de surface pour les maisons individuelles, 1 m3 par heure et par mètre carré de surface pour les logements collectifs.

    Quelles sont les obligations si l’indicateur n’est pas conformes aux seuils réglementaires ?

    Si le bâtiment atteint la valeur Q4 PaSurf exigée par la réglementation thermique, le certificat de fin de chantier est remis au maître d’ouvrage. Par contre, si le contrôle fait apparaître des valeurs supérieures aux plafonds prévus, le certificat ne pourra être remis qu’à l’issue de mesures correctives.

    Dans le déroulé d’un contrôle d’infiltrométrie, le mesureur remet son rapport à l’entrepreneur qui doit rechercher les fuites et procéder aux corrections. Généralement, ce sont les menuiseries qui sont le plus souvent à l’origine des fuites. Dans la mesure où le constructeur maîtrise ses techniques constructives, il est en mesure de corriger rapidement les désordres.

    Y a-t-il d’autres contrôles à réaliser ?

    Mais, au-delà de ce contrôle d’infiltrométrie, qui est le seul contrôle obligatoire en fin de chantier, il est nécessaire d’en imposer d’autres, comme le contrôle du bon fonctionnement des systèmes de ventilation, ou le contrôle de la résistance thermique de l’enveloppe du bâtiment pour vérifier l’efficacité de son isolation.

    Ce que l’on constate également en matière de construction, c’est une évolution profonde des réglementations. Historiquement, ces dernières étaient avant tout liées aux matériaux, qui devaient être agréés. Mais le législateur s’est aperçu que ce n’était pas suffisant, et qu’il fallait déterminer des paramètres mesurables en fin de chantier. La philosophie de certaines évolutions réglementaires consiste désormais à ne plus réglementer une manière de faire, un mode constructif, mais à mettre en place une obligation de résultats, sans définir de moyens précis. On regarde désormais moins les caractéristiques de matériaux mis en œuvre que le résultat final.

    Conséquence : on laisse les entreprises construire comme elles le souhaitent, et on les contrôle en fin de chantier. Cela induit un problème de confiance, qui peut amener un changement des mentalités et des méthodes, avec la tentation d’importer des modes constructifs nouveaux qui seront mal connus en France, ce qui sera peut-être source d’innovation.

  • L’état des lieux : clé de voûte de la profitabilité des diagnostiqueurs ?

    L’état des lieux : clé de voûte de la profitabilité des diagnostiqueurs ?

    Longtemps l’apanage des agences et des administrateurs de biens, l’état des lieux connaît aujourd’hui une véritable ubérisation. S’il y a dix ans, les huissiers de justice étaient les premiers à en considérer le bénéfice, de nombreuses sociétés spécialisées ont vu le jour depuis. Aujourd’hui, des réseaux d’indépendants se mettent en place. Les agences immobilières, elles, ont de plus en plus tendance à sous-traiter la pratique.

    Qu’en est-il des diagnostiqueurs ? Sont-ils prêts à diversifier leur activité ?

    C’est la question que pose la société homePad, éditeur d’application tablette pour la gestion locative.

    Au même titre que certains diagnostics, l’état des lieux est une obligation légale à laquelle il convient d’y prêter une rigueur toute particulière. Il constitue une preuve à valeur juridique et doit être rédigé contradictoirement, sur papier ou support numérique. Il s’agit d’une visite technique pour laquelle l’expertise des diagnostiqueurs offre la garantie d’une exhaustivité et d’une analyse fine des dégradations et de la vétusté.

    À travers un court questionnaire, la société homePad a donc pour ambition de comprendre les pratiques des diagnostiqueurs et leur approche de l’état des lieux.

    Pour participer à cette enquête, répondez à ce sondage qui ne vous prendra pas plus de 2 minutes et recevez gratuitement le Livre Blanc de Guillaume Charpentier, directeur marketing d’homePad, sur l’opportunité financière d’établir des états des lieux. Vous recevrez également les résultats de cette enquête dans les semaines prochaines.

  • Qualité de l’air intérieur : l’autodiagnostic à portée de kit

    Qualité de l’air intérieur : l’autodiagnostic à portée de kit

    Eurofins analyse tous les types d’échantillons d’air. Qu’il s’agisse d’émissions, d’air ambiant, d’air au poste de travail ou de qualité de l’air intérieur (QAI), nous fournissons les consommables requis pour le prélèvement et nous analysons les échantillons conformément aux exigences normatives en vigueur. Rencontre avec Florence Chevrier, Chargée d’Affaires Eurofins Analyses pour l’Environnement France.

    Quel est l’intérêt des mesures d’air intérieur ?

    Nous vivons principalement dans des espaces clos, qu’il s’agisse de lieux accueillant du public, de bâtiments professionnels ou d’espaces privés et de ce fait nous sommes exposés aux polluants présents dans l’atmosphère des environnements clos. Les problèmes de santé dus à cette pollution sont multiples et recouvrent des manifestations cliniques très diverses, qui, pour la plupart, ne sont pas spécifiques des polluants détectés : maux de tête, de la fatigue, des manifestations allergiques ou encore de l’asthme.

    Quels sont vos domaines d’activité en qualité de l’air intérieur?

    Nous avons aujourd’hui 2 principaux secteurs d’activités. Le 1er concerne le contrôle de la QAI dans les établissements recevant du public. Les contrôles sont prévus en fonction du type d’établissement entre 2018 et 2023. Plusieurs dizaines de milliers d’établissements sont concernés. Le second domaine d’activité s’inscrit dans une démarche de certification environnementale du fonctionnement d’un bâtiment. Initiée dans le domaine du tertiaire, cette démarche s’élargit aujourd’hui aux programmes de construction de toute nature. Divers référentiels sont utilisés : la certification française HQE, qui signifie Haute Qualité Environnementale, la certification anglaise Breeam, ou encore l’américaine Leed. Ces certifications prévoient des mesures de la QAI dans leur programme. A titre d’exemple, la certification HQE prévoit des mesures de NO2, Benzène, Formaldéhyde, COVs, CO, CO2, particules fines

    Comment mesurer la qualité de son air intérieur lorsque l’on est un ERP ?

    Il existe deux possibilités :

    • Faire appel à un organisme accrédité pour la mise en œuvre des campagnes de mesures de la QAI ;
    • Mettre en œuvre un programme d’action de prévention de la QAI, autodiagnostic conduit à l’aide du « guide pratique pour une meilleure qualité de l’air dans les lieux accueillant les enfants ». Il s’agit d’un questionnaire permettant d’évaluer les pratiques de l’établissement et d’identifier les situations à risque. En fonction du résultat obtenu, l’équipe de gestion peut être amenée à décider de réaliser des mesures.

    Eurofins a développé le Kit Pollu’AIR® ERP pour répondre aux besoins du marché. Il s’agit du 1er kit de mesure de la QAI référencé par l’INERIS pour le compte du Ministère. Il est possible de le commander sur Internet via le Web Shop d’Eurofins.

    Pourriez-vous nous parler du kit Pollu’Air ?

    Le kit Pollu’Air® a pour objectif le dosage par prélèvement passif du Benzène et du Formaldéhyde en vue d’une analyse différée en laboratoire.
    Ce kit, permet l’autodiagnostic de ces 2 polluants dans le cadre de la surveillance de la qualité de l’air intérieur.

    Il est constitué de 2 dispositifs de prélèvement. Un dispositif pour la mesure du Benzène et un autre pour celle du Formaldéhyde. Chaque dispositif se compose d’une cartouche d’Adsorbant (RAD145 pour le Benzène et RAD165 pour le formaldéhyde), d’un corps diffusif dans lequel l’opérateur glisse la cartouche Radiello et d’un support triangulaire sur lequel il va ensuite visser l’ensemble. Une fois montés, les éléments sont placés dans la pièce à étudier en évitant les zones de courants d’air. La durée de l’exposition est de 4,5 jours du Lundi au Vendredi durant une période d’occupation de la pièce.

    Il est très simple d’interpréter les résultats communiqués grâce un code couleur défini selon les valeurs de référence en vigueur. Notre catalogue d’analyses ne s’arrête pas à la qualité de l’air intérieur, nous sommes en mesure de répondre à toutes vos demandes analytiques quelle que soit la matrice grâce à notre réseau de laboratoires. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à vous rapprocher de l’un de vos interlocuteurs de proximité sur eurofins.fr !

  • FLIR annonce la sortie d’un nouvel appareil de mesures environnementales pour les installations CVC/R

    FLIR annonce la sortie d’un nouvel appareil de mesures environnementales pour les installations CVC/R

    FLIR Systems a aujourd’hui annoncé la sortie de l’appareil de mesures environnementales multifonction EM54 pour les installations CVC/R. D’une grande précision, l’EM54 convient parfaitement à l’inspection des canalisations, des moteurs électriques, des équipements thermiques et d’autres composants système présents dans les installations résidentielles, commerciales et industrielles. Cet appareil de mesure de grande qualité, facile à utiliser, peut aider les utilisateurs à identifier avec rapidité et précision les signes de filtres obstrués, de fuites dans les canalisations qui réduisent le débit d’air, et de systèmes CVC/R en surcharge.

    Équipé d’un anémomètre à ailette externe pour effectuer un large éventail de mesures haute résolution de la vitesse de l’air, l’appareil de mesures environnementales FLIR EM54 permet aux utilisateurs de vérifier avec rapidité et précision la vitesse de l’air à l’entrée et à la sortie des canalisations. Il simplifie le calcul du débit d’air dans les canalisations et la mise en œuvre de réparations efficaces.

    L’hygromètre intégré à l’appareil de mesures environnementales EM54 identifie les écarts par rapport aux niveaux d’humidité relative ambiante, ce qui peut générer des risques électrostatiques sur les sites de fabrication et des désagréments dans les maisons et les bureaux. La sonde thermique avec contact de Type K fournie est utile pour vérifier la température de fonctionnement des moteurs électriques et des composants des équipements thermiques. L’EM54 calcule également la température humide et le point de rosée.

    L’appareil de mesures environnementales EM54 comporte un écran multifonction facile à lire, une fonction d’enregistrement MIN-MAX-AVG et un système de mise hors tension automatique programmable. Robuste et fiable, l’outil de diagnostic multifonction s’accompagne d’une garantie limitée de trois ans.

    + d’infos

  • Défaut de qualité de l’air intérieur : causes et solutions

    Défaut de qualité de l’air intérieur : causes et solutions

    De par les contraintes techniques et réglementaires qu’il impose, le contrôle de la qualité de l’air intérieur constitue un enjeu pour le marché de la construction et de la rénovation. Jean-Michel Catherin, président de Testoon, nous détaille les implications, les imbrications, et quelquefois les manques, des techniques et de la réglementation régissant le contrôle de la qualité de l’air intérieur.

    La qualité de l’air intérieur recouvre des enjeux fondamentaux. Comment s’articulent-ils ?

    Avant toute autre chose, la qualité de l’air intérieur est un enjeu de santé publique. Depuis quelques années, de nombreuses études ont été menées pour déterminer les raisons de l’émergence constatée de certaines pathologies liées à des typologies d’environnements précis. De nombreux travaux ont ainsi été menés sur la qualité de l’air extérieur, liée à la présence d’hydrocarbures, de pollutions industrielles, de benzènes, etc.

    En parallèle, des travaux ont été réalisés sur la qualité de l’air intérieur qui, elle, concerne les environnements fermés (ERP, bureaux) voire confinés (habitacles de voitures, de camions, de trains), dont font partie les habitations disposant d’un système d’échange d’air intérieur/extérieur contrôlé, c’est-à-dire d’une VMC double flux ou de systèmes d’échange d’air contrôlé permettant d’éliminer les échanges d’air parasites pour optimiser les risques sanitaires et garantir leur efficacité énergétique.

    Et c’est précisément cet équilibre entre l’enjeu sanitaire et les exigences énergétiques qui constitue une véritable quadrature du cercle. Sur le bâti ancien, cet équilibre était maintenu par l’absence d’une isolation efficace, qui garantissait une circulation d’air optimale, mais au prix d’une efficacité énergétique désastreuse…

    La qualité de l’air intérieur s’évalue au regard de plusieurs critères : la concentration en CO2 qui, correctement traitée, permet de déduire un indicateur de confinement, la température, et le taux d’hygrométrie, qui est essentiel à une bonne hygiène de vie et doit être compris entre 40% et 60%.

    L’étanchéité du bâti, la ventilation et la qualité de l’air constitue donc un triptyque à équilibrer pour garantir à la fois les enjeux sanitaires et énergétiques.

    Comment la réglementation fait-elle en sorte d’assurer cet équilibre ?

    En vue de concentrer les efforts sur la maîtrise des consommations énergétiques, la réglementation a surtout mis l’accent sur l’étanchéité à l’air. C’est logique : plus on améliore le confinement des habitations, moins vite elles se refroidissent et donc, moins elles consomment. Mais la réglementation n’a pas instauré de mesures aussi importantes quant à l’efficacité de la ventilation.

    Dès lors que le rapport entre étanchéité et ventilation est déséquilibré, des problèmes apparaissent inévitablement, qui s’expliquent par l’apport à la fois de polluants extérieurs (benzène) et intérieurs, notamment des gaz émis par des matériaux, les fameux COV, et d’autres issus de la décomposition des colles et des solvants, comme les formaldéhydes.

    Pour faire face à cela, la réglementation s’est surtout concentrée sur la lutte contre l’origine des pollutions. Essentiellement, le législateur a accentué la lutte contre la pollution extérieure, notamment issue de la circulation automobile, et, pour la pollution intérieure, à bannir les matériaux fortement émissifs en formaldéhydes (vernis, colles, et autres adjuvants chimiques), via des normes imposées aux fabricants.

    En ce qui concerne la ventilation, la réglementation affiche toutefois un retard plus que conséquent, puisque les dispositifs applicables datent des années 80, quand les VMC dans l’habitat ont été rendues obligatoires pour les bâtiments neufs.

    Quelles sont les conséquences de cette obsolescence sur le marché de la construction et de la rénovation ?

    On se retrouve avec des bâtiments « neufs », c’est-à-dire postérieurs à 1982, avec une VMC qui ne répond pas forcément aux normes d’isolation modernes ; des bâtiments anciens (construits avant 1982) rénovés aux normes modernes qui disposent d’une VMC ; et d’autres qui n’en ont pas. Par ailleurs, l’isolation aux normes actuelles des bâtiments anciens, si elle n’intègre pas une ventilation réellement efficiente, risque de générer des problèmes de qualité de l’air intérieur, en rompant l’équilibre hydrologique et aéraulique du bâti.

    De plus, les exigences de la ventilation ne prennent pas en considération les nouveaux systèmes constructifs : souvent mal installés, mal dimensionnés, et mal entretenus, les systèmes de ventilation ne sont pas ou peu opérants dans l’immense majorité (70%) du parc immobilier. Nous sommes face à un énorme déficit qui va devoir être pris en compte par les pouvoirs publics.

    Des labels se mettent actuellement en place sur le sujet, qui prennent en compte la qualité de la ventilation, via des contrôles de l’étanchéité à l’air du réseau aéraulique, sa fonctionnalité, la performance du système. Je pense notamment au protocole Promevent pour l’habitat, et celui pour le tertiaire qui est en cours de rédaction. Rédigé par les acteurs publics de l’amélioration de l’habitat et par des professionnels, il décrit le protocole de mise en place d’une ventilation efficace, et va servir de base à de future réglementation. A minima, ce protocole a vocation à devenir une norme.

    Entre contrôles, mesures des polluants et qualité de l’air effective, comment agir concrètement dans les bâtiments ?

    La qualité de l’air intérieur est parfaitement monitorée, mais la ventilation doit absolument être prise en compte. Initialement mis en place dans les maternelles et les crèches, les contrôles de qualité de l’air intérieur seront applicables à tous les ERP d’ici 2023. On a donc une montée en puissance progressive de ces dispositifs qui obligent les maîtres d’ouvrages à contrôler le CO2, les formaldéhydes, et le benzène.

    Mais souvent, c’est le mode d’occupation d’un bâtiment qui va déterminer la pertinence des contrôles à effectuer et les modes de ventilation à utiliser. Par exemple, dans une salle de classe occupée, le profil de CO2 va très vite grimper de 500 ppm à 2000 ppm, qui est un taux dangereux. S’il est mesuré par capteurs en continu, les données obtenues n’auront pas d’utilité car la concentration va dépendre des modes d’utilisation, dont il faut pouvoir apprécier l’impact. Il est préférable d’enregistrer ce taux en continu pendant 5 jours, chaque minute. Ces données, horodatées et croisées avec le planning d’utilisation des lieux, va permettre de définir les mesures à prendre, qui seront soit de simple hygiène (ouverture régulière des fenêtres), soit d’installation de dispositifs de ventilation.

    La réglementation devrait évoluer dans ce sens en passant d’une obligation de surveillance à une obligation de maîtrise. Cette disposition figurait d’ailleurs parmi les amendements déposés dans le cadre du projet de loi ELAN (Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique).

  • AC Environnement : l’amiante au coeur de la stratégie – Entretien avec son président

    AC Environnement : l’amiante au coeur de la stratégie – Entretien avec son président

    Denis Mora, Président du groupe AC Environnement, précise sa stratégie pour les prochaines années

    En moins de 20 ans, l’entreprise a bousculé le marché du diagnostic immobilier. Elle est devenu le 1er opérateur de diagnostic immobilier auprès des bailleurs sociaux. Là où certains se satisfont d’une croissance d’une dizaine de pourcent par an, l’entreprise a connu un développement “indécent” et comprend maintenant 670 collaborateurs. La réglementation amiante SS4 (amiante sous-section 4) assurera les succès futurs.

    C’est une stratégie limpide que le “patron” de l’entreprise, Denis Mora, a détaillé lors de la conférence de presse qui a eu lieu à Paris le 6 février dernier. Nous pouvons résumer cette stratégie en 4 actes :

    • acte 1 : explosion des repérages Amiante avant travaux. L’intégration dans la SS4 du code du travail de nouvelle obligation de repérage amiante (Décret n° 2017-899 du 9 mai 2017 relatif au repérage de l’amiante avant certaines opérations) avant les travaux va amener les entreprises du bâtiment à généraliser ces recherches.
    • acte 2 : Mailler le territoire et répondre aux demandes des entreprises de travaux. Alors que les repérages étaient plutôt mis en oeuvre sur des chantiers importants ou par les maîtres d’ouvrages professionnels – tels que les bailleurs sociaux -, les repérages sur des travaux plus modestes, par exemple dans une maison individuelle d’un particulier, vont se généraliser. En faisant l’acquisition d’un réseau de franchise, AC Environnement compte ainsi pouvoir répondre toutes ces nouvelles demandes y compris en dehors des grandes agglomérations.
    • acte 3 : fournir une donnée structurée et facilement exploitable grâce au BIM et à la maquette numérique. Pour rendre facilement utilisable les repérages, il faut une structuration et une représentation facilement utilisable des données par les entreprises. Cela évite les ressaisis, les risques d’erreur et surtout de recommencer de multiple fois les mêmes repérages lorsque la donnée s’est perdue dans un classeur…une équipe de 15 personnes est ainsi mobilisée dans le groupe sur ces enjeux.
    • acte 4 : accompagner les entreprises de travaux. Ainsi le groupe a prévu un accompagnement sur l’ensemble des nouveaux enjeux “depuis l’audit en passant par la réalisation de chantiers tests, la préconisation d’appareils respiratoires et d’équipements de protection individuelle appropriés, la rédaction des procédures et la formation.”

    Le groupe a pris un belle avance grâce notamment à l’internalisation des expertises : repérage, analyse en laboratoire, formation, sans oublier la brique “numérique”. Il y a une vrai volonté de ne pas être dépendant de sous-traitants sur les sujets que l’entreprise considère comme stratégiques.

    Enfin, d’autres opportunités sont dans les tuyaux : “QAI (Qualité de l’Air Intérieur) et hygiène industrielle sont des marchés qui seront porteurs de croissance dans les 2 prochaines années” selon Denis Mora.

    Le diagnostic immobilier continue à se développer. Beaucoup en profiteront, certains plus que d’autres…

  • BePositive : les temps forts 2019

    BePositive : les temps forts 2019

    La prochaine édition de BePOSITIVE se tiendra du 13 au 15 juin 2019 à Lyon Eurexpo. Salon leader en France sur la transition énergétique et numérique des bâtiments et territoires, il a pour ambition de co-construire, avec l’ensemble des professionnels concernés par les filières des ENR et du bâtiment, un monde décarboné.

    Plus qu’un événement biannuel, BePOSITIVE devient un média. Le salon fédère aussi une communauté de plusieurs milliers de professionnels tout au long de l’année, grâce à son site web, sa newsletter et les réseaux sociaux. Pour cette édition 2019, voici quelques thématiques abordées : Bâtiment Bas Carbone, autoconsommation et stockage, smart grids, E+C-, Réflexion Bâtiment Responsable 2020, ventilation et traitement de l’air, cycle de vie d’un bâtiment, bâtiments passifs / occupants actifs, nouvelle PPE et réglementation…

    Du territoire au Bâtiment, toute la chaîne de valeur de la transition énergétique et numérique présente ses solutions sur BéPOSITIVE :

    Animations et temps forts

    • Plateaux TV | Pendant 3 jours, les 2 plateaux TV du salon accueilleront un programme riche de retours d’expériences et témoignages avec les interventions des experts de la filière, des partenaires et des exposants.
    • Workshops | Nouveauté 2019, un workshop «Génie Climatique» et un workshop «Les ateliers de l’AQC», des temps d’échanges entre professionnels sur des thématiques techniques et concrètes : discussions, partages, conseils.
    • Conférences | De nombreux partenaires profiteront de l’événement BePOSITIVE pour prendre la parole sur des sujets de fonds, enjeux des filières bâtiment, ENR et génie climatique.
    • « Parcours thématique savoir-faire et compétences » | Espace pédagogique pluridisciplinaire à destination des artisans mais aussi des prescripteurs, valorisant la formation et la mise en œuvre, organisé en partenariat avec les Compagnons du Devoir et le Cluster Eco-Energies. Thématiques : isolation avec enduits biosourcés, pose de fenêtres, étanchéité à l’air, ventilation, solaire PV, BIM & Solutions numériques.
    • H2Meetings by HyVolution | Espace dédié à l’hydrogène, regroupant 40 exposants, conjuguant business et mise en réseau.

    Trophées

    Les BePOSITIVE Awards récompensent et encouragent les nouvelles solutions et technologies innovantes des filières représentées sur le Salon. 4 prix de l’innovation seront remis le 13 février 2019.

    Évènements accueillis et organisés en parallèle

    • 18ème Forum EURAFRIC Organisé par l’ADEA, le Forum favorise les collaborations entre les entreprises européennes et africaines dans le secteur de la transition énergétique et notamment sur les thématiques de l’eau, de l’énergie, des énergies renouvelables et de la ville durable. EURAFRIC a choisi BePOSITIVE pour la synergie entre les sujets traités.
    • Lighting Days | L’événement référence en France des marchés de la lumière, de l’éclairage et de la technologie LED. Pour la première fois, le salon Lighting Days se tiendra conjointement à BePOSITIVE. Economie d’énergie, IoT, aménagement urbain, smart lighting, smart building, smart city seront au centre des débats sur les stands et au cœur des thématiques de conférences et animations.
    • Colloque ForumLED Europe | la 10ème édition du colloque international de la technologie LED aura lieu les 13 et 14 février. Le programme de conférence est élaboré par un comité scientifique de renommée internationale.
    • Colloque photovoltaïque du Syndicat des Énergies Renouvelables
    • 2 colloques de l’INES sur la surélévation du bâtiment et l’autoconsommation & stockage
    • Conférences de l’ADEME AuRA sur le programme OBEC
    • Conférence sur la chaleur solaire organisée par ENERPLAN, l’INES et TECSOL

    + d’infos

  • Prélèvements : sécuriser tous les chantiers et tous les intervenants, au meilleur prix

    Prélèvements : sécuriser tous les chantiers et tous les intervenants, au meilleur prix

    Réaliser un prélèvement en toute sécurité ; forer un mur, une cloison ou un plafond en évitant toute émission de poussières suspectes… les solutions techniques ne manquent pas. Le problème, c’est qu’il s’agit généralement de solutions lourdes et/ou onéreuses pour un diagnostiqueur ou un propriétaire / maître d’ouvrage. Polyasim propose deux produits qui vont révolutionner les pratiques. Le point avec Thierry Meiller, responsable Développement chez POLYASIM.

    Pour quels types d’interventions vos produits sont-ils conçus ?

    En pratique, Polyasim propose une gamme de produits permettant d’intervenir dans le cadre d’un confinement de l’amiante, donc des travaux dits de « sous-section 3 » (SS3), dont l’objectif est la lutte contre l’amiante, ou dans le cadre de travaux de rénovation ou d’aménagement présentant un risque de présence d’amiante, donc des travaux dits de « sous-section 4 » (SS4).

    Les travaux de SS4 concernent toutes les interventions de maintenance d’un bâtiment, du plombier qui installe un tuyau dans un mur, à l’électricien qui installe des prises, en passant par le particulier qui perce un mur pour poser une fixation. Dès lors qu’un professionnel ou qu’un particulier interviennent sur le bâti existant dont on sait ou on soupçonne qu’il puisse renfermer du plomb ou de l’amiante, il est obligatoire de travailler de manière sécurisée. D’un point de vue opérationnel, cette sécurisation, pour être mise en œuvre systématiquement, doit être simple, pratique et pas chère. C’est le leitmotiv qui a guidé Polyasim dans l’élaboration de ces deux produits.

    Le perçage est l’opération la plus courante lors de travaux. Quelle solution proposez-vous ?

    Nous avons mis au point le GCP+, acronyme de « Gel Capteur de Poussières ». Il s’agit d’un produit plus technique que les poches de gel utilisées par les désamianteurs pour percer en évitant l’émission de fibres. Pour les professionnels, cette utilisation se présente sous forme de poches de gel à travers lesquelles on vient percer le support, et qui absorbent les poussières.

    Mais cette technique, efficace, est aussi très chère, entre 5 et 6 € la poche à usage unique. Pour les diagnostiqueurs et les maîtres d’ouvrage, le GCP+ est une solution beaucoup plus abordable et tout aussi efficace.

    Pratiquement, il s’agit de cartouches de gel qui permettent de doser précisément en fonction de l’importance du perçage.

    Le gel est issu d’un produit que Polyasim avait développé pour la SNCF, un gel technique à très haute densité, utilisé pour le décapage des trains à l’aiguilleur pneumatique. Nous l’avions aussi utilisé lors de la rénovation du Ritz, pour le déplombage d’une rampe d’escalier classée. Nous avons donc conditionné ce gel en cartouches de 310 ml, comme un pistolet à enduit, qui permet d’utiliser la dose de produit nécessaire, sans gaspillage. Chaque cartouche permet de réaliser une vingtaine de perçages, réduisant ainsi le coût de chaque perçage à environ 80 cents.

    Le GCP+ adhère parfaitement sur tout support, mur ou plafond, et se nettoie à l’éponge. Il permet aussi, par rapport aux poches de gel, de réduire le volume, et donc le coût de traitement, des déchets contaminés. Il a été testé sur des forages et sondages jusqu’à 50 cm de diamètre sans aucune émission de poussières.

    Notons enfin, plus spécifiquement pour les diagnostiqueurs-préleveurs, qu’en plus de sécuriser le processus de prélèvement, le GCP+, à base d’eau, ne gêne pas le comptage de fibres en laboratoire.

    Quelle solution proposez-vous contre les poussières lors d’interventions autres que le perçage ?

    Pour éviter l’émission de poussières d’amiante ou de plomb, Polyasim, toujours dans l’objectif de permettre un usage pratique et peu onéreux de solutions efficaces, a développé le Tempo. Il s’agit d’une résine pure en base aqueuse qui s’applique au pulvérisateur basse pression, qui imprègne le support poussiéreux et se polymérise en séchant, ce qui permet la mise en sécurité à long terme des éléments en opérations SS4, notamment.

    L’effet mouillant est le même qu’avec un surfactant. Mais ce dernier, en séchant, va relâcher les fibres d’amiante. Le Tempo sèche en se polymérisant et crée ainsi une rustine durable et visible, si on opte pour la couleur rouge (il est également conditionné en couleur translucide). Sur des sites industriels, il permet aux agents techniques de marquer les éléments sécurisés.

    Pour le diagnostiqueur-préleveur, le produit est plus efficace, en termes de sécurité personnelle et des occupants, qu’un marquage au ruban adhésif par exemple. La polymérisation en intérieur tiendra plusieurs années, en attente d’une programmation d’intervention.

    Pour le professionnel qui a fait des perçages, le Tempo permet de les mettre totalement en sécurité, en enveloppant les poussières résiduelles. Ici encore, nous avons travaillé pour démocratiser des solutions professionnelles à destination des particuliers et des maîtres d’ouvrage.

  • Testoon vous accompagne dans votre métier de diagnostiqueur

    Testoon vous accompagne dans votre métier de diagnostiqueur

    En tant que distributeur spécialiste du test, de la mesure, du contrôle et du diagnostic, Testoon s’est forgé une connaissance pointue des métiers et applications de ses clients. Cette connaissance permet de conseiller les solutions les plus efficaces et performantes, grâce à une offre globale et multimarque. Cette position permet également à Testoon d’apporter des éclairages pertinents sur les nouveaux marchés sur lesquels peuvent se positionner les professionnels du contrôle, de la mesure et du diagnostic. Sélection des articles et interviews de Testoon sur Info Diagnostiqueur.

    Les évolutions du matériel

    En vidéo

    Nouveaux marchés

    Kits de démarrage